La disette des taxes d’habitation et le mammouth des impôts locaux

On saura au moment de l’établissement des budgets primitifs ce que coûtera la suppression de la taxe d’habitation, commune par commune. Il y aura forcément un impact même s’il sera plus mesuré que ce qui est craint généralement. Les craintes  émanent d’ailleurs souvent d’élus qui ne sont pas sans arrière-pensée. Pour les politiques c’est un vieux réflexe, qui plonge ses racines dans le monde paysan, de hurler à la mort dès que la plus insignifiante baisse des «dotations» se profile. Et c’est de bonne guerre.

Mais la réalité est que cette suppression qui se fera par paliers, s’inscrit dans un paysage où beaucoup des ménages sont déjà exonérés de taxe d’habitation.

Pour Annemasse la situation serait la suivante : il y a 15182 assujettis, 2383 sont actuellement exonérés soit 14,4%, 7827 de plus le seront en 2020 ce qui représentera 67,25 % d’exonérés au total.

Ailleurs dans l’agglomération la secousse sera moins sensible. Ainsi pour Ambilly les chiffres seraient 2913 assujettis, 436 actuellement exonérés, 1241 à terme soit 57,57 % d’exonérés au total. Pour Ville-la-Grand à terme ce sera 56,55% d’exonérés au total, pour Gaillard 60,78 % d’exonérés au total, Lucinges 40,21 %, Saint-Cergues 49,09 %, Etrembières 53,57 %, Cranves-Sales 43,88 %, Vétraz-Monthoux 46,24 %. À comparer avec Albertville qui excède la moyenne nationale de 80 % prévue, avec 86,05 %.

Ce n’est pas rose, mais ce n’est pas une catastrophe.

À la condition que les collectivités éteignent l’incendie des finances locales. C’est-à-dire qu’elles cessent la fuite en avant de la dépense publique. Encore un mammouth à dégraisser par un jeûne intensif.

(Sources : https://www.capital.fr/immobilier/taxe-dhabitation-combien-de-foyers-en-seront-exoneres-dans-votre-ville-1256691)

Ronsard, où es-tu?

Promis on ira voir où en est la rose qui ce matin avait déclose. Coup sur coup Jean d’Ormesson, et Johny disparaissent. Ce n’était pas la même cour, sans doute, ni exactement la même génération. Mais même ceux qui n’ont apprécié ni l’un ni l’autre ont été marqués par leur existence et leur indéniable talent. Les deux ont dévoré la vie. Et Ronsard témoigne à travers les siècles de cet impératif.

La limitation à 80 km/h

L’esprit punitif est à l’offensive. Dès l’année prochaine, on va vous infliger 80 km/h sur les routes. Parce que vous êtes coupables: coupable de vous transporter en voiture, coupable même d’aimer ça, coupable de polluer, coupable de tuer. Même si vous tuez moins que :

– le tabac,
– l’alcool,
– le sucre,
– la graisse,
– le manque de sport,
– les échelles,
– tous les accidents domestiques,
– etc.

Vous êtes coupables avant tout parce que vous n’êtes pas comme les médiocres au vernis écolo, bien nantis dans leurs fonctions, animées par le ressentiment et l’envie. Ils bavent d’envie. Ils envient n’importe quoi. Ils envient tout et son contraire. Ils sont l’envie, ces débris. Et par définition, ils envient ce que vous possédez. Vous possédez un peu de liberté, ou un peu de plaisir? Alors vous n’allez tout de même pas vous en tirer comme ça. 80 km/h.

Un truc qui ne sert strictement à rien. Un mensonge de plus. Parce que c’est fondamentalement un mensonge. Les ordures ne vous le disent pas. Mais c’est un mensonge. Un exemple : figurez-vous qu’il existe des autoroutes sans limitation de vitesse. Une hécatombe en conséquence ? Non. Les morts sur la route dépendent d’abord du réseau, des véhicules, de leur entretien, des conditions météo, de l’état de santé du conducteur. Tout ça ce sont les facteurs principaux. Primordiaux. La vitesse est un facteur bien entendu aggravant. Mais rien de plus. On vous ment donc. On cherche à vous culpabiliser.

Résistez. Signez la pétition:
https://www.liguedesconducteurs.org/non_a_la_baisse_des_limitations_de_vitesse/

Le phénix renaît toujours de ses centres

La bête centriste est peut-être à terre, mais elle n’est pas encore morte. Elle appartient même à ces espèces increvables, pires que la mauvaise herbe, qui continuent de prospérer dans les conditions les plus dures. Et sauf pendant la dernière guerre, il n’y a jamais eu de discontinuité politique centriste. De la Gironde du temps de la Révolution au paysage d’aujourd’hui bordé par Macron et Wauquier, le centre a toujours existé. Au grand dam de ses détracteurs qui ne voient en lui qu’une brouette de grenouilles. C’est vrai que souvent il ressemble à cela, mais jamais qu’à cela. Le centre a une nouvelle occasion de se distinguer. Les conditions politiques nationales font qu’il tend à éclater, les uns partant vers les marcheurs, les autres se dispersant chez les républicains, tous s’affichant en souffrance de chef. La première vérité est qu’il n’y a pas de leader «charismatique» pour veiller sur les grenouilles qui sont rattrapées par leur atavisme et sautent dans tous les coins. La seconde est qu’on ne se refait pas aussi aisément et qu’il y a toutes les chances pour que dans quarante ans ce soit encore la même chose.

Et dans la Yaute? Ce n’est pas pire. On sent que le sud cherche tous les prétextes pour fusionner tous les centristes restants, des adeptes de Bayrou-le-nombril, à ceux échappés des républicains en passant par les radicaux. Encore qu’avec ces derniers les cartes soient à nouveau rebattues depuis le rapprochement entre ceux de gauche et de droite. Le sud se veut en outre constructif. On sent que l’organisme affaibli pourrait être gobé tout cru par les marcheurs. Le nord lui est plus circonspect. Les prémices de l’explosion sont déjà là, mais elle n’a pas encore eu lieu. La semaine prochaine des réunions vont se tenir pour clarifier les positions. Et déjà sont programmées à l’échelle départementale des assises du centre ouvertes à tous. Les boissons seront gratuites, venez nombreux …

(P.S: pour la gratuité ce n’est jamais sûr, d’abord parce que si vous trouvez plus pingre comme parti qu’un parti centriste dites-le, ensuite parce qu’en plus les temps sont difficiles, et enfin parce que vous n’êtes même pas centriste. Non mais!)

Il nous faut des immeubles de quarante étages, et même davantage

Puisqu’on vous répète qu’il faut densifier. Nous allons densifier. Par exemple sur le site de l’ancienne clinique, la densification va s’accomplir par la hauteur. Le bâtiment à construire va friser le firmament, enfin presque, mais à l’échelle de la ville il s’envolera. L’adjoint excellent à l’urbanisme n’y voit que des avantages. Il a raison de son point de vue. Mais parlons-en de la vue. Pour le voir, on le verra. De partout ou presque. Cet élan vers le ciel donnera de la lumière en haut, de l’ombre en bas. Mais c’est en bas qu’on circule, en marchant, en conduisant, en pédalant, en poussettant. En bas que sont les cloportes, les insignifiants, les obscurs, et nous en sommes. Les obscurs ne respirent que dans l’ombre. En bas, écrasés par la hauteur étincelante des murs d’acier, on voudrait tant ressembler à New York. C’est la ville de demain. Celle que beaucoup détesteront. Ne pouvant la changer, ne pouvant non plus empêcher la poussée du béton, il partiront. Vers d’autres cieux, plus dégagés. D’autres resteront, les masochistes, les amateurs de ciment, les assoiffés de proximité, les inconditionnels de la mixité. Il en est même qui viendront. Rien n’est nouveau sous le soleil, pour peu qu’on le trouve encore.

Le logement coopératif prend pied dans l’agglomération Annemassienne

La réflexion d’une commission de l’agglomération qui se préoccupe des questions relatives au logement la porte vers les rivages d’une forme originale de logement, l’habitat coopératif. L’idée présentée est simple. Il s’agit de rendre l’accession au logement plus facile que pour le logement purement privé et donc d’en étendre le bénéfice à des publics qui sans cela ne parviendraient pas ou mal à se loger.

Est-ce alors du logement social? Oui et non. Parce qu’il y a une couche supplémentaire, celle d’une idéologie reposant sur le besoin de solidarité, largement d’origine chrétienne-démocrate, et qui a inspiré à son commencement, dans le domaine économique et notamment agricole, l’éclosion des coopératives. Il s’agit ici de créer du logement à travers des coopératives.

Cela existe déjà un peu partout, et par exemple chez nos voisins helvètes, ce qui n’est pas une mince référence. Mais alors quelles formes de coopératives sont-elles proposées? Car il en existe plusieurs et un rapide tour d’horizon sur internet montre que cela va de l’idée du logement à accession privée, à celle du logement dont la propriété reste à la coopérative, et donc est de facto collective.

Le vent semble souffler dans cette direction. Surtout parce que cette forme permet de contraindre un certain nombre de facteurs, dont il est dit qu’ils seraient «gravés dans le marbre». Tous marqués par la bien-pensance de gauche. Par exemple la mixité. Il ne faudrait pas que les coopérateurs s’organisent en ghetto. Alors la mixité leur sera imposée. L’exemple donné est celui des personnes âgées. À leur départ (sic), elles seraient remplacées par d’autres personnes également âgées. Le turnover est donc plus que certain dans cette catégorie de la mixité. Les autres catégories ne sont pas explicitées, mais on peut suppléer au silence. Cette mixité est donc tout un programme en soi.

Et d’ailleurs qu’on l’aime ou pas elle est imposée aujourd’hui avec sévérité dans l’agglomération tout entière. Il faut donc s’y résoudre, ou déménager.

Ce n’est pas le seul avantage du logement coopératif, du point de vue de la bien-pensance. En prime il permet d’échapper «au marché». Le «marché» qui n’est pas défini plus avant est le synonyme du diable et du mal. Le mal absolu même.

L’agglomération s’oriente donc dans ce domaine vers un mode coopératif marqué par cette idéologie. Il existe pourtant d’autres solutions en apparence. Il existe notamment la solution intéressante de coopératives de pure construction. Elles sont en réalité des modes d’acquisition d’une propriété privée, et non de propriété collective, que la bien-pensance privilégie, dans sa haine de la propriété privée.

Toute la question sera celle du choix politique qui s’offrira en chemin. Ou bien investir les deniers publics, c’est-à-dire vos impôts (les élus ne pensent jamais que c’est leur argent) dans l’utopie réalisé du monde léniniste, (mais il est vrai sans le goulag, le meurtre, le génocide, la famine), la coopérative avec propriété collective, ou bien dans le modèle plus social-démocrate s’il faut le choisir de la coopérative de pure construction, ou bien encore dans la forme traditionnelle du logement social.

À Annemasse il sera réalisé dans les nouveaux quartiers, et notamment autour de la gare, un tiers de logement social, un tiers de logement en accession, et un tiers de logement libre. Si on y ajoute les coopératives, cela va finir par ressembler au pastis de Pagnol.

