Du Perrier, du tram, et des élections: mise au point.

Apprenant les réactions suscitées par la critique que j’ai formulée du
tracé retenu pour le tram, je tiens à dissiper tout malentendu sur ma
position.

L’imbécilité majeure qui nous coûtera finalement très
cher quand il faudra y remédier, est de ne pas faire aller le tram
jusqu’à la gare, en le faisant passer par la place Jean Deffaugt, après
avoir sacrifié la rue des Voirons.

C’est ce que j’ai écrit, et
que je réécris aujourd’hui. Je persiste et signe. MAIS JE N’AI JAMAIS
DIT QU’IL NE FALLAIT PAS QUE LE QUARTIER DU PERRIER SOIT DESSERVI !

Il ne s’agit pas de choisir entre la gare et le Perrier, ce que je soutiens c’est qu’il faut desservir les deux.

Une
seconde mise au point doit aussi être faite. Le tram est un moyen de
transport à l’échelle d’une agglomération, il n’a aucune vocation à
privilégier tel ou tel quartier, ce n’est pas sa fonction. Aussi quand
il est suggéré qu’il serait fait dans l’intérêt du seul Perrier, j’écris
qu’on cherche ainsi à gagner des voix aux prochaines élections, que c’est de la pure démagogie et que c’est une pure illusion. Même avec le
tracé projeté passant par la Place Jean Deffaugt au lieu de la gare,  le
tram est d’intérêt commun, et avec un tracé – logique – allant jusqu’à
la gare, son tracé ne nuirait en rien aux intérêts particuliers du
quartier du Perrier.

Le tram ira jusqu’à la gare. Mais quand on voudra le prolonger, cela coûtera encore plus cher.

Pourquoi M Dupessey peut-il perdre les futures élections ?

Ce n’est pas ici que je dirais qu’il était un mauvais maire, je lui
décerne sincèrement l’éloge qu’il mérite pour ses qualités politiques ainsi que les blâmes qu’il ne mérite pas moins pour ces mêmes qualités.
Loin de moi aussi l’idée de m’en prendre à l’homme, il est respectable,
même si parfois il déverse son venin, généreusement quand il a été
blessé par des attaques exagérées voire outrancières. Une conseillère en
a fréquemment fait les frais. Mais sinon, en dehors de ces
circonstances somme toute exceptionnelles, l’homme est sympathique,
adroit, et plutôt convivial, encore que sur ce chapitre je m’en remette à
mon intuition plus qu’à ma connaissance, car je ne le fréquente pas.
S’il peut perdre, ce n’est sans doute pas en raison de défaillances,
mais plus probablement en raison d’une pluralité de facteurs qui sont en
dernière analyse intrinsèquement politiques.

Le premier facteur est la rançon de l’habileté. Un peu d’histoire sur
ce point. Venu de l’extrême gauche, il s’est progressivement
embourgeoisé dans la gauche traditionnelle, celle de la bienpensance
droit-de-l’hommiste (pour moi une qualité), engoncée dans ses antiennes
cryptomarxistes, ses idées reçues sur le service public et les
différentes vaches sacrées du panthéon socialiste. Puis quand il prit
la succession du commandeur Borrel, il a voulu effacer son appartenance.
Pendant la campagne de 2008, il prit grand soin de ne jamais dire où il
se situait politiquement, sinon vaguement dans la gauche, laissant
imaginer qu’il n’y prêtait aucune attention particulière. Il se disait sans
étiquette, rassembleur, gestionnaire.

Faux. Dès le lendemain de l’élection, il a pris sa carte au Parti
Socialiste. Le revers de l’habileté est généralement le discrédit
qu’elle jette sur la sincérité. C’est de ça dont il est question dans la
problématique actuelle du rejet de la classe politique sous
l’accusation du tous pourris. Va-t’il continuer à se dire d’aucun parti ? En tout cas le premier document de sa campagne qui a été diffusé lundi 2 décembre 2013, ne comporte aucune référence à un quelconque parti. La réponse est donc qu’il récidive.

Le second facteur, commun à la classe politique, est qu’il prend les
électeurs pour des billes. Comme beaucoup il a assuré pendant la
campagne de 2008 qu’il n’occuperait que le mandat de maire, qu’il serait
un maire à plein temps.

Faux. Dès le surlendemain il était élu comme conseiller régional sur
la liste du PS. Sauf à dire qu’il n’exerce pas ce mandat, ce qui
réjouirait considérablement nombre de ses électeurs, il faut en
conséquence penser que l’homme bourré de qualités, consciencieux comme
il est, ne peut que se consacrer aux deux mandats. C’est à dire au final
qu’il est maire à mi-temps, et conseiller régional à mi-temps.
Personne  ne lui reprochera en plus de siéger dans différentes
instances, dont celle de l’agglomération. Personne ne peut être mesquin
dans la critique. Moi, si. Je suis mesquin, je persiste et je relève que cette contradiction est inacceptable.

Le troisième facteur est lié à son parti. Les Français ont la gueule
de bois. Après la fête de la campagne de François Hollande, le type qui
disait « moi, président de la République…», qui au final
s’est révélé être ce qu’il était, et après la fête, le désastre. Le Parti
Socialiste en est rendu justement responsable. Une profonde vague se
lève dans le pays. Elle débouchera malheureusement peut-être sur des
lendemains encore plus noirs. Mais elle risque de balayer beaucoup
d’élus sur son passage, sauf miracle économique, ce qui sans être
impossible n’est toutefois pas probable au stade actuel de la
déliquescence du pays.

Le quatrième facteur tient au ressentiment particulier qu’une
fraction de l’électorat pourrait nourrir à l’égard du pouvoir socialiste
actuel. Notre maire l’a senti, et il s’emploie à dire tout le bien
qu’il affirme penser des frontaliers. En réalité comme tous les
socialistes il doit les haïr pour ce qu’ils représentent : des riches
arcboutés sur leurs avantages. Il a marché avec eux lors de leur grande
manifestation. Mais, curieusement, comme s’il avait honte, il était le
seul élu à ne pas porter son écharpe. L’avait-il oublié ? N’aurait-il
pas eu toute sa tête ce jour-là ? Plus vraisemblable était la gêne de
savoir que ses copains du gouvernement avaient planté leur couteau dans
le dos des richards, cependant que, lui, était bien obligé de ne pas scier
la branche sur laquelle les finances de la ville sont en partie
assises. Mais chassez la vérité, elle revient au galop. La vérité de la
position exécrable des socialistes apparaîtra aux intéressés, sacrifiés
sur l’hôtel des finances du gouffre de la Sécurité Sociale.

Le cinquième facteur est le résultat de plus de 30 années de gestion
socialiste de la ville. Une laideur sans pareil relativement aux moyens
que la ville possède. C’est un record sans doute mondial pour une cité
d’une richesse incroyable. On peut vivre avec le laid. D’autant plus
facilement qu’on peut le fuir. Et nos concitoyens, pour beaucoup, après
quelques années dans la ville, s’en vont vivre sous d’autres toits. Mais
le laid suscite le ressentiment, et le ressentiment à force d’être
bridé finit par se déverser comme la mauvaise bile du vent mauvais. Ce
facteur est corrosif.

Le dernier facteur est l’usure. L’usure d’une majorité municipale qui
ne peut plus se renouveler. Plus de coalition à l’horizon pour la
sauver. Elle est seule en face de ses déçus.

Aucune victoire n’est jamais sûre, aucune défaite non plus, mais
cette fois à Annemasse la lente rotation des astres éclaire une nouvelle aube. Il vaudrait mieux qu’elle ne soit ni noire ni rose. Le bleu lui irait à ravir.

Thirtynine And Holding by Jerry Lee Lewis on Grooveshark

Le délit du blocage des routes

Quelles que soient nos couleurs politiques, quelles que soient nos opinions, il existe des pratiques qui sont intrinsèquement condamnables. Le blocage des routes est l’illustration d’un abus caractérisé qui porte une atteinte intolérable à la première des libertés, celle de circuler et de communiquer.

