Et ça ne fait pas la une, pourquoi ?

Voici un homme déterminé, alcoolisé, énervé, qui plutôt que de causer un drame, se réfugie dans une niche. Sur le simple terrain philosophique, il ne peut être blâmé. Mais la justice ne l’a pas entendu ainsi, et il a été poursuivi pour les insultes qu’il avait proférées dans son délire.

Les journaux télévisés n’en ont pas parlé. Quelle misère! Réparons ce dommage. Il s’agit de l’info la plus importante de cette semaine encore baignée de terribles catastrophes.

 

Le tribunal de Gap l’a finalement relaxé, sans doute en considération de la crise du logement.

Mais aurait-il relaxé Diogène, son presque frère ?

Vive Froome et mort aux cons!

S’il y a bien une réalité dans le cyclisme, c’est celle de l’effort. Un effort sans commune mesure avec les récompenses des gagnants. Rien à voir avec le golf par exemple, où les joueurs gagnent des millions pour des efforts somme toute extrêmement mesurés. La seule comparaison possible l’est avec l’athlétisme où dans de nombreuses disciplines même médiatisées, des vies de travail acharné accouchent de gratifications dérisoires, et d’un oubli assuré. Froome et les autres, même ventolinés, méritent tout sauf des sifflets, des coups, des fumigènes.

Et il y a eu des abrutis sur le tour pour siffler Froome, des tas de graisse qui seraient incapables de parcourir 100 mètres même avec de la ventoline, mais qui ont agité des pancartes pour le stigmatiser, quand ils ne l’ont pas hué, poussé, froissé. Ce qui est dommage est qu’aucun de ces lâches n’ait reçu la gifle que sa face de rat méritait.

Ces scènes pitoyables ont été données en spectacle. Et pour notre honte, on a laissé des moins que rien salir cette grande épreuve sportive.

Mais que faire? Il ne peut pas y avoir un gendarme derrière chaque spectateur.

Il reste le positif qui écrase à la réflexion ces scènes regrettables. Le tour est une véritable fête populaire, et depuis toujours. Des millions de spectateurs ont cette année encore encouragé tous les coureurs, avec bon cœur, admirant ces corps ascétiques tendus dans la souffrance vers la chimère d’une victoire. Il restera le souvenir bon enfant de ces armées enthousiastes au bord des routes. Heureusement.

La différence entre le foot et le golf

Réside principalement dans trois faits incontournables : 1) la balle de foot est bien plus grosse que celle de golf, 2) les joueurs de foot se passent la balle contrairement aux golfeurs qui ne la partagent jamais, 3) il y a seulement deux grands trous sur un parcours de foot, contre 18 tout petits trous sur un parcours de golf.

On peut ajouter une quatrième et énorme différence avec de nombreuses pratiques sportives. La plupart des victoires ne conduisent jamais à une hystérie collective, un chauvinisme exacerbé, à la proclamation «qu’on a gagné» par des millions de personnes qui n’ont pas joué, à un déferlement médiatique à donner la nausée.

L’épidémie du tatouage progresse.

C’est même terrifiant. Le nombre des victimes s’allonge de jour en jour, des jeunes et même des moins jeunes qui se couvrent de signes délirants, généralement lamentables et surtout indélébiles. Sans se rendre compte que cette disgrâce les marquera au fer rouge. Certes pas de l’infamie, il ne faut rien exagérer, mais les montrera pour ce qu’ils sont : des moutons mimétiques qui sont dans l’illusion de l’originalité.

Il faut fermement interdire à la sécurité sociale de prendre en charge l’effacement, sauf pour les rares cas médicalement justifiés, avec cette précision que cela doit exclure du champ du remboursement tout ce qui relève de la psychologie ou de la psychiatrie.

Et pourquoi Elon Musk n’enverrait-il pas la porte de l’harmonie dans l’espace?

Ces Américains sont formidables. Satelliser une Tesla c’est du vrai pop art. Un art moderne à faire pâlir de jalousie la villa du parc, en beaucoup plus rigolo que tout ce qui se produit entre ses murs.

Elon Musk aurait pu faire encore mieux qu’envoyer une Tesla en l’air. Il y a à Annemasse un monument qui aurait avantageusement remplacé le tas de ferraille électrique expédié ad patres: la porte de l’harmonie.

Ce qui est dommage c’est que l’occasion de l’expédier dans l’immortalité a été manquée. Et pourtant cela aurait rendu la ville d’Annemasse célèbre. En prime, une masse métallique aurait été recyclée, écologiquement, et Elon Musk en aurait été encore grandi.

La vie est toujours belle, mais parfois un peu imparfaite. Toutefois on peut l’améliorer pour le prochain lancement.

Il nous faut Trump à Annemasse

Personne ici ne mesure le bonheur des Américains depuis qu’ils ont Trump à la Maison-Blanche. C’est la première fois de leur histoire, pas aussi longue que la nôtre, mais quand même, qu’ils héritent d’un président kitch. Chacune de ses apparitions en public déclenche des flux médiatiques inégalés. Il «twite» jour et nuit. Il mange comme quatre. Il golfe comme un pied, mais il est le patron de plein de parcours. Il fait tache dans le protocole européen, mais il a derrière lui une armada de laissés pour compte de la société qui ont cru qu’il les sauverait.

Nous, nous avons une ville kitch, un décor comme aucun cinéaste hollywoodien n’oserait même en imaginer pour tourner une série désespérante, et aussi une Villa du parc qui héberge tout l’art moderne, de la chaise plantée au mur jusqu’aux graffiti improbables. Imaginez Trump avec sa houppe blondasse et sa cravate rouge, le teint cuivré par l’abus du vin d’Ayze haranguant la salle de MLK pleine comme un œuf, et promettant de construire un mur de 4,5m sur la frontière pour interdire l’immigration des Suisses, encore plus dangereuse que celle des Mexicains aux US.

Bien, il est encore tôt ce matin, il ne devrait plus y avoir de cauchemar avant la nuit prochaine.

Ronsard, où es-tu?

Promis on ira voir où en est la rose qui ce matin avait déclose. Coup sur coup Jean d’Ormesson, et Johny disparaissent. Ce n’était pas la même cour, sans doute, ni exactement la même génération. Mais même ceux qui n’ont apprécié ni l’un ni l’autre ont été marqués par leur existence et leur indéniable talent. Les deux ont dévoré la vie. Et Ronsard témoigne à travers les siècles de cet impératif.

Scoop : on a perdu, mais personnellement je n’ai aucun regret

En résumé, Louis Mermet a fait une campagne exemplaire.

Il n’y a aucun regret à avoir. Parce que nous ne sommes pas des politiciens, nous avons collectivement choisi de faire sauter les élections de 2014 parce qu’il y avait eu une fraude, et que nous pensions tous ensemble que la dénoncer et la faire sanctionner était et reste un devoir civique.

Avec une abstention record, du jamais vu, nulle part, les résultats n’ont aucun sens. Très probablement que l’électorat de Dupessey s’est plus mobilisé que celui des autres listes. L’analyse des résultats nous le démontrera. Mais il faut considérer les réalités qui se dégagent du scrutin. En fait ce sont les militants élargis qui ont voté, pas le peuple. Le peuple était ailleurs, on ne l’a pas vu.

Notre échec est en fait l’échec de notre mode de scrutin. En été déplacer les foules, ici en tout cas, est impossible. Au printemps non plus, reste à essayer l’automne, l’hiver. Nous verrons pour les régionales. Mais on peut être pessimiste. Il faut réinventer la démocratie à partir d’un nouveau mode de scrutin.

Si le vote pouvait se faire par internet sans doute y aurait-il plus de votants. C’est à tenter.

Hier soir j’étais tellement en colère que j’ai éructé des insultes envers l’électorat du FN. Maintenant il faut considérer froidement ce qui vient de se dérouler. Au-delà de la colère. Ce que les 11 % de Capasso montrent est que cet électorat ne sait rien des enjeux locaux, voterait pour un pot de géranium si le FN le mettait en tête, ne sait probablement rien tout court. Et il vote de manière réactive, sans aucun intérêt pour les solutions politiques réelles à l’échelle locale : le tracé du tram, par exemple. La seule méthode pour l’inviter à revenir à la réalité est la pédagogie, il en faudra beaucoup.

Le triomphe des socialistes dans cette élection n’annonce que le pire pour la ville et son agglomération. Doit-on baisser les bras ? La réponse est non, il faut continuer, il faut espérer convaincre un jour. Il faudra qu’un jour il n’y ait à la tête de la ville une autre personnalité que celle d’un socialiste venu de l’extrême gauche.

La stratégie du n’importe quoi

Une nouvelle dimension vient d’être donnée à la campagne par le surgissement du fantôme du commandeur, Robert Borrel qui se porte au secours de son dauphin, on le voit sur les marchés, tract à la main, on le voit dans les rues badge à la boutonnière, on le lit même dans les journaux. Dans les journaux il vient de faire un coup d’éclat. Il appelle Alain Juppé à soutenir Christian Dupessey. C’est inédit. Une sorte de facétie politique dont il faut chercher le sens. Une fois qu’on a écarté la loufoquerie imaginaire d’un improbable appel au changement de camp, il reste la politique. Tout devient alors clair.

D’abord c’est peut-être un coup de pub. Le peuple m’ignore, donc je fais un éclat, et ça marche d’ailleurs puisqu’au lieu de parler de Juppé on parle de moi. Mais j’ai du mal à y croire, non qu’il ne soit pas calculateur, mais simplement parce que ce n’est absolument pas comme ça que les lecteurs du Messager ont reçu le message. Ils ont vu qu’un camp politique en appelle à un autre camp pour tenter de remporter une élection, ce qu’ils ont interprété comme l’aveu qu’il a besoin d’alliés et qu’il craint de ne pas la remporter sans cela.

C’est donc extrêmement simple. Ce que cela démontre, c’est la peur, la peur du camp de Dupessey de perdre. Il faut le secours de Borrel, lequel en appelle à une sorte d’alliance des politiques raisonnables pour sauver son successeur.

Mais il y a une difficulté insurmontable sur laquelle Robert Borrel surfe, celle du camp politique. Si Dupessey était apolitique, d’une part cela se saurait, mais il est conseiller régional socialiste, et d’autre part sa liste ne serait pas «divers gauches», comme elle s’affiche, pour ne pas dire socialiste pour des considérations purement électoralistes. Mais que l’on sache, Juppé n’est pas divers gauches. Il est à droite. Donc cette prétention de Borrel est vouée à l’échec, et il le sait. Le message est un appel aux électeurs de la droite de se porter au secours du candidat socialiste en mauvaise posture. L’obstacle à cette stratégie est que Dupessey a toujours combattu la droite, et il a oublié d’être prudent en pensant que la victoire lui était assurée. Les électeurs en décideront, mais l’imprudent a commis une erreur, c’est ce que Borrel nous dit.

Différence de styles

En même temps que Louis Mermet émerge dans la lumière de l’actualité, Dupessey entre dans les ténèbres de l’insignifiance. Le temps de la politique du souterrain est révolu. Le calcul politique, le machiavélisme de boudoir, antichambre du cimetière de la démocratie, font long feu. L’alliance occulte des socialistes et des frontistes était une hypothèse pour la science politique. Elle s’est confirmée comme réalité lorsqu’il fut clair que Dupessey soutenait la même thèse que Capasso sur l’annulation des élections. Mêmes arguties artificielles, même finalité, même discours, même contournement de la fraude électorale qui avait été exhumée. C’est bien ce qu’on désigne par alliance objective. Les manœuvres socialistes à Annemasse se sont poursuivies dans l’obscurité opaque des petits coups misérables.

Comme ils n’avaient en réalité aucun programme sérieux, les dupesséistes ont copié tout simplement quelques thèmes dont ils n’avaient pas même l’idée. Aidés en cela par des fuites et un transfuge, Salah Benattia dont on comprend rétrospectivement le malaise qu’il engendrait par sa présence, sans doute une question de langage corporel dont on perçoit la signification et qu’il est malaisé d’accepter, parce que la figure du traitre est toujours redoutable à admettre. Ainsi le matériel de campagne de Louis Mermet a fait l’objet d’une copie servile.

On ne prête qu’aux riches, et c’est sans doute pourquoi la rumeur rend Dupessey responsable d’un coup de Jarnac. Il y a eu une liste plus à gauche que celle de Dupessey (si, si, c’est possible), la quatrième liste qui se présente à l’horizon des élections. Une coïncidence remarquable a fait qu’à peine déposée, la tête de liste était interpellée par la police, jetée en garde à vue, accusée d’avoir dissimulé de la drogue dans un local qu’elle contrôle, et relâchée peut-être dès qu’il parut difficile de conforter cette accusation par des faits objectifs, mais aussi peut-être parce que les quantités n’étaient pas très importantes. Ce sont des hypothèses puisque personne n’a vu le dossier. Mais le mal était fait.

Sans beaucoup de prudence, le Dauphiné Libéré publie le 23 juin 2015 un article au titre humoristique sur cet évènement, mais sauf si le secret de l’enquête avait été violé par les policiers qui auraient transmis les copies des PV aux journalistes, hypothèse qui n’est étayée par rien à ce stade, par définition avant que l’affaire ne vienne devant la juridiction de jugement, si elle y vient, personne n’en sait rien.

Ce qui est certain c’est qu’une réaction s’est dessinée dès l’annonce de l’interpellation dans le quartier d’où beaucoup de colistiers sont originaires. Et de nombreuses personnes, voire la majorité, ont pensé que ce n’était pas une coïncidence, et qu’on pouvait y voir la main de Dupessey. J’ai beaucoup de mal à suivre ce point de vue, essentiellement parce que je n’aime pas croire en la théorie du complot. Il faut des faits, des faits et encore des faits pour faire avancer une réflexion. Mais il est vrai qu’on ne prête qu’aux riches. Il y a un enseignement à tirer de toute cette affaire, c’est qu’il existe une politique du souterrain et une politique de la lumière. LM a choisi le camp de la clarté, Dupessey a choisi celui de la nuit. Dupessey quand il faisait une alliance objective avec le FN en combattant à ses côtés l’annulation de l’élection pour fraude, savait ce qu’il faisait, et que sa seule motivation était de rester collé à son siège. Je ne sais pour finir s’il est ou non à l’origine de cette judicieuse arrestation, et je m’en moque. On ne prête, donc, qu’aux riches, et même s’il n’en est pas l’auteur, ce que je veux bien volontiers croire, il l’a certainement souhaitée si fort que ses vœux ont été exaucés.

L’étonnante campagne

La campagne électorale qui se déroule actuellement à Annemasse, à la suite de l’annulation des élections en raison de la fraude du FN, restera étonnante.

Quatre listes sont en présence. Celle des socialistes, celle du FN, une liste de gauche dont le centre de gravité est le quartier du Perrier, et la liste de la droite républicaine dont la tête est Louis Mermet.

La polémique fait rage : le passé de la tête de liste du FN fait débat, pour dire le moins, et un autre sujet de polémique se développe entre la liste socialiste et la liste de gauche du Perrier, qui résiste aux manœuvres et assauts dupesséistes.

Mais en dehors de Louis Mermet qui fait depuis longtemps diverses propositions, le sentiment est que l’ex-maire tente de copier toutes les idées qu’il n’a pas.

Par exemple le ridicule de ses propositions sur la sécurité. Le monsieur prenant conscience qu’il y a comme un déficit sur ce point dans son action, barbouille en hâte une belle affiche sur laquelle il promet deux caméras supplémentaires, et un peu plus de policiers. C’est minable.

Il n’a plus rien à dire, il n’a jamais eu d’idée propre, l’intelligence a déserté depuis longtemps le camp socialiste, il est temps qu’il s’en aille.

Doit-on aller vers la fusion des communes ?

Lorsque l’on circule dans la région Annemassienne on est frappé par la continuité du tissu urbain de trois des douze communes formant l’agglomération: Annemasse, Ville-la-Grand, Ambilly. C’est à l’évidence un même ensemble urbain qui se déploie, sans césure.

De cette unité géographique, on pourrait conclure à la nécessité d’une unité politique et administrative. Pourquoi donc devrait-il y avoir dans ce même espace trois collectivités distinctes, alors qu’une seule suffirait amplement ? La réponse est d’abord dans l’histoire, dans le développement de l’urbanisme au fil du temps qui a soudé ce qui autrefois était séparé par des champs. L’extinction de la ruralité et l’émergence de l’urbanité sont les phénomènes marquants des 50 dernières années, ici, aussi bien qu’ailleurs.

Dans ce contexte la question politique se pose de savoir s’il faut poursuivre avec le schéma hérité du passé ou bien tirer les conclusions qui s’imposent éventuellement à l’examen de la réalité.

On peut hésiter, car il y a non seulement des pesanteurs, mais aussi un intérêt au maintien des communes.

L’argument généralement mis en avant pour opérer les fusions est celui de la rationalisation des moyens. C’est un argument intéressant, mais essentiellement bureaucratique, et qui présuppose que la concentration des moyens serait toujours source d’économie. La résistance ne serait dans cette perspective qu’une nostalgie inutile.

Il faut pourtant hésiter devant cette logique qui oublie aussi que plus on concentre les moyens, plus on centralise, et moins on obtient de productivité. Car c’est un mythe de penser que les grandes organisations bureaucratiques sont plus performantes que la juxtaposition de petites structures. Il y a dans tout système du «bruit», c’est-à-dire une perte d’efficacité. L’exemple a souvent été donné dans les grandes organisations des services de photocopies. Sur le papier la concentration de toute la production des photocopies dans un seul service est toujours pensée plus productive que l’éparpillement des services dans chacune des divisions. Et dans la réalité le modèle ne fonctionne pas et le grand service concentré est moins productif que les petites unités séparées.

Comparaison n’est jamais raison, mais il est assez clair que la fusion des communes n’aboutira pas nécessairement à des économies d’échelle en terme de fonctionnement des services. À tout le moins, cela reste à démontrer.

La vraie rationalité de la fusion des communes est avant tout d’ordre politique. L’enjeu est au fond de permettre l’identification d’un espace. Dans le cas d’un continuum urbain, un seul nom, une seule commune peuvent parfaitement se défendre. Mais cela reste discutable. En tout cas cela doit passer nécessairement par le consentement des citoyens intéressés.

(Je vote contre ! – pour l’instant, mais je peux changer).

Jean Capasso le leader maximo local du Front National a été poursuivi pour vol à main armée

C’est une nouvelle extraordinaire, un nouvelle comme on n’en a qu’une par siècle, parce que ce n’est jamais arrivé dans le passé. Un homme conduit une liste pour les élections municipales, et pas n’importe quelle liste, celle du Front National. Il a fait campagne en 2014, il a pourfendu les juges laxistes, il a expliqué que si lui était élu à la tête de la mairie la sécurité serait immédiatement rétablie en ville. Il repart en étant tête de liste en 2015 pour les nouvelles élections qui se tiendront uniquement parce qu’il a fraudé et que le Conseil d’État a sanctionné la fraude. Et cela ne suffit pas. Il repart, mais ne dit à personne d’où il vient.

On peut penser, et on peut discuter de cette idée, que des années après le forfait qui lui a valu d’être poursuivi devant une cour d’assise, celle de la Haute-Savoie, il s’est amendé, et qu’il doit bénéficier de l’oubli. Sans doute va-t-il nous dire «j’ai fait une bêtise». Drôle de bêtise, s’emparer l’arme à la main de la recette, cela ne doit pas empêcher bien entendu de se recycler, d’abandonner les sentiers de la criminalité, parce que c’est un crime. Je suis pleinement d’accord avec cette proposition. Je suis à fond pour la réhabilitation.

Mais il ne s’agit pas de la vie ordinaire, il s’agit de la vie politique. Et la vie politique doit être la plus exemplaire possible. Parce que désormais le soupçon pèse sur le monde politique accusé de corruption, et de mensonge. Les Romains disaient que la femme de César ne devait pas être soupçonnée. Il en va de même pour le monde politique. Il doit être exemplaire, ou périr.

Mais ce que nous dit Jean Capasso, qui est sans doute un homme sympathique, pourquoi ne le serait-il pas, c’est qu’on a le droit en France de dire n’importe quoi, de mentir sur son passé par omission à tout le moins, et de se présenter devant les électeurs en tenant un discours sécuritaire.

C’est cela qui est extraordinaire, qui est inédit, du moins à ma connaissance.

Plusieurs conséquences peuvent être tirées :

– le mépris du FN pour la vérité et les électeurs, aucun parti n’a le droit de taire un passé comme celui de M Capasso,

– le mépris des socialistes qui connaissent tout de la situation et n’en disent rien, espérant passer entre les gouttes, je ne sais pas d’ailleurs si ce n’est pas pire encore que l’attitude du FN.

– et au contraire l’attachement à la démocratie de la droite républicaine.

C’est vrai qu’ils ont raison Jean Capasso et sa lectrice le 14 juin 2015, de craindre toute cette racaille qui traîne dans les rues. Heureusement qu’ils sont là pour donner des gilets pare-balles aux policiers municipaux, sans eux on n’aurait aucune idée des nécessités de la sécurité. C’est d’ailleurs la lecture de ce post sur la page Facedebouc du candidat frontiste qui m’a convaincu qu’il fallait réagir. La réaction de cette dame, le silence de Jean Capasso, qui fait comme si il avait le droit de juger la racaille, tout cela est accablant.

Faut-il craindre que les électeurs du FN votent malgré tout en faveur de la liste Jean Capasso, bleue marine ? Oui, il faut le craindre parce que cela démontrerait un affaiblissement fatal de l’esprit démocratique, naturellement s’ils votaient en connaissance de cause, sinon ce serait simplement l’effet de la difficulté de faire passer l’information.

Pour fonctionner, la République doit mobiliser les meilleurs, pas les braqueurs, même repentis. Parce que la République, parce que la démocratie doivent être des affaires sérieuses. Pas des bonnes blagues pour piliers de bistro, pour biker décérébré. On ne doit pas rigoler avec le fondement de notre vie.

Et si cela devait se passer, on ruinerait un peu plus l’édifice démocratique. Derrière la ruine, il suffit d’observer le monde pour s’en convaincre, il y a tout au fond du fond la guerre civile. Il ne faut pas rejeter les citoyens qui ont commis des fautes dans leur passé, mais il faut qu’il y ait une nécessaire transparence. Et puis il y a faute et faute. Un délit cela peut certes être grave, mais dans l’échelle de la gravité le crime arrive en tête. Si on peut parfaitement oublier le délit prescrit, ancien, accidentel, en revanche on est en droit de s’arrêter sur le crime, longtemps après sa commission, simplement parce qu’entrer n’importe où une arme à la main, ce n’est pas exactement comme commettre un excès de vitesse.

La panne d’idées du discours sans fin

La panne n’est pas celle de Louis Mermet et son équipe, mais celle de Dupessey, ex-maire sorti de son siège par le coup de canon du Conseil d’État. Au fil des jours il apparaît que le seul discours de l’ex-maire consiste à calomnier Louis Mermet, en écrivant honteusement, que l’annulation serait due à ses «manœuvres procédurières», alors qu’il aurait utilisé des procédés contraires à la morale.

Un morceau d’éloquence aussi vide que diffamatoire.

Ce qu’il y a de stupéfiant chez cet intellectuel socialiste, ce sont ses idées fixes, et son discours baignant dans la naïveté la plus sidérale à force d’être stratosphérique.

Même le plus abruti de la création peut se rendre compte de l’imbécilité de la proposition. Ce n’est pas une manœuvre qui a balayé les élections, mais une fraude, que Dupessey connaissait. Louis Mermet lui avait dit ce qu’il en était. Et à supposer qu’il fût devenu sourd, ça nous pend tous au nez, et qu’il n’ait pas entendu, il a nécessairement tout su dès le dépôt de la requête, immédiatement publiée sur mon blog.

Qu’il ne vienne pas dire qu’il ne lit pas mon blog. Il y a fait tant d’allusions ou en a tiré tant de citations, à de si nombreuses reprises aux séances du conseil municipal, que nécessairement, lui ou ses affidés, et surtout les services qui travaillaient pour lui, ont lu et compris.

Un mensonge dit souvent plus qu’un aveu. Ici il nous dit ici que l’ex-maire s’est cru habile en contestant l’annulation, aux côtés du Front National avec qui il est dans un rapport intime d’alliance. Très bien, camarades socialistes, si cela vous convient, allez-y ! Poursuivez votre discours sans fin sur le thème infantile des manœuvres procédurières. Vous en paierez le prix.

C’est surprenant tant c’est minable. C’est surprenant tant c’est irresponsable.

28 juin et 5 juillet 2015

Deux dimanches d’élection. Les élections municipales à Annemasse.

Retenez les dates.

Vous aurez le choix entre :

– voter pour Louis Mermet, qui propose de rendre à la vie la ville étouffée par plus de 30 ans de socialisme municipal,

– voter pour les socialistes, déguisés pour l’occasion avec de fausses moustaches pour qu’on ne les prenne pas pour ce qu’ils sont : des nuls,

– voter pour le FN, c’est à dire voter pour une étiquette nationale, avec au plan local, si le FN réussit à faire une liste, une équipe tirée par un leader maximo, qui ne connaît rien à rien, et qui en est fier,

– voter pour l’extrême gauche, aussi originale que d’habitude avec des slogans nationaux du genre, demain on rase gratis, on fait payer les riches, on élève toutes les barrières douanières, comme le FN mais sauf à l’égard des pays du sud qui ont ses faveurs, sans qu’elle ne s’explique jamais sur le fait que la Corée du Nord, qui applique tout son programme, n’a pas la réputation d’être un Eden, mais plutôt celle d’un camp de concentration.

En résumé le vote sera entre la poursuite de l’expérience de Berlin-Est (mais avec plus d’argent grâce aux frontaliers), dans le formol et la douleur, ou bien un grand rafraîchissement de la ville.

L’ex-maire d’Annemasse perd son sangfroid.