Il est trop tôt pour se prononcer, mais il faut commencer à réfléchir à ce nouveau défit.

Il faut éradiquer la laideur des panneaux publicitaires à l’entrée de l’agglomération

On a toujours le choix d’accepter la laideur, et même de la solliciter, ou de la combattre et même de l’éradiquer.

D’où qu’on vienne, du Nord, du Sud, de l’Est ou de l’Ouest, quand on atteint l’agglomération annemassienne, on se heurte à un mur d’horreurs multicolores, criardes, obscènes. Et la couleur n’est pas tout, il y a aussi les messages, en général limités à valoriser l’enseigne qui les porte. Le supermarché du meuble, de l’électroménager, des cuisines machins, des lits trucs chouettes, de bagnoles allemandes ou même françaises. Un étalage d’indécences qui veut nous faire croire à sa nécessité commerciale.

Au lieu d’avoir des œuvres, on a des excréments. Les bidules métalliques qu’on a eu le tort de planter ici et là s’inscrivent hélas! aussi dans cette misère du mauvais goût.

Il n’y aura jamais de cathédrale gothique à Annemasse. Jamais. Mais pourquoi ne nous révoltons-nous pas contre cette souillure visuelle qui nous agresse et n’allons-nous pas raser ces ordures putrides? Encore un petit, tout petit effort politique et ces abominations pourront disparaître. Il suffit de le vouloir.

Derrière la sécurité, la démagogie

S’il y a bien une politique qui est aux antipodes des pratiques de la gauche idéologique, c’est celle de la sécurité. Elle rime pour la plupart du temps avec les sulfureuses insultes contre les fascistes dans le discours de gauche, «CRS=SS». La gauche reste ainsi dans le déni de la réalité, la montée de la délinquance n’existe pas. Où si elle reconnaît qu’elle existe, du bout des lèvres, c’est naturellement en raison de l’inégalité sociale. Les autres causes étant par définition inexistantes.

Dès lors la gauche a toute les peines du monde à proposer une politique cohérente contre la criminalité. Et c’est en se pinçant les narines qu’elle en est venue à accepter à Annemasse, de manière limitée, la vidéo-surveillance des lieux publics. Maintenant l’idée s’est installée dans le paysage, y compris à gauche, sauf à l’extrême gauche. Mais de manière timide.

Le maire d’Annemasse est bien obligé de reconnaître la montée de l’insécurité. Il y va de sa crédibilité et de sa réélection, s’il devait se représenter, ce qui reste une option fort possible. Il a dû aussi accepter la vidéo-surveillance, graduellement mise en place. Sera-t-elle la solution? Plus probablement une partie de la solution. L’autre partie c’est une affaire de police, et une autre partie encore est une affaire en effet sociologique, de composition de la société. Au niveau qui est le sien le maire peut choisir de renforcer ou de restreindre cette mesure de sécurité collective. Pour une fois la démagogie a vraiment du bon.

La délation qui se répand comme la peste est un crime

Rebaptisé lanceur d’alertes, le délateur jouit d’un regain de popularité. Le grotesque «balance ton porc» vient salir ce qui reste de dignité aux média. Tout ça sent le sapin de l’apocalypse. Une question est de savoir comment notre époque dévoyée peut encore tomber si bas. Il faut craindre que ce ne soit pas encore le fond. Le fond est insondable, et on y chute. Des esprits malfaisants ont imaginé de travestir la honte de la dénonciation pour la rendre plus présentable, par le procédé classique de l’euphémisme. L’ignoble délateur est présenté sous l’angle d’une utilité sociale imaginaire qui le rend acceptable. La délation est le venin social qui se retrouve toujours aux pires heures de l’histoire. Un délateur est toujours une ordure. Il faut s’en souvenir.

La recherche d’une future majorité municipale

Après-demain auront à nouveau lieu les élections municipales.

Une réalité est qu’elles s’inscriront dans un paysage politique considérablement modifié depuis les dernières élections présidentielles et législatives. Ce qui a été modifié est l’équilibre des formations politiques avec l’émergence d’un nouveau parti et le recul d’anciennes composantes, PS, UMP devenus LR, et hélas, les centristes de centre droit. Ne parlons pas du Modem inintéressant avec son leader-maximo de pacotille qui pour prix de son soutien a reçu surtout un coup de pied de salutations, mais aussi il est vrai quelques sièges de députés. Non, restons sur les vrais centristes pur sucre, de centre droit, Nouveau Centre (composante de l’UDI), et UDI. Les secousses telluriques récentes leur ont fait perdre beaucoup de représentants, et provoqué une sorte d’extinction de voix qui pourrait être le symptôme d’une disparition prochaine.

Au niveau micropolitique municipal, l’effondrement du PS, mais pas de la gauche il faut le reconnaître, ouvre peut-être l’horizon à d’autres solutions de gouvernance, d’autres alliances. L’idéal serait qu’il puisse y avoir des majorités d’idées sur des thèmes rassembleurs, mais c’est institutionnellement impossible. Il faut donc rester sur les schémas réalistes qui passent par des compositions de listes, ou des recompositions entre les deux tours. En pratique donc il faut pouvoir trouver des consensus sur les points clés de la politique municipale. Ce n’est nullement impossible et d’une certaine manière les temps présents, avec leurs incertitudes à l’échelon national, invitent à en explorer l’idée. Elle vérifiera les hypothèses d’alliance, à droite ou à gauche ou aux centres, ses possibilités ou ses impossibilités. Quoiqu’il arrive ce sera intéressant.

La mobilité et la santé

Les infrastructures se mettent progressivement en place qui transformeront l’espace de l’agglomération. Demain la ville prendra cette dimension qui est celle des métropoles régionales. Autour de Genève il n’y aura plus seulement une couronne agricole, ou une zone de faubourgs mal organisés, il y aura un continuum urbain articulé sur des axes de circulation structurés autour du CEVA et du Tram.

Tout ne répond pas totalement à nos vœux, mais en toute hypothèse nous n’aurons d’autre choix que de tenter d’améliorer l’existant, personne n’imaginant de défaire le tram ou le CEVA une fois qu’ils seront en place pour des questions de tracé.

Mais ces infrastructures coûteuses ne sont qu’une partie de l’offre de transport qui continuera à reposer aussi sur les modes individuels, du vélo à la voiture. Une question au passage, quand toutes les automobiles seront électriques, seront-elles encore autant vilipendées par les doctrinaires haineux qui nous gouvernent en partie ? Ou bien seront-elles accueillies comme des « modes doux » de déplacement ? La réponse on le voit bien est qu’elles resteront nécessaires et qu’il faut donc aussi améliorer le réseau des routes.

Et parmi toutes ces infrastructures, il y a celles que l’on voit, celles que l’on oublie tant elles sont discrètes. La santé est à l’évidence une infrastructure de notre société. Or, ici, dans notre région frontalière, elle a été maltraitée par les doctrinaires idéologiques socialistes qui ont gouverné la France. La ministre Touraine a voulu punir les frontaliers. Elle a réussi au-delà de toute espérance, et dans le même mouvement elle a puni toute la population y compris celle qui n’est pas frontalière.

C’est gagné il y a maintenant une pénurie de médecins dans notre région. C’est de l’impensable, et pourtant c’est bien là. Il faut toutefois aussi être objectif, la responsabilité incombe aussi aux choix imbéciles faits pendant des décennies pour limiter les dépenses de la sécurité sociale en limitant le nombre de médecins par une sélection excessive. On en paye aussi les conséquences par l’importation de médecins provenant d’autres horizons, de compétence inégales. Il semblerait que la politique de recrutement soit remise en question, en tout cas par le Nouveau Centre, mais il faudra des décennies pour que la démographie médicale atteigne ici le niveau nécessaire.

Existe-t-il des solutions ? Il y a bien le concept de maison médicale, c’est vrai qu’il présente un attrait. C’est aux médecins et au système de santé de dire si c’est l’instrument utile. Pour les patients que nous sommes et qui le sont de plus en plus quand ils veulent trouver un rendez-vous, le seul impératif est bien de trouver un praticien. Si en prime il a un parking pour se garer, le voyage se fait en première. Et avec un arrêt devant le cabinet, je suis même capable de prendre le tram.

Au secours les Belges arrivent !

Parce que vous ne saviez pas qu’Annemasse était une ville touristique. D’abord il faut se souvenir que la ville est étiquetée « climatique », eh oui, et c’est même pour cela qu’elle a pu obtenir un casino grâce à feu Monsieur Pasqua alors ministre de l’Intérieur et Monsieur Borel alors maire d’ici-bas.

Mais si Annemasse est une ville climatique, avec un casino, alors il lui faut un puissant syndicat d’initiative, ou mieux, un office du tourisme. On l’a. Mais par coquetterie on l’a désigné comme un « office DE tourisme ». Ne demandez pas pourquoi, c’est sans doute pour faire bien, de c’est mieux que du, non? Cet office existe et est désormais entré dans le champ de compétence de l’agglomération.

Il s’agite. Tous les ans il fournit des rapports. Il emploie des salariés et pas qu’un. Il participe à des salons, les plus lointains sont les plus exotiques et forcément les meilleurs.

C’est lui qui est chargé d’aller chercher la clientèle belge, allemande, hollandaise (pas les cousins du président que nous avons eu la honte d’avoir, non, les Bataves). Et forcément vous avez sous les yeux leurs caravanes qui viennent en masse à la belle saison. Non ? Peut-être avez-vous raison. Il y a bien des caravanes qui viennent, mais peu qui sont tractées par des Mercedes belges.

Le bilan du tourisme en région annemassienne est sans doute assez mitigé. Périodiquement de nouvelles actions sont conduites pour faire mieux connaître la ville. Il y a pourtant un patrimoine architectural somptueux, hétéroclite, kitch, une vraie saveur pour bobo féru d’art moderne, surtout d’art trash. Et en prime on dispose ici de la villa du parc, dont le coût annuel ne sera pas rappelé pour la paix de la culture. Vous ne le saviez pas, mais il y a des files d’attente devant le musée, aussi longues que celles que l’on trouve aux abords du musée des Offices à Florence.

Enfin Annemasse et son agglomération ont l’immense mérite d’être aux portes de Genève, ce qui effectivement draine par ce seul fait une importante fréquentation de ses hôtels. On ne sait rien de celle des RB&B faute de statistiques, mais on peut imaginer que ces féroces concurrents uberisés et déloyaux font un tabac. L’industrie hôtelière en souffre sans aucun doute, mais pas suffisamment pour que les investisseurs désertent le secteur. Voilà qu’il est même question d’installer un hôtel de luxe ici. C’est vrai qu’un 5 étoiles manquait à la revue. Nous l’aurons. Ensuite vous le remplirez.

Cela étant comme cela avait été souligné l’an passé lors d’une séance du conseil communautaire de l’agglomération, l’augmentation des offres hôtelières qui vise les séjours d’affaires, est une bonne nouvelle pour l’économie locale.