Hier les routiers, dont la plupart sont «sympas». Aujourd’hui les bonnets rouges, qui pourraient être bleus aussi bien. Quelles que soient les sympathies que ces mouvements nous inspirent, bloquer les routes est une forme de délinquance inadmissible.

Tous nos bonnets en colère seraient d’ailleurs plus efficaces en bloquant la machine administrative de l’État. Au choix : les palais de justice, les centres des impôts, etc.

Non seulement leurs mouvements seraient observés avec bienveillance, mais on peut être sûr que ce serait efficace. Imaginez la paralysie immédiate que cela provoquerait. Rien à voir avec ces misérables actions coup de poing qui bloquent une autoroute aux heures stratégiques, et mettent en péril des milliers d’actions, celles qui composent la trame de la société.

L’État est l’ennemi, le seul ennemi de notre monde moderne. L’ennemi de chacun. L’ennemi des entreprises. L’ennemi de la compétitivité, l’ennemi de la liberté. L’ennemi surtout de la Société. Le bloquer c’est faire aboutir les revendications dans la mesure de leur faisabilité. Bloquer les routes, les trains, les postes, c’est porter atteinte à la société.

Rien n’est plus désespérant que l’unanimité.

Tous les conseils municipaux ne se ressemblent pas. Au dernier le 28 novembre 2013, on a trouvé le moyen d’être tous d’accord sur les retards scandaleux pris par le haut débit à Annemasse. On était d’accord sur le fait que la solution choisie d’en abandonner l’installation à un opérateur historique n’en permettait pas un déploiement rapide. Notre bon maire en a profité pour susurrer que ce choix avait été fait par le précédent gouvernement de nos amis. Qu’il est sympa ce maire. Toujours un compliment à la bouche, rien que de la bonhomie, presque des chocolats à Noël. Mais comme je suis un ingrat parmi les ingrats, mais sans audace, j’ai ajouté que ses amis du gouvernement actuel ne faisaient rien pour changer la donne. Aussitôt notre édile préféré qui est en même temps disk jokey des séances, a lâchement ajouté, comme je ne pouvais plus reprendre la parole, que la solution du SYANE (un syndicat départemental) aurait été une bonne chose si l’État nous l’avait laissée, et que le triomphe du socialisme était un nouvelle fois établi puisque le secteur privé se retrouvait dans les choux. Le conseiller spécialement chargé de cette question a encore enfoncé le clou du combat du Public contre le Privé et a tordu le cou à l’hydre malfaisante du capitalisme incapable de déployer ses réseaux quand il n’y avait pas de sous à gagner. Cet éloquence m’a coupé la chique, encore plus sûrement que la panne du système audio qui est survenue quelques moments plus tard. Entre nous, on s’en fiche de savoir si cela doit être public ou privé. Ce qui compte c’est que ça existe et que ça marche. Nous prenons des années de retard. Et pendant ce temps le taux du chômage est à deux chiffres dans la ville.

Heureusement il y avait encore une pomme de discorde. Le parking dont le tarif a été voté. Le maire affirme que tout va bien puisque le premier quart d’heure est gratuit. Nous sommes d’avis qu’il faut que la première demi-heure soit gratuite. On était prêt à en venir aux mains. J’ai retenu Louis Mermet qui montait sur la table pour coller son droit dans la tronche d’un parcmètre égaré dans la salle, et heureusement on s’est souvenu qu’il y aurait bientôt des élections. Tout est rentré dans l’ordre. Je veux rendre hommage à M le Maire qui sur ce point encore a défendu le socialisme, mais cette fois-ci à front renversé, le privé contre le public au lieu du public contre le privé. En gros il ne faut pas faire de peine à la SAGS, qui pourrait se venger en faisant supporter le manque à gagner à la ville, ce qui conduirait, j’en frémis à l’énoncer, à faire supporter par la collectivité des contribuables la charge du stationnement plutôt qu’aux seuls usagers, comme c’est justice sociale.

Cet argument est un désespérant artifice rhétorique, il est vide de sens. En matière de transport la justice ne peut consister à faire supporter la charge à l’usager, plutôt qu’au contribuable. L’automobiliste aussi est un contribuable. Le contribuable n’est pas nécessairement un usager des bus, du tram, du CEVA, pour lesquels il va pourtant se saigner aux quatre veines par les impôts locaux. Alors, pourquoi pénaliser l’automobiliste en lui piquant tous ses sous ? La réponse est : parce que ceux qui dictent ces solutions ont bonne conscience. Ils sont nés dans le camp du bien, celui du socialisme. L’automobiliste appartient au camp du mal.

Nous sommes du côté des usagers et des commerçants, contre le lobby des transports.

Il n’y aura eu aucune divergence de vues sur la définition d’un périmètre d’études au lieu-dit «le Châtelet» afin de geler les terrains. Un bon esprit voulait même étendre le périmètre au cimetière, ce qui nous a refroidi encore plus.

Harmonie du soir, espoir.

Harmonie du soir à Châteauguay by Beau Dommage on Grooveshark

Attraction et répulsion.

Ce qu’il y a de bien avec le centrisme, c’est qu’il n’en finira jamais de se transformer et tel le phénix de renaître de ses cendres quand on le croit mort. Parce qu’il est fondé en fait sur des valeurs constantes, qui ont déjà traversé les siècles et qui poursuivront leur carrière tant qu’il y aura des hommes de bonne volonté.

Tous ceux qui ont traversé depuis quelques décennies ses diverses déclinaisons, et qui ont eu l’idée de conserver leurs cartes d’adhérent, pourraient presque en tapisser un mur. La dénomination peut changer en quelques années, voire en quelques mois dans les périodes fastes. Hier sous telle étiquette, demain sous une autre. Hier UDF, puis CDS, puis Force Démocrate, puis (j’en oublie) UDF, puis Nouveau Centre, puis UDI, puis….L’Alternative. La carpe et le lapin, l’UDI et le Modem, Borloo et Bayrou. Un journaliste du Figaro a évoqué sur iTélé l’alliance de l’aveugle et du paralytique. Le mot est joli, mais il est inexact. Ce que ces métamorphoses démontrent c’est d’abord la vitalité des idées centristes.

Même quand on ne nourrit aucune sympathie à l’égard du Modem, marqué par des idées fumeuses sur la VI° République, son ralliement à la gauche, et surtout par une ambition démesurée de nombre de ses personnalités, à commencer par Bayrou et en redescendant jusqu’aux échelons les plus locaux et les plus obscurs, on ne peut en rejeter le demi-tour droite. Le fâcheux effet girouette qui en résulte n’est bien entendu pas la marque de la force des convictions. Il est le signe patent d’un égotisme démesuré, intéressé et simplement calculateur, mais peu importe.

Même sans sympathie à son égard il faut accueillir comme une bonne nouvelle son ralliement aux valeurs qui ont toujours fondé le centre droit, et à sa nécessaire alliance avec l’UMP, c’est à dire avec la droite  «républicaine». La création de «l’alternative» est raisonnable, et tant qu’on ne demandera pas aux militants du Nouveau Centre, de l’UDI, et du parti Radical de suivre Bayrou que beaucoup abhorrent, tout se passera bien. Si l’alternative devait devenir fusion, on peut parier que derrière surviendrait l’une de ces scissiparités dont les centristes ont le secret, qui est inscrite dans leur ADN comme un moyen de survie.

Il est difficile aujourd’hui de prédire le succès ou l’échec de la démarche raisonnable engagée au sommet des appareils politiques. Nombreux seront ceux qui la soutiendront pour que vive le centre, et ses idées démocratiques, libérales, fédéralistes. Elle s’inscrit dans une juste stratégie de conquête du pouvoir, pour laver le pays de la pollution socialiste.

You Are My Sunshine (feat. Sheryl Crow & Jon Brion) by Jerry Lee Lewis on Grooveshark

Comment produire du néant avec plus de 300 préposés sans compter les élus, et augmenter les impôts locaux en toute irresponsabilité ?