On savait depuis longtemps qu’il était entouré de tout un arsenal de conseillers, de personnes «très respectueuses professionnellement» comme le déclarait une éminente ex-adjointe. Ce qu’on ne savait pas c’est que leurs conseils restaient à la porte de l’esprit de l’ex-édile.

Sinon comment comprendre que sur son site, l’ex-maire écrive de telles sornettes ?

Il a commis quelques perles qui sont à la fois touchantes d’ignorance et amusantes de naïveté.

Ainsi écrit-il :«pourquoi n’a-t-il (en parlant de Louis Mermet) pas demandé l’invalidation de la liste FN avant les élections ?»

Là, mon bon ex-maire, vous m’en bouchez un coin. Vous ne savez pas, vous le conseiller régional, vous l’ex-président de l’agglomération, vous qui à longueur de séances du conseil municipal vous posez en connaisseur de tout, de tous les domaines, en donneur de leçons, que c’est le préfet qui enregistre les listes candidates, et qu’il est en charge de l’appréciation de leur régularité, sous le contrôle en référé du juge administratif ? Non, sérieusement vous ne le savez pas ?


Au fait, sur un plan pratique, on fait comment pour demander avant l’élection l’invalidation de la liste ? On campe à la préfecture ? On dort dans le lit du préfet ? Que je sache d’ailleurs c’est vous qui êtes un poteau socialiste du préfet qui n’est sans doute pas anti-socialiste.

Soyons indulgent pour une fois. Vous vous êtes pris, mon bon ex-maire, les pieds dans le tapis. Bon. Mais pourquoi diable ajoutez-vous :«Nous disons aussi que les méthodes employées par M Mermet et son enquêtrice sont moralement douteuses»?

Sans rire, dans votre esprit, c’est celui qui dénonce la fraude qui serait moralement coupable ? Tristes tropiques que ceux où la tribu socialiste oublie la fin, confond les moyens, adoube le FN, et au prix de ce renversement secret d’alliance, s’en prend à celui qui justement dit que le faux est une atteinte à la démocratie.

Ici on peut hésiter, ou bien on plonge dans les abysses de la stupidité, mais je sais que vous n’êtes pas stupide, ou bien dans le gouffre du cynisme politique. Vous êtes sans doute un bon manœuvrier, et il n’y a pas le choix, puisque vous n’êtes pas idiot, vous êtes cynique. Ce qui est totalement immoral, mon bon ex-maire, c’est votre silence alors que vous saviez, c’est votre appel contre l’annulation des élections par la faute du FN, qui vous en a fait l’allié.

Allez en paix.

Les transports cristalisent le mécontentement des usagers


C’est pour cette raison que la presse s’en fait l’écho.

Mais bien évidemment, ce n’est pas une raison encore suffisante pour s’en inquiéter. Ce qu’il y a d’inquiétant c’est qu’en même temps que la mairie socialiste dit que tout va bien, dans la réalité quotidienne, sans que ce soit toutefois tragique, il existe des frustrations intenses qui naissent des nombreuses difficultés rencontrées par les usagers.

Par exemple, tous ceux qui doivent prendre un ticket et n’ont pas d’abonnement, faute d’en trouver aux arrêts des distributeurs, font perdre à tous, y compris à eux même, un temps important en devant payer à la montée dans le bus. Il serait pourtant possible d’installer des dispositifs de billetteries automatiques. Cela existe ailleurs, pourquoi pas ici ?.

Dans la perspective de l’amélioration de la condition des usagers, la question du cadencement des bus aux heures de pointe devrait être revisitée.

Il y a enfin une dernière problématique qui est purement idéologique. La municipalité socialiste suit une politique anti-automobile, depuis fort longtemps maintenant. C’est la guerre. En témoigne par exemple le fait d’avoir tout fait pour que les bus s’arrêtent au milieu de la chaussée et bloquent la circulation automobile. Cela au fond est irrationnel, sans aucun profit ni pour les usagers des bus ni pour les automobilistes. La rationalité profonde de ces dispositifs d’arrêt de la circulation est punitive. Bien entendu, cela ne sera jamais avoué, le tout sera servi dans une sauce baignant dans le vivre ensemble et le lien social, avec un zeste de pôle multimodal (oh! c’est beau!), et en sucrerie une touche de mobilité douce. Peu importe, la réalité est là, et devient moins supportable.

Dupessey dicte tout dans l’agglomération, y compris les communiqués en sa faveur

VUE DE LA VILLE

Le maire éploré d’Annemasse a trouvé des oreilles compatissantes dans ses collègues de l’agglomération qui se sont fendus d’un scandaleux communiqué déplorant l’annulation des élections, qui démontre leur ignorance de la question, et la dissimulation de la réalité des mobiles.

L’ignorance, ou alors si c’est du cynisme c’est encore plus grave, est celle des causes de l’annulation. Dans tout leur communiqué, ce n’est même pas évoqué. Un comble. il faut donc que la pédagogie élémentaire du Conseil d’État atteigne leur esprit. Ce n’est pas nous qui le disons, c’est la plus haute juridiction administrative française : c’est vilain de tricher !

En l’espèce, comment faut-il le dire pour que le message entre dans les esprits manipulés de l’agglomération, le Front National, dont aucun maire ici ne se réclame, a fraudé. Il a commis un faux, ce qui vaut d’ailleurs à une lampiste de la liste FN d’être poursuivie devant le tribunal correctionnel en septembre. Et le faux, voyez-vous mes bons maires, c’est grave, c’est la mort de la démocratie. Et vous devriez monter comme un seul homme au créneau pour le combattre, au lieu de vous agenouiller devant Dupessey, et signer ce communiqué innommable, au sens étymologique, qui déplore une annulation de l’élection en réussissant ce tour de force de n’en mentionner en aucune ligne sa cause exacte.

Scandaleux.

Il est impossible aussi de ne pas remarquer la dissimulation de votre discours dicté par Dupessey. Oui cette annulation va entraîner de nouvelles élections. Et la conséquence de ces nouvelles élections sera que les organes de l’agglomération devront se mettre en conformité avec la loi, qui a changé, et personne n’y peut rien. Nos concitoyens ne le savent pas, mais vous vous le savez. La conséquence institutionnelle sera qu’il faudra restreindre les effectifs des délégués des communes. Moins d’indemnités seront distribuées, c’est sûr. Est-ce cela qui constitue la cause de votre désarroi ?

Il est impossible encore de ne pas relever la pauvreté indigne de l’argumentation que vous reprenez, soufflée par Dupessey qui l’a déjà entonnée comme un leitmotiv : il y aura des retards catastrophiques, l’agglomération sera paralysée. Le monde s’écroulerait parce que quelques décisions, lesquelles au fait, prendraient trois mois de retard au pire ? Vous vous moquez de qui pour sortir des énormités pareilles ? Le CEVA ne pourrait attendre 3 mois alors qu’il attend depuis des lustres ? Est-ce là un discours de responsables ou d’irresponsables ?

En résumé, vous apportez par votre communiqué, par ce torchon, la preuve malheureuse de la manipulation du maire socialiste d’Annemasse.

Le délire de la circulation à Annemasse : du bus punitif à la gare punitive

Chaque automobiliste constate la progression des bouchons, l’allongement de tous les temps de trajet. Tout automobiliste a appris avec le temps d’une part à être racketté de multiples manières, et aussi à être culpabilisé.

C’est ce que fait le maire socialiste actuel, reprenant le flambeau de son prédécesseur également socialiste. Le discours est simple, et en apparence équitable. Il consiste à dire que si l’usager des transports en commun paye son ticket, en revanche l’automobiliste ne paye pas les routes, les carrefours, les infrastructures, etc. Si bien que l’égalité républicaine commanderait de le taxer, et notamment pour le stationnement, pour ce bon motif que le contribuable n’a pas à payer pour lui.

Ce raisonnement délétère n’a que l’apparence de la rationalité, il est au fond totalement inéquitable et irrationnel.

Il est irrationnel en ce qu’il oublie le coût extraordinaire des transports collectifs, que l’usager ne supporte JAMAIS en totalité. La différence c’est la subvention, et c’est donc le contribuable qui la paye. Si bien que la rhétorique qui consiste à culpabiliser l’automobiliste «qui ne paye pas les infrastructures» est profondément injuste, parce que l’usager des transports en commun et l’automobiliste sont au moins à égalité dans le partage du coût des infrastructures et du coût du fonctionnement, et pire encore, sont tous les deux des contribuables.

Et ce délire n’est pas terminé. Il va même s’accentuer si les socialistes qui empoisonnent idéologiquement l’agglomération restent aux commandes et continuent d’être écoutés.

On a déjà les bus punitifs, par la grâce de la nouvelle configuration des rues où tout est fait pour qu’il soit impossible lorsqu’ils s’arrêtent pour charger les passagers, de les dépasser. Le résultat est simple, la circulation s’arrête derrière eux, sans profit ni pour les passagers ni pour les automobilistes. La rationalité profonde de ce système aberrant est simple, c’est la punition de cet ennemi juré du socialo-écolo qu’est l’automobiliste.

Mais ce n’est pas fini : demain on aura la gare punitive.

Là le délire sera poussé à son paroxysme.

Qu’on se souvienne qu’il y a quelques années l’adjoint socialiste M VIOUD, lançait à grand renfort de publicité et de discours le «péricentrique»«multimodal» (avec l’impasse faite pour des raisons électorales sur le tram qui n’y aboutira pas). Elles s’agglutineront dans des rues étroites pour contourner la gare.

Et cette folie furieuse passe comme une lettre à la poste, et court à travers toutes les instances de l’agglomération.

Qu’avons nous fait pour mériter ça ?

Contre la peine de mort

Cette question n’a rien à voir avec Annemasse et la vie locale.

C’est une pure réaction à l’annonce de plusieurs condamnations à mort récentes.

Plusieurs hommes ont été condamnés à mort ces derniers jours : le crétin islamiste de l’attentat de Boston aux USA, l’ancien président Morsi en Égypte, également crétin islamiste, et le Français condamné à mort en Indonésie, État de crétins islamistes.

Le tout est une gifle donnée à la civilisation, parce que la peine de mort est une barbarie qu’il faut proscrire. L’État doit être un État de droit, ce qui est totalement incompatible avec cette vengeance froide qu’est la peine de mort. Tout système judiciaire qui maintient cette barbarie en son sein est un système barbare. Ce qui est profondément gênant s’agissant des USA.

Les socialistes à la traine.

Nous ne voulons que du bien à nos amis de la mairie, mais franchement, que de laisser-aller. En pensant qu’ils sont à l’abri de tout une fois leur élection acquise, ils se croient tout permis. Ils croient qu’ils peuvent s’adonner à leurs vieilles lunes socialistes, et que le réel n’a pas lieu, comme un philosophe contemporain le souligne. C’est la maladie sénile du communisme et du socialisme, révoquer le réel quand il n’est pas conforme au discours. Tout va donc toujours bien quand ils sont aux commandes. Ils croient qu’ils peuvent cultiver la solidarité internationale pour se tailler une place dans l’histoire, voire prendre du gallon politique. Mais non, le réel est là avec ses trous, ses ordures à deux pas de la mairie, avec ses encombrements quotidiens.

Un scoop à 8 Mt Blanc : M le maire d’Annemasse est sûr que les élections ne seront pas annulées. A-t-il raison ?

C’est toujours bien de connaître l’avenir. Je comprends tout à fait que le maire d’Annemasse soit confiant, comme il l’a déclaré à 8 Mt Blanc après l’audience du 12 mai 2015 à Paris devant le Conseil d’État. Pour lui, et son adjoint, cela ne fait aucun doute, les élections ne seront pas annulées.

L’affaire est en effet venue à l’audience du Conseil d’État. Le Rapporteur public (anciennement appelé Commissaire du gouvernement) a conclu à la confirmation du jugement du Tribunal administratif de Grenoble en toutes ses dispositions. Le jugement avait annulé les élections. Au moins un magistrat, certes qui ne délibère pas, mais qui en général est la mémoire jurisprudentielle de la juridiction, qui ne partage pas l’opinion de Monsieur le Maire.

Il peut toujours arriver qu’une juridiction, le Conseil d’État comme les Cours et Tribunaux administratifs, ne suive pas les conclusions du Rapporteur public. C’est toujours possible.

De même qu’il est parfaitement possible que le Conseil d’État estime que la fraude électorale ne soit pas établie, encore qu’il soit difficile d’imaginer comment ce serait envisageable avec les preuves manifestes qui ont été rapportées. Mais un juge peut toujours dire qu’à midi il fait nuit, et quand il le fait le justiciable est bien désarmé. C’est en tout cas extrêmement rare. Les juges, en général, suivent toujours le plus petit commun dénominateur de la pensée humaine qui est le bon sens.

Il est aussi parfaitement imaginable que le Conseil d’État choisisse de considérer que la fraude même démontrée ne doive pas avoir pour conséquence l’annulation des élections, car ainsi que M le Maire l’a plaidé, ce serait un «déni de démocratie».

L’argument n’est pas faible. Il repose sur l’idée qu’annuler les élections est inéquitable pour la liste qui les a emportées, sans avoir fraudé, elle. Ce qui est vrai. La liste socialiste n’a pas fraudé; mais elle a toutefois profité de la fraude du FN puisque divine surprise, au lieu d’affronter une seule liste, celle de la droite républicaine, elle a a eu le bonheur insigne de voir en face d’elle une troisième liste qui allait nécessairement affaiblir la liste opposante principale.

Tout est donc toujours possible. Mais ce serait tout de même étrange, car si la juridiction suprême française décidait tout de go que la fraude n’est d’aucune importance, alors s’ouvriraient grandes les portes de la tricherie pour toutes les élections à venir. Le mot d’ordre serait : trichez, trichez, de toute manière vous ne risquez rien. Les élections deviendraient alors des monuments de pédagogie à l’usage de tous. Il n’est pas sûr que beaucoup d’esprits aient envie de suivre cette pente.

Nous attendons pour notre part, dans l’apaisement que procure la certitude d’avoir agi conformément aux principes de la démocratie, et œuvré pour son respect.

Une honte, ma bonne dame,

Des petits hommes et de petites femmes en jaune fluo, critiquant la chaussée et « le travail de personnes pourtant très respectueuses professionnellement », c’est une honte. En plus je suis sûr qu’elles sont soucieuses du «vivre ensemble» comme toute votre équipe, débordantes sans doute de solidarité internationale, baignant dans le respect du maire et de ses adjoints. C’est vraiment une honte.

Ils n’ont même pas la pudeur de cacher leur pantalon de costume (sur mesure), ces cuistres. Les dames en jaune sauf une qui s’est distinguée en arborant de l’orange, portaient des jupes Chanel de la collection d’été 2015. Des bourges, moi je vous le dis, rien que des bourges.

Je vous comprends, ma bonne dame. Je m’associe à votre indignation. Juré que je ne mettrai plus jamais de gilet fluo sur mon costard Cardin sur mesure, j’ai trop d’égard pour vos maigres indemnités d’adjointe, qui ne vous permettent certainement pas de vous payer même un mouchoir sur mesure, surtout avec tout cet argent que vous donnez aux œuvres du maire et à la solidarité. Juré, je ne dirai plus rien sur les rues défoncées, et je vous demande pardon. Par contrition je ne mettrai plus qu’un costume signé Che Guevara, et je reprendrai mes pantalons pattes d’éléphant. Juré. Quant aux pétasses en jupe Chanel, je leur ferai arracher le prix qu’elles laissent benoîtement et ostensiblement dessus, juré. Elles ne mettront plus que des sacs H et M pour les prochaines manifs, ou comme vous des toilettes signées Emmaüs.

Heureusement que vous êtes là pour relever le débat, non c’est vrai. J’admire surtout le magnifique élan de votre cœur vers «le travail de personnes très respectueuses professionnellement». C’est tellement bien dit. Ce que je ne savais pas c’est que le bitume des rues n’était pas coulé par des entreprises capitalistes hideuses, mais par ces personnes très respectueuses professionnellement. En plus d’une prose superbe, affranchie du carcan des accords, je vous félicite pour sa richesse informative.

Merci. C’est chouette de discuter avec vous. Remarquez que la réponse est au niveau de votre attaque.

J’avais devant moi un homme qui a fait l’histoire…

Le profond amateurisme de cette déclaration du «chef de l’État», qui nous fait honte une fois de plus, fera sans doute plaisir aux remugles castristes qui hantent encore les partis de gauche, du parti socialiste aux altermondialistes en passant par les écolos, mais restera aussi incongrue que celle de Laval qui déclara souhaiter la victoire de l’Allemagne nazie. L’imbécilité est de parler, quand seul le silence serait audible. D’abord par respect pour les victimes du tortionnaire Castro. Ensuite par simple calcul politique, parce que les temps changent. De même que le communisme a été emporté dans les anciens pays de l’Est dès que les portes de leur camp de concentration à l’échelle continentale s’entrouvrirent, les statues de sel qui gouvernent l’île sucrée seront jetées, demain, dans les poubelles de l’histoire. Un État, la France en est encore un, en face d’un fantôme baignant dans le sang de ses crimes, se doit de rester au seul niveau international qui compte, celui des relations diplomatiques, et ne pas s’abaisser à cirer les pompes d’un «salaud de l’histoire», comme aurait dit ce bon JP Sartre qui faisait dans la nuance.

Le manifeste du macadam

Des citoyens dans la ville s’émeuvent des trous noirs des chaussées.

On peut discuter de tout, des trous, des chaussées, de l’évolution de l’Homme et de la croissance des rayons gammas dans les trous noirs cosmiques, mais pour les dames qui portent des talons, pour les cyclistes qui ont été épargnés par les automobilistes avec qui ils sont en guerre, la présence de ces effondrements sous leurs roues ou leurs semelles, leur parle symboliquement de leur place dans la ville. Tous se disent qu’ils sont bien peu de choses. Et c’est vrai. Les trous noirs se rejoindront et la ville entière sera engloutie dans une gigantesque béance sociale. Le Bronx avant d’être le Bronx était déjà le Bronx, mais en mieux. La chute vers le pire est la crainte que l’on peut tous avoir. C’est pourquoi un trou dans la chaussée n’est pas seulement un obstacle dangereux, mais une charge symbolique. Il nous dit avec une pédagogie irréfutable que l’urbain se dessine en creux dans le macadam. D’où ce pessimisme qui se propage comme les rayons d’un soleil noir.

Un excellent article : Les trous noirs des rues d’Annemasse

Le Machiavel de bazar

Il paraît que Salah Benattia, qui a été élu sur la liste de l’opposition à Annemasse, va rejoindre la majorité socialiste. Le brave homme dans un premier temps a annoncé qu’il quittait la liste pour s’installer tout seul. Il a expliqué sa posture en soulignant qu’il n’avait pas compris ses colistiers lors du vote du budget 2015. L’opposition a voté contre. Lui s’est abstenu. Il a dit qu’il ne comprenait pas comment on pouvait voter contre un budget tout en reconnaissant que des efforts avaient été faits.

Il n’avait pas compris que le vote du budget est un acte politique, un acte binaire : soit on vote contre et on est dans l’opposition, soit on ne le conteste pas et on est dans la majorité. Depuis il a fait des progrès puisque quelque temps après il s’est agi de voter le compte administratif. Il paraît que cette fois il se serait abstenu. La différence entre le vote du budget et le vote du compte administratif n’a pas sauté aux yeux de M Benattia. Si une bonne âme lui avait expliqué que le compte administratif est simplement le récapitulatif des opérations passées, peut-être aurait-il cette fois-ci voté pour. L’opposition qui n’a pas de raison de penser que les comptes auraient été tripatouillés a très probablement voté pour. J’emploie un conditionnel parce que je n’y étais pas, mais c’est ce qu’on m’en a dit.

Soudainement S Benattia s’embauche dans la majorité socialiste.

Il se croit propriétaire des suffrages qui ne se sont pas portés sur lui, mais sur une liste à laquelle il appartenait.

Incohérence, justificatifs maladroits, désertion, félonie, on peut hésiter, surtout sur le vocabulaire. Il existe de nombreux synonymes pour désigner une trahison. Le soufflé retombera. Mais ce n’est pas le point de vue de Salah Benattia qui est intéressant, c’est celui fait de calcul de C Dupessey.

La manœuvre se comprend. En poussant le pion Benattia, il sait qu’il se met à dos une partie de l’électorat qui n’aime pas les traitres. Cette partie de l’électorat qui rejette les magouilles politiques, vote FN par défiance envers les élus. Donc C Dupessey pousse sciemment le pion S Benattia pour la bonne raison que cela va faire monter le vote FN, et pense-t-il, nuire à la droite.

Petit calcul tout pétri d’une petite mesquinerie, baignant dans un minable machiavélisme de bazar. Ce que n’a pas vu l’édile est pourtant simple. Son temps est passé, l’électorat aspire à la clarté. Le contraire des manœuvres du maire actuel. Bon vent avec M Benattia, s’il ne vous reste pour préparer l’avenir, que Monsieur Rigaud, ou Madame (je vais taire son nom), transfuges de cet acabit, on le comprendra, mais on ne vous en aimera pas davantage. Vous finirez par être rejeté.

Bon vent.

Y a dla Romba dans l’air !

Il doit être souligné encore qu’il s’agit avant tout d’une problématique qui relève de la police au sens large, qu’il importe de trouver des solutions. La question relève de la police nationale, mais en réalité sur les instructions que donnent les préfets en relai de celles du gouvernement, et en parallèle des pouvoirs de police du maire.

Non que nous soyons de farouches partisans de la répression à tout crin. On ne veut que du bien aux Roms, dès lors qu’ils respectent les lois de la République et ne s’installent pas à demeure perpétuelle dans l’espace public qu’ils s’accaparent en en privant nos concitoyens. Parce que le problème aigu est qu’ils font peur, et que la mendicité organisée en brigades qui se font déposer le matin pour repartir le soir relève au fond de l’exploitation indue de la charité et de la solidarité, au moyen d’une pression qui s’apparente à une violence.

La mendicité ne peut qu’être une exception dans une société championne du monde des transferts sociaux ( 32% du PIB de l’Hexagone).

Il est très clair que la situation des bandes organisées dans la mendicité à Annemasse trouble la paix publique. Il est clair aussi comme l’a rappelé dans cet interview Louis Mermet que la plupart de ces bandes sont en situation totalement irrégulière.

Le préfet, socialiste, le maire, socialiste, le gouvernement, socialiste, ne vont rien faire. Alors qu’ils le pourraient. On peut en vouloir pour preuve que juste avant les dernières élections municipales, comme par enchantement les Roms mendiants avaient disparu. Ce qui relève d’une volonté politique délibérée.

L’impuissance actuelle est celle volontaire des socialistes. Nous ne prétendons pas supprimer tous les problèmes de la planète, mais nous disons que lorsque nous assumerons la gestion de cette municipalité, nous mettrons tout en œuvre pour tenter de régler cette situation qui perdure au détriment de la population.

Plutôt que de se lancer dans un programme aussi idéologique que fumeux de développement d’une politique de «solidarité internationale» en prétendant faire d’Annemasse sa capitale, il serait préférable que la grenouille annemassienne ne se prenne plus pour un bœuf, et cherche avant tout à aider sa population.

La fâcherie sur la propreté

La fâcherie sur la propreté du maire et de ses adjoints est étonnante.

C’est vrai que Louis Mermet quand il est allé avec des citoyens engagés relever les détritus qui agrémentent un passage à deux pas de la mairie, a surpris le maire et son conseil ronronnant.

Surtout, horreur suprême, qu’il y avait la presse, et que cela a donné lieu à un article.

Est-ce un hasard ou une mise en scène ?

En tout cas, c’est un autre coup bas dont l’opposition sulfureuse est seule capable. Parce qu’il en faut de l’ignominie pour trouver à redire à l’accumulation d’objets hétéroclites, qui, s’ils étaient présentés à la Villa du Parc, et cloués au mur à côté d’une chaise, arracheraient au maire cultureux des gémissements de bonheur, et propulseraient la fréquentation de ce lieu subventionné à des hauteurs stratosphériques.

Une collection de bouteilles, de canettes de bière (même pas française pour la plupart, une honte), de détritus divers. Il fallait faire un inventaire, et une prisée pour leur donner une valeur, mais ces ignorants d’opposants, au lieu de procéder à la transmission derechef de ces valeurs inestimables aux musées nationaux, abrutis qu’ils sont de méconnaître l’art plastique, ont cru séant d’en remplir des sacs et de poser en prime l’air béat comme des pêcheurs devant leurs trophées.

Ne les lâchez jamais dans la Villa du Parc, ils risqueraient de commettre des dégâts irréparables !

Tout aurait pu s’arrêter là. Mais non. Une commission s’est réunie aussitôt, et a débusqué la manœuvre politique, alors que la ville est si propre. Même l’adjoint qui la présidait a assuré que tout allait pour le mieux, et pour la défense des édiles a plaidé que le passage en question avait un caractère privé, ce qui pour un socialiste est déjà un gros mot.

Et il a raison.

L’hallali allait être sonné contre l’opposition terrassée. Une conseillère (de la majorité socialiste), presque en larmes, a exposé comment elle prenait sur elle lorsqu’elle se rendait à la mairie, pour ramasser tout ce qui traînait et le jeter dans les poubelles si nombreuses qu’on songerait même à les louer aux riverains. Et elle a raison.

Le malheur est que l’adjointe ou la conseillère n’emprunte jamais le passage privé, mais ouvert au public, où gisent tous ces chefs d’œuvre de l’art contemporain.

Sans doute le caractère privé d’un lieu ouvert au public a-t-il un effet répulsif sur les élus socialistes.  Une autre hypothèse est qu’ils s’en fichent, dès lors que ce ne sont plus les élections. Allez savoir.

Manifestement il y a de bons et mauvais migrants

Et il y en a qui tirent deux mauvaises cartes :

– ils sont migrants, situation délicate s’il en est,

– et pire, ils sont chrétiens.

La solution pour leur compagnons de misère qui eux professent la seule vraie religion à leurs yeux, l’Islam, c’est de les tuer. Cette histoire incroyable est rapportée notamment par le journal Le Monde.