Le procès d’un terroriste

Un procès se déroule actuellement contre un terroriste de la pire espèce, celle des manipulateurs. Ce n’est pas le doigt qui a appuyé sur la gâchette, mais le lâche qui a armé le doigt. Il s’appelle Merah. Que son nom soit maudit. Aujourd’hui est venue à la barre, sa mère, enturbannée, bâchée, feignant l’innocence. Des propos antisémites dans la famille? Non, jamais. Elle a même des médecins juifs, la preuve, comme aurait dit Himler. Et pourtant le résultat de cette haine qui ne jaillit jamais spontanément est bien là. Un résultat tout nu. Que n’a-t-on laissé la famille Mérah où elle était au lieu de l’accepter sur notre sol? C’est une autre question qui fâche, comme celle de savoir en quoi cette «diversité» nous aurait enrichi.

Le destin de la décentralisation

C’était pourtant une bonne idée. Une idée libératrice, fondatrice. Dans son principe la décentralisation opposée à la centralisation jacobine, apportait cet oxygène salvateur à une société étouffée sous les pesanteurs bureaucratiques d’un État suradministré. Le rêve d’une société constituée de cellules autonomes organisée selon le principe de la subsidiarité était novateur et puissant politiquement. Il était porté par toutes les forces politiques plus girondines que montagnardes ou jacobines depuis la Révolution de 1789. Le centre en faisait son miel.

La réalité ne rencontre pas tout à fait cet idéal. Au lieu de libérer, il faut bien le reconnaître, souvent la décentralisation aura asservi en un réseau encore plus dense les énergies locales. Parce que le paradoxe est que les compétences se sont ajoutées aux compétences sans en supprimer, ou rarement. D’où l’idée du «mille feuilles» territorial, idée qui n’avait jamais été évoquée au cours des années 60 quand le débat sur la décentralisation battait son plein et s’opposait à l’idée toute jacobine de déconcentration.

Au bout du compte la déception est que la décentralisation aura ajouté des couches, toutes financées avec l’argent public, sans permettre la profonde réorganisation qu’elle nécessitait pour fonctionner.

Peut-être parce que nous ne sommes pas allés au bout du rêve de la décentralisation qui est le fédéralisme. Mais il est vrai comment imaginer une telle explosion du modèle national alors que l’Europe veut aussi émerger comme juste niveau d’organisation social ? La Catalogne témoigne de cette contradiction. Ces articulations appellent certainement de nouvelles réflexions.

L’univers est plein de raclures

C’est une révélation du Canard enchaîné, et comme telle à prendre avec des pincettes. La porte-parole de la France insoumise, une avocate, répondant au doux nom de Raquel Garrido, n’aurait pas payé ses cotisations pour la retraite depuis 6 ans et se serait également affranchie de payer ses cotisations à l’ordre des avocats depuis un an. À cette heure l’intéressée n’a pas contesté.

Le second manquement est moins grave que le premier. Le premier par contre l’est intrinsèquement. Il l’est d’autant plus qu’il émane d’une donneuse de leçons, fustigeant en permanence les «riches», se plaçant par définition dans le camp du bien, du côté des «pauvres». Elle s’enrichit ainsi sur le dos des autres cotisants. Ce qui est du parasitisme obscène.

Déjà trois ans

Le mi-mandat approche, quel bilan pour l’équipe socialiste à la tête d’Annemasse ?

Voilà qu’on imagine des cérémonies somptueuses dans des explosions de feux d’artifice, rythmées par des musiques de singe, pour marquer ces avancées politiques. Le maire, vêtu d’une antique robe blanche s’avancerait sur la scène une couronne de laurier ceinte sur son auguste front et déclamerait les réussites de son équipe. Les trompettes sonneraient, il y aurait à la fin de la cérémonie un peu plus de sourds qu’à son commencement, mais ce serait grandiose.

D’accord ce n’est pas encore l’heure du bilan puisqu’à mi-mandat il reste encore trois ans à tirer avant les nouvelles élections municipales.

De grandes réalisations sont en cours, c’est vrai. Mais elles le sont surtout à l’échelle de l’agglomération et de la région. Que ce soit le CEVA, ou le tram. Même si la ville a mis son grain de sel, la machine aurait tourné sans elle. Idem pour la rénovation urbaine. C’est un programme national à coup de milliards dont on n’est d’ailleurs absolument pas sûr de l’efficacité. Certes ici, le Perrier est l’enfant chéri de la municipalité, au détriment de tous les autres quartiers, et le chiffre des investissements n’est jamais énoncé. Donc ça doit être beaucoup. Le Perrier rend bien sa politesse à l’équipe socialiste en votant avec constance en sa faveur.

Quels sont les autres titres de gloire de la municipalité ?

Encore le tram : il ira au Perrier, au lieu d’aller à la gare. Merci l’intelligence. Les subventions tous azimuts, il est vrai beaucoup dans le sport sont à mettre au crédit, ou au débit de l’équipe en place, selon son opinion sur leur utilité. La maîtrise des dépenses ? Elle se trouve plus dans les discours d’autosatisfaction annuels de la municipalité que dans la réalité.

La réalité est qu’année après année l’augmentation des dépenses dépasse celle de l’inflation. Projetez la courbe sur dix ans, vingt ans, et vous prendrez peur. La conséquence de ce dérapage constant des dépenses est que vos impôts n’ont cessé d’augmenter et continueront d’augmenter. La taxe d’habitation à Annemasse, son taux a augmenté de 58.44 % entre 2000 et 2014. Et depuis il n’y a pas eu d’accalmie.

Pendant la même période, les communes françaises similaires à Annemasse, ont vu leur taux de taxe d’habitation augmenter de 26.66 % en moyenne entre 2000 et 2014.

Quant à la taxe foncière, bande de salauds de riches, elle a explosé. Mais c’est normal puisque vous êtes des salauds de riches et que la municipalité est socialiste.

À Annemasse, le taux de taxe foncière sur le bâti a donc augmenté de 81.96 % entre 2000 et 2014. Alors que dans la même période, les communes similaires ont vu leur taux augmenter de 35.58 % entre 2000 et 2014.

L’aménagement des trois places ? Patientez, bonté. L’état des rues ? Elles sont impeccables, non ?

La sécurité ? Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, le premier qui dit le contraire est un réac et comme tel mérite d’être déporté.

La fibre optique ? Soyez zen, elle arrivera un jour quand les progrès technologiques l’auront ringardisée.

Qui gouverne l’agglomération d’Annemasse?

La réponse obligée est : les élus.

Mais pas que. Les élus ne sont pas seuls, ils ont des bureaux, des aides, des études externes, une administration avec des agents. Plein d’agents.

Dans l’image d’Épinal les élus animent, pilotent, impulsent et derrière eux toute une intendance administrative organise, rationalise, exécute. Mais dans la réalité il y a un facteur qu’il ne faut pas négliger. C’est celui de l’excellence des petites administrations locales.

Deux phénomènes se sont produits dans le temps historique récent. Celui d’abord de l’amélioration constante du niveau des agents locaux. Les jeunes sont en réalité meilleurs que leurs aînés, ce que ces derniers peinent souvent à accepter, mais c’est ainsi, sauf peut-être sur le chapitre de l’orthographe, et encore.

Celui ensuite de l’explosion des effectifs des administrations locales.

La compétence technique est dans ces agences administratives locales plus que chez les élus. Il faut bien le reconnaître.

Aux deux phénomènes s’ajoute une constante. Partout c’est la plume qui tient le pouvoir, celui qui écrit qui comprend, qui possède le vocabulaire, et a la capacité d’exprimer une idée. Il faut observer ici le discours. Le discours repris quelquefois maladroitement par les élus est celui des techniciens. C’est clair dans à peu près tous les domaines. Un même discours adossé à des nœuds idéologiques, et qui influence tous les élus qui parlent alors la novlangue de leurs bureaux. C’est impressionnant.

Le résultat est que le centre du pouvoir local s’est déplacé du cercle des élus locaux à celui des techniciens. Surtout, ne le dites à personne, c’est un secret.

Où l’on reparle des subventions

C’était au conseil municipal d’Annemasse dans sa séance du 21 septembre 2017.

La question posée était entre autres celle de la solidarité internationale. Deux associations pleines de bonnes intentions et d’équité transméditerranéenne demandaient les subventions de la ville pour leurs projets, également dignes d’intérêt. Ce qui n’est pas le problème.

Il a été intéressant de constater les différentes positions exprimées.

Le représentant des Républicains, qui représente aussi lui-même, s’est opposé au motif que ce n’était pas aux communes de se faire les rouages de la solidarité internationale. Il n’a pas tort, mais cela n’épuise pas le sujet.

Il lui a été répondu par un adjoint socialiste, apparatchik socialiste (ça existe encore), qui entre ses activités politiques travaille dans l’entourage de l’autre maire socialiste de l’agglomération, dans une grande envolée lyrique sur fond de culpabilisation qu’il était obligatoire d’être solidaire de l’Afrique, avec l’idée aussi, juste celle-là, qu’en aidant ce continent on permettait à ses populations de rester sur place. Il s’emporta quelque peu contre le représentant très minoritaire des Républicains.

Il avait bien tort dans son expression en tout cas, et c’est la question que je lui ai posée, car on se demande bien combien il offre à la solidarité sur ses traitements d’adjoint. Comme il n’a pas répondu, c’est probablement très peu.

Et c’est là que le bât blesse encore. Car au fond il s’agit encore d’une charité faite avec l’argent des autres. La question qui se pose est de savoir si le citoyen de la ville est d’accord avec cela, et dans quelles limites.

Le maire est alors intervenu, ayant la parole en dernier, en premier, au milieu, et tout le temps qu’il veut, encore qu’il n’en abuse pas véritablement. Il a assené l’argument décisif : la solidarité internationale était dans son programme et ils avaient été élus.

Je ne retrouve pas les documents de propagande de l’équipe majoritaire aujourd’hui, si bien que je peux me tromper. Mais il me semble que durant la campagne s’il a été question d’Annemasse capitale mondiale de la solidarité, avec sa cité de la solidarité, c’était surtout en référence aux étages des nouveaux bâtiments occupés par diverses associations très productives de vivre-ensemble, mais qu’à aucun moment il n’avait été question de chiffres, de subventions, et de combien cela allait coûter au contribuable.

Encore une fois je peux me tromper, mais en toute hypothèse, le fond du problème reste entier. Et si j’ai voté contre ces subventions, c’est parce que je ne crois pas que sans un mandat express de dépenser l’argent public ainsi, donné par les électeurs, on doit s’en abstenir. J’attends la démonstration du consentement éclairé des électeurs.

Et au-delà même de ces réserves y en a-t-il encore une autre. À supposer que l’électeur majoritaire ait consenti à la dépense, l’électeur minoritaire lui n’y a pas consenti. S’il s’agissait de dépenses nécessaires de la ville, le droit de l’électeur majoritaire ne se discuterait pas. Mais quand il s’agit de dépenses qui pour le moins sortent de la sphère habituelle de compétence d’une commune, alors la même question se pose de savoir si on peut démocratiquement imposer un tel choix. Si par exemple il était dit dans le programme de la majorité lors des élections que la ville allait subventionner des associations de joueurs au casino, on ne peut pas penser que cela serait acceptable, même approuvé par une majorité d’électeurs.