C’est simple : faites une agglomération.

Ne vous contentez pas d’un vague syndicat de communes qui n’aurait comme seule fonction que de gérer le réseau d’eau et les égouts.

C’est trop mesquin.

Robert Borel dans sa toge de commandeur, un jour qu’il était interviewé par une chaîne de télévision régionale, expliqua qu’au début du syndicat des 6 communes entourant Annemasse, il y avait seulement 6 préposés. Et de se féliciter dans sa vision collectiviste de la société d’être passé en moins de vingt ans à la situation actuelle de «l’agglo» à plusieurs centaines. C’est ça le progrès à ses yeux.

L’actuelle agglomération, sorte de super syndicat de communes n’a plus seulement comme compétence le réseau d’eau et les égouts, on y a ajouté les poubelles, le transport, la piscine, la solidarité internationale, etc. Tout plein de compétences qui justifient que chaque vice-président émarge au budget pour les frais de son indispensable présence, que tous les maires (12) des communes regroupées dans «l’agglo» soient au minimum vice-président, que beaucoup d’élus en dehors des maires aient quelques fonctions et donc de probables indemnités.

La situation actuelle a été voulue par toutes les communes, à l’exception des réserves de l’une d’entre elles.

Sous l’aiguillon d’une étude de KPMG qui vantait les mérites des regroupements, une agglomération fusionnant deux communautés de 6 communes chacune, la 2C2A et la Communauté des Voirons, a été constituée. L’expert (au moins en honoraires, je suis jaloux)  aura vendu à travers toute la France la même soupe qui a partout asséné à coup de présentation de son diaporama, le mantra simple à comprendre par les élus les plus obtus, il y aura des é-co-no-mies-d’é-che-lles.

Le mot magique : économie. Mais pour ajouter à la simple magie une touche de modernisme technocratique, l’autre mot magique est «d’échelle». Tous les élus, sauf quelques esprits très terre à terre, ont été endormis par la litanie. Ils sortaient des séances d’hypnose sous la conduite des gourous de KPMG avec cette certitude d’ivrogne que c’était, hic, pour le bien de tous puisqu’on allait faire des «économies d’échelle». Lesquelles n’ont jamais été et ne seront jamais décrites.

Et tout de suite «l’agglo» s’y est mise. Elle a réalisé toutes affaires cessantes, un hôtel de l’agglomération, au cœur du nouveau quartier qui borde les voix ferrées à Annemasse. Mon Dieu qu’il est beau. Le plus extraordinaire était sa justification. Le personnel de «l’agglo» était à l’étroit et il fallait nécessairement qu’il ait plus d’aise. Outre le fait qu’on louait des bureaux pour le loger. On les louait pour un prix de 100 par an par exemple, ce qui était de l’argent perdu, et très logiquement on allait rembourser 200 par an pour amortir l’emprunt nécessaire à la nouvelle construction, mais on serait propriétaire avec deux ou trois fois plus de surface. Laquelle surface s’appelle le vide, et comme la  nature administrative a horreur du vide, elle le remplit immédiatement de nouveaux préposés. D’ailleurs en 2012 il y a eu une augmentation des effectifs.

Devant cette logique de Gribouille, comment s’étonner que «l’agglo» se lance séance presque tenante dans des investissements à grande échelle : la participation au CEVA, et le tram, dont on se fout de savoir que son tracé soit en bout de ligne totalement incompréhensible, car il ne va même pas jusqu’à la gare. Sans doute va t’on nous sortir une étude (payée par le contribuable) qui le justifie.

Mais il y a pire. Il y a le glissement incessant des dépenses par l’ectoplasme aggloméré.

C’est l’ineffable KPMG qui le dit dans une nouvelle étude, toujours payée par le contribuable, sur l’avenir à court terme des finances de «l’agglo». Une catastrophe. Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut s’interroger sur les raisons pour lesquelles pour faire une projection des données financières il faille recourir à des études payées à prix d’or, alors que la pléthore de personnels, tous plus qualifiés les uns que les autres, dont des dizaines travaillent à la seule gestion administrative de l’«l’agglo» auraient en théorie parfaitement pu effectuer le travail ? C’est le principe du caractère illimité de la dépense publique qui transparaît là. Aucune limite, jamais.

L’illustration est malheureusement donnée, car c’est un malheur, par le rapport commandé par la communauté d’agglomération, et livré par KPMG en avril 2013. Sur la période courant de 2012 et 2016, les conclusions sont atterrantes :

«On note une progression importante des charges courantes de fonctionnement entre 2012 et 2013 à près de 6 % de croissance, qui ralentit par la suite (+2,08 % de croissance annuelle moyenne entre 2013 et 2016). Entre 2012 et 2016, les charges passent de 30,6 millions à 34,4 millions d’euros, soit une progression globale de 3,8 millions d’euros en 4 ans».

Et c’est le hors-d’œuvre.

La suite sous le chapitre «synthèse» est proprement effarante. Deux solutions sont proposées par le cabinet expert en pompage d’honoraires :

« Solution 1 : hypothèse 5 % de TH (1) et CFE afférente (2) : +3 % de hausse de fiscalité supplémentaire, soit une annuité de 400 k€, soit 4,2 millions d’euros structurels supportable,

Solution 2 : hypothèse 6,5 % de TH et CFE afférente : soit + 4,5 % de hausse de fiscalité supplémentaire, soit 630 k€ d’annuité, soit un emprunt de 6,75 millions d’euros structurel supportable».

Indigeste. Mais le principal au terme de cette somptueuse (vu le prix) analyse est sa conclusion :

«Selon l’arbitrage réalisé en matière de hausse de fiscalité, les marges de manœuvre structurelles de la collectivité seraient plus ou moins réduites pour mener à bien ses investissements».

On vous le donne en mille. En fait il n’y a aucun choix. On voit rarement des élus qui dépensent l’argent des autres choisir entre la peste et le choléra, le choléra, s’il suppose une «marge de manœuvre» plus réduite. Les roitelets détestent par-dessus tout avoir la moindre limitation de leur splendide imagination dépensière. Donc la solution la plus probable sera celle passant par la hausse maximum de la fiscalité locale. La peste plutôt que le choléra, mais même avec le choléra il y aurait une forte hausse.

Hélas, ce n’est pas tout.

Il y a encore pire dans cette étude. Le pire réside dans la note qui figure en première page :

«Les impacts du projet de tramway n’ont pas été intégrés à cette prospective. Les simulations qui seront présentées, notamment en matière de fiscalité, n’intègrent pas les besoins qui pourraient apparaître dans le cadre de ce projet spécifique».

Maman ! Au secours !

(1) : TH = taxe d’habitation

(2) : CFE = Cotisation
Économique Foncière; c’est le nouvel impôt local qui remplace la taxe
professionnelle avec la CVAE qui signifie Contribution sur la Valeur
Ajoutée des Entreprises, les deux CFE + CVAE composant ensemble la CET,
contribution économique territoriale

La dame de Haute-Savoie by Francis Cabrel on Grooveshark

Le maire d’Annemasse flottait comme une ombre, sans son écharpe tricolore,

Dimanche 20 octobre 2013 à la manifestation des frontaliers dans les rues d’Annemasse.