«Quinze immigrés, dont un mineur de 17 ans à peine débarqués en Sicile, ont été arrêtés, jeudi 16 avril, par les carabiniers et conduits en prison sous l’accusation d’« homicides multiples aggravés par la haine religieuse ». Selon les témoignages des passagers de cette nouvelle odyssée, ces quinze hommes – mais il pourrait y en avoir d’autres – auraient jeté à la mer douze de leurs compagnons d’infortune à la suite d’une dispute survenue à bord. Les agresseurs sont de confession musulmane, originaires du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal ; leurs victimes étaient de foi chrétienne, venues du Ghana et du Niger.

Éplorés, les survivants ont raconté aux associations humanitaires et aux enquêteurs la peur et la tension qui régnaient sur un canot pneumatique à moitié dégonflé contenant 105 passagers partis dimanche 16 avril d’une plage de Tripoli. Et chacun de prier son Dieu. « Ici, on n’implore qu’Allah ! », aurait lancé un migrant en français. « J’ai vu de mes yeux neuf Ghanéens et trois Nigériens être jetés à l’eau, raconte ainsi Yeboah. J’ai survécu parce qu’avec mes compagnons, nous nous sommes agrippés les uns aux autres pour résister à nos agresseurs pendant une heure. Puis un navire est arrivé pour nous secourir. »
« Je me souviens que les musulmans disaient expressément qu’ils ne toléraient pas la présence de chrétiens nigériens et ghanéens à bord »

« Je me souviens, a expliqué Lambert, que les musulmans disaient expressément qu’ils ne toléraient pas la présence de chrétiens nigériens et ghanéens à bord. » L’enquête coordonnée par le parquet de Palerme devra faire la lumière sur cette tragédie inédite dans le canal de Sicile. S’agissant d’homicides commis dans les eaux internationales, le ministre italien de la Justice a accordé les autorisations nécessaires».

(En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/04/17/des-migrants-chretiens-auraient-ete-jetes-a-la-mer-par-des-musulmans-au-large-de-l-italie_4617899_3214.html#fI8vGMrK8kqtQcAH.99)

Ce qui est étonnant dans cette tragédie à l’intérieur du drame, est que l’ensemble de ces clandestins aspire à venir s’établir en France, terre encore chrétienne pour la majorité de sa population, et surtout patrie de Voltaire. Terre où en 1787, le Roi Louis XVI deux ans avant les débuts de la révolution, décrétait un «édit de tolérance», revenant sur la proscription des protestants par l’édit de Nantes du sinistre Louis XIV en 1685.

Comment peut-on vouloir venir en France, au milieu des chrétiens ou ce qu’il en reste, en France terre des droits de l’homme, comment peut-on venir lui imposer un droit d’asile, sans souffrir même les chrétiens, au point de les jeter par-dessus bord et les condamner à la noyade et à la mort ? Cette tragédie donne la nausée.

Le conseil municipal est invité le 23 avril 2015 à approuver des tonnes de questions

Dont vous pouvez prendre connaissance en téléchargeant les divers documents simplement en cliquant sur le lien :

conseil municpal Annemasse 23 avril 2015

Un point remarquable du discours, qui à force de guimauve larmoyante en devient presque émouvant, c’est le clou sur la «solidarité internationale». Notre bon maire et son équipe ne savent plus dans quoi investir les fonds des contribuables, et sans que la question n’ait jamais été soumise à référendum, ce qui serait pourtant le minimum politique à respecter, décident pour leur gloire dans leurs milieux bienpensants de se faire les champions de la faim dans le monde, de la réduction de la pauvreté, de la mortalité infantile, et de la mise en place d’un «partenariat mondial pour le développement». Hier ils luttaient contre l’hydre américaine dans les négociations avec l’Europe, aujourd’hui ils terrassent ces mollusques hideux tout gluants d’égoïsme, vous mes amis.

Dans ce monde merveilleux de la générosité avec le fric des contribuables, le cantique de la France bobo est entonné :

«Fidèle à ses valeurs humanistes, la ville d’Annemasse entend réaffirmer son engagement politique en matière de solidarités internationales. Solidaire et ouverte sur le monde, elle intervient parce qu’elle tient à jouer un rôle actif tout en veillant à ce que son action ait un impact bénéfique sur les Annemassiens. La Ville qui bénéficie d’une population métissée (plus de 110 nationalités), peut compter sur un tissu associatif riche et dynamique. Mais consciente des problématiques de développement, elle sait la nécessité – d’autant plus prégnante à l’heure où se cristallisent les clivages communautaires et les tendances au repli sur soi – non seulement de conserver la dynamique construite depuis 10 ans, mais aussi de la renforcer. Annemasse sait qu’au travers des valeurs de partage, d’équité, d’égalité, de solidarité, l’enjeu est le maintien du « vivre ensemble ».

Remarquez que finalement vous ne payez pas cher la solidarité puisque vous en retirez la puissante contrepartie d’être une ville «solidaire et ouverte sur le monde», et ça vous le savez, sans compter les autres avantages présentés dans ce beau texte.

Les esprits chagrins ne manqueront pas de remarquer que ça coûte d’autant moins cher aux élus de la majorité socialiste qu’ils sont même payés pour voter tous les mois l’ordre du jour. La charité bien ordonnée commence toujours par soi-même, et ça les socialistes solidaires sauf sur leurs indemnités, le savent parfaitement.

 

Cohérence et position politique

Il ne faut jamais penser que l’on détient seul la vérité et la raison. Aussi ne peut-on, ou ne devrait-on jamais en politique, brûler ce qu’on a adoré, vouer aux gémonies ceux qui prennent un autre chemin.

Mais nous pouvons tous aussi avoir des réactions, quelques fois un peu trop vives. Salah Benattia a décidé de quitter le groupe auquel il appartenait et explique qu’il ne démissionnera pas, comme Louis Mermet pense qu’il le devrait.

La position de Louis Mermet est simple, et partagée en fait par l’ensemble des élus de l’opposition jusqu’à ce stade. Lorsqu’on a été élu sur une liste et qu’on veut s’en séparer, la conséquence logique et la cohérence politique est de démissionner.

Il y a quatre raisons à cela.

1- Nul n’est propriétaire des suffrages des électeurs, et d’ailleurs la langue nous le précise en rappelant qu’un élu est mandaté par ceux qui ont voté pour lui.

2- La conséquence d’un mandat est qu’on doit l’accomplir.

3- Dans un scrutin de liste comme le sont les élections municipales, c’est la liste qui est élue. Pas les personnalités de la liste.

4- Si pour une raison ou une autre un élu n’est plus en mesure d’accomplir son mandat, et il ne s’agit pas ici de porter un jugement sur ses choix, il doit en conséquence démissionner.

Ce qui se pose incidemment est une question de principe. La démocratie ne peut vivre sans respect des principes. Il est de l’honneur des élus de les respecter. C’est pourquoi Louis Mermet a raison de souligner que Monsieur Salah Benattia s’honorerait en démissionnant. En disant cela, il ne porte aucun jugement, mais rappelle les principes fondamentaux de la loyauté politique.

Une des causes de la montée du vote en faveur du Front National est ce sentiment diffus qu’ont les citoyens que les hommes politiques les trompent et ne sont pas à leur service. Il faut leur donner tort.

L’erreur stratégique de l’atteinte au droit de propriété

Qui fait l’ange finit toujours par faire la bête.

Je ne doute pas un instant de la bonne volonté des élus de l’agglomération annemassienne, et même des socialistes parmi eux. C’est dire. Je ne doute pas de l’excellence de leurs intentions et de la considération de l’intérêt général qui les guide.

Et pourtant je vais critiquer sur un plan fondamental l’orientation qui est prise, et dont on ne mesure pas vraiment aujourd’hui les conséquences. Je souhaite me tromper, mais je crains d’être dans le vrai.

L’atteinte au droit de propriété comme moyen de la politique urbaine.

Une commission de l’agglomération a tout récemment reçu la bonne parole de «spécialistes» sur le sujet de l’accession à des logements abordables. Exactement l’intitulé de l’ordre du jour de cette commission était : «Le dispositif logement abordable». L’excellence des intentions se mesure à la prise en considération d’objectifs qui sont tous louables : «Accueillir et maintenir des familles sur le territoire de l’agglomération en agissant sur la diversité de l’offre de logements, sa qualité et son environnement (formes d’habitat, typologies et de prix) pour mieux satisfaire les ménages familiaux et primo accédants qui quittent l’agglomération». Bigre.

La phrase ne veut rien dire, et se déroule dans la novlangue bureaucratique et politique des spécialistes, marquée par une seule idéologie. On peut la traduire de manière simple : maintenir les classes moyennes dans l’agglomération au lieu de les laisser voter avec leurs pieds. L’idée est qu’elles resteraient s’il y avait des logements abordables. Soit. La difficulté commence sur la méthode pour parvenir à ce résultat du logement abordable.

Un bouc émissaire est marqué au fer rouge, l’hideuse spéculation. Pour produire une offre de logements abordables accessibles à la classe moyenne, on invente aussitôt une nouvelle usine à gaz technocratique. On pose des plafonds de ressources, ainsi que des limites de prix au m2. Puis on ajoute un promoteur semi-public, une société d’hlm qui vient de changer de nom comme la Générale des Eaux qui est devenue Veolia, et qui parle la même langue que les spécialistes.

On pose des règles. Là, le bât commence à blesser. Il s’agit d’élaborer un «dispositif anti-spéculatif». Comment ? En limitant le droit des acquéreurs à revendre leur bien, sauf à observer les conditions qui leur seront prescrites. Plafond de prix, durée minimum de conservation du bien, sauf «accidents de la vie», (sur ce point la communauté bobo a depuis longtemps intégré le divorce dans ses calculs, et elle a raison), et enfin en organisant une préemption punitive au profit de la collectivité. L’acquéreur n’est pas sage, il veut s’affranchir de sa soumission socialiste, pif ! sur le nez. On lui balance une préemption dans les narines. Comment le tout va réellement fonctionner juridiquement n’est pas encore défini puisqu’une concertation serait en cours avec la chambre des notaires, ainsi qu’un cabinet d’avocats spécialisé. (Sans doute parisien ou lyonnais  puisqu’ici il n’y a que des ânes). Soyons patients, les projets vont venir. Et comme les auteurs de la proposition mesurent qu’il pourrait y avoir une difficulté, ils envisagent prudemment une autre solution, celle de l’emphytéose. Joli mot qui signifie qu’on n’achète plus des murs, mais qu’on prend à bail de longue durée le logement. On n’est jamais propriétaire, même si on jouit du bien comme un propriétaire, aux droits limités puisque par exemple il ne pourra pas dans le schéma, détruire, sous-louer au tarif qu’il voudrait, etc. Bref, c’est une location.

En attendant, tout cela appelle une observation.

Au bout du compte il s’agit ni plus ni moins que de porter atteinte au droit de propriété entendu selon le Code civil en son article de principe qui porte le numéro 544 comme un droit absolu :

«La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue. Pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements». Cet article tient depuis 1804, et a une valeur supra légale puisqu’il est protégé par la constitution.

C’est dire que c’est un principe fondamental. Et ce n’est pas un vain principe. C’est une liberté, une liberté publique, parce qu’elle place la propriété à l’abri de l’atteinte étatique. Et c’est cela qui est au cœur de la problématique soulevée par la machine administrative et politique qui avance lentement, par érosions successives, sur le chemin de l’abolition. Une remarque : il n’existe jamais de propriété dans les régimes dictatoriaux, c’est curieux, non ?

Je crois dans l’excellence des intentions des élus de tout bord qui sont hypnotisés par le pertinent discours technocratique qui leur est servi. Et je crois aussi que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Tous, et je m’y inclus, me font penser aux enfants du comte allemand du joueur de flûte qui emmena derrière lui tous les enfants d’Hamelin pour les noyer dans la Weser.

La hausse vertigineuse des dépenses de fonctionnement à Annemasse

La vertu est une denrée rare, et souvent invoquée à tort en matière budgétaire.

Brutalement l’évolution des dépenses de la ville se présente ainsi :

Année Dépenses de F
   
2005 30 948 023,00 €
2006 32 826 748,00 €
2007 34 640 921,00 €
2009 36 422 000,00 €
2011
37 154 000,00 €
2012 39 000 000,00 €
2013 40 879 000,00 €
2014 42 050 000,00 €
2015 42 456 313,00 €

Où l’on voit assez bien que la prétendue « maîtrise des dépenses» en raison d’un budget géré rigoureusement, ce qui est repris à chaque vote du budget à Annemasse, est en fait une illusion.

En dix ans tout juste l’augmentation des dépenses de fonctionnement atteint 11 508 290 €. Soit + 37 %.

Il ne faut pas oublier l’inflation. Le montant initial de 30 948 023,00 € s’il n’avait pas évolué au delà de l’inflation, représenterait en 2015 et en euros d’aujourd’hui 35 886 532 €, soit une augmentation de 16% nette d’inflation. Tel serait le résultat si les dépenses de fonctionnement étaient réellement maitrisées. Mais elles ne le sont pas puisqu’elles atteignent 42 456 313 € aujourd’hui, soit 37 % de plus qu’en 2005.  Il y a, inflation comprise,  4 908 509 € de différence. La rigueur est surtout dans le discours, mais assez peu dans les faits.

Et si vous estimez qu’augmenter de 37 % les dépenses de la ville correspond à une gesttion rigoureuse, même la médecine ne pourra rien pour vous.

 

You Are My Sunshine by Elizabeth Mitchell on Grooveshark

Retour sur la culture et le débat au conseil municipal du 19 mars 2015

Il y a une chose qui n’a pas été dite, et qui pourtant méritait de l’être, c’est que le maire d’Annemasse n’a aucun monopole culturel et que son goût n’a pas à s’imposer à tous.

Il assimile l’art moderne à la culture. Mais la culture, Dieu merci, ne se résume pas dans l’art contemporain, celui qu’il veut seul subventionner. Il existe aussi une culture classique, dans la littérature comme dans les arts plastiques ou la musique. Et qu’il ne vienne pas dire que la culture classique ne serait rien.

Il reste donc un point politique essentiel. Un maire et son équipe, qui ont de la culture une vision étroite, et des subventions une vision large, s’arrogent le droit de dicter à la ville ce qu’elle doit penser, voir, entendre.

Qu’ils aiment l’art contemporain, c’est leur affaire. Mais que l’offre culturelle se limite pour les arts plastiques aux expositions organisées par la Villa de Parc, sans aucun spectateur ou presque, si on excepte les scolaires, c’est injustifiable. D’autant qu’il en coûte 250 000 € par an, un peu moins certes, mais on peut arrondir. La villa du parc doit s’ouvrir nécessairement à d’autres formes d’art et ne pas rester renfermée sur elle même, sur le microcosme de ses thuriféraires, ou alors elle ne doit plus être subventionnée. Rien n’interdit d’ailleurs à la majorité municipale de consacrer toutes ses indemnités d’élus à la diffusion de l’art abstrait, mais de ça elle ne veut surtout pas, estimant que c’est au contribuable de payer pour ses caprices.

Non.

La CMU n’est pas si universelle que ça !

C’est du moins ce que soutient une association dont le site http://librefrontalier.com/ expose dans le détail toute la problématique de la confrontation des systèmes d’assurance maladie.  À la différence du groupement des frontaliers, dont le président avait été pressenti en son temps pour venir au conseil municipal d’Annemasse sur les bancs socialistes, ce qui démontre son engagement et l’orientation politique imprimée au groupement, cette association est partie en guerre contre la CMU et la sécurité sociale française.

Le sujet est délicat. Il l’est d’autant plus qu’au fond il s’agit de santé et du système de soins. Ce qui ne doit pas empêcher de réfléchir. Il faut examiner toutes les opinions. Celles de cette association sont très intéressantes. Mais non sans risque.

La question fondamentale qui se pose est de savoir quelle pourrait être la légitimité d’un retrait du système de la sécurité sociale tel qu’il existe. Certes il est onéreux, mais il est aussi l’une des voies de la solidarité intragénérationnelle. La question collective est donc toujours de savoir si en termes de coût/avantage, le régime français, à prestations identiques, coûte plus cher ou moins cher que les régimes soit privés soit publics qui existent à l’étranger. Je n’ai pas la réponse, du moins pas encore.

C’est pourquoi il faut poursuivre le débat, de la manière la plus démocratique possible.

 

Cela étant, l’État veille au grain. Une disposition du Code de la sécurité sociale doit être mentionnée. C’est en ce point qu’on peut effectivement penser que le régime en vigueur depuis 1945 manifeste une certaine inquiétude pour sa pérennité. Prenez connaissance des dispositions de cet article : L652-7

«Toute personne qui, par voie de fait, menaces ou manoeuvres concertées, a organisé ou tenté d’organiser le refus par les assujettis de se conformer aux prescriptions de la législation du présent livre, et notamment de s’affilier à un organisme de sécurité sociale, ou de payer les cotisations dues est punie d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 30 000 euros.

Toute personne qui, par quelque moyen que ce soit, incite les assujettis à refuser de se conformer aux prescriptions de la législation du présent livre, et notamment de s’affilier à un organisme de sécurité sociale ou à ne pas payer les cotisations à un régime d’assurance obligatoire institué par le présent livre, est punie d’un emprisonnement de six mois et d’une amende de 7 500 euros».

Depuis son entrée en vigueur, il ne semble pas qu’il y ait eu beaucoup de décisions ayant appliqué cet article. Il a fait l’objet d’une question prioritaire de constitutionnalité, mais la Cour de cassation ne l’a pas transmise au Conseil constitutionnel, en estimant qu’il s’agissait d’une question relevant de la «conventionnalité», c’est-à-dire de l’application des traités européens par le juge du fond. Il serait intéressant de connaître la position finale de la Cour européenne, lorsqu’elle sera saisie, mais peut-être est-ce déjà le cas. En tout cas, prudence, prudence.

Reste sur le fond et notamment pour les frontaliers, que la question de leur soumission (le mot est éloquent) au régime de la CMU avec les cotisations qui vont avec, est posée. C’est une question purement politique qui mérite que chacun s’en saisisse.

 À l’ouest, du nouveau

À l’ouest d’Annemasse, le premier tour des élections apporte quelques réponses aux questions qui se posaient du fait du soutien UDI au MODEM, au lieu de l’UMP.

L’UDI départementale, quoique ce choix n’ait pas fait l’unanimité tant s’en faut, soutenait le MODEM en la personne du maire de Saint-Julien qui se présentait sous l’étiquette «Union du Centre». Il s’agissait de miser sur le maire de Saint-Julien sans égard pour le président sortant du Conseil Général, lequel se présentait en force et en binôme avec l’excellente députée, Virginie Duby-Muller.

L’UDI départementale, du moins dans ses instances dirigeantes, s’était faite discrète sur l’affaire de la soustraction de l’agenda du M Monteil par son rival maire de St-Julien. Le fait était pourtant assez extraordinaire, à tel point d’ailleurs qu’une plainte aurait été déposée. (Tribune de Genève : http://www.tdg.ch/geneve/grand-geneve/bataille-monteil-vielliard-entraine-trois-plaintes/story/15556255). Mais sur ce comportement dont l’appréciation pénale relèvera du juge si le parquet devait poursuivre, le silence est quelque peu embarrassant. Comment accepter, si les faits sont bien établis, qu’au sein d’une institution comme un conseil général, un conseiller puisse s’emparer de l’agenda d’un de ses collègues, en l’espèce le président du conseil général, sans lui en demander la permission ? L’accepter officiellement est bien évidemment impossible puisqu’alors tout deviendrait permis, et que n’importe quel comportement éventuellement délinquant serait approuvé dans une logique fondée sur l’idée que la fin justifie tout moyen. Gare alors aux dommages collatéraux. Sans même aborder l’épineuse question subsidiaire, si un comportement de cette nature s’est produit envers un rival, alors son auteur ne s’impose réellement aucune limite, et il devient dès lors dangereux et toxique même pour ses amis politiques, qui auraient raison de craindre un coup de poignard dans le dos. D’où le silence, et on le comprend.

Pour être complet sur cette affaire il faut aussi relever que le maire de St-Julien a de son côté porté plainte contre le président du conseil général à qui il reproche l’utilisation des moyens publics à fin électorale. L’apocalypse est à notre porte.

Cet évènement n’a toutefois pas été au cœur des débats électoraux. Il n’y a d’ailleurs eu aucune sanction du maire de Saint-Julien par son électorat, ce qui démontre que ce dernier n’en a jamais été informé, parce que s’il l’avait été il est probable qu’il y aurait eu quelques réactions négatives. C’est donc uniquement projet contre projet que les électeurs ont choisi. Ce qui est le fait politique intéressant. Ils ont choisi le binôme Monteil et Duby-Muller, dans une proportion de 28,61 % dans la ville de St-Julien, contre 30,37 % pour le maire, ce qui dans sa commune ne peut constituer une victoire, et à raison de 42,74% pour Virginie Duby-Muller et Christian Monteil dans tout le canton contre 20,74 % pour le maire de St-Julien, ce qui marque sa relative défaite en terme de notoriété sur l’étendue de la circonscription.

Conclusion, le choix de l’UDI n’était pas nécessairement le meilleur. Toute la question est de savoir si un autre choix était possible. La réponse ne peut qu’être nuancée, car si l’alliance avec le MODEM et son président départemental maire de St-Julien reste questionnable dans le contexte actuel, hic et nunc, il existait pourtant des arguments en sa faveur pour l’avenir, et notamment pour le fameux «troisième tour» à l’heure du choix du président de l’assemblée départementale. Mais pas uniquement. Il y aura aussi les régionales et enfin 2017. Reste la question éthique. Peut-on faire alliance avec un piqueur d’agenda ? La réponse sera donnée par les choix du parti, devant lesquels il faudra s’incliner ou s’en aller.

Même les sardines doivent pouvoir être élues

Prenez une bonne sardine, bien huilée, propre sur elle, pourquoi ne serait-elle pas élue ? Son programme est simple : baigner. De fait elle gèrera nécessairement le département aussi bien que tous ces politiciens qui s’échinent à proposer des solutions pour le transport scolaire, les vieux, les collèges, les routes, toutes choses sans intérêt, même dans une élection départementale. La seule chose qui compte c’est que les égos de nos concitoyens puissent s’exprimer, qu’ils puissent dire tout le mépris que leur inspire ces tous-pourris, et enfin voter pour un binôme de sardines. Nager, baigner dans la grande bleue, chasser les requins, botter le cul des phoques, goûter au nirvana du degré zéro de la conscience (politique). Et faire au moins le tiers des voix. Sinon ce serait une discrimination stigmatisante. Vivement lundi prochain qu’on puisse se remettre de ce cauchemar.
 

Sur le plan de l’arnaque, les coups les plus tordus ne sont rien, vous entendez, rien à côté de la peinture abstraite.

Michel Audiard a signé cette belle formule. Il n’est pas le seul à le penser.

«Aujourd’hui ce souci de communiquer une émotion, une atmosphère, appartient au passé. L’art contemporain s’en moque, comme il se moque du beau et de la maîtrise technique. Ce qui compte c’est le nouveau, l’original. Il ne s’appuie pas sur la tradition ni sur l’apprentissage du métier. Il s’est débarrassé de toute référence au passé, s’est lavé de toute passion, de tout sentiment. Il s’est dépouillé de toute référence à une histoire et s’épanouit dans une joyeuse célébration exaltée de l’avant-garde. En plus des médias traditionnels (peinture, pastel, etc.) l’artiste contemporain utilise déchets, métal, plastique, objets divers et même des excréments (depuis Manzoni on peut parler d‘une « école merdique» . D’aucuns mettent tout l’art contemporain dans cette école). Ainsi les salons de l’art contemporain ne sont plus des expositions de peinture seule, mais d’objets de toute sorte. C’est le «postmodernisme», terme qui signifie une rupture, une mise en question, et qui prétend être un reflet de notre époque. Peut-on le qualifier d’art ?» (une opinion sur le site Agoravox).

Réponse: non.

C’est une gigantesque escroquerie. Même si certains «artistes» sont sincères, la plupart sont simplement des arnaqueurs. Mais comme ils ont conquis, et les médias et l’école, qui se prosternent devant la posture de ces démiurges modernes, de ces gens qui vous plantent une chaise au plafond, sans maîtriser la moindre technique, sans le moindre art, aucune critique ne peut plus être émise contre nos génies créateurs autoproclamés. Silence donc. Silence dans les rangs. L’étonnant est la timidité de la critique, terrassée avant même d’être exprimée.

Hier soir au conseil municipal cela a été le cas. Une présentation des activités de la villa du parc nous apprenait qu’il y avait eu en 2014, 5800 visites, dont 3500 en groupes, comprenant les classes des écoles primaires, dont les enfants n’ont d’autre choix que d’obéir aux ordres des instituteurs, approuvés par le maire d’Annemasse qui a justifié qu’on n’avait pas à leur demander leur avis. Cette fréquentation au total de 2300 visiteurs indépendants confine au néant. Mais le néant coûte 250 000 € par an au contribuable. Une paille.

Je dis ce que j’en pense vraiment. Je ne crois pas en la posture idéologique des promoteurs de l’art contemporain. Le maire a raison de dire que cela nous différencie. Lui est dans le discours et l’illusion. Je dis que le roi est nu, et je dis avec Audiard que la peinture abstraite est une escroquerie. Une imposture.

Le maire d’Annemasse a cru pouvoir tirer un avantage politique des réticences qu’il percevait chez Louis Mermet et moi même. Sur les réticences il a raison, sur l’avantage politique, il est naïf. Ce n’est pas parce qu’on dit que 2300 visiteurs c’est à pleurer, qu’on se jette ipso facto dans les bras du FN. Et d’ailleurs quand le FN dit qu’à midi il fait jour, ce n’est pas parce qu’il le dit qu’à midi il doit faire nuit. J’irai périr en enfer, mais je dirai aussi qu’à midi il fait jour. Et si c’était le Front de gauche qui le disait, je le dirais encore avec lui.