Il faut un minimum de consensus sur la dépense publique.

Toujours dans le même chapitre de la solidarité internationale, curieusement, est venue une délibération pour une subvention en faveur des sinistrés de nos Antilles. Le représentant des Républicains et de lui-même a exposé alors que ce type de solidarité appartenait à l’État. Cela a provoqué l’ire d’une conseillère appartenant à la majorité et originaire de ces rivages enchanteurs, qui a très justement protesté que les cyclones qui venaient de s’abattre avaient eu des effets dévastateurs.

Mais là il ne s’agissait plus de solidarité internationale, les îles dont on parlait sont des départements français, et les Antillais sont nos concitoyens. C’est donc notre citoyenneté qui est en jeu dans ces aides que nous avons le devoir d’apporter. Le réflexe ici est celui de notre défense collective contre les calamités naturelles, de Dunkerque à Nouméa en passant par Saint-Denis, Pointe-à-Pitre et Fort-de-France.

Ainsi va le monde. Mieux à la fin de la soirée qu’au début.

Recul du gouvernement sur les dotations aux collectivités

Selon le Premier ministre Monsieur Philippe, le projet de loi de finances pour 2018 ne prévoirait pas de baisse des concours financiers de l’État aux collectivités territoriales. Ils seront même en hausse globale de 384 M€. Le gouvernement paraît ainsi avoir reculé sur ce point.

Toutefois les collectivités ne seront pas exemptées des 13 Md€ d’économies demandés sur le quinquennat. Non, mais.

Il va donc falloir commencer sérieusement à se serrer la ceinture. Exercice dangereux si on ne le fait pas précéder d’une cure d’amaigrissement. Or, cela n’est ni dans les perspectives ni de l’agglomération, du moins lors de sa séance du 20 septembre 2017 ni d’Annemasse.

Une conséquence : le ventre mou va déborder de part et d’autre de la ceinture. Le spectacle est répugnant.

La gangrène subventionniste, symptômes et prophylaxie

S’il n’y avait que le soupçon que les subventions si généreusement distribuées par toutes les collectivités, de l’État à la commune en passant par leurs regroupements, les départements, la région, avaient aussi une vocation politique par la création d’un clientélisme, on pourrait décider qu’elles devraient être observées à la loupe avant de les accorder.

Mais la vraie critique est encore ailleurs.

Il y a une véritable maladie de la subvention. Comme toute maladie elle produit à la longue un affaiblissement du corps. Du corps social qui est saigné dans ses finances. Mais aussi la maladie entame ces organes que sont les diverses associations qui perdent au fil du temps leurs capacités adaptatives, qui prennent l’habitude soit de vivre au-dessus de leurs moyens, soit celle de la mauvaise gestion, mais pire encore, finissent par trouver naturel que leur activité, que toute activité soit financée par d’autres que ceux qui la pratiquent.

C’est là le premier souci.

Le souci c’est que la subvention vient de l’impôt, et avec l’impôt le devoir des élus est d’être radins, très radins. Et ce n’est jamais le cas. Au contraire les élus dépensent sans compter et à la fin consacrent des portions importantes des budgets à ces subventions.

Le souci aussi est celui de la justice. Pour quelle raison m’obligerait-on à payer pour les joueurs d’échec ou de cornemuse, ou les joueurs de foot si je ne joue ni aux échecs, ni de la cornemuse, ni au foot? Je n’ai rien contre les joueurs de cornemuse, mais je ne vois pas pourquoi j’irais financer leur passion. C’est injuste d’obliger le citoyen qui déteste le rugby, il y en a même si on peut le déplorer, ou qui déteste le foot, heureusement qu’il y en a, à payer pour ces activités.

Leur financement doit être trouvé dans leur organisation, chez leurs participants. Le badminton chez les babmintoniens.

Le maire d’Ambilly lorgnerait sur Annemasse

C’est ce qui se murmure.

Un socialo à l’égo surdimensionné, totalement idéologisé, qui manifestement estime que cette bonne vielle commune d’Ambilly qui a le mérite provisoire de l’accueillir, et le démérite d’être en superficie la plus petite du département, et surtout qui à celui de ne plus pouvoir le contenir, lorgne(rait) sur Annemasse pour prendre la succession de son bon maire, Monsieur Dupessey.

Un point est provisoirement rassurant. Il paraît qu’il devrait y avoir des élections autour de 2020. Restera à voir si les électeurs goûteront la cuisine socialiste qui voudra leur mitonner un maire tout aussi socialo, version apparatchik.

Pour ma part, je me demande si je ne vais pas hésiter à voter pour lui.

Le scandale de l’idéologie des particules fines

Les commissions de l’agglomération, son assemblée, sont périodiquement la cible d’une offensive idéologique marquée par un discours à la fois vindicatif, victimaire, et surtout culpabilisateur sur le thème des «particules fines».

Elles existent.

Leur origine ce sont les hydrocarbures, brûlés dans les chaudières principalement, et aussi dans les moteurs diésels ou essence. Le mal absolu réside d’ailleurs dans cette dernière source.

Il y aurait aussi les cheminées des maisons, encore un mal absolu pour nos idéologues puisque les maisons représentent le gaspillage de l’espace, la richesse relative de leurs propriétaires, leur égoïsme puisqu’ils ne plient pas devant les oukases de ces esprits armés de leurs certitudes.

Tout ce discours est un tissu d’excès. Porté dans l’oubli total de la réalité.

Les particules fines sont probablement dangereuses pour la santé, mais pour en être convaincu encore faudrait-il que soient produites des études épidémiologiques sérieuses, et non les affirmations d’ONG diverses reprises en boucle et citées comme si elles étaient des sources documentaires sérieuses, ce qui constitue une fraude intellectuelle.

Il y a une constatation de bon sens. Cependant qu’on nous alerte sur le danger absolu pour la santé de ces particules diaboliques, la santé globale de la population s’améliore constamment, profondément.

Et on le sait par un outil incontestable, scientifique lui: la démographie.

Car l’espérance de vie ne cesse de progresser, au rythme de presque un trimestre par an. L’ampleur de l’immigration fera peut-être diminuer ces résultats, puisque les populations concernées viennent d’une partie beaucoup plus déshéritée du monde où la santé est de très loin plus précaire. Mais la tendance est là, incontournable.

Pour pouvoir être même entendu le discours sur les particules fines devrait s’expliquer sur cette contradiction. Si elles étaient le danger absolu pour la santé, alors nécessairement la longévité de la population devrait baisser. Si le contraire se produit, c’est que la proposition est insuffisante.

Il faut se débarrasser des idéologues.

Ne jamais toucher au grisbi

S’il y a bien une chose qu’un gouvernement doit éviter, c’est de toucher au grisbi des collectivités locales. Et c’est pourtant ce qui va se passer par l’intermédiaire de la suppression de la taxe foncière, si jamais elle se réalise. Si cette erreur se produisait malgré toutes les mises en garde, alors on pourra être certain du résultat. Une sourde résistance transpartisane qui isolera le gouvernement, avant une déroute aux prochaines élections.

Si seulement en cette rentrée 2017,

Si seulement..

Si seulement il n’y avait pas de travaux, si seulement la circulation ne se faisait pas à l’arrêt en cette rentrée, si seulement les impôts n’augmentaient pas, si seulement tout le monde il était beau et il était gentil.

Si seulement vous arrêtiez de rêver et vous considériez la réalité toute nue, et bien vous pourriez agir, en temps et en heure aux prochaines élections. Mais vous avez l’habitude de vous abstenir dans votre écrasante majorité, et après de râler comme si on vous arrachait vos dents.

Tout ce qui se passe vous l’avez cherché, et vous l’avez obtenu.

Commençons par les travaux. Il ne sert à rien de protester, la plupart sont nécessaires et doivent bien être faits pour permettre justement une meilleure circulation dans le pire qui se prépare. La plupart, mais pas tous. Par exemple ce qui est en préparation et qui aboutira à fermer l’avenue E. Zola aux abords de la gare est une pure sottise. Mais qui était évitable si vous aviez voté, bande d’abstentionnistes.

Continuons par les projets. Il est maintenant question de remplacer la halle couverte par un nouvel ensemble qui comprendra un marché couvert pour les produits frais. Hommage de la majorité socialiste qui reprend sans le dire bien entendu ce qui va de soi, le projet et l’idée de Monsieur VIGNY, qui n’est pas exactement socialiste.

Dans le chapitre des projets il y a celui faramineux de nos voisins helvètes genevois qui envisagent une fois de plus la traversée de la rade. Il y aura nécessairement des oppositions, des échecs, la routine. Mais il y a en perspective un plus grand échec encore si le projet devait se réaliser en méconnaissance des besoins régionaux de circulation, c’est à dire sans connexion avec le réseau haut-savoyard. Ce serait stupide, mais c’est parfaitement possible.

Et arrêtons-nous en chemin sur le chapitre de la générosité. Il s’est agi pour une société d’HLM, que nous ne nommerons pas, qui gère une large partie des logements du Perrier, de faire dans la charité de masse. Cette société, qui est l’obligée de la municipalité socialiste, va distribuer des ampoules LED à 800 logements du Perrier. La générosité se fait ainsi en dernière analyse avec l’argent du contribuable qui bouchera par diverses subventions toute perte éventuelle de cette société, et surtout cette générosité ne vise qu’une partie de la ville, celle qui vote bien à toutes les élections en faveur de l’équipe socialiste. Générosité bien organisée commence toujours par soi-même.

Générosité encore, à vous les contribuables qui appartiennent à la classe moyenne, celle qui a voté majoritairement (quand elle a voté) pour le président actuel. Et bien vous allez être récompensés de vos efforts. Vous allez payer de la CSG, etc. Et vous devez en être contents. En échange vous avez déjà reçu des promesses. La promesse du redressement, la promesse de la relance de l’économie, la promesse du nirvana du contribuable. Elle n’est pas belle la vie ?

Des ampoules gratuites pour le Perrier

La générosité ne vise que le quartier du Perrier. Les autres annemassiens qui n’ont ni les faveurs de la municipalité, ni celles de son obligée la société HLM, n’auront droit à rien.

Les salauds de riches qui sont partout ailleurs que dans ce quartier sont avant tout des salauds. Il y a les bons pauvres et les salauds de riches, lesquels sont si salauds que grâce aux impôts qui leur sont volés, la générosité de la société HLM sera alimentée en subventions sonnantes et trébuchantes.

Sur le fond cette opération est condamnable. Totalement condamnable. Parce que cette société n’est pas une société purement privée. Elle est généreuse avec l’argent qui ne lui appartient pas. L’argent du contribuable. Et ce n’est pas une dépense régalienne. Et ce n’est pas non plus une dépense justifiée par une mission de service public. Cet argent nous est volé.