On peut comprendre l’homme. Très légèrement en délicatesse dans cette situation. Il a soutenu Hollande qui n’a jamais fait mystère en 2012 de son hostilité au régime des frontaliers. Alors que tous les élus qui soutenaient la manifestation arboraient les signes républicains de leur fonction, le maire d’Annemasse participait sans participer, faisait semblant d’être là, mais discrètement, sans son écharpe. Il flottait au côté de la manifestation, sans y être totalement impliqué. Les socialistes, et M Dupessey est socialiste, vomissent tout ce qui est étiqueté «privé». Ils vomissent l’économie privée, les sociétés privées, les assurances privées. Ils ne jurent que par le «public». Peu leur importe que les cotisations d’assurance maladie soient moins élevées chez les assureurs privés que celles de la sécurité sociale. Les frontaliers rapporteront entre 150 à 170 millions d’euros aux caisses de sécurité sociale, sous le régime de la CMU qui s’imposera à eux le 1er mai 2014. Peu leur importe aux socialistes que cette amputation du pouvoir d’achat de 65 000 travailleurs puisse avoir des répercussions catastrophiques sur l’économie locale qui perdra cette différence entre les cotisations privées et celles de la CMU, multipliée par 65 000. Les frontaliers craignent de perdre un mois de salaire. Mais même un demi-mois de salaire serait énorme à l’échelle économique d’une région. Peu leur importe aux socialistes prisonniers de leur idéologie minable qui psalmodient le mantra du service public, sans s’interroger sur son improductivité endémique, dans un contexte de gaspillage généralisé, que la solution qu’ils imposent conduise au final à un appauvrissement de toute la société. Ils ne se posent même pas la question du choix entre différents systèmes possibles de sécurité sociale. Peu leur importe puisque ce ne sont ni les réalités qui les guident, ni le souci du bien commun. Ce ne sont pas les traités qui imposent la suppression du droit d’option. Il n’y a pas de sanction en pratique et la dérogation pouvait être reconduite aussi longtemps qu’on le souhaitait. Mais c’est justement sur le souhait que tout cela coince. Les socialistes, et leurs flatteurs ont même prétendu que c’était contraire à la constitution, au principe d’égalité. Alors même qu’il n’est besoin d’aucune loi pour proroger la dérogation, puisqu’il suffit de ne rien faire et qu’on a jamais vu que le Conseil constitutionnel était à l’initiative d’une loi.

Le 20 octobre 2013 aura été une bien belle journée malgré les seaux d’eau qui tombaient sur les manifestants. L’écharpe du maire d’Annemasse n’aura pas été mouillée.

Recomposition des centres sur fond de décomposition des valeurs

Il n’y a aucune raison de se réjouir la situation politique actuelle. Même quand on n’aime pas la gauche, ce qui est une litote convenable, le paysage politique, reste inquiétant. Le laid prospère sur un terreau de décadence, de funestes déchirements politiciens occultent les vraies questions et dans un monde partout en croissance notre pays s’effondre sur des taux mortifères. De nain politique il se hissera demain au rang de lilliputien économique. Les lendemains ne chanteront plus, ils seront glauques et naîtront d’aubes blafardes. Plusieurs catastrophes se profilent qui emporteront nos dernières illusions d’un retour vers un futur meilleur. Devant ces périls déserter le champ politique serait une erreur et une malédiction.

Il appartient aux centres de s’unir pour affronter les épreuves qui se préparent. Avons-nous le choix ? Sans doute pas. Dans le climat actuel, les centristes ne peuvent compter que sur leurs propres forces. Il est de la nature du centre de rassembler une mosaïque de sensibilités, ce qui conduit fréquemment à des recompositions politiques, qui à leur tour donnent l’illusion de la division. Mais en fait les centristes, depuis les girondins des temps révolutionnaires jusqu’aux électeurs d’aujourd’hui en passant par tous les grands moments politiques de la France, restent constamment porteurs des mêmes principes. La paix, et la paix continue de passer par l’Europe, l’économie de marché, parce que c’est le seul programme économique qui fonctionne, la démocratie parce qu’elle seule permet de vivre ensemble, la liberté parce que le centre met toujours l’humain au cœur de ses engagements. Ces idéaux constituent en tout cas l’ADN politique de ce peuple discret, qui ne descend que rarement dans la rue, et qui reste constant dans son engagement dans le monde réel.

Conseil municipal du 10 octobre 2013

Le plus sûr est de venir pour savoir exactement ce qui sera décidé à la prochaine séance du conseil municipal le 10 octobre 2013. Plusieurs questions passionnantes seront évoquées, avec des enjeux majeurs, et le conseil est si partagé qu’il est strictement impossible de savoir aujourd’hui si toutes les délibérations proposées seront adoptées, et si oui par quelle majorité.

Dès à présent vous pouvez vous imprégner de toutes ces merveilles simplement en cliquant sur le lien :

Note de synthèse conseil du 10/10/13

Ensemble des documents pour le conseil du 10/10/13

La vie continue d’être belle avec tout ça.

Heureusement qu’il y a Alzheimer,

Sinon il serait strictement impossible à certains élus annemassiens de se présenter devant leurs électeurs, pour recommencer à leur vendre la même soupe technocratique.

Un exemple : on était en 2007 et le grand projet était de former une Agglomération, c’est-à-dire une super communauté de communes. On passait de 6 à 12. Mais pas n’importe comment, ça devait se faire après une étude approfondie par un grand cabinet d’expertise juridique, du genre KPMG. Une séance spéciale du conseil municipal avait même été organisée, et les «experts» avaient dit tout le bien qu’il fallait penser du passage à une «Agglo» qui allait, et c’était le clou permettre de réaliser des économies d’échelle.

Bref, ça ne coûtait rien et même, cerise sur le clafoutis, ça rapportait gros au contribuable. (Vous savez le contribuable c’est l’ectoplasme politique qui ne vote jamais, et qui est toujours content de ses élus). Et c’est ça qui a été vendu : le terme économie.

Aujourd’hui six ans après, on peut se demander où sont les économies d’échelle. En tout cas cela n’a pas fait économiser un seul centime aux contribuables.

Car, pendant tout ce temps, les dépenses de la ville centre n’ont pas baissé d’un centime. Elles ont au contraire augmenté. Celles de «l’agglo», ne sont pas moins élevées que celles des deux communautés de communes qu’elle a remplacées. Pas un centime, au contraire, des augmentations constantes, et ce n’est pas fini, le pire est juste devant nous avec le CEVA et le TRAM.

L’«Agglo», il faut mettre un A majuscule s’il vous plaît, devait permettre de rationaliser les moyens, et on comprenait de faire des économies de personnels. Rien de cela n’est arrivé. Aucune commune n’a vu ses effectifs diminuer.

Alors, ce qui a été vendu, c’était de la promesse. Votre vie n’a pas été améliorée. La question peut se poser de savoir si celle des élus ne l’aurait pas été de son côté, mais ce n’est pas à la veille des élections qu’on va y répondre, non, mais ! Heureusement, il y a alz…machin chose, et on ne risque pas de s’en souvenir.

Au fait quel nom horrible que celui d’agglo. On croirait une sorte de borborygme d’ado. Mais c’est au fond une image fidèle de la mode en matière d’organisation territoriale. Un borborygme spatial.

Le sectarisme idéologique s’exprime dans le choix de Stéphane Hessel pour baptiser une place.

Du haut des marches de la mairie, plusieurs décennies de sectarisme vous contemplent et vous crachent à la figure. La dernière manifestation en est le choix du nom de Stéphane Hessel pour baptiser une placette. C’est du sectarisme pur. Louis Mermet a proposé justement le nom de Camus au lieu de celui d’un minable poujadiste de gauche, devenu non par son talent, mais par la seule promotion médiatique des bobos parisiens, la coqueluche de la gauche le temps d’un pamphlet contre le libéralisme qui a lancé le mouvement des indignés. Le sordide penseur laissera dans l’histoire le souvenir de son égarement dans la haine de la société dans laquelle il vivait. Tout n’est pourtant pas mauvais dans cet homme qui avait choisi le camp de la résistance un an avant que les communistes ne désertent la collaboration avec les nazis, et alors que la majorité des députés socialistes du Front Populaire avaient eux aussi choisi la lâcheté de cette même collaboration en soutenant Pétain. C’est le Front Populaire qui a investi Pétain, et ça il ne faut jamais l’oublier. Hessel a été résistant. Mais c’était il y a bien longtemps. Depuis il a osé écrire, et dire, que l’occupation de la France par les hordes nazies avait été légère, comparée à celle de la Palestine par les Israéliens : «L’occupation allemande était, si on la compare par exemple avec l’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement inoffensive, abstraction faite d’éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d’œuvres d’art.». C’est ignoble.