J’accepterais plus volontiers l’imposture de l’art contemporain si elle ne coûtait pas un centime de fonds publics, et si seul le marché s’occupait de valoriser les colonnes de Buren. Sinon je suis très réticent, et c’est un euphémisme.

C’est pourquoi il faut trouver au moins un compromis entre les idolâtres et les contempteurs. Que la Villa du Parc, haut lieu de la culture annemassienne étende ses activités à d’autres formes d’art que le seul art contemporain, ce qui augmentera probablement sa fréquentation aujourd’hui dérisoire, et la dépense publique sera mieux justifiée.

Sinon, vae artis.

La vraie question à propos de l’urbanisme

C’est bien évidemment celle de la densité, du moins ici, mais sans doute ailleurs aussi.

Jusqu’où aller en terme de densité ? Très loin et très haut. Ce qui est la réponse des urbanistes, des architectes, et par intoxication progressive, de tous les élus, qui finiront bien par convaincre leurs électeurs que cette course à la hauteur est la réponse universelle aux «besoins» dont la dictature n’est pas même remise en question. Plus haut, plus dense, plus con.

Au cœur de cette question, il y a l’impérialisme de la notion de besoin. Du lo-ge-ment, du lo-ge-ment, et des restos du cœur pour nourrir les bien ou mal-logés qui viennent s’agglutiner dans les catacombes de nos cités maudites. Un gigantesque trou noir urbain s’ébauche et annihile tout jusqu’aux atomes et à la lumière. Ce qui est perdu de vue dans ce processus délétère est la dimension modeste de l’homme, qui devrait être la mesure de toute chose. L’urbanisme actuel court à la catastrophe. Il est possible de construire la ville du futur autrement, surtout à l’heure de la multiplication des réseaux qui abolissent la distance. Il est possible d’adapter la ville à l’homme et non l’inverse, ce qui se produit nécessairement dans la soumission aux prétendus «besoins».

Je me calme, mais le cauchemar n’est pas loin. Votez dimanche, non pas sur cette question qui n’est pas posée, mais sur d’autres qui ont aussi leur importance. Votez, parce qu’il vous faut investir le champ politique par votre présence, de sorte qu’à la fin des temps, la politique prenne en considération votre existence.

Une campagne invisible: le courage des candidats UDI

La vie politique est ainsi faite que les campagnes se suivent, et se ressemblent rarement, même s’il y a toujours des points communs.

La campagne politique pour les élections départementales, nouvelle version, avec des candidats en binômes homme/femme, et avec des suppléants en binôme également, passionne si peu les foules qu’un sondage récent a montré que dans leur immense majorité les électeurs premièrement n’ont absolument pas compris la réforme et ignorent totalement les nouveaux mécanismes mis en place, et deuxièmement se désintéressent totalement des enjeux. On peut craindre dès lors deux écueils. Une abstention marquée, et un vote FN important, c’est-à-dire un vote national et non local, exactement le contraire de la question posée qui est purement locale.

Les réunions publiques des candidats ne font pas recette, et pourtant il y a des propositions intéressantes. Ainsi les candidats UDI, Gabriel Doublet et Christine Burki, posent une question fondamentale pour notre espace : réorienter les fonds frontaliers vers les investissements structurants absolument nécessaires. Ils visent tout ce qui touche au transport.

Les fonds frontaliers qui ont représenté 173 millions d’euros en 2014, sont versés au conseil général qui en gros les divise en deux, rétrocédant la moitié aux communes ayant des frontaliers, et se gardant l’autre moitié pour financer un rond-point à cent lieues de la frontière, mais avec un bénéfice politique évident pour le père Noël alias conseiller général, de la circonscription. Gabriel Doublet et Christine Burki ont raison, il faut que cela cesse, ce n’est pas ce à quoi ces fonds doivent être employés. Ils veulent les destiner uniquement aux équipements indispensables ici, sur la frontière, à commencer par les transports.

Ces deux candidats de l’UDI posent les bonnes questions. Il faut voir leur campagne. Sans moyens, dans la nuit, avec la seule flamme de leurs convictions comme moteur, et la noblesse de leur engagement politique comme viatique. Ils sont de l’énergie au service de tous.

Panne de la démocratie ou panne de la citoyenneté ?

Il ne fait plus de doute qu’on traverse depuis quelques années une bien curieuse situation. Alors que sur la planète des foules imenses aspirent à la démocratie, nos concitoyens boudent les urnes. Paradoxe de ventres pleins ? Ou bien signe d’une attente différente ? On peut répondre à la question en tentant de culpabiliser l’électeur, qui du reste s’en fiche pas mal. Les seuls culpabilisés sont les élus. Jamais les électeurs boudeurs. L’électeur ne les écoute même plus. Le débat ne sera pas tranché en quelques lignes.

Mais on peut dresser l’état des lieux. La revue Esprit a publié une très intéressante statistique. Sur les trente dernières années, la participation n’a cessé de baisser, quelles que soient les élections. De cela nous ne pouvons pas douter.

Reste à trouver les remèdes pour la démocratie locale.

Le problème évident est que les institutions ne sont plus adaptées aux temps nouveaux. Les temps de la mondialisation, les temps des réseaux. La démocratie locale s’insérait jusqu’alors dans un territoire. Les élus de tout bord aiment d’ailleurs énormément ce mot de territoire qu’ils mettent à toutes les sauces. En oubliant l’étymologie (fantaisiste) qui trouve en territoire la racine de «terreur», le territoire entendu comme espace de la terreur des caïds locaux. Mais le territoire a explosé, et avec lui la démocratie du sommeil opposée à celle de l’activité. Tous autant que nous sommes nous appartenons à des réseaux, universels, internationaux, nationaux, régionaux, thématiques, professionnels, et locaux.

La dictature des potentats locaux qui puisent leurs racines dans la démocratie du sommeil, là où les gens concrets résident, lel soir après le travail, perd sa légitimité. D’où le paradoxal désintérêt de nos concitoyens qui pourtant sont unanimes sur le désir de démocratie.I ls ne votent plus, tout simplement parce que les questions purement locales ne les intéressent plus.

Le remède, je le risque, et j’accepte la contradiction, me paraît simple : faire participer à la démocratie locale les usagers de l’espace.

Et si la ville devenait le seul promoteur sur l’espace qu’elle contrôle ?

Après tout il existe des arguments en faveur d’une socialisation municipale de la construction.

On peut imaginer que la commune achèterait les terrains dont elle aurait préalablement défini la constructibilité par le PLU, puis construirait en régie, vendrait ou louerait les logements. On peut encore imaginer qu’elle ait recours à des sociétés d’HLM. Plus aucun obstacle ne pourrait l’empêcher d’atteindre ses objectifs de politique sociale. Autre bénéfice elle se débarrasserait du «profit» du promoteur. Grâce à une politique avisée de constitution de réserve foncière, elle régulerait en plus le prix du foncier. Personne parmi les promoteurs privés ne viendrait la concurrencer. Imaginez un peu le promoteur qui s’y risquerait. Il se heurterait de plein fouet à la commune et demanderait un permis de construire. Refus, 5 ans de procédure administrative. Il n’est pas sûr qu’il puisse même trouver un vendeur désireux de patienter pour la réitération de la vente pendant autant d’années. Certes, il doit sans doute exister de tels candidats, mais ils ne sont certainement pas les plus nombreux.

Au bout du compte, la construction relèverait exclusivement de la commune. Les prix du foncier baisseraient, les entreprises de construction seraient communalisées, leurs prix seraient à leur tour soumis à l’arbitrage municipal. Le logement serait social par essence. La ville accoucherait de la mixité sociale aux forceps.

Le socialisme serait ainsi réalisé en partant par en bas, par la commune.

Cette utopie, pour l’instant c’est une vision utopique, gomme à peu près toutes les difficultés qui existent dès qu’on sort du marché. Elle oublie pour commencer que le problème essentiel de tout marché, la construction est un marché, est la solvabilité. L’offre n’existe que pour peu qu’il y ait une demande solvable. La commune peut certes par sa fiscalité propre, dans les limites de variation autorisées par la loi, dégager les financements nécessaires. Mais rien n’indique que les propriétaires de terrain jouent le jeu et offrent leur cou au couteau communal. Ils seront progressivement spoliés de leurs biens et on peut s’attendre à quelques recours. La seconde difficulté est que la promotion est un métier, qui demande la maîtrise de tous les leviers d’une opération. En fait c’est complexe et il n’est pas certain que les personnels soient pour l’instant formés à cette complexité. Ils le sont à d’autres aspects, mais pas nécessairement aux techniques de vente, nerf de la guerre de la construction. Pas de vente = pas de construction, parce que le problème est d’abord de trouver sur le marché des acquéreurs solvables pour décider d’une opération et en boucler le budget. La fixation des prix ne dépendrait plus de ce facteur, mais de la seule volonté communale, et c’est là le plus gros obstacle. La commune penserait pouvoir se passer complètement du marché, mais elle se retrouverait avec des logements sur les bras qu’elle ne pourrait que difficilement vendre à leur prix réel. Imaginez que vous vouliez investir dans un logement, si vous aviez à investir ? Pourquoi iriez-vous payer à la commune le prix fort alors que vous sauriez qu’en fonction de l’origine sociale et des moyens financiers les mêmes logements seraient bradés par l’intermédiaire de société d’HLM, au travers de prix de location ou d’accession à la propriété ? Accepteriez-vous de financer ainsi la politique communale ? Ce n’est pas certain, il est probable que vous viseriez d’autres lieux pour votre investissement où cette question ne se présenterait pas ainsi. Ce qui conduit à la contradiction essentielle qui naîtrait de cette pratique. Au bout du compte la commune aurait certes la maîtrise absolue de sa politique du logement, mais loin de réaliser la «mixité sociale» idéale, le tout tendrait vers une construction unique de logements sociaux. Il n’y aurait plus de marché, mais seulement une régulation obscure de l’attribution des logements. Mais s’il n’y a plus de marché, le financement par la vente disparaît. Le financement tendrait à être effectué exclusivement par l’impôt, et l’impôt s’essoufflerait.

L’ennui est que ce modèle n’a jamais fonctionné nulle part. En tuant le marché, la ville tuerait son devenir. L’idée de départ aurait été de réaliser la mixité sociale, poncif de tous les discours. Le résultat serait l’unicité sociale, le contraire du but initial. Au lieu d’une ville, un ghetto. Au lieu de l’abondance, la pénurie à terme.

La campagne silencieuse

Ce n’est pas une critique, mais une malheureuse constatation. Des milliers de candidats essayent dans toute la France de faire entendre leur voix. Pas un son n’atteint le pays. C’est tout juste s’il y a quelques billets dans les médias nationaux, trois fois rien, en fait. Un sondage récent a montré qu’une grande partie des électeurs ignorait totalement ce qui va se jouer lors des élections cantonales. C’est quoi un canton, au fait ? Ne posez surtout pas la question à votre voisin, il commencerait par vous révéler votre propre ignorance, si par extraordinaire il répondait, eh oui, c’est quoi au fait ?

Un lieu de pouvoir, un lieu de pouvoir local, qui s’appelle le département. Construction révolutionnaire qui n’en finit pas de hanter la scène politique, dans l’indifférence des électeurs. On pourrait multiplier les sujets, les questions, pour toujours finir par la confrontation au mur du désintérêt de nos concitoyens.

Dans ces conditions il faut dire et redire à tous les candidats, d’abord qu’on les remercie de se battre, souvent pour leurs idées, et aussi pour les autres, pour tous ceux qui ne leur manifesteront aucune, strictement aucune reconnaissance. Tout ira bien pour ceux qui seront élus, mais pour les autres, ceux qui ne le seront pas, rien n’ira plus. Alors pourquoi se présentent-ils ? Il y a certes l’ambition, qui n’est pas un défaut, mais ce n’est manifestement pas l’essentiel. L’essentiel est un cocktail qui diffère d’une personne à l’autre, et qui comporte cette part d’ambition qui est en fait une vertu, qui comporte encore une part de goût du risque ou d’esprit de compétition, ce qui est une autre vertu, et qui comprend enfin dans l’immense majorité des cas le désir d’être utile aux autres. L’opprobre qui frappe ces femmes et ces hommes qui ont le courage de se présenter devant les électeurs est profondément injuste. Ils méritent au contraire notre respect.

Nous sommes quand même quelques-uns à mesurer le sacrifice que ces campagnes demandent à ceux qui les font. Que la démocratie est belle quand on la regarde depuis ce côté obscur.

C’était la presque dernière séance

Un sentiment d’irréalité flottait sur la séance du conseil municipal du 19 février 2014. Madame Lachenal, adjointe aux finances a présenté le budget primitif. Elle exposait, chiffre à l’appui, que jamais il n’y avait eu un si bel équilibre entre les recettes et les dépenses. Les recettes sont en hausse grâce aux fonds frontaliers (un peu moins de 10 millions d’euros), au casino (plus de trois millions), et alors que la dotation de l’état avait diminué, cependant que le produit des taxes augmentait. Les dépenses seraient « maîtrisées ». Si bien que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes budgétaires possibles, de sorte que la « marge d’autofinancement », ce qui représente l’amortissement + le surplus, resterait dans les sommets, et permettrait de réaliser les investissements les plus utiles de la création communale.

Louis Mermet a expliqué que, quelles que soient les qualités de cette présentation l’opposition ne pouvait pas s’associer et voter en faveur du texte.

D’où le sentiment d’irréalité. On danse sur un volcan. Un consensus presque partagé, en dehors de quelques vilains canards résiduels dont moi. Parce que je ne pense pas au fond que ce budget soit exemplaire.

D’abord parce que la vertu dans la soie, déployée sans effort aucun, est au mieux de la veulerie. La vertu sans sacrifice n’existe pas. Rouler les mécaniques budgétaires quand on a 30 % de ses recettes budgétaires qui proviennent de fonds frontaliers ajoutés au prix du vice qu’est le casino est ridicule. Aucune autre ville française de 32000 habitants ne peut afficher une telle abondance.

Il y a encore une autre raison de ne pas hurler de joie avec la meute socialiste.

Le caractère utile ou superflu des investissements.

Deux raisons :

1- Chaque fois qu’on fait 1 euro d’investissement, on crée 10 centimes de frais de fonctionnement et d’entretien. Voire quelques fois plus. Si bien qu’au bout du compte on réussit par ce biais à faire exploser les dépenses. De sorte qu’il serait pour le moins nécessaire de prendre en considération cette dimension quand on décide d’un investissement, ce qui n’est JAMAIS fait.

2- Il faut respecter les priorités.

Sur ce point l’irréalité le cède à l’inquiétude.

Un changement silencieux est en train de se produire : dans un an et demi, soit entre 2015 et 2016, ce ne sont pas moins de 10 médecins généralistes qui partiront à la retraite SANS ÊTRE REMPLACÉS.

Il y aura 10 médecins généralistes de moins sur l’agglomération. Ce qui signifie entre 30 000 et 50 000 actes de moins par an, car chaque médecin accomplit en moyenne 3000 à 7000 actes par an pour ceux qui en font le plus.

Sans même évoquer les spécialistes.

M Dupessey est resté sans voix. Il est vrai que ni lui ni aucun de ses adjoints n’avaient jugé utile d’assister à la réunion à laquelle ils avaient été conviés cet automne par l’association des médecins généralistes. Il a bredouillé une piètre excuse, « je croyais que la réunion avait été annulée ». Non, elle ne l’a pas été, et s’il avait prêté un peu plus d’intérêt à cette question, il aurait su tout cela.

Mais c’est moins spectaculaire qu’un stade, un BHNS, un tram hypothétique. C’est une perte de temps politicienne.

Alors que dans le même temps, grâce à la CMU et la géniale Marisol Touraine, une fraction importante des frontaliers qui jusque là se faisait soigner à Genève ne le pourra plus.

La santé publique va régresser spectaculairement. Moins d’actes, plus de patients = des délais qui vont s’allonger. Et aussi, c’est le salaire de la pensée socialiste, une médecine à deux vitesses, selon que vous serez fortuné ou non pour pouvoir vous faire soigner sans délai. Merci les socialistes.

Il y a donc une urgence : tout faire pour attirer des médecins ici. Ce qui signifie investir immédiatement dans des locaux de sorte que de jeunes médecins puissent s’installer sans avoir à supporter le poids de l’investissement.

Il ne peut être rétorqué que ce n’est pas au contribuable de payer les Mercédès des médecins. D’abord parce qu’ils n’en ont pas. Ensuite parce que dans la réalité la médecine est de moins en moins libérale et de plus en plus étatisée à travers la maléfique (je plaisante) sécurité sociale. Enfin parce que ce n’est pas l’idéologie qui compte, mais la réalité, et que la réalité se moque des discours. La réalité est celle de la menace d’une crise sanitaire par pénurie de médecins. Il faut donc investir pour faire venir ces médecins, sans égard à l’orthodoxie du discours.

Dans ces conditions, comment valider la politique de nos édiles ? Ne désespérons pas. Un jour prochain viendra la dernière séance de ce conseil municipal.

 

La maison du Salève et le degré zéro de la réflexion : chiche, je publie !

La critique est donc malvenue, sinon interdite.

Le président de la maison du Salève, 1 million de frais de fonctionnement par an, 10 employés dont 2 sont sur le terrain, est extrêmement courroucé. Si bien qu’il m’a envoyé une lettre datée du 3 décembre 2014, par l’intermédiaire du maire d’Annemasse, son messager que je remercie vivement de me l’avoir transmise le 18 février 2015. Le président de cette maison du Salève, avait demandé que sa missive fût adressée à tous les conseillers municipaux. On se demande bien pourquoi il s’arrête aux conseillers municipaux et oublie, les députés, les conseillers généraux, les sénateurs, et aussi, pourquoi pas, l’ensemble des citoyens.

Comme je crois que le dialogue est de l’essence de la démocratie, je publie cette lettre, qu’on peut aussi télécharger.

Je me demande d’ailleurs si la réciproque fonctionnerait, et si la page de mon blog consacrée à la maison du Salève serait publiée par son excellent président. Très probablement non. Tant pis. Le chef d’œuvre est ici :

lien pour télécharger la lettre du président de la maison du Salève

Ce qu’il y a de très intéressant dans l’ironie de ce texte est qu’elle contourne le problème essentiel que pose la multiplication des maisons du Salève, ou leur équivalent, partout en France en termes de coût/avantage à l’heure où les finances publiques ressemblent à un trou noir. La question c’est 1 million d’euros par an de frais de fonctionnement. La question c’est l’augmentation de la dépense publique que cela implique à la marge du tourbillon qui signifie l’augmentation continue des impôts.

Et à cette question l’excellent syndicaliste répond par l’ironie qu’il veut blessante, mais qui manifeste surtout la faiblesse de son propos.

La vérité est donc que la question de la dépense ne sera pas posée.

J’observe que la critique est faite sous le sceau de la République. C’est formidable l’autorité que cela confère.

Bon vent.

 

 

 

 

 

Séance du conseil municipal d’Annemasse du 19 février 2015

La séance du 19 février 2015 sera essentiellement consacrée au vote du budget. Pour prendre connaissance des textes et du projet de budget avec ses annexes, cliquez sur le lien:

Séance du CM du 19 février 2015

La seule question est de savoir s’il faut ou non baisser les impôts. Les socialistes sont contre cette idée. Nous y sommes favorables. L’argument des socialistes est qu’il faut poursuivre l’investissement, ce qui réaliserait l’égalité. Je ne crois pas que cela puisse jamais réaliser l’égalité puisqu’à l’évidence tous les citoyens ont des usages différents des équipements, et qu’il y a sur ce point une confusion des idées. Nous y sommes d’autant plus favorables que les impôts locaux prélevés par l’agglomération ont augmenté de 6% l’an dernier et qu’il est donc utile de compenser cette hausse qui appauvrit tous les ménages.

Bref rappel de la réalité après les élections partielles du dimanche 6 février 2015 dans le Doubs.

On pouvait se dire jusqu’ici que tout allait bien, et qu’à ne pas regarder le problème posé par le FN, on allait s’en sortir. Le «on», c’est nous, c’est moi. C’est donc ma responsabilité que je veux examiner.

J’ai vécu aussi sur l’illusion de la politique de l’autruche. J’ai la tête dans le sable, et le train peut passer, je ne vois rien d’inquiétant.

Et pourtant, pourquoi ne pas dire les choses quand des points fondamentaux vous séparent d’un parti comme le FN ?

Il faut tout d’abord faire une mise au point. Stigmatiser le FN parce qu’il serait «antidémocratique» ne fait pas sens. Il présente des candidats aux élections, ce qui est démocratique, des électeurs votent pour eux, c’est toujours démocratique, et quelques fois les élisent, et c’est encore démocratique. Même si dans certaines parties du territoire la règle du jeu démocratique n’est pas scrupuleusement observée, comme c’est le cas à Vénissieux ou à Annemasse où des fraudes manifestes ont été commises. Le Conseil d’État vient de nous dire à Vénissieux que les élections étaient annulées pour fraude, avec des sanctions d’inéligibilité à la clé, il se prononcera prochainement sur le cas d’Annemasse sur l’appel fait par le FN et les socialistes, unis pour le coup. Nous verrons.

Les écarts de conduite ne sont pas en cause ici. Ce qui est ici en cause ce sont les oppositions fondamentales que les centristes ont avec le FN.

– D’abord la question de l’étranger et des étrangers. Les étrangers (immigrés) seraient la cause de tout. On peut toujours discuter de tout, et pourquoi pas de ce thème qui ne doit pas être un tabou, sauf à vouloir à tout prix augmenter les voix du FN qui surfe alors sur le politiquement correct. Mais voir dans les étrangers la cause des déficits qui plombent notre pays, sans rien dire jamais des politiques suicidaires menées depuis 40 ans par la droite et la gauche confondues en matière de dépense publique, est un non-sens.

Et l’Europe n’est pas le problème non plus, c’est au contraire la solution, et seule la démagogie la plus idiote peut conduire à penser le contraire. Entre le FN et les centristes de tout poil, il y a un abîme.

– Ensuite la question économique. Le FN c’est, après les socialistes, «demain on rase gratis». Augmentation du SMIC, des retraites, de tout. Ce n’est à l’évidence pas une politique économique, mais une série de propositions de pur racolage électoral.

Les élections partielles dans le Doubs viennent de démontrer que désormais aucune stratégie ne peut se déployer sans prendre le FN en compte. S’il représente au premier tour le tiers de l’électorat, dans un paysage de participation anémiée ou moins d’un électeur sur deux se déplace pour aller voter, un tiers c’est à dire au mieux 15 % des inscrits. Autant que pour les droites, autant que pour les gauches. Plutôt que se répandre en imprécations il est plus raisonnable de réfléchir d’urgence aux stratégies électorales, avec une conséquence évidente : à défaut d’union du Centre et de l’UMP au premier tour, on risque de mordre la poussière, parce qu’il faut pouvoir passer la barre des 12,5% des inscrits pour être au second tour. Avec une bonne moitié d’abstentionnistes, c’est en réalité un quart des votants qu’il faut au minimum réunir. Dans beaucoup de circonscriptions, ni l’UMP ni l’UDI ne peuvent avoir la certitude d’atteindre ce quart.

Plus que jamais cette union est nécessaire.

Il n’y a pas que du bon pour la région dans la hausse vertigineuse du franc suisse

Il est difficile de prédire l’impact exact de la hausse du franc, ou plus exactement de la dépréciation de l’euro contre le franc suisse, sur notre petite région frontalière.

Les savants économistes vont nous abreuver d’analyses. On les attend. D’ici, quelques données basiques sont immédiatement perceptibles.

D’un côté on peut s’attendre à une hausse du pouvoir d’achat de toute la population frontalière, mais de manière plus mesurée qu’initialement imaginée. Si le pouvoir d’achat ici augmente, les endettements en francs suisses, par exemple pour l’immobilier avec les prêts en devises, augmentent. Si le remboursement des prêts représente 33 % des revenus des emprunteurs, alors cette part augmente à proportion de la hausse du franc.

D’un autre côté, et c’est la vraie difficulté, les salaires risquent de baisser en termes réels en Suisse voisine. Il n’y a aucune impossibilité à ce scénario. On peut même imaginer qu’il impactera plus les frontaliers que les salariés genevois qui ne sont pas frontaliers. Bien sûr il y a le verrou de l’interdiction toute théorique de la discrimination, mais il est à craindre que ce ne soit pas une barrière efficace. Le risque de baisse des salaires est une hypothèse envisageable. Au total, avec d’un côté une augmentation des charges d’emprunt et de l’autre une baisse des salaires, un nouvel équilibre économique régional peut être trouvé avec une augmentation modérée du pouvoir d’achat des salariés frontaliers.

Dans l’immédiat et tant que la masse salariale frontalière ne baissera pas à Genève, c’est à dire tant que l’emploi ne sera pas affecté, les seules à tirer leur épingle du jeu seront les collectivités locales, communes et département.

Hausse des fonds frontaliers : nous allons faire un don à la Grèce

La hausse continue des fonds frontaliers sur la décennie écoulée, et l’accentuation du mouvement l’année dernière, appelle quelques réflexions.

Elles ne sont pas nouvelles. Mais elles sont encore plus nécessaires aujourd’hui.

Avant même que le franc suisse ne s’envole, la hausse des fonds frontaliers était spectaculaire, et liée à la croissance de l’emploi frontalier. Un habitant sur trois est frontalier à Annemasse, et si la population active s’est maintenue en pourcentage alors ce sont 2 salariés sur 3 qui sont frontaliers.

Situation comparable à celle d’aucune ville de même taille.

Avant la hausse du franc, le tableau des recettes pour la ville d’Annemasse se présentait ainsi :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis la hausse du franc suisse de 20% ce ne seront plus seulement (!) dix millions d’euros provenant des fonds, mais douze millions. Si on y ajoute les fonds du Casino, près de quatre millions en 2014, on va atteindre 16 millions.

16 millions sur un budget de 49 millions c’est presque le tiers.

C’est énorme. Si énorme qu’une telle abondance rendrait vertueux les plus irresponsables.