Chouette! L’histoire sans fin de la traversée de la rade rebondit à Genève,

Il ne faut rien exagérer. Un nouveau projet sélectionné par un comité ad hoc serait sur le point de commencer son parcours, du canton à la confédération, en passant par le champ de mines tissé par la démocratie suisse. Les obstacles seraient si nombreux qu’un échec est possible. Gloire et faiblesse de la démocratie la plus parfaite au monde.

De ce côté-ci de la frontière, nous ne pouvons que nous réjouir de la renaissance du phénix de la traversée de la rade. Le bémol est qu’il n’est pas sûr que ce projet helvético genevois soit conçu en cohérence avec les contraintes régionales de la circulation. L’échelle des problèmes est pourtant régionale, les solutions sont nécessairement régionales. Il y a pour l’instant une vague déclaration d’intention d’aller dans ce sens, mais rien de concret. Du moins à ma connaissance.

Migrations estivales et migrations imaginaires

L’été, personne ne le contestera, est le temps des migrations. Celles voulues par des millions de nos concitoyens qui se précipitent ailleurs, ailleurs que chez eux. Vers la mer, les lacs, les montagnes, la campagne, l’étranger.

Il y a aussi dans ce même temps celles subies qui viennent d’ailleurs. En général honnies sourdement par nos concitoyens, notamment quand elles viennent d’outre-Méditerranée. Et parmi elles celles des «gens du voyage», dont l’origine géographique est incertaine, et pour partie seulement étrangère. En toute hypothèse étrangère au mode de vie de l’immense majorité des habitants de notre pays.

Pendant la belle saison, d’un seul coup la frontière genevoise se gonfle de campements improvisés, dans l’indifférence de l’administration préfectorale, la colère des agriculteurs, la préoccupation des élus locaux, l’émoi de la police genevoise qui craint l’augmentation considérable des cambriolages, brigandages, rapines en tout genre. Des statistiques auraient été publiées il y a quelques années, qui sont introuvables à cette heure. C’est donc une hypothèse à vérifier, mais de toute façon une crainte avérée.

Le bilan aujourd’hui doit être tiré de cette situation totalement récurrente. Des efforts ont été consentis par les différentes collectivités, qui à coup de millions (tirés de la poche de leurs contribuables) ont créé des aires spéciales pour l’accueil des caravanes. C’est un échec puisque cela n’apporte apparemment aucune solution. Les caravanes viennent, s’empilent, s’installent partout, voire, s’imposent partout.

Et il ne faut pas compter sur la gendarmerie ou la police pour appliquer la réglementation qui l’interdit officiellement. Leur autorité en la matière est le préfet. Jamais aucun préfet depuis des lustres n’a pris la moindre mesure pour régler cette situation. Courageusement ils préfèrent s’attaquer aux administrés qui ne résistent pas, à ceux qu’on peut piétiner administrativement, embastiller, frapper d’amendes, priver de points, spolier, dans le silence médiatique. L’État n’est ferme que contre ce menu fretin, que contre le peuple.

Si la solution est une affaire de police, c’est foutu. Restent alors nos petits bras. Mais que pouvons-nous faire? À Annemasse on pourrait certes leur ouvrir le parc Montessuit, voire la villa du parc. Ils te l’arrangeraient de manière kitch, et on pourrait rentabiliser l’affaire par l’organisation de visites d’un vrai musée d’art moderne consacré à la déconstruction libertaire. Un succès populaire se profile. Les écoles primaires seraient naturellement obligées de visiter le site d’art, ce qui permettrait comme aujourd’hui de gonfler les statistiques culturelles. Mais peut-être cette solution est-elle trop utopique, ou trop moderne pour être applicable.

Sinon, et si vous avez de meilleures idées, surtout des idées plus raisonnables, n’hésitez pas de les communiquer au président de l’agglomération. Il en fera son miel.

Et qu’a voté notre députée?

La loi sur la «moralisation» de la vie publique a été votée à une majorité écrasante, sauf 4 votes contre et quelques abstentions. J’ai compris que notre députée s’était abstenue. Si c’est bien le cas, je l’en remercie vraiment.

Cette loi est une imbécilité. Une de plus.

Ce n’est pas tant la suppression de la réserve parlementaire, institution pourtant très utile, et encore moins l’interdiction d’employer des proches, une inconséquence de petits démagogues, que l’histoire du casier judiciaire qui est dérangeante.

Dans un premier temps le projet proposait l’inéligibilité de tout candidat dont le casier judiciaire n’était pas vierge. Il est vite apparu que cette exigence était inconstitutionnelle. Pour une raison très simple. Ou bien il est soutenu qu’une condamnation est une marque infamante pour le reste de sa vie, peu important qu’on ait purgé sa peine. Ou bien, et c’est le sens de la loi actuelle, il est considéré que dès lors qu’une peine a été accomplie, l’intéressé est réhabilité. C’est le bon sens de la loi contemporaine. Et en plus c’est bien aux seuls électeurs d’en décider. Sauf à vouloir remettre en cause le principe de séparation des pouvoirs, et ériger le juge en puissance politique.

Mais les crétins sont au pouvoir, il ne faut pas l’oublier. Et parmi les crétins il y a les policiers de la pensée. Du journal Le Monde à France inter en passant par le canard du trotskyste Edwige Plenel, il y a toute une Gestapo de la bien-pensance.

Ces merveilleuses raclures ont réussi à faire exclure de la candidature à toute fonction élective (je n’arrive pas à trouver si cela s’applique aussi aux élus locaux) tous ceux condamnés pour diffamation ou injure à caractère racial, antisémite, homophobe ou témoignant d’une forme quelconque de discrimination. Sauf permission du juge. Le juge pourra en effet motiver spécialement une dispense d’inéligibilité. Ce qui donnera pouvoir de vie ou de mort au Syndicat de la Magistrature. Attention de ne pas être fiché sur leur «mur des cons».

Ces relais judiciaires des gestapistes de la bien-pensance seront en dernière analyse les Big Brothers qui nous obligeront à penser juste. Il va falloir d’urgence cultiver le «vivre ensemble», la «diversité-qui-nous-enrichit», le «lien social» la lutte contre le «néolibéralisme», applaudir à Maduro ou à Chavez.

On en est là en France. À capituler devant un attentat à la liberté. Une journaliste écrivait : «On devrait s’interroger sur notre sensibilité croissante à ces délits qui se commettent la plume ou le micro à la main. Est-ce parce que nous ne sommes plus capables d’argumenter contre les idées qui nous déplaisent que nous cherchons à les faire disparaître par des pincements de nez ou, de plus en plus souvent, par des opérations d’intimidation judiciaire ?» Elle a raison. Elle s’appelle Élisabeth Lévy.

Si notre députée s’est abstenue. Elle a eu mille fois raison.

La rentrée est proche et les abrutis sont parmi nous : heureusement on peut compter sur la majorité des profs

Ils sont peut-être des centaines de millions sur la planète à croire que la création n’a que quelques milliers d’années, que les fossiles n’existent pas ou sont des pâtés de sable du créateur dans son enfance, que la géologie ne peut rien nous apprendre sur le temps, que l’astrophysique se trompe quand elle décrit l’univers dans ses commencements, que la science n’existe pas.

Bref, des érudits barbus ou en costard, et même de plus rares fois en soutane, déversent quotidiennement des tombereaux d’insanités, au nom de la religion, et on les laisse faire au nom de la liberté. En les laissant faire, nous devenons complices de ces sots qui veulent attenter à ce droit fondamental qu’est le savoir. La résistance n’est pas une option, c’est un devoir.

L’école doit rester le lieu de l’enseignement des sciences, de la culture, et chasser férocement l’engeance religieuse rétrograde qui veut asservir les jeunes, garçons et filles, surtout les filles d’ailleurs.

Mais ce qui est rassurant est que jusqu’à présent l’école, assiégée par la vague obscurantiste, a réussi à l’endiguer. Pour que ça dure, il faut tous nous en préoccuper.

Tout baigne, sauf pour les classes moyennes qui seront à la double peine des impôts nationaux et locaux

Il n’est pas encore certain que le pire se réalisera, mais il y a de bonnes chances qu’on réussisse l’exploit de conserver un système d’imposition locale incohérent, tout en lui appliquant la réforme démagogique de l’exonération de la taxe d’habitation pour certains ménages seulement, dans l’obscurité la plus totale.

Une grande réforme s’impose pourtant. Ses lignes directrices pourraient tout d’abord être celles de la simplification du système à l’heure où les subventions de l’État baissent constamment. Il est temps de mettre a nu les finances locales. Ce qui est dépensé localement doit être couvert par l’impôt local dans la transparence.

Cet impôt local doit être universel. Un impôt n’est juste dans son principe que si TOUS le paient. Ce qui n’est évidemment pas exclusif d’une modulation en fonction des revenus, au nom de la justice, ou de l’équité si vous préférez. Sinon à la fin, seules les classes moyennes se l’appuient. Les très riches qui servent d’alibi à l’impôt punitif sont en général aux Bahamas. Les biens moins riches sont ici, prisonniers, tondus, maltraités.

L’impôt doit être universel pour que tous les citoyens d’une ville, d’une agglomération puissent se sentir concernés par les dépenses engagées en leur nom. Tous, sans exception.

Il doit être clair. Peu importe à cet égard qu’il apparaisse comme une ligne supplémentaire à la CSG CRDS, ou dans un document indépendant comme c’est le cas aujourd’hui.

Si bien qu’on saura pourquoi on vote la prochaine fois. Pour une augmentation? Ou pour une diminution ?

Universel. Transparent. Rationnel.

C’est une réforme urgente. Plus urgente que la loi sur la moralisation de la vie politique qui tourne à l’idiotie. La moralisation à la sauce Bayrou.

Prenez vos vélos, vos trottinettes et vendez vos voitures

Annemasse, et l’agglomération ont ouvert une guerre totale contre l’automobile. Pas seulement par des mesures directes, mais par toute une politique d’encerclement qui tend à vider les rues des voitures perçues comme le mal absolu. Tous les bons esprits des administrations locales, relayés par l’écrasante majorité des élus, quelques fois conscients, parfois inconscients, et souvent bien manipulés, retranchés derrière quantité d’instances à travers tout le pays, ont décidé pour vous, mais sans vous consulter, sur la place qu’il fallait laisser aux véhicules individuels.

Vous irez à pied, en vélo, en bus, en tram, en train. Mais bientôt vous n’irez plus en avion ni en automobile, et de toute façon pour aller d’Annemasse à Genève, il est vrai que l’aéroplane n’est pas très pratique.

Cette politique dont tous les effets ne sont pas encore déployés, mais ne vont pas tarder à l’être a été décidée en théorie pour vous, mais en réalité sans vous. Vous n’avez pas été consultés. La question n’a jamais été posée clairement. Prenez les programmes électoraux des édiles aux commandes et cherchez-y les traces du bannissement des voitures particulières. Vous y trouverez dans certains, mais pas tous, des phrases alambiquées sur la nécessité du développement des transports en commun, des transports «doux», mais jamais une franche déclaration de guerre à outrance à l’automobiliste que nous sommes tous. On nous invite à changer de «mode de transport», au mieux. De toute façon nous n’aurons plus le choix. L’ukase est signé.