Cet homme a donc soutenu sciemment un mensonge honteux. Une place portera son nom.  Ce sera la place du déshonneur. Cet épisode montre dans la clarté qu’au cœur de l’équipe municipale majoritaire d’Annemasse s’épanouit l’idéologie la plus sectaire. On oublie trop vite le passé, même récent. Ce choix qui n’est pas innocent prolonge celui de Barbusse pour le bout de l’avenue de Verdun. Barbusse, autre figure de gauche qui elle a collaboré avec le crapuleux Staline au point de vivre à Moscou dans les années de terreur, sans rien remarquer, et en chantant le paradis quand sous ses fenêtres les déportés vers le goulag passaient silencieux.

Les noms de rue, de place, de lieu public doivent faire consensus et non diviser. On peut même être certain qu’au sein de la majorité municipale seuls quelques-uns ont imposé ce choix absurde. C’est pourquoi il faudra défaire ce tissu cousu d’ignominies sectaires. Plus que jamais il faut détruire Carthage.


Sauvés par le gong ?

Ouf! Enfin une sortie honorable se profile sur le front international. Le moins qu’on puisse dire aujourd’hui est qu’on est passé près de l’impasse où des propos inconsidérés sur la «punition» à infliger à un État, confondu avec un homme, ont failli nous entraîner. La confiance de notre guide suprême de la révolution, alias président de la République, dans les institutions judiciaires internationales doit sûrement être très faible pour qu’il ait décrété sa volonté de «punir» le méchant dictateur, au lieu tout simplement de dire haut et fort qu’un crime dès lors qu’il est démontré, expose son auteur à des poursuites devant le tribunal pénal international. Regardez les sbires serbes qui ont été poursuivis. Ils n’en menaient pas large. Et probablement que s’ils avaient su qu’ils allaient être poursuivis ou qu’ils risquaient de l’être, n’aurait-on pas assisté, impuissants, à Srebrenica.

De Waterloo à Munich sans passer par Austerlitz

Et avec tout ça il faudrait applaudir aux rodomontades des bravaches de la gauche généralement défaitiste, pacifiste, munichoise, collaboratrice, et suivre Hollande grimé en chef de guerre, pour aller comme il le propose «punir» un dictateur moyen-oriental ? La grande politique nécessite de grands hommes politiques. Hollande, grand homme politique soutenu par les meutes de bobos parisiens qui se moquaient tant de la taille de N. Sarkosy, mais ignorent celle encore plus désavantageuse de leur chef charismatique ? Il nous fait honte la plupart du temps.

Reste un problème de taille. La parole publique s’envole moins facilement que la parole médiatique. L’irréparable a été commis quand par un mélange de forfanterie et d’inconscience, le chef de l’état de ce nain politique qu’est devenu notre pays, s’est mis à décréter une ligne rouge à ne pas franchir, alors qu’elle l’avait déjà été à de nombreuses reprises dans le passé, sans réaction excessive. L’irréparable a été commis parce que désormais nous nous trouvons collectivement piégés par les propos inconsidérés. L’alternative est simple : soit nous agissons, soit nous perdons le peu de crédit qu’il nous reste.

C’est la mort dans l’âme qu’il nous faut en conséquence de ces vantardises de nabot politique, déterrer la hache de guerre, lancer quelques missiles, et prier pour qu’avec ses lance-pierres un Hitler aux petits pieds ne vienne exercer des représailles sanglantes.

Mais que fait la police ?

En fait je ne sais pas ce que fait la police, et même je crois que ce n’est pas une question. A l’heure où les media se pourlèchent les babines en se répandant sur un misérable fait divers à Marseille, on pourrait avoir une fausse idée de la réalité sociale. La criminalité de sang existe, existera toujours, et restera marginale. La criminalité des crimes de sang n’est pas le sujet. Le sujet c’est l’insécurité générée par la petite délinquance, celle qui se remarque au quotidien. Et sur cette problématique on peut se demander ce que fait la police. La réponse est qu’elle fait ce qu’on lui demande de faire avec les moyens qui sont les siens et qui ne sont pas insignifiants, même si tout peut toujours être amélioré. Mais, sur cette question il y a une réponse aujourd’hui universelle : la vidéo-surveillance. Demandez pourquoi elle n’est pas mieux utilisée à Annemasse. La réponse est parce que l’équipe municipale actuelle ne le veut tout simplement pas. Zut alors, encore un sujet sur lequel il n’y aura pas de consensus.


Le mode d’emploi de la démocratie municipale doit évoluer

La démocratie n’a pas de limite. Elle est un moteur sans cesse en mouvement qui tend à rendre les citoyens maître de leur destin. Dès lors que ce puissant élan rencontre des limites, il les perçoit comme des obstacles qui devront être supprimés. En matière de démocratie locale une élection tous les six ans est manifestement insuffisant pour permettre aux citoyens de s’approprier leur destin municipal. C’est pourquoi le recours au référendum d’initiative populaire ou d’initiative des organes de la commune, est une nécessité. Un plan local d’urbanisme, document directeur qui engage l’avenir de tous les citoyens, n’est pas uniquement une affaire d’élus, même si ces derniers ont la responsabilité de dégager les choix. Mais les choix en dernière analyse relèvent du peuple, et comment rendre au peuple la propriété de son destin sinon par l’usage du référendum ? Un plan local d’urbanisme soumis par référendum à la décision des citoyens est donc la seule solution pour lui conférer sa légitimité démocratique.

Démographie municipale : le syndrome de la tour de Babel.

 

L’objectif majeur de l’actuelle équipe municipale est de
parvenir à dépasser la barre des 35 000 habitants. Il leur faut une population
étendue, mais les raisons ultimes de cette ambition demeurent obscures. Un
record pour un record n’a pas de sens dans cette matière, et les justifications
données au fil des discours des deux maires qui se sont succédés depuis trente
ans, et qui partagent les mêmes idées, sont difficiles à suivre. D’un côté ils
exposent que la population augmente malgré
eux, parce que la région par son dynamisme voit sa démographie galoper, au rythme
de sa croissance économique dont le moteur est à Genève, et de l’autre côté ils
soutiennent la densification de la
ville, ce qui revient à vouloir l’augmentation de sa population. Peut-on voir
entre ces deux propositions une contradiction ? La réponse désespérante est
qu’il n’y en a peut-être pas. Ce qui veut dire que la ville subit l’augmentation
démographique autant qu’elle l’appelle. Il n’est pourtant pas certain pour le
bien commun qu’il faille se réjouir d’une telle situation. La spirale
inflationniste du toujours plus d’habitants, et donc d’écoles, de services, de
voitures, de hauteur d’immeuble, de béton, de réduction des espaces de
respiration, et pour finir d’impôts, devient un tourbillon et donne le vertige.
La première question à se poser est de savoir si on veut ou non poser des
limites à la croissance démographique. Parce que c’est possible. Pour cela il
existe une technique simple qui s’appelle l’urbanisme et son plan local. Il
suffit donc de limiter la hauteur des immeubles, par exemple, la densité, autre
exemple, pour au final stopper l’inflation.

 

Parce que si l’on veut harmoniser la ville, ses quartiers,
ses populations, il faut que cesse l’explosion démographique. L’objectif ne
doit pas être 35 000 puis 40 000 habitants, mais au contraire la stabilisation.
Imaginer même une décroissance urbaine est envisageable, même s’il ne peut
s’agir que d’un objectif à très long terme. Dans l’immédiat il faut se fixer
l’impératif de l’arrêt de toute expansion démographique, s’en donner les moyens
politiques par les choix dans le PLU, et s’y tenir.