Prenons par exemple les socialistes, c’est à dire presque les plus irresponsables des irresponsables, et bien avec le tiers du budget tombant par l’enchantement de la proximité à Genève, il serait possible de croire qu’ils sont bons gestionnaires.

Reste quand même un problème. Celui des impôts.

La ville a les capacités de baisser les impôts. Mais va-t-elle le faire ? La réponse sera donnée au cours du prochain débat autour du budget. Mais dès à présent on peut relever qu’au lieu d’une gestion prudente et rigoureuse, ce qui sera voté, sans nos voix, sera un budget dont les postes les plus importants de dépense seront en augmentation.

Un exemple : les charges de personnels.

Dans un paysage comptable avec 0,30 % d’inflation, c’est à dire 0, les charges de personnel auront augmenté de 6,23 %

La vertu n’a pas de prix.

Faut-il dépenser sans jamais compter ?

C’est vrai qu’aujourd’hui on est sous le choc de la Grèce. La Grèce c’est la France en modèle réduit. La Grèce vit à nos crochets et surtout à ceux de l’Allemagne. Nous nous n’avons aucune chance de vivre à ceux de la Grèce, mais on avance tranquillement sur le même chemin en demandant aux Allemands d’être gentils, doux, et de continuer de nous soutenir avec abnégation.

Dans cet océan de misères budgétaires et d’irresponsabilité nationale, que pèse Annemasse ?

Rien, sans doute, mais ce n’est pas une raison pour renoncer à la rigueur.

Un budget doit être rigoureux. Un budget doit être austère. Un budget ne doit pas faire rêver. Un budget ne doit pas présenter des catalogues de promesses. Annemasse est riche, non par la vertu des socialistes, mais par celle de nos voisins, qui eux, ont toutes les caractéristiques de l’austérité.

Et si l’extrême gauche grecque avait raison, avec Mélanchon et le PC, alors les Grecques seraient riches, et les Suisses pauvres.

Cherchez l’erreur.

 

Cantonales une équipe improbable

On ne sait rien des programmes, et d’ailleurs tout le monde s’en fout, parce que nous savons tous que cela n’a strictement aucune importance. La spirale inflationniste des dépenses ne va certainement pas cesser de si tôt, et il serait extraordinaire que les conseillers généraux assemblés lors de la première séance du conseil général nouveau style annoncent une baisse des impôts. En le soulignant, je ne dis du mal de personne, je fais un simple constat : les dépenses des collectivités locales continuent d’augmenter sans aucune limite, car les impôts locaux sont jusqu’à ce jour moins sensibles que les impôts nationaux, si bien que les augmenter n’est jamais un problème politique. Même si la gauche est largement en tête dans la course à la propension à la dépense, la droite n’est pas en reste, et le conseil général de la Haute-Savoie nous le démontrerait si cela était nécessaire.

Lors des prochaines élections, il n’y aura probablement pas un seul binôme de candidats qui présentera un programme tendant à la réduction de la dépense publique et des impôts. Tous vont rivaliser dans l’augmentation des prestations pour les vieux, les invalides, les collèges, les routes, les subventions à ceci ou à cela, les.. etc. La liste est infinie.

En conséquence ce n’est pas le sujet. Le sujet est plus «politique» au sens de la politique politicienne. Qui, avec qui, pour qui, sous quelle couleur politique ? Le reste n’aura aucune place dans le choix des électeurs, du moins de ceux qui se dérangeront pour aller voter.

Et c’est pour cela que l’on peut s’étonner du tandem inattendu qui va partir dans la circonscription d’Annemasse et rassemblera le conseiller sortant maire de Ville-la-Grand Raymond Bardet, et une obscure (sur le plan politique) socialiste adjointe à Ambilly. Là on est surpris. Jusqu’à ce jour le maire de Ville-la-Grand était étiqueté divers droite, et le voilà associé à une socialiste. Aurait-il viré sa cuti sur le tard ? Ou bien assiste-t-on à une migration politique de la gauche ambilienne à la divers-droititude villamagnaine ? Rien n’interdisant de penser que dans tous les cas de figure le duo nous donne le spectacle improbable de l’alliance de la carpe et du lapin.

Cela peut ouvrir une brèche dans laquelle le FN pourrait s’engouffrer en dénonçant le système «UMPS». Mais aussi cela ouvre la possibilité d’une alliance UMP/UDI dans cette friche politique urbaine à reconquérir.

Les vœux vont se succéder en vain

Ce ne sont pas les discours et les petits fours qui manqueront en ce début d’année. Il est un rituel qui ne sert strictement à rien, les vœux présentés par les maires, les syndicats grands ou petits, les corps constitués, si bien qu’au bout du compte cela fait des dizaines de discours à s’appuyer à chaque rentrée, si le cœur vous en dit. Tous plus insipides les uns que les autres. Discours convenus, compassés, qui sentent leur formol à cent mètres. On devrait d’ailleurs les imprimer une bonne fois pour toutes, et laisser en blanc le millésime de l’année. Pas un maire ne manque l’occasion. Est-ce de la vanité ? Il y a toujours une part de tout en tout, mais  il n’est même pas besoin d’un caractère excessivement vaniteux pour que la machinerie rhétorique se lance. Une habitude coûteuse en petits-fours, qui se drape dans les délices de la convivialité, quand ce n’est pas du vivre ensemble et autres sornettes servant ordinairement d’alibi. Alors qu’en prime il est devenu dangereux pour tous les alcoolos de service de se piquer la ruche avant de rentrer chez eux au volant de leur bolide. Reste à boire les paroles de nos élus. Profitons en, pour l’instant il n’est pas obligatoire de les apprendre par cœur.

Au moins à Munich ils ont remplacé les discours par des chansons pour boire :

Horch, Was Kommt Von Draussen Rein / Dass Du Mich Liebst, Das Weiss Ich by Oktoberfest Music on Grooveshark

 

 

 

Nous sommes bien peu de choses, ou la gouvernance de l’agglomération.

Nous sommes bien peu de choses, perdus que nous sommes dans une agglomération qui nous dépasse et dont le mode de fonctionnement est si obscur qu’il faut se pincer pour se dire que c’est bien vrai.

Ce n’est pas l’aspect institutionnel qui importe. On sait que l’agglomération est gérée par un conseil communautaire composé d’élus des communes regroupées. Il y a un bureau, un président, une kyrielle de vice-présidents, des commissions, mais ce n’est pas ceci qui est fondamentalement intéressant. Des débats existent, mais comme dans toutes les collectivités locales, les décisions se prennent en amont des séances qui ont surtout pour fonction de poser le voile pudique de l’illusion démocratique sur une gouvernance plus souterraine.

Dire que le fonctionnement réel est surtout tramé dans l’ombre n’est pas faire injure à l’institution, car c’est le lot de la quasi-totalité des organes démocratiques. En dehors de la Suisse, la démocratie comporte partout dans le monde une part d’illusion.

Ce qui est intéressant c’est d’analyser le mode de gouvernance réel.

Si l’on suit le cheminement des grands projets, par exemple le tram, on constate rapidement qu’ils sont muris en réalité dans un vivier d’agences expertes prestataires d’études, puis portés par l’administration de la communauté, validés ensuite par les élus après un passage en commission, enfin votés en séance. Si bien qu’au fond ce qui impacte de manière décisive un projet quelconque, c’est l’agence experte qui l’a «étudié», à prix élevé, mais ça c’est encore une autre question.

La vérité vraie est que celui qui tient la plume, l’expert, tient en réalité le pouvoir. Son vocabulaire circule entre ses études, ses présentations, et les décisions finales. Son vocabulaire est repris par les élus, en paquet. Les élus se mettent à parler la novlangue fourbie dans les officines mandatées, en symbiose avec celle de l’administration.

Mais il n’y a pas que le vocabulaire. Il y a aussi les idées. Les idées sont ce qui paraît manquer le plus aux organes communautaires, ils les puisent essentiellement dans leur administration qui se nourrit directement des analyses produites par les bureaux expertaux. Toutes les idées viennent de ces agences. Et toutes ces idées sont absolument marquées au fer rouge d’une seule inspiration politique : celle de la gauche. Les bobos règnent désormais en maître à l’échelon local, quelles que soient les couleurs politiques des élus. D’où le surgissement de tous les thèmes bobos : la sacralisation des transports en commun, la punition des automobilistes, l’écologie à la mode Duflot, le primat du durable.

Un exemple récent tiré d’une des commissions de l’agglomération (je n’arrive ni à dire «agglo» ni à l’écrire, le mot me fait horreur avec ses sonorités de borborygme d’adolescent). Le débat était venu sur le thème du chauffage. À la tribune une savante jeune dame lunettée commentait des diapos projetées sur l’écran, et son discours suivait ce fil, tout fleuri de l’étincelante novlangue des experts. Elle fit une incidente sur la nécessaire «pédagogie» (lisez : fouet) qui devait être déployée pour dissuader les particuliers de se chauffer au feu de bois. Because la pollution. Le même thème que celui suivi par les autorités administratives parisiennes qui prohibèrent d’un trait de plume les feux dans les âtres. Pour une fois Mme Ségolène Royale a su conserver le réflexe du bon sens, et fit retirer cette imbécilité. Exit les cheminées donc. Ou plutôt silence. Personne dans la salle n’a émis la moindre protestation contre cette idée qui est passée comme une lettre à la poste.

Autre exemple le tram. Son tracé est idiot puisqu’il ne va pas à la gare. Mais d’où vient donc cette idée ? C’est simple : de la gauche. Pourquoi ? Parce que la gauche estime que le quartier du Perrier où le tram est supposé aller est sa chasse gardée, son vivier électoral. Et voilà toute l’agglomération embarquée dans le soutien politique au socialiste Dupessey. La justification est en apparence donnée par le technicien. Le technicien fait un discours sur la nécessité de desservir ce quartier très dense, ce qui procurera au transport ses clients, oubliant au passage que l’un des attraits de ce quartier est justement sa moindre densité que d’autres quartiers. Le technicien cache l’idéologue, lequel fonctionne en symbiose politique avec un seul parti : celui de M Dupessey. Le tout débouche sur une double illusion. L’illusion que le tram va au Perrier, en fait il s’arrête bien avant. L’illusion de la rationalité, en fait le choix n’est pas rationnel, il est politique, de politique politicienne.

Le technicien tient la plume de l’agglomération, il en tient en dernière analyse le pouvoir.

 

Xynthia lève une nouvelle tempête à La-Faute-sur-Mer, (la bien nommée)

Un maire, ni pire ni meilleur que des dizaines de milliers de ses semblables
dans notre pays aux 36000 communes, et ses adjoints écopent de 4 ans
d’emprisonnement pour le premier, de 2 ans pour l’adjointe 18 mois pour
le troisième. 4 ans, 2 ans et 18 mois, sans l’ombre d’un sursis. Du sec,
du ferme. En prime ils sont déclarés personnellement tenus aux millions
de dommages et intérêts. En chaussettes dans un cachot humide. Le fonctionnaire de l’État poursuivi a été relaxé, lui.

Il est interdit en France de commenter les décisions de justice, sauf avec égards, pour résumer. Aussi et pour ne pas brûler sur le bûcher de l’inquisition doit-on s’en tenir aux seules certitudes aujourd’hui connues, parce que colportées par de multiples journaux.

Un maire est stigmatisé. L’État est exonéré de toute responsabilité, son fonctionnaire poursuivi est relaxé.

Deux attendus reproduits par la presse sont intrinsèquement édifiants.

« (les prévenus) ont intentionnellement occulté ce risque, pour ne pas détruire la manne du petit coin de paradis, dispensateur de pouvoir et d’argent».

 «L’État est irréprochable sauf à considérer qu’une commune est un organisme décérébré».

L’État = l’intérêt général. Le maire et ses malheureux adjoints = les pourris. Le mot clé, c’est «l’argent».

Malgré tout l’État irréprochable, avait tout pouvoir pour interdire les constructions idiotement implantées en zone inondable, par le truchement des zones de dangerosité ou des recours qu’il pouvait exercer contre les décisions d’urbanisme. Mais, on vous le dit l’État est irréprochable.

En France, un plan de prévention des risques, ou PPR, est un document réalisé par l’État qui réglemente l’utilisation des sols à l’échelle communale, en fonction des risques auxquels ils sont soumis. L’État peut interdire les constructions en zone dangereuse.

Et pourtant tout jusqu’au «marchandage» hideux reproché au maire qui aurait arraché au préfet plus de zones constructibles, se retourne contre l’élu. Rien contre le fonctionnaire qui, dépositaire qu’il était de l’intérêt général, et c’est le sens de la proposition, a nécessairement cédé devant le marchand. Tout n’est pas si clair dans le ciel des attendus.

La machine fonctionne comme les «Dents de la mer», ce célèbre film de série Z des années 70 que nous avons tous vu. Des politiciens corrompus, des touristes victimes de l’inconscience et de la rapacité des premiers, et avec ses petites mains un policier modeste s’oppose courageusement aux valets de Mammon et fait triompher l’intérêt général qu’il prend seul en charge.

Nous, les lecteurs, nous qui nous adressons à la majestueuse élite étatique, notre véritable maître, prosternés et dégoulinant de nos vils intérêts privés, nous tenant dans l’ombre à 3 pieds de l’hygiaphone, pour recevoir en pleine face les attendus cinglants portés au sommet de l’éloquence, illuminés par la lumière resplendissante de l’intérêt général, nous apprenons cette condamnation et la recevons avec effroi. Elle se suffit à elle même. Silence, maintenant.

Conseil municipal du 18 décembre 2014,

Encore un que les Allemands n’auront pas :

séance du conseil municipal d’Annemasse du 18 décembre 2014

Venez nombreux, c’est bientôt Noël, le maire, ses adjoints, et tous les conseillers qui émargent pour de raisonnables indemnités au budget ont promis d’en faire cadeau à la population. Il est possible qu’ils lancent des billets de cent euros en l’air à la sortie de la séance. Et quand on sait que c’est peut-être le dernier Noël dans l’opulence avant leur traversée du désert qui commencera avec les nouvelles élections, l’évènement est à saisir.

Les Joyeux Bouchers by Boris Vian on Grooveshark

Bonnes fêtes !

Le syndrome de la Maison du Salève

La maison du Salève, dont je n’ai pas retrouvé le coût d’aménagement qui n’a pas dû être négligeable et qui a été entièrement financé par l’impôt, est gérée par le Syndicat Mixte du Salève qui réunit une vingtaine de communes.

Le tout est financé par des subventions de chacune des collectivités concernées, qui représentent 3,8 € par habitant dans le cas d’Annemasse, et plus du double lorsqu’il s’agit d’une commune touchant à «notre Salève». Le budget c’est 1 million par an.

Le syndicat, comme tous les syndicats, bruisse d’agitation. Vous pouvez imaginer, des prospectus, des accueils divers, de la «com», etc. Et pour tout cela Madame BOUZIG, qu’y a-t-il ? Seulement, 10 personnes employées.

Là où ça devient intéressant, c’est la structure de ce personnel. 2 sont sur le terrain, 8 ne sont pas sur le terrain. Il y a notamment des animateurs scolaires (en dehors des vacances où ils sont très certainement «surbookés», que font-ils le reste du temps ? Je n’ai pas réussi à le savoir). 10 employés cela nécessite déjà une hiérarchie, La nature administrative ne supporte pas l’absence de hiérarchie. C’est donc sans surprise qu’on apprend qu’il y a une directrice. Je suis sûr qu’il doit aussi y avoir une ou deux secrétaires.

On peut appeler cela le syndrome de la maison du Salève. Les maisons du Salève poussent de toute part sur tout le territoire. Un million de ci, un million de là, et hop ! c’est parti pour la grande glissade des impôts locaux.

Le monde ne va pas s’arrêter pour autant. Mais la France dans le monde va continuer de s’enfoncer, grignotage après grignotage. Il faut nous réveiller.

Où il se révèle que n’ayant pas d’idées, la majorité socialistes les emprunte à l’opposition, ainsi que le démontre l’ordre du jour de la séance du 20 novembre 2014 du conseil municipal.

Hier c’était impossible.

Hier c’était refusé. Au motif essentiel qu’il fallait que l’automobiliste, sous couvert d’égalité, soit sanctionné.

Aujourd’hui, devant l’absurdité de ce refus, et alors que le commerce du centre-ville tend à disparaître, d’un seul coup il devient possible de passer la gratuité des parkings (clos) de 15 minutes à 30 minutes. En voilà une bonne idée ! Sa reprise par la majorité socialiste marque son essoufflement politique.

«III°) La Ville d’Annemasse a souhaité, à l’occasion de ce changement de tarif, augmenter le premier temps gratuit dans les parcs de stationnement, à 30 minutes. Cette première demi-heure gratuite sera appliquée à partir du 12 décembre 2014.

Aussi, il a été institué une nouvelle grille tarifaire en zone orange permettant de compenser la perte de recette occasionnée. Cette dernière entrera en application au 1er janvier 2015».

Ce que nous préconisons depuis très, très longtemps.

Ordre du jour séance 20 novembre 2014

Adieu, Manitas De Plata,

Sentimiento by Manitas De Plata on Grooveshark

Monsieur DUPESSEY perd son sang froid

Pris de vertige, sinon de panique, devant l’annulation des élections municipales, le groupuscule socialiste et son maire M DUPESSEY,  imaginent un contre-feu pétaradant de rhétorique. Ils publient un communiqué.

En introduction à leurs jérémiades, ils avancent une affirmation tonitruante.

«M. Mermet a demandé l’invalidité totale de l’élection dès le 4 avril, et ce, contrairement à ses affirmations, la main sur le cœur, disant qu’il ne s’attaquait qu’à la « tricherie » du FN».

Comme ils ne peuvent évidemment pas nier que dès l’introduction du recours ils savaient à quoi s’en tenir, puisqu’il était écrit noir sur blanc que ce qui était demandé était l’annulation totale des élections, ils croient expédient d’ajouter :

«C’est bien une manœuvre sournoise antidémocratique qui vient de loin, et qui est démontrée par les faits».

Il est difficile de suivre la logique de la proposition : tout le monde savait depuis le début, mais c’est «une manœuvre sournoise antidémocratique qui vient de loin».

Et comme en matière de mensonge politique plus c’est gros, mieux cela passe, ils enchaînent aussitôt en menaçant d’une apocalypse imaginaire.

Voilà-t’y pas que le danger numéro 1 serait que «- la Ville d’Annemasse n’aurait pendant la période électorale qui suit (3 mois maximum) ni maire, ni conseil municipal, et serait administrée par des personnalités désignées par le Préfet, chargées de gérer les affaires courantes».

On comprend l’effroi. Une affreuse pensée surgit : et si en prime ils perdaient leurs indemnités d’élus pendant cette période ? Voire même au delà s’ils perdaient les nouvelles élections. Quelle horreur.

Le drame d’une agglomération privée de sa tête pensante, M DUPESSEY, est évoqué. Comme si un malheur ne suffisait pas, elle serait en prime «fragilisée » parce qu’elle devrait respecter une décision du Conseil constitutionnel qui oblige à proportionner le nombre de représentants à la taille de la population, ce qui est un tout autre débat.

Pour clore le tableau le spectre hideux d’un gaspillage de deniers publics est agité. Une dépense supplémentaire de 200 000 €, coût de la future campagne, va assurément nous ruiner.

Eux qui ne se préoccupent jamais de la dépense publique, qui l’augmentent année après année, qui se contrefichent de sa béance puisque ça ne touche jamais leur portefeuille, mais celui de ces êtres improbables qualifiés aimablement d’administrés, les voilà qui hoquettent que ce serait trop cher.

Ce qu’il y a de bien dans ces cris d’orfraie c’est qu’on voit rapidement où le bât blesse, il suffit de porter son regard sur la réalité que veut masquer cette protestation.

Parce que c’est politiquement simple. C’est en fait la réalité d’une complicité objective avec le FN que ce tapage dissimule. Complicité des socialistes municipaux avec une formation dont la présence les arrange tellement puisqu’elle leur fait gagner l’élection, que comme MITTERAND leur maître, ils voudraient surtout ne rien tenter qui puisse l’affaiblir si peu que ce soit. D’où leur silence alors qu’ils connaissaient la fraude. D’où leur inaction, alors que s’ils avaient eu un tant soit peu de respect pour les principes les plus élémentaires de la démocratie, il eussent agi à nos côtés. On les aurait même accueillis.

C’est peut-être vrai qu’on ne fait pas de politique avec de bons sentiments. Mais il faut préciser de quelle politique on parle. Il ne peut s’agir que de la politique politicienne, celle du cumul des indemnités, celle de la ficelle et du coup de Jarnac, du couteau dans le dos et des manœuvres clandestines. La politique dont plus personne ne veut.

Le grand bluff politique de M Dupessey

Il se répand dans les médias locaux en hurlant à l’injustice devant l’annulation des élections.

Il se plaint. Il est sans doute une victime.

C’est une mascarade. La victime de la fraude ce n’est pas M DUPESSEY, mais uniquement, exclusivement NOUS, la liste de la droite modérée qui a été battue par l’alliance de fait entre les socialistes et le FN.

Sans la liste FN, Dupessey mordait la poussière. Le crime lui a donc profité, et à lui seul.

Ce n’est donc pas une injustice, même si derrière l’annulation on ignore quelles seront exactement les retombées. C’est le contraire, ce n’est que justice, une justice difficile, mais nécessaire, parce que la vie politique ne peut continuer de vivre sur le mensonge, la fraude, la manœuvre des Machiavels de sous-préfecture, surtout ceux drapés de rose bonbon.

Il va comment ? Il paraît qu’il est furieux, et il exerce un recours devant le Conseil d’État !

Ah ! C’est donc parce qu’il est «furieux» que le maire va exercer un recours.

C’est bien son droit.

Mais c’est le nôtre de penser qu’en n’acceptant pas la décision d’annulation M le Maire vient publiquement dire qu’il valide la fraude.

Parce qu’il ne faut pas oublier que le Tribunal administratif a invalidé l’élection en raison de la fraude démontrée. Les logiques juridiques et politiques se rejoignent ici. Il n’existe qu’une seule alternative : ou bien on conserve le résultat de l’élection, et en ce cas on valide la fraude, ou bien on rejette la fraude et en ce cas on invalide les élections.

L’argument qui consisterait à soutenir qu’on peut à la fois sanctionner la fraude en excluant ceux qui l’on commise, tout en conservant le résultat de l’élection, ne tient pas en application des principes mêmes de la démocratie. Que fait-on en ce cas des 17 % d’électeurs qui ont voté pour la liste du FN au premier tour et les 13 % qui ont voté pour elle au second ? On leur annonce simplement que leur vote a compté pour du beurre ? Ce serait inacceptable. Quand bien même nous ne partagerions pas leurs positions.

Pour être encore plus précis, ce n’est pas de l’invalidation d’un élu qu’il s’agit. Ce serait le cas si par exemple l’un des deux élus du FN était en fait inéligible. Mais il ne s’agit pas de cela. Il s’agit du fait que cette liste du FN a concouru aux élections alors qu’en fait elle n’était pas complète. Il lui manquait un candidat ou une candidate. Le faux a consisté à présenter la candidature d’une dame âgée alors qu’elle n’avait ni rempli ni signé son acte de candidature. C’est un faux. Dans ces conditions la liste n’était pas complète et ne pouvait se présenter. Or elle a obtenu 13 % au second tour et deux élus. Donc, et il n’y a vraiment aucune autre possibilité, donc c’est toute l’élection qui doit être annulée.

Ainsi ira le monde. Sauf à ce qu’un vice de procédure soit découvert, ce qui en l’état du dossier paraît peu vraisemblable, en logique démocratique et juridique l’annulation devrait être confirmée.

Le Tribunal Administratif dans son jugement du 28 octobre 2014 annule l’élection municipale d’Annemasse

C’est tout chaud, mais le coup de grâce a été donné. L’élection municipale d’Annemasse est annulée.

Le dispositif du jugement rendu le 28 octobre 2014 est le suivant:

«Article 1er : Les opérations électorales des 23 et 30 mars 2014 dans la commune d’Annemasse sont annulées. Article 2 : Les mandats de M. Capasso et Mme Capasso-Chevalier sont suspendus. Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté».

Le Tribunal Administratif a accueilli les moyens soulevés dans la contestation de l’élection, il a reconnu la fraude commise sciemment par le FN, il en a tiré les conséquences logiques, il n’avait d’ailleurs que peu de choix.

Car c’était une fraude volontaire, et non pas une simple erreur que de faire figurer sur la liste du FN, une dame âgée qui ne disposait plus de toutes ses facultés, et qui n’avait jamais souhaité même se porter candidate, qui n’a pas rédigé le formulaire de candidature, qui ne l’a pas signé, ainsi que cela a été démontré.

La fraude corrompt tout. L’adage nous vient du droit romain «Fraus omnia corrumptit», il est resté depuis plus de deux millénaires dans notre droit, inchangé.

Mention spéciale doit être accordée à M Dupessey qui à la sortie du tribunal s’en est pris à Louis Mermet qui l’a vertement remis en place. M Dupessey, figurez-vous, a combattu l’annulation de l’élection. Il s’est ainsi fait l’allié objectif du FN. M Dupessey au final a soutenu la fraude.

Je n’y étais pas, mais j’en ai entendu parler, de cette audience du 27 octobre 2014 devant le Tribunal Administratif de Grenoble,

Signataire du mémoire en annulation des élections avec Louis Mermet et Caroline Duret-Nasr, dont j’avais présenté le premier jet dans ce blog, avant même que l’encre de mon imprimante n’ait séché, je n’étais pas à l’audience du 27 octobre 2014 devant le tribunal administratif. Louis Mermet y était avec Maxime Gaconnet.

Il faut savoir que ce type d’audience est inhabituel. L’affaire était d’ailleurs venue une première fois le 6 octobre dernier et le tribunal avait renvoyé au 27 pour permettre à la liste de M Dupessey et au maire d’Annemasse de faire valoir leurs observations.

Ça n’a pas manqué, un membre de la majorité socialiste municipale et M Dupessey ont en cœur déclamé combien il serait inique d’annuler les élections parce que la liste FN aurait triché.