Par exemple le bout de l’avenue Émile Zola, bouché par le réaménagement de la gare et son «pôle d’échange multimodal».

Il ne faudra pas s’étonner qu’aux prochaines échéances électorales il y ait encore plus d’abstentions. L’abstention est la réponse populaire à un certain mépris de la démocratie. Il y a pourtant des moyens très simples de réconcilier l’électeur et l’élu. Le référendum bien sûr, et un autre : des programmes clairs.

Vos élus pensent que la politique des transports est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux électeurs.

Je pense le contraire, la politique des transports est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux seuls élus.

Question iconoclaste sur le Perrier

On vient de fêter à Annemasse les 40 ans du quartier du Perrier.

Ce quartier vers lequel se dirige le tram, qui de ce fait n’ira pas à la gare.

Ce quartier vers lequel ont convergé tous les financements publics de la solidarité urbaine depuis des décennies.

Ce quartier qui a reçu les investissements permanents de la commune.

Ce quartier dans lequel tous les «mobiliers urbains» ont été restaurés et entretenus à jet continu.

Bref ce quartier dans lequel ont été concentrés des flux financiers à des titres tellement divers qu’il est très difficile de les recenser.

Ce quartier enfin qui après avoir bénéficié des cornes d’abondance de la solidarité, abrite encore et toujours des «publics défavorisés» pour reprendre et condenser les discours langue-de-bois-isés de nos doctes édiles.

Dès lors se pose la question de l’utilité de ces investissements.

Crûment, c’est en termes de rapport coût/avantage qu’il faudrait analyser ces investissements importants. La question iconoclaste suit: au bout du compte, n’aurait-il pas été plus avantageux pour tous, y compris les «publics» dits défavorisés, de leur faire directement un chèque que chacun aurait employé à sa fantaisie? Les uns pour améliorer leur logement, les autres pour aller jouer au casino, et quelques-uns pour verser directement sur mon RIB : 098OPIAUAOI814094, (sur lequel tous les lecteurs peuvent du reste laisser leur témoignage en bonne monnaie).

85% des emplois de 2030 n’existent pas aujourd’hui et 100% des emplois d’aujourd’hui n’existeront plus

Telle est la réalité de la robotisation et de la numérisation à laquelle s’ajoute le développement de l’intelligence artificielle qui fait déjà des prouesses. En 2030 il n’y aura peut-être même plus de maire. Une machine logée à la mairie le remplacera. En route vers ce futur brillant on aura perdu aussi les conseillers municipaux, décimés par Macron, achevés par l’exigence d’être réactif et intelligent. Il y a un seul métier qui sera épargné par cette lame de fond qui balaye tout sur son passage, celui de contribuable. Indispensable rouage de la machine.

Puisqu’on vous disait que ce président était formidable,

Vous ne vouliez pas le croire. Vous aviez tort. Il a décidé de réduire le nombre des élus nationaux, mais aussi locaux. Ainsi le conseil municipal d’Annemasse serait réduit, pas tout à fait à rien, mais presque. Peut-être deux élus ou même mieux, un élu: le maire. Il se réunirait à lui même en tout lieu, établirait un ordre du jour qu’il se communiquerait en temps utile pour pouvoir l’étudier, il délibèrerait entre lui même et lui même, et serait le plus souvent d’accord avec ses propositions. De temps en temps il voterait le soir contre ce qu’il s’était proposé le matin. La démocratie serait vivante, le contribuable satisfait au regard des économies réalisées, mais les journalistes auraient plus de difficultés à suivre les débats. Enfin, pas tous, il en est qui ont beaucoup d’imagination.

Qui l’emportera entre la pression déflationniste que Macron veut imposer aux communes et leur appétit de dépenses publiques? On ne sait pas, mais ce qui est sûr c’est que vous paierez comptant.

10 milliards de recettes pour la suppression partielle de la taxe d’habitation ne vont pas s’évaporer sans quelques turbulences dans les finances locales, et partant en bout de course dans la poche des contribuables. Bien sûr le président appelle par ailleurs les collectivités à se serrer la ceinture dans la même proportion et pour d’autres raisons. Mais gageons qu’il n’en ira pas aussi simplement dans la réalité. Il est peu probable que «spontanément» lesdites collectivités se mettent au régime sans sel. Il est plus que probable qu’elles aillent simplement prendre dans la poche de ceux qui vont payer.

Qui? Et bien vous, les classes moyennes. Vous ne réalisez pas votre bonheur. D’un côté la CSG, de l’autre l’augmentation de vos impositions locales pour palier les déficits de la taxe d’habitation. Avec la réforme, les contribuables «qui paient déjà l’impôt sur le revenu pour l’ensemble du pays, vont aussi devoir régler seuls les taxes locales s’ils gagnent 20.000 euros par an», selon le Figaro.

Vous croyez, gens de peu, que ce serait injuste de faire payer encore les mêmes. Vous ne comprenez pas votre privilège de supporter tout le poids de la solidarité, qui en elle-même ne serait jamais critiquable.

Cette solidarité, qui nourrit la diversité, qui elle-même vous enrichit, selon la doxa annemassienne. Salauds de riches, vous voilà encore plus riches, et encore plus ingrats. C’est une honte.

La carte, le territoire, et la représentation mentale de la réalité frontalière

Les cartes sont intéressantes parce qu’elles nous présentent aussi une analyse de la réalité. Encore aujourd’hui les cartes de France s’arrêtent brutalement aux frontières: au-delà c’est vide.

C’est le cas pour cette carte de l’IGN qui intéresse notre petit secteur. Genève n’existe pas. La Suisse n’existe pas. Tous les jours des dizaines de milliers de travailleurs frontaliers sortent du monde réel et après avoir traversé une frontière, passent leur journée dans le néant.

L’être est ici. Le néant juste à côté. Une sorte de programme philosophique.

Même si ces représentations tronquées de la réalité sont la conséquence indirecte de droits sur l’image, il n’en demeure pas moins qu’elles induisent une vision erronée de la réalité, et sont la marque d’un nationalisme inadapté. Surtout dans notre région frontalière.

Désertification du centre-ville

Il est possible que rien ne puisse changer la lame de fond actuelle qui à la fois vide les centres-ville de leurs commerces et les paupérise. Un article dans le Point (en ligne) du 12 juillet 2017 analyse le phénomène dont il dit qu’il touche l’ensemble des villes françaises.

Les explications du phénomène qui serait purement français, mais cette affirmation est à vérifier, tiendraient en un mot: urbanisme. On aurait laissé croître les périphéries vouées à la maison individuelle. Personne n’a encore trouvé de solution, mais on en cherche.

Ce qu’il y a de certain en revanche c’est que l’absolutisme de la piétonnisation à outrance actuelle n’est pas la solution. S’il faut revivifier les centres-ville, il ne faut pas non plus les vider des automobiles. Sans elles, pas de commerce, et partant aucune possibilité d’enrayer le phénomène. C’est ce que pense l’auteur. L’article se conclut par cette remarque «Car finalement, pour qu’il y ait des clients, il faut qu’il y ait des travailleurs, des habitants, des automobilistes et des piétons».

Le message doit passer.

Un tribunal dans les champs

Cela n’a rien à voir avec la vie municipale annemassienne, puisqu’il s’agit du tribunal de Thonon. Mais l’incident survenu ce matin du 12 juillet 2017 illustre les dérives du temps. Ce matin là, à la suite d’orages, semble-t-il, l’alimentation électrique du bâtiment a été interrompue. Une panne banale, mais avec de surprenantes conséquences. Alors que des audiences étaient programmées, toutes ont été reportées. A priori on pourrait se demander pourquoi, mais la raison étonnante est que faute d’électricité le portique de sécurité de l’entrée ne fonctionnait plus. La «sécurité» n’était donc plus assurée.

Le côté amusant est que le tribunal correctionnel s’est installé dehors, derrière une table, pour opérer les renvois des différentes affaires.

La logique de la situation est proprement dingue. La sécurité semblait exiger que les personnes passent par le portique. Il ne fallait donc pas les laisser entrer sans les contrôler. En revanche il n’y avait plus d’exigence de sécurité si tout se passait dehors. Pourquoi donc? Il y aurait une sécurité intérieure et une sécurité extérieure.

Tout ça, d’accord, c’est toujours Thonon. Mais ce qui intéresse Annemasse et au-delà la société entière c’est le délire sécuritaire qui est à l’œuvre dans cet incident.

Pendant des lustres les palais de justice de France, de Savoie, et de Navarre, ont fonctionné sans phobie sécuritaire. Il y a toujours eu des incidents partout, rares d’ailleurs, et aucun depuis des siècles qui eût mérité, pour être empêché, l’installation d’un portique. C’est venu il y a une dizaine d’années, tout soudainement, au prétexte qu’une greffière avait été molestée dans je ne sais plus quelle juridiction. Partout on a installé des portiques, et bien entendu on a mis derrière les portiques des gardes. Des portiques et des emplois donc.

Aujourd’hui avec la vague terroriste une justification pourrait être trouvée, encore que. Aucun acte terroriste n’a visé jusqu’à présent un palais de justice, mais allez savoir. En fait ce n’était pas le problème lorsqu’il fut décidé d’installer les miradors, les barbelés, et les gardes.

Ce qui était en jeu et qui seul peut expliquer la décision dépourvue de rationalité alors, c’était purement et simplement l’égo judiciaire. La machine judiciaire revendique être un pouvoir. Et un pouvoir sans uniforme, sans filtre, ouvert à tout vent, ce n’est pas un pouvoir. Un pouvoir suppose la clôture. Un pouvoir qui rend la justice au nom du peuple français, mais derrière un hygiaphone et sur une estrade élevée, ne peut en effet tolérer la proximité du vulgaire. On aime le peuple, mais théoriquement uniquement. En pratique il faut qu’il se tienne à l’écart, ne postillonne pas sur les augustes personnages qui le jugent. Les portiques ont pour première fonction, sinon la seule, d’instaurer cette distance.

Cette dérive est en marche. Elle intéresse aussi la ville d’Annemasse qui à travers le dédale des contraintes, emportées par les mouvements sociaux de fond, pourrait un jour aussi être tentée par l’installation d’un portique à l’entrée de la mairie. Je vote contre.

La baisse de la taxe d’habitation

Impossible d’être contre, alors que les conséquences de cette exonération partielle ne sont pas toutes favorables à tous les contribuables. Une promesse est faite aux collectivités locales: l’État remboursera à l’euro près le manque à gagner. Comme l’État tient toujours toutes ses promesses, braves gens, ne vous inquiétez pas.

Mais des esprits chagrins pourraient avoir la mauvaise idée de se souvenir des innombrables promesses non tenues. Il y aura toujours un bon esprit pour rappeler le mot célèbre «les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent». Le cynisme étant passablement répandu, notre État étant ce qu’il est, il y a malheureusement quelques craintes à avoir.

Les taxes d’habitation qui constituent une ressource importante des collectivités locales vont s’évaporer, l’État les remboursera, mais avec quoi au fait? De l’argent des contribuables cette bonne blague. Où va-t-il le prendre? C’est simple, dans la poche de ceux qui payent déjà.