 

Les avantages seront considérables. D’abord l’amélioration
du cadre de vie, une ville moins dense est une ville essentiellement plus
intime. Les rats qui vivent dans des espaces surpeuplés dépérissent, et les
hommes ne sont pas différents, les mêmes causes engendrant les mêmes effets.
L’arrêt de l’augmentation de la population sera le premier signe donné aux
habitants qu’on s’intéresse à eux et non aux statistiques, qu’on s’intéresse à
leur santé et non au prestige que les élus peuvent tirer en se gonflant de
l’importance des populations qu’ils administrent, qu’on s’intéresse aux enfants
et en ces temps de rentrée à leur parcours éducatif, et non à la construction
de nouvelles salles de classe. L’objectif ce n’est pas le chiffre, c’est le
bonheur de l’être humain et son équilibre dans un environnement vidé de son
insécurité. Le but ne doit jamais être la croissance du pouvoir politique par
le maniement de l’outil absurde de l’inflation démographique. Depuis les temps
bibliques le récit de la tour de Babel illustre la faillite de tout système du toujours
plus.

 

Ce qui compte pour nous c’est de parvenir à l’équilibre des
espaces, des quartiers, avec comme corolaire une circulation maîtrisée, un
niveau d’imposition modeste, avec comme horizon la satisfaction des gens,
plutôt que des élus.

La rue des Voirons sera sacrifiée

Sur l’hôtel de l’idole des temps modernes, le tram.

Il est trop tôt pour se prononcer sur l’utilité ou l’inutilité du tram, et surtout pour procéder à une analyse coût/avantage, oubliée au passage de la décision d’en doter Annemasse et son agglomération, prise avant tout sur un fondement idéologique : le tram est bon, la voiture est mauvaise, et le reste ne vaut guère mieux. Si bien que les questions essentielles n’auront pas été posées, et qu’Annemasse outre l’agglomération, est engagée dans une diabolique spirale de hausse de la dépense publique.

Mais c’est en réalité un autre sujet.

Que le tram soit ou non une bonne idée, il n’en demeurera pas moins qu’il y aura deux questions détachables dont on peut à coup sûr dire qu’elles sont de mauvaises idées.

– Tout d’abord l’imbécilité de l’arrêter à la place Jean Deffaugt au lieu de la gare,
– En second lieu le passage par la rue des Voirons, étroite, qui sacrifie tous ses riverains. Les particuliers, mais aussi les commerçants.

Les particuliers souffriront une rue où il leur sera impossible de se rendre en automobile. Merci, c’est sympa ça. Plus une voiture…En attendant ce jour béni ils essuieront les travaux. Au moins ça va leur apprendre à relativiser le bonheur et l’enfer. ils commenceront par l’enfer, et termineront à coup de bottes s’il le faut, dans le bonheur collectif du culte tramique.

Les commerçants, outre les soucis des particuliers héritent d’un poids supplémentaire : la survie de leur entreprise.

Parce qu’une réalité simple s’impose. Pendant toute la durée des travaux, sans compter l’après-travail, la rue étroite sera sacrifiée. Et avec elle les commerces. Vous allez souvent chez des commerçants en vous glissant entre des barrières, des palissades, en franchissant des passerelles ? Vous peut-être, mais en tout cas, moi, jamais. Et je ne pense pas être différent de tout un chacun.

Le marketing a inventé dans les supermarchés des sens de circulation, des itinéraires, en général fondés sur le simple constat que le chaland suit la pente de la facilité pour ses déplacements.

Donc, hélas, les commerces de la rue des Voirons sont sinon morts, du moins en sursis.

Une question est : était-ce évitable ?

La réponse malheureusement est déjà pour commencer, que l’idéologie du service public, de la gauche bien pensante, se fiche des intérêts particuliers, sûre qu’elle est d’incarner l’intérêt général. La vie n’a qu’à bien se tenir, en périphérie de la machinerie urbaine gérée par les Jean-Jacques Rousseau et Robespierre des temps modernes, flanqués en prime de quelques Ayatollahs écologistes. La vie, ils s’en contrefichent. Ils font l’Histoire, et tout doit s’incliner devant l’Histoire.


Comment faire du département et de son voisin une région

La Savoie compte deux départements.

Ces deux départements sont dans l’instant rattachés à la région Rhône-Alpes.

Cette région n’a aucune cohérence géographique, humaine, économique et politique.

La Haute-Savoie n’a que peu de liens avec le département de la Loire.

En revanche une région s’impose, celle de la Savoie. Elle permettrait de fusionner les deux départements en une région. Tous nous y gagnerions. Nous pouvons le faire. Alors…

Le député socialiste de base, l’idéologie socialiste, et la délation.

Un sous ministre, et un sous député, tous deux socialistes, des sénateurs, dont beaucoup sont socialistes, (mais hélas, pas tous) viennent de lancer dans les enceintes nationales l’idée qu’il faudrait protéger les «lanceurs d’alerte». Ils pensaient tous à ce Snowden, mais aussi à ce financier français vivant en Suisse qui a balancé dans l’affaire du vertueux ministre socialiste du Budget.

Il faut s’arrêter un instant sur les implications de ces belles présentations.

Tout d’abord il faut appeler un chat, un chat. Un «lanceur d’alerte», c’est un délateur. C’est le type qui mettait hier une lettre pour dénoncer son voisin juif dans la boîte de la Gestapo ou de la milice. Un acte de civisme, Monsieur ! C’est la saloperie qui a prospéré dans tous les régimes totalitaires, à commencer par les régimes communistes, pour envoyer des millions de gens à la mort. Des millions. Une industrie. Parce que les communistes ont même réussi cet exploit de tuer plus que les nazis. Les foules des victimes leur étaient souvent dénoncées.

C’est ça le lanceur d’alerte. Une vermine humaine qui balance son prochain. En prime il faudrait le protéger, le pauvre, il serait persécuté en Suisse où dans l’abominable Amérique.

En second lieu il faut être attentif à l’usage de cette périphrase pour désigner ces excréments. Délateur c’est brutal, ça dit le vrai. Pour une âme socialiste qui baigne dans le mensonge, le vrai est haïssable. Il faut lui mettre des habits neufs, comme au président Mao, et de chercher le truc qui dira sans dire, tout en disant. Lanceur d’alerte donc. Un léger euphémisme, et tout serait dit. Presque.

Cette figure de style est le parfait reflet d’un mode de fonctionnement fondé sur le travestissement de la réalité. La réalité dans le cas des régimes communistes c’était la mort et la misère, mais le discours décrivait un paradis. Les nazis qui furent à l’école de Lénine pour créer les camps écrivirent cyniquement sur l’entrée d’Auschwitz «Arbeit macht Frei», alors qu’ils livraient leurs victimes à la «solution finale», métaphore encore plus sinistre.

Les socialistes ne sont évidemment ni des nazis, ni des communistes (encore que…avec les communistes ils ont comme des affinités) et seules les mains du Mitterrand ministre de l’Intérieur ont été rougies par le sang des révolutionnaires algériens, mais ils n’en participent pas moins à cette technique du mensonge comme dans le cas de l’appel à la délation camouflé sous les oripeaux de «l‘alerte», sans doute citoyenne. Ils inventent la balance citoyenne.

Il est vrai qu’au bout d’une année de pouvoir, il vaut mieux pour eux fuir la réalité.

La séance du jeudi 27 juin 2013 fut longue et marquée par un incident

Tout ce qui était attendu est survenu. Les subventions ont toutes été votées. Une conseillère listée dans l’opposition a félicité le maire, ses services, et la police municipale pour la journée portes ouvertes qui lui avait été réservée.

Une juste intervention de Louis Mermet sur les parkings prévus autour de la gare mérite réflexion.

Toujours sous la forme de l’autosatisfaction, le maire a exposé qu’il y aurait 150 parkings dans la nouvelle configuration de la gare. Louis Mermet a remarqué que c’était très peu, et il a pris l’exemple de Bellegarde où les 220 places actuelles sont insuffisantes. La réponse, et c’est ce qui mérite réflexion, a consisté à dire : on a fait des études, et on s’en rapporte à la sagesse des spécialistes. Ce qui n’a pas satisfait Louis Mermet qui a observé que quelles que soient les études réalisées, le bon sens commandait manifestement de prévoir plus de places de parking autour de la nouvelle gare.