C’est vrai que même lorsqu’on s’assied sur les principes, il reste toujours douloureux de s’exposer à perdre son siège de maire rémunéré, de président de l’agglomération rémunéré, d’adjoint rémunéré, de conseiller missionné et rémunéré. On peut le comprendre, perdre un billet de banque n’est jamais réjouissant, d’autant qu’on ne sait ce qui émergera d’une nouvelle élection.

Mais qu’ils se rassurent, nous non plus ne savons pas ce qui pourra jaillir de la boîte de pandore politique ouverte éventuellement par l’annulation des élections. Tout est possible, y compris le scénario du pire, voulu par des électeurs qui feraient abstraction de la fraude imputable à une seule liste, celle du FN.

Nous aussi(*) nous ne sommes pour rien dans cette fraude qui a consisté pour cette liste FN à inventer une candidate pour qu’il y ait le nombre suffisant de candidats requis par la loi. Sinon la liste n’aurait même pas pu se présenter devant les électeurs. La fraude a servi à cela.

On peut de très loin, sous l’empire du slogan «tous pourris» en tirer la fausse conclusion, «bah ! ce n’est donc pas si grave!», et revoter pour les mêmes. Nous le savons. Ce serait révoltant.

Et alors ? Parce qu’on risquait de perdre l’élection, il aurait fallu ne rien dire ?

Mais ce que ne comprennent pas M Dupessey et ses affidés, c’est que nous n’en avons strictement rien à faire de perdre éventuellement l’élection. Nous ne défendons pas les billets de banque qui tombent à la fin du mois, car nous avons tous des métiers, et nous ne faisons pas de la politique une profession, ou une source de revenus, comme beaucoup sinon la plupart dans la majorité municipale socialiste actuelle. Nous faisons de la politique parce que nous croyons en un certain nombre de valeurs et d’idées que nous partageons.

Et parmi ces valeurs il y a celle de la loyauté. C’est pour cela que nous refusons l’idée que la fraude découverte n’était pas si grave. Nous répondons au contraire que c’est grave d’inventer un faux candidat. Nous disons que si nous avions laissé passer cela alors il n’y aurait plus eu aucune limite. Tout devenait permis. Pourquoi pas faire des listes totalement factices ? Si tout est permis, pourquoi se priver ? Pourquoi par exemple ne pas susciter une liste dissidente du FN, ou une liste trotskyste, ou une liste de mariage entre les socialistes et le FN…Il suffirait de mettre des noms, n’importe quel nom, de signer par un gribouillis, et le tour serait joué.

Les socialistes derrière M Dupessey ont parfaitement compris la situation, depuis le premier jour. C’est volontairement qu’ils n’ont rien fait. C’est volontairement qu’ils faisaient le gros dos en attendant que l’orage passe en croisant les doigts pour que l’annulation ne se fasse que partiellement, de la seule liste FN prise la main dans le sac à malice électorale.

D’où leur déconvenue de découvrir sur le tard qu’une annulation totale pouvait être envisagée, et que c’était pour cela que le tribunal avait invité tout le monde à s’exprimer, chaque conseiller municipal, élu sur ce volcan qui grondait en souterrain.

C’est pourquoi plus les jours passent, plus je crois que nous avons réagi justement, parce que les principes démocratiques sont le sel de la vie politique. Et s’il n’y a plus de saveur, que reste-t-il ? Réponse dans très peu de temps.

Tournée électoral 2007 by François Pérusse on Grooveshark

* J’ajoute un post-scriptum. En écrivant «nous aussi», je prends le risque d’être inexact. En effet il y a une belle formule qu’il ne faut pas oublier. À qui profite le crime ? La présentation de la liste FN desservait objectivement la liste de la droite. De là à penser que le PS, Dupessey en tête, a tout fait pour la favoriser, le pas existe, mais peut se franchir, et plusieurs le pensent. Pour ma part j’hésite, mais je vois bien que le problème existe.

De la difficulté d’être en milieu urbain

Rien n’est simple, tout peut se compliquer, et c’est généralement ce qui se passe en matière d’urbanisme. La volonté peut certes infléchir les réalités, mais il ne faut pas nourrir l’illusion qu’elle peut à elle seule définir le futur urbain.

Une ville est d’abord le produit de facteurs multiples. Ces facteurs sont essentiellement des facteurs «sociaux». Le producteur principal de la ville est la société, parfois sous l’impulsion de la politique. Lapalissade utile pour appeler à la modestie et limiter le délire des «ambitions», le poncif des discours électoraux. Au fait, on va peut-être rapidement connaître une nouvelle période électorale, grâce au tripatouillage de la liste du FN lors des élections municipales qui risque fort d’être sanctionné par le juge administratif, voire aussi par le juge pénal.

Annemasse entre dans une phase de révision du PLU, le document d’urbanisme qui régule par ses prescriptions la physionomie urbaine des années à venir. L’élaboration de cette politique urbaine part nécessairement de l’existant pour déterminer le profil du futur. Sauf à inviter les sbires de l’état islamique et Bachar el Hassad à venir ensemble dîner dans notre ville, on n’aura aucune chance de la reconstruire. Donc on fait avec.

Et là tout se complique.

D’abord la pression démographique. Sur les dernières années + 2,7 % par an dans la ville et son agglomération. Rien que pour Annemasse la projection donne en 6 ans :

2 014 32 000,00
2 015 32 864,00
2 016 33 751,33
2 017 34 662,61
2 018 35 598,50
2 019 36 559,66
2 020 37 546,77
2 021 38 560,54
2 022 39 601,67
2 023 40 670,92
2 024 41 769,03

En 10 ans + 10000 habitants. Au secours !

La conséquence en serait nécessairement la densification de tous les quartiers. Invivable serait un synonyme d’Annemasse.

Reste à trouver des solutions.

Comme il est clair que l’expansion démographique poserait d’insolubles problèmes, il faut la «maîtriser», nous dit l’adjoint à l’urbanisme. On sera tous d’accord sur ce point. Comment ? Par le PLU.

Ce qui signifie qu’il faut commencer à restreindre les droits à construire qui sont accordés dans les permis de construire; cela risque fort de déplaire à quelques-uns. Mais d’un autre côté il faut absolument éviter le cauchemar.

Le réflexe de l’expansion euphorique doit disparaître.

D’abord il est clair que par exemple il sera radicalement impossible de satisfaire les demandes de logements sociaux.

À Annemasse il y a actuellement 3000 demandes de logements sociaux qui ne sont pas satisfaites. Mais même si la construction se limitait à la production de 3000 logements aidés, alors par définition on augmenterait déjà la population d’au moins 6000 personnes, sauf à imaginer que les 3000 logements libérés par ceux qui intègreraient les 3000 nouveaux logements resteraient vides. Et en réalité comme les programmes de construction intègrent 20 % à 25 % de logements aidés, le reste étant vendu aux conditions du marché, en conservant la proportion de logements sociaux pour satisfaire une demande de 3000 logements de ce type ce serait quatre fois plus de monde que l’on retrouverait au final….24000 si 25 % de logements aidés, 30000 si 20 %. Dès lors la vérité vraie est que ce ne sera ni possible ni souhaitable.

Ainsi il est clair que la production globale de logements, aidés ou pas, va fléchir.

Il est aussi impossible d’élargir les rues; chaque fois que vous ajoutez un habitant, vous ajoutez la circulation de cet habitant et les services publics à cet habitant. Le lascar au XXI° siècle a la faiblesse d’être équipé d’une automobile, il fait pour l’instant mentir les altermondialistes et écolos de tout poil en prenant encore obstinément son automobile pour se rendre à Genève (95% en voiture, 5% des trajets en transport en commun pour l’instant) mais il est vrai pourtant qu’on ne connaît pas sa propension future lorsqu’il y aura le CEVA. Parions même qu’il le prendra quotidiennement pour son infernal mouvement pendulaire, il restera que le bougre aura encore la propension irrépressible de l’utiliser au moins le week-end, et parfois en semaine. Ajoutez un habitant et vous ajoutez des embouteillages.

Les choix se réduisent, le futur urbain appelle à une nouvelle sagesse, celle antique de proportionner la ville à la taille humaine, ce qui oblige nécessairement à écarter les excès, tous les excès. L’excès de population, l’excès de béton, l’excès de laideur, pour ne retenir dans la liste des maux nés de la démesure que les principaux.

Le futur PLU ne pourra que s’adapter à ces nécessités, ou bien produire de l’urbain qui chassera ses habitants dès qu’ils auront les moyens de voter avec leurs pieds, pour ne conserver en son centre qu’un cloaque misérable.

Il y a un chiffre qui doit aussi retenir l’attention, celui du chômage. C’est l’INSEE qui le présente : 14% de taux de chômage, contre 11,1 % à l’échelle de l’agglomération, laquelle inclut la zone de Gaillard. C’est plus élevé que la moyenne nationale. Une seule conclusion : les socialistes, partout où ils sont aux commandes fabriquent des pauvres.

Un sérieux problème politique se pose à Annemasse dont tout le conseil municipal est convoqué pour un débat contradictoire devant le tribunal administratif de Grenoble

Ça sent le sapin !

D’un seul coup, comme avec un coup de tonnerre, la physionomie politique du conseil municipal change avec une brutalité inédite.

Que se passe-t-il ?

C’est simple.

La majorité socialiste au conseil municipal sait depuis déjà de longs mois, depuis le dernier jour du dépôt des listes, que celle du Front National a été bouclée dans la précipitation de la dernière heure, et qu’elle comporte au moins un nom d’une personne âgée, qui n’est plus en pleine possession de ses moyens puisqu’elle est dans un institut spécialisé. Les socialistes savaient les difficultés pour le FN de boucler sa liste.

La majorité socialiste au conseil municipal connaît tout de la situation. Elle va très certainement prétendre le contraire, personne n’est à l’abri d’une défaillance de sa mémoire, ainsi d’ailleurs que le montre incidemment la mésaventure, c’est un euphémisme, de la liste FN.

Elle a su le recours engagé contre la fraude manifeste. Elle s’est abstenue volontairement de toute intervention dans la procédure. Elle aurait pourtant bien dû le faire, et aujourd’hui, malgré elle, le tribunal administratif l’invite à comparaître.

On peut tout oublier toujours, on peut manipuler, on peut prétendre comme le fait le parti socialiste lutter contre le FN tout en étant son allié objectif. Seuls les faits comptent. Et ils sont là, sur la table du tribunal administratif qui a été saisi d’un recours légitime contre les élections.

Le FN, dans sa composante annemassienne, a tout simplement triché.

Le tribunal administratif de Grenoble a décidé une réouverture des débats au 27 octobre en présence de tous les conseillers municipaux. Ceux de la majorité socialiste, ceux de l’opposition, et bien entendu les deux conseillers de la liste FN, «bleu marine». C’est une manière de perfection du débat contradictoire.

Au fond les questions sont redoutablement simples : a-t-on ou non le droit de tricher ? Doit-on ou non dès lors qu’une tricherie est démontrée, annuler toute l’élection ou seulement celle des membres de la liste pris la main dans le sac à tromperie ?

Il n’est pas douteux que le tribunal administratif de Grenoble réponde qu’en démocratie, en république, la fraude électorale est interdite.

Sur la seconde question de l’annulation il se trouvera placé devant un dilemme.

Ou bien il annulera toute l’élection ou bien il limitera la censure à l’élection des membres du FN. Mais en ce cas, un gigantesque problème surviendra. Il faudrait en effet admettre que tous les électeurs qui ont porté leurs suffrages sur la liste du FN l’auraient fait en vain. Ce qui serait contraire, à l’évidence, à la signification d’un scrutin. Les électeurs du FN ont été trompés par le FN annemassien, et ils auront le droit d’en tirer toutes les conséquences politiques, ou pas, mais on ne peut admettre que leur vote ne soit pas exprimé et supprimé par une annulation partielle, que leur vote compte pour du beurre.

Même lorsque l’on est un adversaire politique, on ne peut admettre une telle conséquence, sauf à quitter les rivages de la démocratie. 

Il n’y a donc au fond aucune alternative, dans le respect des principes l’élection doit être annulée.

C’est cela la bombe politique. On se remémorera longtemps la posture adoptée par le maire et sa majorité socialiste lors du conseil municipal du 18 septembre 2014, quand ils montaient à l’assaut d’une négociation internationale, au nom des principes antilibéraux qui les animent ! Grenouille, n’oublie pas ta place dans l’univers, tu n’es pas même la cousine du bœuf.

De la stratégie et des stratèges

Trois listes se présentaient devant les électeurs aux élections municipales d’avril 2014 : une liste socialiste, celle qui a gagné, une liste de la droite républicaine, et la liste du Front National.

Ce n’est évidemment pas un secret, nous l’avons tous su, cette dernière liste a été déposée in extremis à la sous-préfecture dans l’heure précédant la clôture du dépôt des candidatures.

Mais, cette liste pour être complète a utilisé un stratagème. L’une des candidates sur cette liste n’était pas en état de manifester sa volonté, ce qui a été démontré, et elle n’aurait jamais dû y figurer, si bien que sans elle la liste FN n’était pas complète et ne pouvait se présenter aux élections. Un tiers a rempli pour cette candidate malgré elle le formulaire de candidature et l’a signé. C’est un faux, c’est une fraude grossière, c’est une violation des règles les plus élémentaires de la démocratie. Parce qu’il faut bien y réfléchir : ou bien on peut forger des faux, et en ce cas pourquoi ne pas inventer des candidats dans un scrutin de liste comme l’est l’élection municipale, ou bien c’est un délit qui quand il se produit doit être sanctionné. Il faut choisir.

Les socialistes derrière Monsieur Dupessey auraient parfaitement pu contester la validité de cette liste. Ils ne l’ont pas fait, se frottant les mains et avouant à qui voulait bien l’entendre qu’ils étaient ravis de sa présence puisqu’elle nuisait à la liste de la droite républicaine. Stratégie à courte, très courte vue.

Ils ne l’ont pas fait par calcul. Ainsi donc les socialistes qui ne cessent de prétendre s’opposer au Front National, et le Front National qui ne cesse de prétendre s’opposer à tous les autres partis sont en réalité alliés. Monsieur Dupessey peut bien se montrer chaleureux à l’égard de la tête de liste FN, parce que cela est la réalité, il devrait d’ailleurs être plus généreux encore, car il lui doit probablement son élection. Les socialistes procèdent donc des frontistes… L’idée est amusante, mais il n’est pas certain que la démocratie en sorte grandie.

La réalité des socialistes, de Monsieur Dupessey à Monsieur Hollande, en plongeant dans le temps jusqu’à cette figure haïssable et méprisable de Mitterrand, est qu’il vaut mieux examiner leurs actes plutôt que leurs proclamations.

Nous verrons prochainement si le tribunal administratif saisi que par la liste de la droite républicaine, censurera ou non la fraude. Dans tous les cas de figure, que le tribunal annule totalement ou partiellement les élections, voire qu’il rejette les recours, il restera que les socialistes se sont volontairement abstenus de contester une fraude manifeste et dont ils avaient pleine connaissance. Cette stratégie du souterrain exhale les relents du cloaque.

La réponse du tribunal administratif est attendue très prochainement. La réponse politique à la stratégie occulte doit se construire.

Le BHNS roule pour lui, on ne passera plus à la gare, et le tram n’y viendra pas.

Il existe un nouveau tabou. Les transports en commun.

Le bourrage de crâne a fonctionné à merveille. Il n’y a plus personne aujourd’hui qui oserait critiquer le primat donné au transport en commun. L’emprise de la culpabilité de l’Occidental moyen, la sincère préoccupation de l’écologie, l’unanimité qui touche toute la classe politique, font que les critiques se sont tues.

Et pourtant on peut en penser beaucoup de mal aussi.

Tout d’abord parce que même si on multiplie par 3 la propension à l’usage des transports en commun, dans une région où ce mode de transport n’a jusqu’à présent que joué un rôle marginal, il restera que l’écrasante majorité des usagers ne l’utiliseront pas et prendront leur voiture, à essence ou électrique, mais leur voiture. Le problème est qu’un espace de plus en plus réduit est laissé à ce mode massif de transport. D’où ce sentiment justifié d’une «punition» de l’automobile et de son propriétaire. Des bouchons à n’en plus finir, de plus en plus nombreux et sur des plages horaires de plus en plus étendues.

Se pose alors la question de savoir si en termes de balance coût/avantages le choix de tout miser sur le transport en commun est justifié ou non. Réponse : alors qu’on jette des millions tous les ans dans les études sur tout, allant du rond-point au tram, il n’y a pas un centime de mis sur ce type de réflexion. Rien puisque la cause est entendue, et qu’il s’agit à la fois d’un tabou et d’un paradigme. Aucun discours sur les déplacements ne peut se situer en dehors du champ conceptuel du tout pour les transports en commun. C’est à peine si on se souvient encore des cycles, uniquement d’ailleurs pour enjoliver les discours.

Le premier temps d’une réflexion sérieuse devrait être de poser le problème en termes de comparaison des coûts, exorbitants, du transport en commun et de ceux de la voiture. En n’oubliant rien, y compris pour la voiture et les deux roues les coûts induits par les accidents. Une journée de réanimation ça a un coût, lequel rapporté aux millions de kilomètres parcourus vient renchérir le mode de transport individuel. Le résultat nous montrera si nos choix sont ou non rationnels et non pas uniquement idéologiques.

Toutes les opinions sont toujours admissibles dès lors qu’elles peuvent être loyalement discutées. Le soutien à la politique du Tram et du BHNS a légitimement le droit de s’exprimer. Mais en ce qui concerne l’un et l’autre le moins qu’on puisse dire est que la majorité socialiste occulte qui tout ce qui est contraire à sa thèse.

Ainsi pour le tram, masquer le fait que son financement n’est pas à cette heure assuré, relève de la mystification. Une part importante de son financement vient de la Suisse. Or, le Conseil Fédéral ne classe pas le projet dans ses priorités. Mais il y a plus encore. Un obstacle majeur provient du fait que le tracé du tram, en ne rejoignant pas la gare qui devrait accueillir 4 millions de voyageurs par an quand elle sera irriguée par le Ceva, va compliquer la tâche des usagers. Ils devront changer de moyen de transport. L’idiotie pour le tram de ne pas aller à la gare alors même qu’elle sera inondée de passagers, et alors que le tracé qui va jusqu’au lycée des Glières ne peut être concurrentiel en termes de fréquentation, tout en empruntant le boyau de la rue des Voirons, saute aux yeux. Le but du projet de tracé actuel apparaît clairement. Il n’est pas dicté par la considération de l’intérêt général, mais uniquement par le souci électoral, avant les élections municipales d’avril 2014 (on ne sait pas s’il n’y en aura pas d’autres prochainement). Dans le discours d’alors le tram allait au Perrier, ce qui n’est manifestement pas le cas quand on sait qu’au mieux il s’arrêtera dans cette direction au lycée.

Les électeurs ont été roulés. Ils sont roulés sur le tracé, ils sont moralement abusés lorsqu’il est constamment mentionné pour la gare en Novlangue qu’elle serait un pôle «multimodal», alors qu’il n’y aura que le bus qui la desservira. Le multi est un mono, abstraction faite du train. Mais même si l’on considérait le train et le bus ce ne serait pas «multi», mais au mieux «bi».

La voiture est chassée. Elle ne passera plus devant la gare. À cet égard le projet de tracé actuel pour contourner la gare qui ne sera plus accessible est tout simplement délirant.

Il a été présenté à la réunion d’une commission du conseil municipal. Le projet est estampillé Annemasse Agglo. Quand on ira en direction de la gare par l’avenue E. Zola, on ne pourra continuer en direction de Ville-la-Grand. Une nouvelle voie de circulation sera créée en prolongement de la rue du Môle à travers ce qui aujourd’hui est un parking. La circulation allant en direction de Ville-la-Grand empruntera ce nouveau tronçon, puis passera par la rue du Môle pour rejoindre la rue du Chablais où elle sera arrêtée au croisement par un feu. Autant dire que les embouteillages actuels seront multipliés. Au passage on peut admirer la cohérence qui aura présidé il y a dix ans à créer l’Avenue E. Zola pour qu’elle soit un «péricentrique» pour la boucher demain. Un péricentrique en forme d’impasse voit donc le jour.

City of New Orleans by Arlo Guthrie on Grooveshark

Ce qui manque manifestement à Annemasse et à son agglomération c’est un plan de circulation ! Et pourtant si on aligne les budgets alloués depuis des années aux études, que ce soit par la ville ou l’agglomération, et qui atteignent des montagnes d’euros, on ne peut pas dire qu’on ne se soit pas donné les moyens de se tromper à prix d’or. Il est vrai que c’est l’argent des contribuables, et on ne peut juridiquement demander à M Dupessey et consorts de rendre celui consacré aux inutiles études sur le péricentrique par exemple.

De l’effet local du rayonnement cosmique

C’était à la séance du conseil municipal du 18 septembre 2014. On y a assisté à un évènement mémorable survenu en tout début de séance, alors que tous les esprits étaient encore frais, alors que même les conseillers de la majorité ne dormaient pas encore tous.

Voilà que le maire proposa au conseil de voter une motion d’opposition aux négociations internationales qui se tiennent actuellement entre l’Europe et les États Unis sur l’harmonisation des échanges entre les blocs économiques. Le sujet n’est pas passionnant et  ne retient que peu l’attention médiatique.

La question centrale posée par la motion qui sera finalement votée par la majorité est celle de la résistance au libéralisme maléfique. On a assisté à une envolée lyrique, le maire a tonné contre cet ennemi, vibrant de toutes ses tripes d’ancien trotskyste, à moins que ce ne soit d’ancien léniniste, peu importe. Le mal entrait soudainement dans la salle du conseil pour y être terrassé par la lance dialectique du marxisme agonisant. On en était tout éclaboussé de verbe, dans la forme comme dans le fond.

Les vœux, c’est une excellente idée. La vraie difficulté dans la motion contre le Diable est qu’elle fut présentée alors qu’au cours de la même séance le règlement intérieur était voté. Quel rapport entre la motion et le règlement ? C’est très simple. Le règlement stipule que
«le conseil municipal émet des vœux sur tous les objets d’intérêt local».

C’est là qu’il est fort notre maire. Des vœux, contre un traité international en cours de négociations, entre l’Europe et les États-Unis, constitueraient un «objet d’intérêt local» ? Bien entendu, fichtre. Un vert est venu immédiatement porter secours au premier de nos philosophes, et il expliqua que tout traité avait nécessairement des conséquences sur l’échelon local.

Il a raison, le rayonnement cosmique aussi. Le rayonnement cosmique est donc d’intérêt local. Je propose une motion contre le rayonnement cosmique, le gaz de schiste, les pédalos à mazout, tous sujets d’intérêt local.

Comme la motion n’est pas tout à fait prête, je vous propose d’envoyer vos dons et soutiens directement à chacun des conseillers de l’opposition républicaine, en plus on reversera 10% à la majorité. Le RIB est le suivant : 13212 198415 3423 78 32424 9890.

Vous pouvez aussi vous rendre à Munich à l’Oktoberfest avec l’argent de vos dons, pour boire, chanter, jouer…ce n’est pas sympa pour nous mais on fera contre mauvaise fortune bon cœur.

Bier Her, Bier Her / Der Treue Husar by Oktoberfest Music on Grooveshark

Plus que ça, on meurt !

Les dispositifs de blocage des loyers sont toujours pour le législateur l’occasion d’une débauche démagogique, surtout pour la gauche. Il étale devant le pays l’excellence de ses intentions, et s’en sent justifié. Pourtant politiquement ce n’est pas l’intention qui doit compter, mais le résultat.

Sur le plan des résultats jusqu’à aujourd’hui et tous pays confondus, tous les dispositifs de blocage des loyers montrent inéluctablement à terme leur potentiel de dangerosité, car ils produisent un effet dévastateur sur le logement dont ils détournent les épargnants. La France l’a éprouvé par le passé. Cela avait commencé au lendemain de la guerre de 14, puis de reconduction en reconduction avait abouti en 1948 à cette loi dont tous les gouvernements postérieurs ont voulu avec constance se débarrasser pour la raison simple que la France connaissait une crise du logement sans précédent et surtout sans comparaison avec nos voisins. L’Allemagne totalement rasée pendant la guerre réussit en quelques années à résoudre durablement la question. La France non. D’où cet urbanisme scandaleux des Sarcelles et autres barres d’immeubles qui fleurirent dans les années 60.

On sait donc que cela ne marche pas. Mais qu’importe pour une majorité aux abois, ce qui compte c’est avant tout la posture idéologique. Et sur ce terrain les groupuscules écologiques dont Mme Duflot fait partie ont réussi à imposer leur délire. Il s’appelle la loi ALUR.

Dès son adoption elle cassait le marché immobilier déjà moribond. C’est pourtant simple à comprendre : si vous dites à un épargnant que son investissement aura une rentabilité qui fondra comme neige au soleil, vous avez peu de chance, sauf s’il appartient à la fonction publique territoriale et occupe des fonctions politiques, qu’il mette un sou dans la pierre.

Dès que le gouvernement a compris l’ampleur du désastre que l’idéologie avait fabriqué, il a voulu immédiatement stopper net l’hémorragie en logements. Cette hémorragie sera durable malheureusement, car il est à craindre que les épargnants aient du mal à revenir à un secteur économique où on sanctuarise les locataires tout en assommant les propriétaires.

Et dans ce contexte on assiste à une tentative politique du maire d’Annemasse qui essaye de prendre d’assaut de l’agglomération pour l’induire à soutenir les sornettes de la dame Duflot.

C’était dans un journal :

Ce qui est intéressant c’est le titre. Le moins qu’on puisse en dire est que le journal en question prend ses désirs partisans pour des réalités politiques, comme l’élu de son cœur. Ainsi vous lisez bien «Annemasse Agglo souhaite s’emparer de la loi sur l’accès au logement». Vous ne lisez pas «Dupessey souhaite s’emparer de la loi sur l’accès au logement».