Ainsi donc les heureux contribuables, ceux qui payent l’impôt sur le revenu, qui supportent la taxe foncière, qui connaissent la CSG, auront le bonheur de payer sur leurs deniers l’exonération de la taxe d’habitation. Un vrai progrès, marqué par l’équité. Ces salauds de riches ne doivent pas être entendus dans leurs jérémiades.

La solution consistant à baisser corrélativement les dépenses restera une bonne idée, mais qui risque de se volatiliser comme le songe d’une nuit d’été.

Pas de panique, les impôts augmenteront, autant que prévu

Une fois encore le discours cède devant la réalité. Durant la campagne électorale, il a été question pour le candidat aujourd’hui élu de baisser les impôts, c’est le message qu’il a fait passer. Même s’il avait été remarqué que ses propositions de baisse manquaient de clarté et de consistance, le message a été reçu. Aujourd’hui la réalité de la situation budgétaire catastrophique laissée par un gouvernement auquel le nouveau président a d’ailleurs participé, semble conduire à un réajustement des engagements. Les promesses sont une fois de plus solubles dans la réalité.

Il y aurait bien une méthode pour réellement baisser les impôts. Elle est connue. Elle est simple. Il faut d’abord baisser les dépenses. Mais ce n’est guère envisagé. Les dépenses sont une machine à cliquet. Les impôts suivent le même mouvement.

Et dans ce tumulte, les finances locales ne vont pas être modifiées d’un iota. Il y aura aussi à ce niveau de nouvelles dépenses et donc immanquablement de nouveaux impôts.

Les extrêmes ont encore de beaux jours devant eux, ils pourront continuer de carburer au ressentiment qui va succéder à l’état de grâce. Immanquablement.

L’intéressante mise au point de Michel Onfray sur Simone Veil

C’est dans le Point en ligne, une vidéo de Michel Onfray qui rend hommage à Simone Veil. Il ajoute ce qui n’est pas à son démérite, qu’elle a toujours été une femme de droite, soulignant que sa position sur l’avortement était emprunte d’abord de bon sens légal, alors qu’elle était personnellement réservée sur ce sujet. Michel Onfray remarque que sous la Ve République un ministre ne peut en rien prendre l’initiative d’une telle loi comme sans l’aval du Président de la République car il est le personnage central du dispositif institutionnel. Michel Onfray demande qu’on n’oublie pas la personnalité essentielle de Valéry Giscard-d’Estaing. Il a raison. La loi Veil est aussi la loi Giscard d’Estaing.

L’agglomération annemassienne va développer un service d’hélicoptères aux heures de pointe pour étaler le trafic

L’heure est aux transports en commun performants pour lutter contre les encombrements. Une nouvelle idée vient de voir le jour lors de la dernière séance du conseil communautaire du 4 juillet 2017, qui fonctionne de plus en plus comme un think tank. Le transport des passagers par hélicoptère. Le volatile mécanique se poserait sur la place de la mairie, emporterait son lot de passagers, survolerait le jet d’eau, et atterrirait devant la gare de Cornavin. Le coût du billet serait subventionné à une hauteur encore non décidée, mais qui serait en toute hypothèse une bénédiction économique, car en fluidifiant le transport aux heures de pointe on accélèrerait les échanges et donc on bonifierait l’économie locale et régionale dans des proportions importantes. Pour reprendre les termes de l’exposé, ce serait «gagnant/gagnant», gnangnan, etc. Citoyens, vous voyez qu’on s’occupe sérieusement de vous et que les projets les plus innovants voient le jour, validés par les études les plus approfondies. Il ne faut donc surtout ne jamais limiter la dépense publique, car sans cela vous ne pourriez bénéficier de ces innombrables services indispensables à votre bien-être.

Bon, c’est vrai que c’est une blague, mais qui a un fond de vérité parce qu’elle décrit un mécanisme à l’œuvre qui repose sur la logique de l’intention. L’intention est toujours noble, donc il ne faut jamais regarder à la dépense, notamment parce que l’intention réalisée répond aux besoins inextinguibles du public.

Adieu donc !

Il peut arriver dans une enceinte politique qu’une agitation momentanée laisse croire qu’un bouleversement serait en cours. Lors de la séance du conseil municipal du 3 juillet 2017, un représentant de l’opposition, Monsieur Matthieu Ménard-Durand a annoncé qu’il passait avec armes et bagages dans le camp de la majorité qui disait l’accueillir à bras ouverts.

Il a donc fait une déclaration toute vibrante de sa protestation qu’il ne trahissait personne et qu’il tirait simplement les conséquences de sa mutation politique. Il exposait qu’il venait de contracter une fièvre virale, la macronite, pour laquelle la seule thérapie possible était la purge majoritaire municipale. Cela a paru fâcher Monsieur Gaconnet, pour LR.

Pour ma part je n’ai pas suivi le chemin périlleux de l’ire politique. D’abord parce que la majorité actuelle du conseil municipal est peut-être, allez savoir, en pleine recomposition et que nul ne sait ce que demain sera. Ensuite, parce que si je crois erroné de pouvoir se sentir propriétaire du vote de ses électeurs, d’autant plus qu’on est élu sur une liste, il ne faut rien exagérer. La majorité n’est pas l’ennemi. L’opposition n’est pas la résistance. Il s’agit d’un épiphénomène individuel et peu significatif.

Il y a un avantage. Les réunions de l’opposition seront encore plus faciles dans la seule cabine téléphonique qui reste en ville.

PS. J’apprends qu’il n’y en aurait plus. Il faut un autre lieu. Le maire a refusé de prêter son bureau, il a peur qu’on y reste. On cherche.

Sous le PLU, la plage

Pas tout à fait, mais presque. La bonne nouvelle du nouveau PLU adopté lundi 3 juillet 2017 par le conseil municipal d’Annemasse est qu’il sanctuarise une zone pavillonnaire. Au moins le gigantisme des constructions sera pour quelque temps arrêté à l’orée de ces ilots. Mais c’est bien en termes d’ilot qu’il faut imaginer ces zones. Ailleurs, partout ailleurs, le moins qu’on puisse dire est que la verticalité s’accroît.

Le maire a eu une excellente image pour justifier la politique urbaine défendue par son adjoint, Monsieur Michel Boucher. Il a évoqué une ville de pleins et de creux. C’était à la mode au temps du structuralisme, quand on déconstruisait le discours et qu’on recherchait dans le social des rythmes explicatifs. Appliqué à la chose urbaine l’image est intéressante, des pleins remplis de bâtiments empilés, et des creux, les rares «espaces de respiration», c’est à dire en langage ordinaire les parcs.

Mais la réalité n’est pas celle du discours qui est toujours impuissant à en épuiser la connaissance. La réalité c’est d’abord que ce PLU nouvelle mouture s’inscrit dans l’espace d’une commune surdensifiée. Annemasse est la ville la plus densément peuplée du département. Rien que cela devrait nous pousser à rechercher une pause dans cette course à la grandeur. Mais non, cela n’arrivera pas.

Après la verrue urbaine de Chablais-par(k)c (K si vous voulez faire chic), et ses bâtiments élevés qui plongent sur des rues étroites, on va récidiver sur un nouvel ilot, celui de l’ancienne clinique. 30 mètres. Et paf!. Que ce ne soit pas en harmonie avec le reste du quartier est insignifiant pour la majorité. Ce qui compte c’est d’abord le discours, ses pleins et ses déliés. Pardon, ses creux. Il y a une justification présentée pour le site de l’ancienne clinique. La justification économique. Les promoteurs ne se bousculeraient pas, l’opération coûterait cher car il y aurait de l’amiante. Une calamité. Celui des promoteurs qui reste fait donc l’aumône, mais en contrepartie de sa charité exige de la hauteur. Comme l’intérêt économique du promoteur devient une nécessité, il aura ses 30 mètres.

Le fâcheux est que le quartier n’est pas à cette mesure. Peu importe. Peu importe aussi que le raisonnement proposé soit extrêmement critiquable. Non pas que l’intérêt du promoteur on s’en fiche, mais sur sa logique. Sous réserve de la réalité de l’affirmation de la gangrène par l’amiante en l’absence du moindre chiffre articulé, de la moindre précision sur les volumes concernés, l’équilibre de l’opération pour le promoteur, quel qu’il soit, est par définition toujours réalisé. Il vend à tant le m2, et pour cela dépense X comprenant le prix d’achat du terrain et du désamiantage. S’il lui faut augmenter le X (amiante) alors si on suppose que le m2 vendu reste à prix constant, il faudra nécessairement baisser la charge du foncier. Il baissera le prix d’achat du terrain. Il offrira moins. C’est donc uniquement la poche du vendeur qui pourrait être impactée. Dès lors on ne peut comprendre l’argument de la hauteur comme compensation au surcoût résultant de la présence d’amiante. Ce n’est pas la poche de la commune. Ce n’est pas non plus celle du promoteur, c’est peut-être celle du vendeur. Mais depuis quand la mairie doit-elle se préoccuper de l’intérêt d’un particulier? Personne n’a rien contre lui, mais ce n’est quand même pas de la faute de la ville s’il y a ou non de l’amiante dans les murs. La logique échappe donc.

Dernier point sur le PLU. C’est une difficulté d’ensemble. On est à 25 % de logements sociaux. C’est la loi. On y ajoute 10 % de logements aidés. Dans la ZAC de la gare ce sera d’ailleurs un tiers de logements sociaux, un tiers de logements aidés, et un tiers de logements libres. La question de cohérence qui se pose est simple. Les foyers qui ne pourront prétendre bénéficier de logements sociaux ou aidés verront nécessairement le prix du m2 augmenter. Le m2 qu’ils vont acheter leur coûtera plus cher puisqu’il inclura nécessairement le manque à gagner de chaque promoteur sur les m2 sociaux. Il faut réfléchir à cela.

Sous le PLU, il y a sinon la plage du moins quelques tuiles.

Simone Veil a quitté notre monde

C’est avec une profonde tristesse que j’apprends la disparition de cette femme exceptionnelle qui a marqué son époque et ma génération. Malgré les épreuves terribles qu’elle a connues, l’enfer qu’elle a traversé, elle a eu la force de se tenir sur les sommets de l’humanité. Son exemple fait reculer les ténèbres.

Ordres du jour en solde: celui du conseil communautaire du 4 juillet 2017

C’est un mois de juillet de folie, le 3 conseil municipal d’Annemasse le , le 4 conseil communautaire, le 4 toujours fête nationale américaine, le 14 fête nationale française, Noël cette année sera le 25 décembre, et le nouvel an tombera le 1er janvier. Le 3 juillet le président s’adressera au congrès, le 14 Trump s’adressera au président. Le 15 ils devraient me rendre mon peigne que je ne retrouve plus, je ne sais pas si je l’ai oublié à l’Elysée ou à la Maison blanche.