L’invraisemblable réponse que des spécialistes et des études montraient que ce qui était prévu était suffisant, est intéressante et illustre le mécanisme de la décision politique locale en France.

Le politique s’abrite derrière le spécialiste. Mais c’est justement cela qui conduit à des catastrophes. Parce que le spécialiste en réalité trouve ce qu’il cherche, ce qui est banal à dire, et il ne cherche que ce que son idéologie lui dicte de trouver. Dans la France contemporaine, les spécialistes avancent armés de certitudes : la voiture individuelle est le mal, les transports en commun sont un bien. Il faut les favoriser et brimer l’automobiliste.

Sur la problématique du nombre des places nécessaires autour de la gare, et pour son usage, les spécialistes minimisent consciemment, c’est-à-dire sciemment, ou inconsciemment, c’est à dire connement, le rôle de l’automobile. Mais c’est une erreur. Pour bénéficier du train, TGV ou des trains régionaux, il faut pouvoir se rendre à la gare. Cela doit être facile, et il faut pouvoir trouver un stationnement de durée moyenne (une journée ou plus) dans l’espace de la gare. Sinon l’échange ne fonctionne pas. Or, 150 parkings c’est manifestement insuffisant, quelles que soient les études.

Ces justes observations de Louis Mermet ont arraché un commentaire condescendant de Robert Borel qui entre ses dents à dit tout à la fois que c’était démagogique et moche. D’où l’énervement de Louis Mermet qui lui a répliqué qu’il n’avait aucune qualité pour donner des leçons à quiconque. Il avait raison.

Au-delà de l’énervement, justifié, ce qui est en jeu c’est le système de gouvernance locale. La conclusion est simple. Les spécialistes ne détiennent aucune vérité, et surtout pas le bon sens.

Séance du conseil municipal du 27 juin 2013

Ce sera sans doute calme :

Il y aura même une subvention pour des syndicats. Le plus amusant c’est la motivation : «Considérant l’action conduite par les organisations syndicales sur le territoire de la commune d’Annemasse au travers d’activités présentant un intérêt local, il est proposé au conseil municipal de verser le montant des subventions ci-dessous :». = je me paye votre tronche bandes d’enfoirés de contribuables. Amen.

Gardez courage : cliquez sur le lien 

Dossier de la séance du conseil municipal du 27 juin 2013


Où l’on reparle des frontaliers, des sous, et des dessous de la politique.

C’est maintenant devenu un enjeu électoral. Le vote frontalier, aucune formation n’a envie de se l’aliéner, même s’il reste faible en volume. Le souci premier à l’égard des frontaliers est de les encourager à voter, et ça ce n’est pas gagné. Mais une fois cette étape franchie les 60 000 frontaliers de Haute-Savoie, les 8000 d’Annemasse, s’ils votent, voteront d’abord pour la sauvegarde de leur intérêt. D’où les revirements qu’on observe dans les rangs des formations qui leur sont le plus hostiles, à commencer par le Parti Socialiste.

Mathelier, le chef départemental des roses, est monté récemment à Paris pour alerter les autorités de l’État sur le problème majeur de l’assurance maladie des frontaliers. Les socialistes retournent leur veste sur cette question, de peur d’en prendre une magistrale aux prochaines élections locales. Et c’est tant mieux. À la limite ce qui compte avant tout, c’est qu’une solution pragmatique soit trouvée pour régler la difficulté. Le mieux serait de ne rien changer à la situation actuelle qui permet aux frontaliers de s’assurer en maladie et accident auprès d’assureurs privés. Ce qui leur coûte moins cher que s’ils devaient être enrégimentés dans la Sécu française et payer des cotisations bien plus élevées, et proportionnelles à leurs revenus. L’enjeu est simple. Il faut espérer que la rationalité économique l’emportera sur l’idéologie.

L’idéologie, celle des socialistes justement, commande de passer tout le monde à la moulinette de la CMU, de sorte que la pompe à fric de l’inefficace sécurité sociale française puisse se refaire la cerise l’espace d’un week-end (ça n’apportera qu’une bouffée d’oxygène dans l’océan du gaspillage) en grappillant quelques sous dans la poche des frontaliers, tous «riches». Un bonheur pour les socialistes d’exterminer la vermine des «riches». La notion de riche dans l’imaginaire socialiste n’est pas fonction uniquement des revenus, mais aussi du statut. Par exemple un fonctionnaire, par définition, n’est jamais riche. L’opprobre ne peut être réservé qu’au secteur privé. Les frontaliers sont d’abord des suppôts du Satan libéral installé de l’autre côté de la frontière, avant même d’être des électeurs.

Reste donc que l’interdiction faite aux frontaliers de rester affiliés au delà de 2014 aux assurances maladie privées, moins chères que la Sécu française gérée à la mode du gaspillage généralisé par des cohortes syndiquées et inefficaces, si elle devait être maintenue, serait d’abord une catastrophe économique, tant pour eux que pour le reste de la région. Le plongeon économique allumera l’incendie électoral dans notre petit secteur. Et de ça les socialistes viennent de prendre conscience.

Il faut donc se féliciter que M Mathelier courre à Matignon, à Bercy, à Ploudemec. Fasse le ciel qu’il soit entendu, que les frontaliers soient entendus.

Un peu d’énervement ne fait jamais mal.

Soit le réseau de la fibre optique à Annemasse.

Tout d’abord, une donnée. 40 % de la ville est d’ores et déjà équipée des fourreaux qui peuvent recevoir la fibre. Il ne reste donc qu’à la déployer. Ces fourreaux ont été installés par Numéricable qui devait poursuivre le programme pour la télé, mais a abandonné devant la concurrence des paraboles et des services des opérateurs ADSL.

À partir de ce point se sont succédé deux évènements.

Dans un premier temps le déploiement a finalement été confié à un syndicat départemental le Syane. Le Syane était sur le point d’opérer les raccordements à Annemasse, quand l’État s’en est mêlé et au détour d’un grand emprunt a confié les réseaux fibre dans les grandes villes, à…Orange.

Le choix d’Orange pour se substituer au Syane est un pur scandale.

La conséquence du scandale est que les usagers d’Annemasse, par exemple, ne seront pas desservis avant…2015 ? Allez, on ouvre les paris..En 2015 il y a peu de chance que ce soit réalisé. 2016, 2017 ? Voire plus si affinités ?

Mais même si tout était fait en 2015 le scandale resterait énorme. Pour l’expliquer, pour expliquer cette technique du monopole et du passe-droit institutionnalisé, pour expliquer cette misère à la soviétique, il faut rechercher la logique sous-jacente.

Le modèle en est donné par ce qui s’est produit pour le téléphone mobile. En situation de monopole, puis de monopole partagé, Orange a imposé à ses abonnés des tarifs prohibitifs. Certains disaient qu’il s’était «gavé». Puis Free a débarqué qui a montré par contraste entre son tarif et celui d’Orange que les prix pouvaient être divisés par 3. D’où le sentiment, légitime, d’avoir été volé.

Et voilà que l’État a renouvelé l’indécente opération. Orange a son monopole, et le consommateur attendra. Surtout au-delà du consommateur, l’entreprise attendra. Misérable organisation de l’espace public dont la colonne vertébrale est en l’espèce l’idée de lucre à la petite semaine. C’est la quintessence de la logique du pseudo-service-public. Derrière l’apparente rationalité, se cache en fait le souffle misérable d’un esprit de gagne-petit.

Les dieux colbertistes de l’État, tous issus pourtant de la meilleure école, engoncés dans les prébendes et les gâteaux, n’ont pas encore compris l’économie moderne. La France risque d’en périr. Là aussi il faut détruire Carthage.

L’union des gauches peut-elle encore ganger les prochaines élections municipales à Annemasse ?