Le titre de l’hebdo est vraiment superbe, il pose une égalité : Dupessey
= l’agglo. Quelle erreur profonde d’avoir cru que le choix de son
président ne relevait pas de la politique, mais de la gestion.

Pourtant quand on lit le texte on observe un décalage avec le titre.

On y apprend que c’est un vœu de l’édile, mais non le reflet d’une volonté de «l’agglo». Il expose qu’il va présenter le projet au bureau, projet préparé par les «services».

Au passage on peut aussi relever à quel point les «services» sont au service de l’idéologie partagée avec le maire et l’hebdomadaire Le Messager.

Il sera donc important que le bourrage de crâne fonctionne le plus mal possible.

Sinon….

Mais ne gâchons pas la joie que partage le souriant maire, il restera quelques libations réjouissantes à l’occasion des congratulations qu’il se réserve.

Vive lui !

Trink, Trink Bruderlein Trink by Oktoberfest Music on Grooveshark

Juré, tout ce qui est dans le JIM est vrai,

Ainsi dans le numéro de cet été du journal d’illusion municipale, pardon d’information municipale, on peut lire :

La vie est ainsi faite qu’il arrive même à un journal aussi sérieux que l’est le JIM de se tromper. Et comme on ne peut évidemment pas soupçonner cet organe de vouloir égarer son lectorat, il ne reste qu’à rechercher les causes techniques de cette annonce, peut-être inexacte.

Deux hypothèses se présentent à l’esprit:

1) Un rédacteur optimiste, anonyme puisque l’article n’est pas signé, a pris ses désirs pour des réalités. Cela se conçoit, car on connaît tout le soutien et le soin que le maire apporte au projet de Chablais parc.

2) Tout était vrai, mais un gigantesque sabotage se découvre, fomenté par des groupuscules cachés dans les plis de la démocratie municipale, dont le résultat est qu’il barre toute l’avenue de la Gare pour interdire mesquinement l’accès à la rue du Chablais par l’étroit boyau urbain pensé par le génial aménageur Virgil.

Que peut faire le maire devant un tel scandale ?

Il pourrait abandonner, démissionner par exemple, ce dont on le féliciterait par avance, mais je viens d’apprendre qu’il ne serait pas d’accord. Tant pis. Il peut ouvrir le couloir à coup de pelleteuses et bulldozers, ce serait une excellente publicité et montrerait que tous les socialistes ne sont pas aussi irrésolus que le premier d’entre eux. Mais serait-ce bien raisonnable de procéder par un coup de force ?

Il pourrait demander à l’un des conseillers de l’opposition de prendre en charge le dossier. Voilà une excellente idée qui devrait naturellement séduire le premier édile, tous les annemassiens, et même les conseillers de la majorité.

Enfin, le maire peut ne rien faire.

Et il aurait raison. L’été porte à la sieste.

Ne rien faire est toute une philosophie dans la vie.

D’autant qu’il y a d’autres difficultés qui se présentent.

L’avenue de la gare est une nouvelle fois éventrée. On recreuse là où on a déjà creusé, on ouvre à nouveau des tranchées toujours pour y faire passer de nouveaux réseaux. Le malheur organisationnel est que la programmation soit aussi déficiente, et que tout ne se soit pas fait en même temps.

Il y a même des gags. Ainsi, apprend-on par de vigilants riverains, il y aurait même une tranchée qui n’a été faite que pour retrouver le passage du chauffage urbain….qui date de deux ans. Mais où sont donc les plans ?

Une chronique de France Culture se termine toujours par : «que les cieux vous tiennent en joie» ! Ce sera nécessaire.

C’est affreux, mais l’énergie baisse..

Une fois encore on aura essuyé la présentation du compte administratif 2013 du budget. Normalement, on devrait accepter le compte les yeux fermés, puisque diverses personnalités au-dessus de tout soupçon se chargent de traquer les erreurs, de débusquer les virgules, ils sont si performants qu’ils viennent de dénicher une somme de 500 000 € qui traînait sur un compte oublié. Ce n’est pas une blague, c’est une délibération !

« 6) État de l’actif – Apurement du solde du compte 181

Lors d’un contrôle qualité comptable de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP), une somme de 550.573,35 € (3.611.524,43 F) est apparue en anomalie sur le compte 181 (compte de liaison) de l’état de l’actif de la ville.

Les recherches effectuées en Trésorerie et en Mairie se sont révélées infructueuses et n’ont pas permis de déterminer l’objet de l’écriture qui a été mouvementée avant 1990 ».

Avec ça si on dit encore que la comptabilité publique est rigoureuse, on est sûrement pas très éloigné de la vérité. La comptabilité privée quant à elle n’a tout simplement pas droit à de telles imprécisions, et tout l’entrepreneur qui se laisserait aller à une telle poésie comptable ne passerait pas l’hiver d’une descente des services des impôts dans son entreprise, et ne pourrait survivre qu’en chaussettes.

Ce qui est amusant c’est que pendant 30 ans personne ne s’en était rendu compte.

Les présentations du compte administratif d’une année sur l’autre se ressemblent. C’est une litanie de chiffres, agrémentée de quelques diapositives, cette année sur fond bleu.

J’observais pendant la lecture de ces chiffres l’attitude des conseillers de la majorité. Beaucoup avaient manifestement décroché après les cinq premières minutes, et il leur restait plusieurs heures à tenir. Quelques-uns promenaient un regard égaré sur les massifs de fleurs que les jardiniers de la ville renouvellent à chaque séance du conseil. Nombreux étaient ceux (et celles) qui avaient le nez plongé sur leur tablette, et les seuls mouvements que l’on pouvait observer étaient produits par le pianotage frénétique de leurs doigts sur l’écran.

Les tablettes sont une invention du diable pour détourner l’attention des conseillers de la majorité socialiste de la délibération la plus importante de l’année, celle où ils acquiescent à la gestion idéale de l’année précédente, un sourire béat aux lèvres, l’esprit captivé par leur écran sur lequel on pourrait parier à considérer leur visage, qu’il n’y a que peu de chiffres.

En revanche, l’opposition comme d’habitude était attentive, et s’est déchaînée à l’issue de la présentation pour formuler ses pertinentes observations.

La vérité des chiffres, au-delà du discours ronronnant de la présentation du compte administratif, était éclatante.

Dans les grandes masses, la ville d’Annemasse voit pour la moitié de ses dépenses une augmentation annuelle supérieure à 6 %. Dans une époque sans inflation. Le souligner revient une fois encore à attirer l’attention sur les dangers d’une telle tendance. Parce qu’une telle progression sur la moitié des dépenses, en l’espèce les frais de personnel, va inéluctablement conduire la ville à choisir dans un futur proche entre une augmentation des impôts,  le spectre socialiste se profile ici teinté de gris sous les diapos à fond bleu, et une réduction des autres postes.

Mais quels sont les postes susceptibles d’être amputés ? Il n’y en a en vérité qu’un : le poste des investissements. L’alternative est donc soit l’augmentation des impôts, soit la diminution des investissements, car à l’évidence les socialistes ne veulent surtout pas toucher aux charges de personnel. C’est un dogme.

Cela étant, on sent pointer derrière le discours rassurant du maire, une once d’inquiétude.

Mais il avait choisi la diversion en brandissant le texte de l’article précédent sur ce blog.

Un crime de lèse-majesté avait été commis, une critique de l’augmentation des impôts totalement idiote votée au niveau de l’agglomération par une assemblée somnambule déclenche son ire. Tant pis, car ce qui est imbécile l’est totalement, ce qui s’apparente à une logique de gribouille doit être dénoncé, et finalement à bien écouter le premier édile d’Annemasse, il est assez clair que tout en étant conscient des dangers, il entend bien poursuivre sa «gestion» étendue maintenant à l’agglomération entière dans une même direction, celle du pire.

C’était facile de souligner aussi que structurellement année après année les budgets se détériorent alors que paradoxalement de plus en plus de ressources sont tirées des fonds frontaliers et du casino. En 2013, les fonds frontaliers ajoutés au fonds provenant du casino ont représenté autant que le produit des impôts locaux. Comme nous savons que la DGF (Dotation Globale de Fonctionnement = argent de l’État) diminue et continuera inexorablement de diminuer, la pente n’est pas bonne.

Ce ne serait rien si les dépenses étaient maîtrisées, mais ce n’est pas le cas. Le déséquilibre que l’on observe se poursuit, et s’amplifiera probablement dans un futur proche. Les dépenses en augmentation structurelle seront financées de plus en plus par des recettes aléatoires et exceptionnelles qui devraient avant tout être consacrées à l’investissement. C’est une construction sur du sable, car rien ne dit, vraiment rien que les fonds frontaliers seront conservés ad vitam aeternam.

Une saine gestion devrait consister à ajuster les dépenses de fonctionnement aux ressources classiques que sont les impôts locaux et la DGF. Ce dont dispose la totalité des communes françaises et des villes, sauf celles qui ont l’avantage d’être à la fois frontalières et en prime d’avoir un casino.

On a d’ailleurs assisté une fois de plus à cette étonnante argumentation déployée par le maire reprise de son prédécesseur d’ailleurs, qui consiste à mettre en avant le fait que les fonds frontaliers ne seraient pas un cadeau, mais un juste retour compte tenu du fait que chaque frontalier vivant sur le territoire de la ville coûte à la collectivité les services qu’il consomme.

Vu de loin le raisonnement paraît parfaitement acceptable. Mais il est totalement artificiel. Car ce qui est oublié c’est qu’au niveau de la ville, il n’y a pas plus de dépenses que celles occasionnées par tout habitant, lesquelles devraient d’ailleurs être couvertes par le seul produit de l’imposition locale et de la DGF.

Un frontalier ne coûte pas plus qu’un habitant qui n’est pas frontalier. Le raisonnement est donc faux. Il ne retrouve partiellement sa pertinence qu’au niveau de l’État, et encore, car il est vrai qu’en payant ses impôts là où il travaille, c’est-à-dire à Genève, il fruste l’État français de recettes qui servent au financement de nombreux services à commencer par celui de l’éducation et au gaspillage massif qui ruine le pays.

Mais encore faut-il ajouter à cela qu’on envisage ici uniquement l’impôt sur le revenu. Parce que le frontalier moyen dépense en France, c’est-à-dire paye de la TVA, et la TVA constitue la part la plus importante des recettes de l’État. Au final il n’y a aucune perte, même pour l’État, car les frontaliers apportent par leur pouvoir d’achat supérieur, de la richesse dans notre secteur, de la dépense et donc de la TVA. En conséquence tous les discours tenus par le maire, qui prennent la suite de ceux de son prédécesseur, sont inutilement culpabilisants, et lui servent surtout à se convaincre de l’excellence de sa gestion.

L’énergie épuisée, il était devenu impossible de réagir à la délibération sur la subvention de la journée consacrée à l’emploi. Le même jour étaient tombés les chiffres du chômage, catastrophiques à l’échelon national. C’est le produit de la gestion socialiste (mais pas que), et ce ne sont pas des forums pour l’emploi à Annemasse qui y feront grand-chose. Il est parfois plus simple de ne plus rien ajouter. Silence donc.

Jambalaya (On The Bayou) by Fats Domino on Grooveshark
Encore un bonus

Pourquoi l’assemblée de l’agglomération a-t-elle voté le 23 avril 2014 une augmentation de la taxe d’habitation de 6% ?

La question sera posée avec insistance s’il le faut. Les augmentations d’impôts ne devraient intervenir qu’en dernier lieu quand il n’existe plus de possibilité de faire autrement. En dernière extrémité.

C’est pourtant l’inverse que vient de faire l’agglomération. On ne peut en attendre moins lorsque l’on sait qu’elle est dirigée par un maire socialiste qui s’appuie sur tout un appareil administratif lui aussi socialiste, qui égrène des discours socialistes, a des réflexes socialistes, et en impose à tous, y compris à ceux qui ne sont pas encore socialistes.

On espérait pourtant que les autres conseillers de l’agglomération réagiraient et qu’ils s’opposeraient à une augmentation de 6 % de la taxe d’habitation. Eh bien non. Ils ont tous voté comme un seul homme, ou comme une seule femme, l’augmentation, sauf Louis Mermet, Caroline Duret-Nasr, Salah Benatia, Emilie Rey qui avait donné son pouvoir à Caroline Duret-Nasr.

En quelle extrémité les autres se trouvaient-ils ?

La réponse est : aucune.

Le plus extraordinaire réside dans les motivations qui ont été affichées pour voter cette augmentation.

On devrait se pincer : l’argument avancé est qu’il fallait cela pour que les Suisses, l’Etat, la région, nous prennent au sérieux. On ne rêve pas : cela a été dit. C’est le président de l’agglomération qui l’a dit : le maire socialiste d’Annemasse.

« Pour rester crédible aux yeux de ses partenaires et continuer à bénéficier de leurs financements complémentaires pour la réalisation des grands investissements (tramway,  BHNS, etc), il est indispensable que l’Agglomération maintienne un équilibre budgétaire et une fiscalité maitrisée » lit-on dans le PV de la séance.

On n’en attendait pas moins de lui. Mais des autres ? Silence dans leurs rangs. Quatre conseillers seulement avec Louis Mermet qui a fait observer que ce qui était invoqué pour justifier une telle mesure n’avait aucun sens.

C’est alors qu’un autre argument a surgi : on allait rechercher des économies. Le même conseiller a fait observer qu’il valait mieux commencer par les économies plutôt que commencer par la dépense puis rechercher les économies.

Il n’a pas été entendu, sauf par, Caroline Duret-Nafre, Salah Benattia, qui ont partagé sa juste protestation.

Ce processus est scandaleux, et je pèse mes mots. Même si ne sont en jeu que quelques dizaine d’euros par habitant. Un rien, mais ajouté aux autres riens, dans un rabotage continu, on arrive à l’os.

Ce processus relève d’un discours absolument inepte. Je pèse encore mes mots. Mais ce processus est révélateur de la folie qui s’est emparée à la faveur de la décentralisation de tous les échelons de l’administration territoriale. Tout se passe comme si les élus de tout poil n’avaient comme seul objectif que de gonfler leur ego par la croissance des budgets. Logique infantile, logique abrutie.  Je dépense donc je suis. Un désastre. L’imbécillité profonde, la débilité absolue de ces comportements calamiteux ruinent le pays et n’épargnent pas notre petit territoire.

Mais le scandale n’est pas uniquement dans l’irrationalité profonde de ces absurdités.

Le scandale est dans le déni de démocratie que ces attitudes démontrent. On vole l’argent du contribuable, sans que jamais aucune poursuite ne soit évidemment imaginée contre ceux qui en décident, et par ce hold-up permanent on assèche toutes les capacités financières de la population, petit à petit une fois l’État, une fois la commune, maintenant l’agglomération, hier la région, avant-hier le département, demain n’importe quel roitelet d’arrière pays.

Jamais aucun citoyen n’est consulté sur ce point capital qui est l’engagement de nouvelles dépenses financées par de nouveaux impôts.

Toutes les oligarchies locales éructent des impôts comme en proie à une frénésie de psychotique. En prime elles s’imaginent justifiées par la considération de l’intérêt général, qu’elles seraient seules en capacité d’incarner. C’est minable.

Jamais aucun citoyen n’est consulté, et pour cause, parce que tout le monde sait comment il voterait. A commencer par les roitelets qui attendent courageusement le lendemain de l’élection, en oubliant les promesses de campagne, pour augmenter les impôts.

Il existe une possibilité réellement démocratique : le référendum.  Mais de cela bien évidemment ceux qui décident des augmentations permanentes ne veulent surtout pas. Ils veulent rester maître de leur gaspillage mortifère dissimulé sous un discours auto-justificateur à base de novlangue, et donc de mensonge. Le pire est que le discours tenu est celui de la rigueur alors que la réalité est au contraire celle du laxisme.

Jamais d’ailleurs ils ne reconnaîtront qu’il s’agit de gaspillage. Ils ont toujours d’excellentes raisons, une fois c’est le tram, une autre le bus à haut niveau de service, une fois encore la construction d’un splendide bâtiment pour les abriter, ou bien comme ce coup-ci, pour «rester crédible», argument imbécile. Le seul moment où ils commencent à tousser est celui du vote de leurs indemnités. Il faut alors assister au spectacle de leurs contorsions.

On se leurre en pensant que l’abstention procèderait du sentiment du « tous pourris ». Le thème du médiocre article que la majorité municipale publie dans le Jim de cet été. C’est commode de le penser, mais ce n’est pas cela. La réalité est que les citoyens ont le sentiment que leur opinion ne compte pas, ne compte jamais, et cela c’est vrai et leur révolte est juste.

Les augmentations se suivent, les gaspillages prolifèrent et sont justifiés par le besoin d’investissement. L’investissement est la bouée de secours de la logique de gribouille qui inspire le discours scandaleux qui a été tenu. J’augmente les impôts parce que « c’est nécessaire pour que les partenaires nous prennent au sérieux dans le financement des infrastructures ».

Mieux vaut se calmer.

Le conseil municipal du 26 juin 2014

Chacun peut télécharger ici en toute tranquillité tous les documents concernant la séance du conseil municipal.

Il serait souhaitable qu’après avoir lu, vous fassiez un résumé critique qui sera noté sur 20 et que vous voudrez bien m’adresser en temps utile pour que je puisse corriger les copies, en cette période d’examens il est nécessaire de conserver des heures de sommeil.

Vous pouvez aussi adresser vos protestations au maire de la ville : maire@mairie-annemasse.fr

Pour télécharger cliquez ici :

conseil municipal 26 juin 14

Dixie by Bob Dylan on Grooveshark

Pour finir deezer arrive loin derrière Grooveshark, il faut le mettre à la poubelle.

Article de l’opposition pour la prochaine édition du Journal d’information municipale (JIM)

Art JIM – 16 juin 2014
Espace Opposition Annemasse 2014 – Louis Mermet

De la politique autrement…

Les Elections Européennes du 25 mai 2014 ont cristallisé le mécontentement des électeurs, qu’ils se soient abstenus, ou qu’ils aient choisi de voter pour le Front National.

Ce vote protestataire, après celui des municipales, devrait interpeller les élus républicains, notamment sur la pratique du pouvoir !
Et pourtant, tout continue comme avant comme si rien ne s’était passé.

Ainsi, alors que le candidat socialiste à la Mairie d’Annemasse prenait l’engagement public de ne pas augmenter les impôts locaux durant le prochain mandat, le même élu Président d’Annemasse Agglo s’empressait avec le soutien des élus des majorités dont ceux de droite, d’augmenter de plus de 6% la part de la taxe d’habitation revenant à l’Agglo ; et d’expliquer cette augmentation par la nécessité d’être crédible vis-à-vis de nos partenaires genevois pour le financement des infrastructures de transport.

On sait ce qu’il en est advenu ! Les genevois ont refusé le co-financement des P+R.

Mais l’augmentation reste. L’agglomération s’est moqué des électeurs qui sont aussi des contribuables.

Quant aux sources d’économies, question que nous avons posé au Conseil Communautaire, « on les recherchera plus tard… », nous a–t-on rétorqué !
N’aurait-il pas fallu inverser les priorités : économiser avant de dépenser plus ?

Pareillement, on nous avait expliqué en 2008 que le Président d’Annemasse Agglo ne devait en aucun cas être le Maire de l’une des communes la composant ; ce qui avait justifié l’élection de Robert Borrel puis de Georges Deléaval.

Autre temps, autre mœurs ; on nous dit aujourd’hui qu’il n’y avait aucun inconvénient , bien au contraire, à ce que le Maire de la ville-centre soit le Président de la communauté d’agglomération. Exit la question de cumul des mandats pourtant chère aux socialistes. Silence sur le cumul des indemnités !

Dans le droit fil du respect de la parole donnée le Maire d’Annemasse, Président d’Annemasse Agglo, Conseiller Régional ne s’empêche pas de réfléchir à une candidature sur une liste aux élections sénatoriales…

Un homme quelque soit son talent et ses compétences ne peut pas tout faire. On avait la faiblesse de croire à ses déclarations et que par conséquent la ville d’Annemasse méritait un Maire à temps plein. Mais il sera un Maire à tiers temps.

Cette manière de faire de la politique devrait être révolue !

L’abstention et le vote frontiste se nourrissent de cette course au pouvoir à laquelle les élus ne semblent pouvoir résister. Les citoyens n’en veulent plus et l’expriment. Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut entendre.

Continuer dans cette voie pour la satisfaction de quelques professionnels de la politique dressera contre ce système l’ensemble des citoyens.

Manuel Valls, qui voulait changer le nom du parti socialiste, a déclaré lors de son discours d’investiture à l’Assemblée nationale que « la parole politique était devenue langue morte ».  C’était avant les élections Européennes. Visiblement certains de nos élus y compris ceux de notre famille politique ne l’ont pas compris.

L’action publique et civique doivent se faire autrement.

Le Groupe « liste Annemasse 2014 »

Vos élus du groupe d’Opposition d’Union Républicaine :
Salah Benattia – Jean-Pierre Benoist – Sylvain Bogeat – Caroline Duret-Nasr – Nicole Favre – Maxime Gaconnet – Louis Mermet – Emilie Rey

Contact : annemasse2014mermet@gmail.com

CONSEIL NATIONAL DE L’UDI Samedi 14 juin 2014 Discours d’Hervé MORIN Président du Conseil national

Mes chers amis,

Pour rédiger mon discours, je
cherchais dans notre histoire, récente et moins récente si nous avions
déjà été confrontés à une situation semblable : un abîme de morosité et
de pessimisme dans une société qui a perdu ses repères et sa confiance
et enfin la tentation de la régression nationale.
1992-1993 par exemple, la fin des
années Mitterrand, la déliquescence du parti socialiste dans les
affaires Pelat/Tapie, le gang des Safranes, des ministres qui ne
pouvaient plus sortir de leurs ministères pour aller en province de peur
de se faire chahuter, une économie atone. Beaucoup de similitudes donc
mais avec une différence de taille. L’opposition était en état de
marche. Le RPR et l’UDF étaient là pour assurer l’alternance.

Alors remontons un peu plus loin dans
notre histoire politique : 1958. Oui une vraie crise de régime,
l’hallali d’une IVème République à l’agonie. L’impuissance de l’Etat et
des institutions bancales emportées par la décolonisation. Comme
aujourd’hui aussi des finances en mauvais état. Mais là aussi il y avait
une différence de taille avec ce que nous vivons aujourd’hui. On avait
la croissance, et une croissance à 5% : On avait le plein emploi ! On
avait les trente glorieuses ! On construisait l’Europe autour des idées
centristes ! On avait des projets plein les cartons qui ont été souvent à
tort attribués à la Vème.

Non, vous voyez notre référence pour
cette tension démocratique, économique et morale autant que sociale, je
dirais c’est plutôt 1934, les affaires avec Stavisky et consorts, les
ligues d’extrême-droite qui défilent la canne-épée à la main, la montée
des nationalismes, le chômage, la démocratie aux abonnés absents, et la
République qui vacille.
On se dit toujours : mais ça ne peut
pas arriver. La Vème République est trop solide. Les gens ne laisseront
pas faire. Ils réagiront. Je pense qu’à cette époque beaucoup se
disaient cela aussi. Et puis un jour de 1940 c’est le vote des pleins
pouvoirs à Pétain par une majorité de députés républicains. Et puis un
autre jour c’est le putsch des généraux. Et puis un autre jour le
Général doit se rendre à Baden pour s’assurer de la confiance des
armées. Et on voit alors qu’une démocratie peut vaciller, que la nature
humaine peut préférer l’autorité à la liberté, d’autant que beaucoup de
nos compatriotes rêvent aujourd’hui de foutre le système par terre.

Oui il est là le sujet et nous devons réagir. Faut-il une 6e
République ? Un jour pas si lointain, il faudra se poser la question.
Que faire d’un pouvoir qui est une illusion d’efficacité et une réalité
de médiocrité ? Ces préfets, ces recteurs, ces directeurs
d’administrations centrales, le doigt sur la couture du pantalon mais
dont toutes les décisions ne font qu’un clapotis pour nos compatriotes
sur l’océan de la mondialisation. Un système incapable de se réformer
qui compense en produisant de la norme. Que faire de ce système quasi
monarchique qui dégénère, corrode, corrompt notre démocratie ? Que faire
de cette élection présidentielle qui rend complètement dingo la classe
politique française ? Que faire d’un mode de scrutin qui à l’Assemblée
nationale donne à deux partis qui font 35 à 40% des voix la
quasi-totalité des sièges ?

Quelques-uns ici, j’en suis sûr, vous
allez me dire «  tu as raison Hervé mais l’essentiel c’est le chômage,
la dette, les salaires, ce ne sont pas les institutions ? ». Et bien
vous voyez, ce n’est pas mon avis. Moi je crois qu’il y a un lien très
fort entre la déréliction de nos institutions et notamment cette folie
de l’élection présidentielle et notre incapacité à reformer et à
remettre notre pays dans la bonne direction. Regardez l’Allemagne, il y a
bien un lien entre la tempérance et l’équilibre de son système
parlementaire et ses résultats économiques ? Oui, même si c’est
compliqué car je sais l’attachement des gens à l’élection
présidentielle, il faut dire aux Français que la restauration de
l’économie, notre capacité à gérer la transition de notre pays vers le
monde nouveau, la prise en main des 4 -5 grands sujets majeurs de ce
début de siècle passe par une révolution institutionnelle : une VIème
République combinant régime parlementaire et fait majoritaire comme le
prévoyait la Vème République avant l’attentat du Petit-Clamart et la
révision de 1962. Sans changement démocratique profond, on n’arrivera à
rien je vous le dis.