Ordre du jour à cliquer : Ordre du jour du conseil communautaire du 4 juillet 2017

L’indifférenciation est le premier stade de la recomposition

Voici qu’un membre de l’opposition au conseil municipal à Annemasse change de camp et passe dans celui de la majorité qui s’apprête à faire sonner les trompettes de la victoire lors de la prochaine séance du 29 juin 2017. Depuis le début du mandat, ce sera la seconde défection enregistrée dans les rangs de l’opposition. Une similitude entre les deux, aucun défroqué n’a songé à démissionner. Ce qui implique braves gens que même à ce petit niveau le personnel politique se pense propriétaire de votre vote dès que vous l’avez exprimé.

La question politique qui est posée est celle de la recomposition qui pour le coup est en marche. L’inconnu pour l’instant est de savoir si le maire ne va pas aussi se décomposer avec le reste de sa majorité socialiste alors que la maison s’effondre, pour se recomposer sous de nouvelles couleurs. On a vu pire dans le passé. On verra sans doute des changements encore plus radicaux dans le futur.

Ce qui est en marche c’est l’indifférenciation politique. Normalement, les conservateurs sont en cravate, les socialeux à poil laineux sont en chemise ouverte. Mais c’est l’été, tout fond. Les conservateurs sont en teeshirts et les socialistes sont gris de poussière à force de raser les murs. Un seul magma existera dans lequel vont se fondre toutes les farces politiques. Du chaudron sortiront quelques spectres qui vont prétendre poursuivre la gestion de la ville.

La 4e circonscription de la Haute-Savoie a conservé son excellente députée

Ce n’était pas gagné à l’issue du premier tour. Mais finalement la députée sortante, Virginie Duby-Muller a conservé son siège. Elle a mérité cette victoire, par son dynamisme, par son professionnalisme, par sa connaissance des problématiques locale. À la différence de son adversaire du second tour. Les électeurs ont préféré la solidité de cette femme politique à l’amateurisme de sa challenger. Les perdreaux de l’année ont gagné partout ailleurs, sauf à Bonneville qui est aussi une exception. Ainsi va le monde. Mal partout, mais bien ici.

La 5e circonscription de la Haute-Savoie a une nouvelle députée

Personne ne la connaissait. Elle venait de Rouen. Elle dit d’elle qu’elle est ingénieur agronome, pourtant elle n’a pas fait agro. Elle a fait une école privée. Elle a été recrutée par une mouvance marginale de l’UDI au temps (récent) de sa constitution, et la voilà conseillère municipale à Thonon. Puis, dans la foulée elle devient vice-présidente de l’UDI départementale, sans aucun doute en raison de ses immenses compétences politiques. De là elle saute dans le train Macron, qui recrutait apparemment d’abord en fonction des photos d’identité. Bingo. Sans même de connaissance des dossiers locaux, le débat du second tour entre elle et la candidate LR le montre assez, presque sans campagne, elle est élue. Le moins qu’on puisse dire est que le renouvellement est en marche.

On va commencer par une hausse des impôts

Et pourtant Bruno Le Maire dit : «Il faut en finir avec l’addiction aux dépenses publiques». Il y a donc des chances que les impôts augmentent encore plus. La CSG bien sûr, mais comme les sous vont manquer dans les finances locales la fête va commencer au plus près de chez vous, munificents contribuables. Vous avez voulu Macron, et bien vous l’avez avec ses promesses de tartiflettes. Et en plus vous vous êtes abstenus en masse, bande de nouilles, alors pas un mot, pas un son, sortez votre portefeuille, et que ça saute. Bons à rien, silence dans les rangs. Vous n’avez même plus le droit à la parole que vous avez honteusement refusée en vous réfugiant dans l’abstention, bande de tartes. Tartes, nouilles, sont ici des euphémismes et même des euphémismes édulcorés, uniquement en raison des exigences de la bienséance.

Alors, on explose ?

C’est à l’ordre du jour, et surtout la mèche est allumée qui conduit au baril plein de poudre. L’opposition, pour partie confiante, pour partie défiante, se cherche. Et dans l’opposition il y a le Nouveau Centre et l’UDI. On sent déjà de nombreuses lignes de fracture. C’est ce qui est passionnant.

La question posée est celle de la pertinence du «constructivisme».

On peut bien sûr rêver qu’il y ait des questions sur lesquelles se dégagerait un consensus. Sur le papier c’est idéal, des majorités d’idées portées par des députés raisonnables. Mais en pratique il n’est pas certain que le rêve puisse se réaliser. Sinon pourquoi donc ni la IIIe ni la IVe République ne sont-elles jamais parvenues à réunir de telles majorités, au point de susciter une instabilité gouvernementale telle que l’une et l’autre totalement paralysées, ont fini par se saborder? La IIIe, avec une majorité de front populaire, c’est-à-dire de gauche, en votant les pleins pouvoirs à Pétain dans ce funeste été 40, la IVe en appelant de Gaulle à la rescousse pour se sortir du pétrin algérien. S’il était aussi simple de réunir des majorités d’idées alors jamais ni la IIIe République ni la IVe n’auraient échoué aussi lamentablement.

Mais en l’absence de toute autre solution, il faut bien s’en remettre au rêve et à l’utopie.

La disparition des dinosaures

Si le temps n’était pas un continuum et que nous puissions retourner 65 millions d’années en arrière pour admirer les derniers dinosaures brouter l’herbe sauvage en noyant de leurs bouses gigantesques nos ancêtres les souriceaux effarés qui tentaient d’échapper à une mort certaine en slalomant entre leurs pattes titanesques, nous verrions aussi des macronistes furieux dépecer de leurs crocs acérés le ventre mou des républicains agonisants et des centristes gisants. L’heure de la recomposition a sonné sur le terreau fertile des chairs politiques décomposées. Toute la difficulté des temps inauguraux est d’inventer les formes correspondantes, de générer de nouveaux acteurs, jouant dans de nouvelles règles. Sinon on retrouve bientôt les néo-dinosaures empilés sur ces nombreuses prébendes qu’offre la république généreuse. Rien n’est jamais moins sûr que l’émergence d’une nouvelle espèce. Soyons pessimistes et retournons en arrière où tout n’était pas si insupportable, plutôt que d’avoir foi dans ce mirage imposé par les puissants de l’heure.

Un futur de tous les dangers

Il est dit qu’on devrait se réjouir du coup de balai donné aux formations politiques traditionnelles et qu’une ère nouvelle commencerait le lundi 19 juin 2017. Peut-être. Mais nouvelle ère ou pas au niveau national comme local, et après la gueule de bois qui suit toujours la fête, d’immenses tâches restent à accomplir. Et qui sont toutes de nature à décevoir profondément les électeurs et leurs doubles, les abstentionnistes.

L’urgence est au redressement des comptes de la nation. Non pas à cause ou grâce à Bruxelles Berlin, mais simplement parce que le mur est proche dans lequel le train des dépenses publiques ira se fracasser nous entraînant dans sa catastrophe. Il faut donc redresser les comptes. Mais on ne peut plus le faire par l’augmentation des impôts. Encore que. Nous allons avoir la joie d’accueillir une augmentation de la CSG, qui est un impôt, mais en apparence et en apparence seulement un impôt devrait disparaître, la taxe d’habitation.

Il faudra d’ailleurs que soit expliquée la logique de cette réforme alors que dans le même temps la taxe foncière subsiste et que l’une n’est jamais que le complément de l’autre. Peut-être une réforme de tous les impôts locaux se profile-t-elle. En ce cas il ne faudra pas s’arrêter en chemin et ne pas revoir tout, de l’impôt sur le revenu à l’impôt sur la fortune en passant par la CSG.

Ce seront donc les finances publiques qui devront mobiliser le gouvernement et son parlement, qui comprendra une force d’opposition «constructive» gravitant autour des conservateurs de notre vie politique. Les extrêmes ne compteront que dans la rue. Mais qui dit finances publiques et limite son propos au seul État n’aura pas apporté de réelle solution au cancer des dépenses.

C’est en ce point que la problématique nationale rejoint celle plus locale des dépenses des communes, des intercommunalités, du département, de la région. Car faire l’impasse sur cet aspect est suicidaire et ne permettra jamais d’apporter des solutions salvatrices. Ne nous trompons pas: le redressement national passera par la domestication des dépenses locales.

Parce que sur ce chapitre et pour des raisons diverses qui quelques fois sont d’une parfaite trivialité, toutes les collectivités territoriales ont non pas seulement dérivé, mais déliré. Le délire continue et il n’y a malheureusement aucun psychiatre politique qui pourrait mettre sous camisole ces élus locaux qui vous veulent tant du bien qu’année après année ils creusent avec un rabot quasi indolore, deux sous par-ci, un euro par là, vos finances personnelles, chers concitoyens. Vous êtes les vaches à lait des collectivités terrorisantes avant d’être territoriales. Ce qui est raboté avec tant de science, ce sont vos économies, vos revenus.

Vous en voulez une démonstration? Prenez vos avis d’imposition pour les taxes d’habitation ou les taxes foncières. Mais pas seulement de l’année dernière. Prenez-les sur dix, quinze, vingt ans. Comparez. Courez alors vous inscrire dans un parti politique pour que ça change, c’est votre seule solution. L’abstention dont vous êtes aujourd’hui les champions ne vous servira à rien. Jamais.

Au moins Cambadélis fait rire

Dans son discours après l’annonce des résultats catastrophiques pour les socialeux à poil laineux, il a eu ce type de lapsus calamiteux qui font rire longtemps après. Voulant évoquer un «coup de baguette magique» pour qualifier la victoire des suppôts de Micron, il a dit le «coup de balai magique». Il a raison le bougre, un vrai coup de balai magique venu du ciel a jeté dans les poubelles de l’histoire les raclures socialistes.

Pas de blagues, allez voter!

Il y a une députée qui s’est démenée pendant 5 ans pour vous, bande de pommes, et vous resteriez à fainéanter sur vos sofas? Alors que la patrie est en danger? Si vous avez une once de morale, vous devez aller voter. Si en plus vous avez du bon sens, alors aucune hésitation n’est possible.

Même quand c’est tard, il faut se réveiller

Ce n’est pas parce qu’on a eu honte du président de la République pendant ces cinq dernières années, et qu’il est enfin parti, qu’il faut se réjouir. Ce n’est pas le moment.

Un nouveau président a été élu.

Viennent les élections législatives et leur second tour. En lice, la députée sortante Virginie Duby-Muller qui est devancée par la candidate LREM.

Virginie Duby-Muller a servi notre secteur pendant 5 ans avec compétence, énergie, intuition, volonté. Elle a déployé un travail acharné. Elle a été réellement à l’écoute de ses concitoyens. Elle a constamment été claire sur ses choix. Sa personnalité a rafraîchi le monde politique. Elle est jeune, mais ce n’est pas la question.

Si en Haute-Savoie un député devait être épargné par la vague qui va porter dans l’hémicycle une majorité d’alliance de carpes et de lapins sous la couleur du président élu, ce devrait être elle. Et peut-être elle seule.

La question est de savoir si on veut une députée solide, enthousiaste, intelligente ou si on lui préfère l’illusion d’un soir avec la gueule de bois du lendemain.

Reste à aller voter.