Aujourd’hui l’élection présidentielle
est devenue non plus le grand rendez-vous démocratique de notre pays
mais le grand rendez-vous démagogique.  Un immense jeu de farces et
attrapes pour quelques gogos qui y croient encore. Et je mets un petit
coup de 75% de taxation, une petite dose de fonctionnaires avec 60.000
enseignants, un petit zeste d’écologie avec la fermeture de Fessenheim
et voilà le programme, un programme sans cohérence, suintant la
démagogie par tous ses pores. Un programme dont évidemment pas une seule
des promesses ne se réalisera. Et pendant ce temps, on accuse Marine Le
Pen d’avoir un projet qui ne tient pas la route. C’est vrai mais
commençons-nous par balayer devant notre porte !
Voilà la réalité de la Démocratie française.

Et voilà pourquoi cette gravité
aujourd’hui. Ne soyons pas ceux qui savaient et qui n’ont rien fait. Ne
soyons pas ceux qui pouvaient et qui n’ont rien fait. Le PS est en
lambeaux, l’UMP est en charpie, mais nous centristes nous sommes debout,
vivants, résolus et porteur d’espoir. Oui heureusement il reste l’UDI
pour dire non au Front National, oui à la démocratie et oui aux Etats
Unis d’Europe – ce qui doit nous mobiliser, c’est de devenir une
alternative aux autres partis qui n’écoutent plus, ne voient plus, ne
gouvernent plus. C’est aux yeux des Français une force alternative
crédible.
Notre formation politique est toute
jeune. Et pourtant elle est là, seule au milieu d’un champ de ruine,
seul parti démocratique rescapé de ce grand naufrage des européennes.
 
Et, mes chers amis, cette situation nous impose plus que jamais un devoir de responsabilité.
Notre première responsabilité c’est
de renforcer notre parti. Qu’est-ce que ça veut dire renforcer notre
parti ? C’est tout simple, cela veut dire respecter les 3 lettres de
notre mouvement, U D I, Union   Démocrates    Indépendants.
Oui, nous avons grandi si vite qu’il
est bon de se rappeler ce que veulent dire ces trois lettres.

L’Union d’abord. Beaucoup en doutait –
vos savez les fameuses grenouilles qui n’arrivent pas à rester dans la
brouette – et pourtant nous l’avons réussie. Cinq partis politiques
fondateurs aujourd’hui beaucoup plus unis qu’on ne le dit car ils savent
que leur avenir propre est intimement lié à la construction de l’UDI,
et des adhérents de plus en plus nombreux, des jeunes beaucoup, qui
veulent d’abord un grand parti du centre capable d’incarner une
alternative. Tout cela nous le devons à Jean-Louis qui savait arranger
les bidons avec un talent sans égal.

Cet esprit unitaire, je vais vous
dire, c’est notre bien le plus précieux, il est plus précieux que tous
les statuts et toutes les déclarations. Alors surtout gardons-le et
renforçons-le.

D comme démocrates. Et appliquons
déjà ce mot à nous-mêmes avant d’accuser les autres. Vous déciderez
bientôt qui succèdera à Jean-Louis Borloo à la présidence de l’UDI.
L’élection du mois d’octobre sera capitale dans le contexte de
déliquescence démocratique que je vous ai décrit. L’UDI doit être
exemplaire dans son fonctionnement interne. Respect des statuts. Respect
de notre charte. Campagne interne propre. Election la plus transparente
possible de notre président ou de notre présidente. Et surtout,
évidemment, rassemblement immédiat derrière lui ou elle sitôt son
élection.  Mes chers amis, octobre sera un moment de vérité dont vous
devez être les garants ; si nous ne respectons pas nos règles, je vous
le dis, c’est toute notre union qui sera menacée car dès lors plus
personne ne sera engagée sur rien. Tout redeviendra comme du temps
d’avant l’UDI et, en moins de 6 mois, je vous le garantis ce sera l’OPA
assurée, de l’UMP ou du Modem ou des deux à la fois sur notre formation.
Et puis je vais vous dire, si nous ne sommes pas capables de gérer
parfaitement ce moment démocratique interne, comment pouvons-nous
espérer pouvoir gérer ensemble des questions beaucoup plus lourdes qui
se poseront à nous en 2015/2016 comme la satanée élection
présidentielle, ou celle des conditions de notre alliance ?

I comme Indépendants justement.
Certains aussi y voyaient une faiblesse. C’est au contraire notre force.
Dans un monde complexe, les pensées convenues échouent alors que les
esprits libres et indépendants réussissent. Les organisations
caporalistes, les partis casernes, ce n’est pas fait pour nous !
Indépendants, ça veut dire aussi
quelque chose de très simple. Nous ne sommes pas dyslexiques. UDI ne
veut pas dire UMP pas plus aujourd’hui que demain. Je dis cela parce que
j’ai entendu le chant des sirènes d’Alain Juppé ou Jean-Pierre
Raffarin. Voyons-nous, parlons nous, faisons enfin le grand parti de
droite et du centre. C’est 2002 le retour. Ils nous refont le coup « des
carottes et des petits pois ». Et bien « même pas en rêve Alain » comme
dit ma fille aînée ! Vous les avez vus vous les centristes à l’UMP ?
Regardez leurs présidents depuis 2002 : Juppé, Sarko, Devedjian,
Bertrand, Copé, et demain re Juppé ou re Sarko. Ils sont où les
centristes ?! Regardez les successeurs possibles : Fillon RPR, Pécresse
RPR, Bertrand RPR, Wauquiez RPR, Baroin RPR, Le Maire RPR, NKM RPR… je
m’arrête.

Et ne vous trompez pas, l’UMP n’est pas en train d’exploser et n’explosera pas.
Elle n’explosera pas, pas plus que le
PS n’a explosé dans ses pires moments, car les uns et les autres savent
que sous la Vème république, le système leur garantit l’accaparement du
pouvoir national et local. Ce à quoi vous assistez est juste un
phénomène de décomposition-recomposition classique d’un parti dominant
au lendemain d’un échec politique. Les Français ont assisté exactement
au même phénomène 5 ans plus tôt à gauche. Et puis vous connaissez cette
phrase de Tocqueville : « en politique, la communauté des haines fait
presque toujours le fond des amitiés ».

Alors, le grand parti du droite et du
centre je vais vous dire ce que c’est pour moi dans l’avenir : c’est
très simple, c’est l’UMP d’un côté et l’UDI de l’autre. Oui, chacun chez
soi et les vaches seront bien gardées, dit-on chez moi en Normandie. Ce
qu’il nous faut, c’est un grand parti de droite fort et un grand parti
du centre fort et non pas un parti obèse, tellement sans architecture
qu’il devient difforme, pas un parti Albatros que ses ailes de géant
empêchent de marcher. Et notre but sera clair, je vous le dis : 1. Peser
suffisamment dans la majorité de 2017 pour forcer l’UMP à signer un
contrat de gouvernement avant l’élection 2. Réussir à leur passer devant
aux législatives de 2022. L’UDI comme l’UDF ne se fera pas en un jour
mais dans plusieurs années rien n’est impossible, j’en suis sûr.

Et j’oubliais, indépendants veut dire
aussi indépendants du Modem. Nous avons fait un cartel électoral. Très
bien. Maintenant que fait-on ? Y-a-t-il un chemin entre d’un côté la
petite aventure extra conjugale d’une nuit et de l’autre le mariage en
grandes pompes dans les salons du château de Pau ? A vrai dire je ne
sais pas. Il y a une ligne de crête à rechercher. Il faut en débattre
tous ensemble, démocratiquement. Non pas passer par pertes et profits ce
que nous avons construit ensemble, notamment pour les Européennes, mais
continuer à dialoguer, à débattre ensemble des grands sujets pour
partager des solutions communes. Ni plus ni moins pour le moment, et
nous verrons bien après ces forums communs, ces séminaires communs si
nous en sommes au moment de l’emballage final. Avec le Modem nous
n’avons pas besoin d’un énième organigramme. Je vous propose simplement
qu’on réfléchisse, travaille ensemble sur les grands sujets
qui traversent la société française.

Unis, démocrates, et indépendants !
Ce doit être notre feuille de route pour l’UDI. C’est aussi notre
responsabilité : préserver l’unité de notre famille politique dans le
respect de nos différences, être en première ligne des démocrates contre
l’extrémisme et pour la défense de nos libertés, porter l’idée de
responsabilité et de liberté d’entreprendre, défendre l’indépendance de
parole et de pensée de chacun des adhérents de l’UDI et de l’UDI tout
entier. Le défi effraie si l’on est seul. Il motive quand on sait que
toute une équipe et des milliers de militants sont à vos côtés pour le
relever.

Y aura-t-il un centriste aux
présidentielles ? Ma conviction est qu’il faut tout faire pour en avoir
un. Mais tout faire ne veut pas dire faire n’importe quoi. Je suis sûr
de deux choses concernant cette candidature centriste. La première c’est
que si la présidence de l’UDI devient une affaire personnelle autour de
la présidentielle, l’UDI sera morte. La présidence de l’UDI ne se
résume pas l’élection présidentielle. Ce n’est pas la même étape. Il ne
faut pas confondre mettre un parti en capacité de présenter un candidat
pour la présidentielle, ce qui est le job du futur président de l’UDI,
et ensuite décider collectivement d’une candidature et des moyens de sa
sélection. Ce sont deux étapes distinctes, différentes. La seconde chose
que je sais, c’est que le poids du Front National nous imposera de
regarder les choses avec lucidité en posant 3 questions. A-t-on un
candidat crédible ? Risque-t-on de faire éliminer notre camp du 2nd
tour ? Quelle capacité a-t-on de peser dans le cadre des primaires afin
qu’à l’issue des législatives nous soyons incontournables pour la
majorité ? Avoir les clés au parlement, ce doit être notre objectif
essentiel. En clair, assez de députés pour qu’aucune majorité ne se
fasse sans nous. A ce jour, je n’ai aucune réponse à ces trois questions
mais elles me semblent essentielles. Si on les perd de vue, c’est l’UDI
qu’on perd de vue.

Vous le savez bien, la politique
n’est pas un système stable mais un processus permanent de
transformation. L’UDI a besoin d’un visage, vous déciderez bientôt
lequel. Elle a besoin d’un projet, nous le construirons ensemble. Elle a
besoin d’un élan, il est ici dans cette salle. Vous l’incarnez et il ne
s’arrêtera pas.

Un conseil municipal le 20 juin 2014 pour désigner au scrutin de liste des délégués supplémentaires

IL s’agit des élections sénatoriales du 28 septembre 2014. Les sénateurs sont élus par les conseillers municipaux. Dans les villes de plus de 30 000 habitants, tous les conseillers municipaux sont électeurs, les délégués supplémentaires et les suppléants sont élus au scrutin de liste, la liste se dépose au plus tard le jour du vote, soit le 20 juin prochain. Pour Annemasse outre les 39 conseillers municipaux il y aura 3 délégués supplémentaires et 11 suppléants.

c’est toujours sympa de cliquer et de laisser la magie du net opérer, pour se retrouver gratifié d’un fichier téléchargé sur son ordinateur.

Ce qui est moins sympa c’est de relever que les socialistes vont présenter des socialistes, de gauche, baignant dans leur idéologie d’abrutis. En ce point d’ailleurs se posera une autre question politique. Comment l’équipe municipale majoritaire qui s’est présentée aux suffrages des électeurs en dissimulant son affiliation socialiste va-t-elle faire pour ne faire élire que des socialistes.

Après nous, l’apocalyse,

Et après les socialistes le néant.

Le pays serait-il menacé cette fois par une vague bleu marine qui vue de loin serait irrésistible ? Difficile de le croire. Tout dépend du cours de la fausse monnaie. Si les temps sont aux simulacres, aux impostures, aux bigs bangs de l’hébétude, alors oui, mais même en ce cas ce ne serait pas pire que les décennies de bien-pensance communiste, de mièvreries socialistes, de malhonnêtetés des Mittérand et consorts, de délire des altermondialistes.

Rien n’est perdu. Nous pouvons encore jouer au tiercé, au loto, boire sans soif, rouler bourré à 150 km/h en ville, attendre le retour de Nagy sur la 5 ou la 2, écouter tous les matins un chef d’œuvre radiophonique interprété par Jean-Marc Morandini sur Europe 1. Il y a encore quantité de choses à faire pour se sortir de la grisaille. Et même d’en rire.

Tiens, il y en a une qui pour le coup est bien bonne. C’est l’histoire d’une liste aux élections municipales. Elle déclamait sur la sécurité. On ne peut que l’approuver sur ce point. Le drôle c’est que son leader maximo, quand il était jeune, était entré l’arme au poing dans un cinéma pour en prendre la caisse. Un braquage miteux, dans le Code pénal toutefois c’est un crime. Un rien en somme, surtout pour un futur spécialiste de la sécurité. Vous me direz qu’au moins il sait de quoi il parle. Bien entendu on peut penser qu’il ne faut jamais désespérer de personne et que même le pire des pires peut revenir dans le droit chemin. Je suis d’accord, sauf que la foi dans l’homme qui peut se racheter et être sauvé, ce n’est pas dans les rangs des soutiens au braqueur minable qu’on la trouve d’ordinaire. Eux, en général, ils sont pour la peine de mort, appliquée même aux voleurs de chaussettes.

Rien n’est donc perdu. Les socialistes iront dans le néant, et nous échapperons à l’apocalypse, grâce au gaz de schiste.

Après nous, l’apocalyse,

Et après les socialistes le néant.

Le pays serait-il menacé cette fois par une vague bleu marine qui vue de loin serait irrésistible ? Difficile de le croire. Tout dépend du cours de la fausse monnaie. Si les temps sont aux simulacres, aux impostures, aux bigs bangs de l’hébétude, alors oui, mais même en ce cas ce ne serait pas pire que les décennies de bien-pensance communiste, de mièvreries socialistes, de malhonnêtetés des Mittérand et consorts, de délire des altermondialistes.

Rien n’est perdu. Nous pouvons encore jouer au tiercé, au loto, boire sans soif, rouler bourré à 150 km/h en ville, attendre le retour de Nagy sur la 5 ou la 2, écouter tous les matins un chef d’œuvre radiophonique interprété par Jean-Marc Morandini sur Europe 1. Il y a encore quantité de choses à faire pour se sortir de la grisaille. Et même d’en rire.

Tiens, il y en a une qui pour le coup est bien bonne. C’est l’histoire d’une liste aux élections municipales. Elle déclamait sur la sécurité. On ne peut que l’approuver sur ce point. Le drôle c’est que son leader maximo, quand il était jeune, était entré l’arme au poing dans un cinéma pour en prendre la caisse. Un braquage miteux, dans le Code pénal toutefois c’est un crime. Un rien en somme, surtout pour un futur spécialiste de la sécurité. Vous me direz qu’au moins il sait de quoi il parle. Bien entendu on peut penser qu’il ne faut jamais désespérer de personne et que même le pire des pires peut revenir dans le droit chemin. Je suis d’accord, sauf que la foi dans l’homme qui peut se racheter et être sauvé, ce n’est pas dans les rangs des soutiens au braqueur minable qu’on la trouve d’ordinaire. Eux, en général, ils sont pour la peine de mort, appliquée même aux voleurs de chaussettes.

Rien n’est donc perdu. Les socialistes iront dans le néant, et nous échapperons à l’apocalypse, grâce au gaz de schiste.

On aime ou on n’aime pas, en tout cas il est sincère

Cet homme n’est pas un politicien accroché à ses mandats, un professionnel de la politique. Un épouvantail à électeur, une fabrique abstentionnistes.

La réserve c’est son projet de remettre Bayrou en selle. Sauf ça, inexplicable, tout le reste est un pur bol d’air frais.

Sur l’Europe, il suffit de l’écouter.


Entretien avec Jean-Louis Borloo par TV-udi

La clé sous la porte ?

Le lien social s’effondre à Chablais-Gare, (dit Chablais-Parc pour faire mieux, en écrivant connement parc avec un K pour faire classe chez les abrutis) un café sans mettre la clé sous la porte, affiche un clair signal de malaise.

La naissance de ce quartier dont la ville accouche aux forceps par l’emploi d’une ZAC confiée à un promoteur s’avère plus difficile que prévu. La ville ne se décrète pas, elle se construit au fil du temps, et le temps souvent ajuste les paramètres incompatibles entre eux. C’est comme cela que l’harmonie d’une cité ou d’un cartier peut se construire. L’inconvénient d’un développement normal est qu’il prend du temps. À l’inverse la procédure de ZAC (Zone d’aménagement concerté) offre cet avantage à l’élu pressé de laisser son nom dans l’histoire, de permettre de confier le développement d’un quartier entier à un aménageur qui y fera la pluie et le bon temps, et pourra développer ce qu’il veut sans aucune contrainte, généralement dans le seul but de maximiser son profit quand il s’agit d’un aménageur privé, ce dont il n’y a pas lieu de le blâmer, mais qui pose problème quand c’est le sort d’une ville qui est en jeu. C’est ce qui a été choisi à Annemasse, ville gérée par les socialistes, à rebours de leurs idées proclamées.

Le résultat est là sous nos yeux, que l’on peut comparer à ce qui a été vendu au conseil municipal lors du vote sur la ZAC. La différence saute aux yeux. Dans le projet il y avait par exemple une tour, un projet architectural qualifié par beaucoup d’intéressant, avec des façades recouvertes de végétation. Le résultat est tout autre. De verdure, quasiment point, la tour a disparu, les rues sont étroites et bordées d’immeubles de grande hauteur. Point final sur l’histoire : le conseil municipal a été roulé dans la farine, il a cru dessiner le futur, graver dans le marbre le nom de ses édiles. Il récoltera un urbanisme étriqué et d’une parfaite banalité. Fin de l’histoire, avec une morale toutefois très simple : l’urbanisme ne doit pas être confié à un promoteur. Que ce soient des socialistes qui aient commis cette erreur ne manque pas de sel, mais il n’y a pas lieu de s’en réjouir.

Parce que ce qui compte, c’est la ville. Et il serait désolant que la ville pâtisse de cette situation et que l’avenir soit obéré par une erreur stratégique. Désormais que les dés sont jetés, les murs édifiés, plus personne n’a le choix, il faut tout faire pour que ce quartier vive, prospère, réussisse. Même quand, comme moi, on n’y était pas favorable. Le pire serait l’échec, le temps de l’opposition est passé, celui des comptes, pas encore, mais c’est une autre histoire, une histoire politique. L’important est donc le succès de ce quartier.

Le cafetier de Chablais-Gare (parc, pardon parK) se morfond et proteste parce que les parkings sont fermés le soir, il a raison. Ce qu’il faut faire c’est de réunir toutes les conditions pour que ce quartier soit animé, jusqu’au soir compris. 

On croit rêver quand on lit le JIM de mai juin 2014

Dans le journal municipal d’information, organe de la majorité socialiste payé par le contribuable, le maire étale son autosatisfaction d’être élu. Il soutient dans l’euphorie de sa victoire l’être par une majorité alors qu’il est en réalité minoritaire dans la ville, et il prétend en prime s’élever au-dessus de la mêlée en affectant de rendre hommage à ses adversaires. Il pousse même le cynisme jusqu’à écrire :

«Je resterai le Maire du rassemblement et de l’apaisement, un homme de paix et de  dialogue.

Je remercie de leur engagement les élus de l’opposition et leur exprime ma volonté de travailler ensemble dans l’intérêt de la ville et de tous ses habitants».

D’abord il n’a jamais été l’homme du «rassemblement et de l’apaisement», mais celui des manœuvres en tout genre, ce qui n’est pas la même chose. Ensuite qu’il ose prétendre exprimer aux «élus de l’opposition» sa «volonté de travailler ensemble dans l’intérêt de la ville et de tous ses habitants» est une pure mascarade.

La réalité de son précédent mandat a été au contraire de ne jamais associer l’opposition à aucune décision. Et surtout pas à la préparation des décisions. Jamais il n’y a eu le plus petit commencement du plus petit bout de la plus infime concertation. Même pas pour le choix d’une lampe de bureau. Jamais. Et aujourd’hui il voudrait faire avaler qu’il a la «volonté de travailler ensemble». C’est tellement grotesque que c’en est insultant.

Comment les élus socialistes au conseil municipal d’Annemasse soignent d’abord leurs intérêts

Le 24 avril 2014 une vive discussion s’est engagée entre la majorité socialiste du conseil et l’opposition à propos de la rémunération des élus.

Dans la limite maximum de la loi de 407 000 €, les 29 élus socialistes ont fixé les indemnités du maire, des adjoints, des non-adjoints, bref de la quasi-totalité de leur formation. Ils ont exposé ne prendre sur l’enveloppe moins que la loi ne l’autorise. Fort bien.

Louis Mermet a exprimé son opposition en rappelant le contexte. Ce qui a suscité un spectacle des plus savoureux. Avec des trémolos dans la voix, le premier adjoint et le second, ont dit tout à la fois qu’ils étaient honnêtes, ne volaient personne, et que les indemnités étaient la juste rémunération du sacrifice de leurs soirées, et de la sueur de leur front.

Ce qui a entraîné par Louis la sage réplique que nous aussi nous passions des soirées, sans rien recevoir en contrepartie et que nous ne nous en plaignions pas.

J’ai fait observer qu’ils s’inscrivaient dans l’émotion au lieu de répondre à la question purement politique de la légitimité de leurs rémunérations dans un temps où la classe politique était violemment mise en cause. Ajoutant que la professionnalisation des fonctions politiques était au cœur de cette problématique. Rien n’y a fait, business is business. Le maire est resté discret tout au long du débat, il est vrai que comme Louis Mermet l’avait souligné, la «modestie» de sa rémunération, jointe aux autres «modestes» rémunérations de ses autres fonctions, à l’agglomération, à la région, au total représentait une coquette somme.

On pourrait d’ailleurs relever que la rémunération de maire pour un tiers temps (il est président de l’agglomération, conseiller régional) est au total bien supérieure au maximum légal, s’il devait être divisé par trois pour correspondre au travail effectif.

Ainsi nos socialistes commencent bien la charité par eux même. On pensait qu’ils étaient de purs esprits, qu’ils ne vivaient que pour faire triompher leurs idées, que nenni. Ce qui prime c’est leur intérêt mesquin ! Socialistes mes frères, vous ne pouvez pas savoir comme je vous aime de montrer vos faiblesses ! Vive Cahusac, vive Aquilino Morelle, vive Guérini, vive aussi le mafieux du Nord dont j’ai oublié le nom, vive tous !

Plainte pénale contre X pour faux et usage de faux

C’est la suite logique de la saisine du juge de l’élection.

Une plainte contre X a été déposée en raison du faux et de l’usage du faux. L’enquête dira qui en est l’auteur, et qui en a fait usage.

Encore une fois, sauf à admettre que tout est possible en matière électorale, alors il est nécessaire de réagir. La République est fondée sur des lois, des valeurs, des principes. Le libre jeu de la démocratie suppose en matière électorale que les lois ne soient pas transgressées. Sinon le processus électif devient une vaste farce.

Cliquez pour télécharger la plainte

Scoop : un recours tout chaud.

Le recours contre la liste du front national.

L’étonnant n’est pas que nous l’ayons fait.

L’étonnant est que M Dupessey et le parti socialiste ne l’aient pas fait. Cette abstention est le signe d’une manifeste alliance objective.

Les raisons du recours sont simples. Une élection est une affaire sérieuse. Peut-il être toléré qu’une malade d’Alzheimer soit candidate alors qu’elle ne dispose plus de ses facultés ? Peut-il être toléré qu’elle soit ainsi candidate par définition à son insu ? Peut-il être toléré que sa déclaration de candidature soit rédigée par une autre personne, et surtout signée par une autre personne ? Qu’un faux ait été commis ? Peut-on tolérer qu’il soit usé d’un faux pour compléter une liste ?

S’il était répondu «oui» à ces questions, alors il n’y aurait plus aucune limite. Si cela devait être toléré, alors ce serait une grave atteinte à la démocratie.

C’est contre ce scandale que nous avons formé un recours.

Cliquez pour le télécharger : Recours

Pièces jointes au recours

La face cachée des élections

Il y a une face bien dissimulée des élections. Le point obscur du
discours du maire reconduit le 5 avril 2014 au conseil municipal.

On
a pu l’entendre se congratuler et dire toute l’autosatisfaction qu’il
tire de cette performance inouïe qui veut qu’en réunissant 1/5° des
électeurs il puisse poursuivre son règne sur la ville d’Annemasse et
prétendre continuer de lui imposer le joug des fadaises socialistes.

Mais la face obscure de cette réussite
est pourtant inquiétante. C’est la montée à près de 17 % du front
national au premier tour, descendu il est vrai à 13 % au second. Mais
même 13 % pour un parti qui, localement du moins, n’a strictement rien
proposé, n’a aucun programme local, dont la tête de liste n’a même pas
la plus petite connaissance du B à BA du fonctionnement d’une commune
ainsi que tous ont pu s’en rendre compte lors du débat à MLK, c’est
sidérant. Le seul discours est sur la sécurité, discours d’autant plus
remarquable dans les circonstances locales quand on connaît la
biographie de celui qui le tient.

Aussi le fait que le premier
édile ne dise rien sur cette question est dans un premier mouvement
surprenant. Mais à l’analyse, au final, c’est parfaitement
compréhensible.

Que pouvait dire M Dupessey ? Pouvait-il dire
qu’il doit sa victoire au front national ? Évidemment non. Sans quoi on
l’eût immédiatement soupçonné d’avoir noué une alliance contre nature
avec le front. Le silence était donc la meilleure des défenses. Mais
nous, nous pouvons le juger, et le condamner. Le maire PS doit sa
victoire au FN.

Les élections de mars 2014 à Annemasse laissent un goût amer

Le score misérable de la majorité sortante qui plafonne à 47,42 % ne devrait pas être de nature à la remplir de fierté.

Le vent du boulet a frôlé ses oreilles. Mais on peut être pratiquement certain que son maire va sans aucune modestie exposer dans le détail qu’il s’agit là d’une grande victoire dans un contexte très défavorable.

Ce qu’il ne va pas dire est simple : il a été élu grâce au front national. S’il n’avait pas existé, il l’aurait sans doute inventé.

Le front national a donc par sa seule présence rendu possible l’élection d’une liste socialiste. L’alliance objective du PS et du FN jette une ombre sur le discours socialiste.

Ainsi va le monde.