La réponse est oui.

Les gauches seront affaiblies. D’abord par l’exercice désastreux du pouvoir national depuis 2012. C’est la rançon du mensonge politique de l’élection. Au lieu du rêve d »être rasés gratis, les électeurs trompés se réveillent tondus dans la douleur !

Dans ce contexte d’affaiblissement des gauches, la problématique annemassienne présente toutefois plusieurs particularités.

D’abord celle de la durée. Plus de trente ans de monopole municipal peut générer un désir salutaire de renouveau, mais c’est un sentiment qui joue, s’il joue, à la marge, et peut aussi bien se retourner.

Un paramètre, purement politique, est le rattachement du maire à un parti. En 2008 lors de la campagne pour les élections municipales, le maire d’aujourd’hui avait prétendu n’appartenir à aucun parti. Dès le lendemain de l’élection, il a pris sa carte au PS pour être élu aux élections régionales sur la liste socialiste. Comme il avait également prétendu ne vouloir se consacrer qu’au seul mandat de maire et que voilà qu’il cumulait deux mandats également prenants, des esprits chagrins songèrent alors à le lui reprocher. Mais n’est-ce pas la marque suprême de l’habileté politique que de rouler les électeurs dans la farine de leur naïveté ?

Peut être, mais demain le maire ne pourra éviter son étiquette politique. Il sera socialiste, dans un temps où cette étiquette sera beaucoup moins porteuse, voire carrément calamiteuse. Un affaiblissement donc, mais qui ne peut commander seul sa défaite. D’autres facteurs jouent.

Un autre paramètre important est celui du changement graduel de la
composition sociologique de l’électorat. La société locale a changé, et
pour prendre l’exemple du nombre des frontaliers c’est une
dimension qui devra être prise en compte. Les frontaliers votent-ils à
gauche ou à droite ? Sans étude précise il est difficile de le dire,
mais la première question est de savoir s’ils votent, ce qui n’est pas
évident. L’impression est qu’ils sont relativement moins inscrits sur les listes, plus volontiers abstentionnistes que les autres. Ils sont plus de passage dans la ville où beaucoup ne veulent surtout pas rester.

En toute hypothèse il est très probable qu’ils se sentiront concernés par le mauvais coup porté à leur régime d’assurance maladie. Les frontaliers vont voir leur pouvoir d’achat amputé par le changement. Il est donc possible de s’attendre à une réaction de leur part. Encore un affaiblissement du maire et son équipe, mais pas non plus nécessairement un facteur décisif de défaite.

Le changement sociologique c’est aussi l’afflux de populations d’origine extraeuropéennes, dont on peut penser que les suffrages se portent massivement à gauche. Quelle est l’ampleur du mouvement ? Aucune étude n’existe sur ce point, à Annemasse comme ailleurs. Un électeur est par définition un citoyen, et en France contrairement à ce qui se fait aux États Unis par exemple, toute recherche d’une corrélation entre origine ethnique et comportement électoral est tabou. Ce qui existe ce sont des études électorales par bureau de vote. Mais dans ce prisme d’autres facteurs entrent nécessairement en concours. Donc on ne peut sur cette question que risquer des hypothèses. Cela étant, c’est une probable lame de fond pour le maire et son équipe.

Le premier parti en France en général et à Annemasse en particulier est
celui des abstentionnistes. Si l’on parvient à les mobiliser, vers qui
iront-ils ? Il est possible de parier qu’ils seront moins tentés par la
gauche que par les forces de droite. Encore un affaiblissement, mais qui ne sera peut-être pas décisif.

Mais en ce point surgit la problématique du Front National. Il se tenait très en retrait des élections locales, mais aujourd’hui il veut peser sur elles. Le FN prendra d’abord ses voix à la droite, puis dans une moindre mesure à la gauche. Le FN affaiblira la droite, sans profit véritable et immédiat pour lui, mais cela n’est peut être pas l’essentiel dans une stratégie de conquête du pouvoir. À Annemasse donc si le FN forme une liste, le résultat mécanique en sera une alliance objective avec le maire en place.

Au total il faut donc rester plutôt pessimiste sur les chances de battre la gauche à Annemasse. Mais pessimisme ne signifie pas capitulation. Au contraire, c’est une raison de plus pour mener une campagne énergique. Il faut détruire Carthage.

Le camarade ministre de l’intérieur méprise le vil peuple

Un ministre de l’intérieur est venu à Annemasse le vendredi 17 mai 2013.

Un ministre de l’intérieur normalement, avec un président normal, devrait être au service du peuple.

Vous rêvez.

La réalité des camarades,  est que c’est le peuple qui est à leur service. Le camarade ministre est venu et il paraît que nous devrions être fiers de nous retrouver classés en zone de sécurité comme les banlieues où brûlent les voitures. Il était là et la circulation était bloquée. Une majesté circulait, le bon peuple se devait logiquement de ramper devant les puissants et à tout le moins s’immobiliser. Opération réussie, tout était paralysé.

Et c’est un scandale que pour la venue d’un ministre, un homme ordinaire qui sous le feu des projecteurs ose encore se prétendre tel, on n’hésite pas à immobiliser la circulation de toute une ville. Ce qui au delà du discours qui prétend le contraire, montre la réalité du mépris.

L’Europe c’est la paix

La génération qui a connu la guerre, nos parents ou nos grands parents pour les plus jeunes, se retire de notre monde. Nous n’avons jamais connu la guerre. Il est temps de se souvenir que l’Europe, que les irresponsables attaquent honteusement, de l’extrême gauche à l’extrême droite, a préservé la paix sacrée.

Elle a apporté à notre pays la prospérité.

Elle a apporté à notre économie un marché étendu. Elle est une réussite. Son seul côté sombre est son déficit démocratique. Elle n’y est pour rien, les responsables sont les États, et derrière les États tout le grouillement des chefs d’État qui veulent tout, sauf perdre leur pouvoir. Pour regagner la popularité perdue, il y a un effort urgent : la transformer avec les nations qui l’accepteront, en modèle de démocratie. La tache est gigantesque, mais nous n’avons pas le choix.

Construisons le futur.   

Retour vers le futur.

Il y a maintenant plus d’un an que le conseil municipal
d’Annemasse adoptait une résolution pour bannir le gaz de schiste le 23 février
2012.

Aucun forage n’était pourtant prévu sur la ville ni
alentour.

La motion adoptée sans ma voix avait tout de la formule
incantatoire. L’exposé des motifs est à la réflexion un tissu d’énormités.

La première s’énonce ainsi :

« Considérant que les objectifs de la lutte contre
l’effet de serre et la nécessité de diminuer les émissions de gaz à effet
de serre apparaissent contraires avec le développement de l’exploitation des
gisements de gaz non conventionnel qui conduira inévitablement :

– à une augmentation des émissions de CO2,

– à ralentir le développement des énergies renouvelables
; »

L’auteur de cette motion avait oublié, ou peut-être jamais
su, que le « développement des
énergies renouvelables
 » ne lutte pour rien dans notre pays contre
l’abominable effet de serre, car nous
disposons d’un parc de production d’énergie électrique nucléaire qui couvre
l’intégralité de nos besoins, et plus puisque nous exportons, mais surtout produit exactement l’inverse.

Le paradoxe est que le développement des énergies renouvelables développe au
premier chef des centrales à gaz ou à charbon. Parce que les milliards jetés dans
le développement du solaire, et l’éolien n’ont encore pas trouvé le moyen de
rendre ces énergies permanentes. Si bien que pour répondre au minimum
syndical de la consommation d’électricité, il faut en pratique, comme le font
les allemands, doubler toute la production éolienne et solaire par de la
production thermique. Quand le solaire flanche, et le vent tombe, mais qu’il
est 20 heures, il faut qu’à l’instant les centrales thermiques prennent le
relais.

Le résultat est simple. Quand on développe le solaire, on
développe le thermique.

L’exposé se poursuit :

« Considérant que les techniques nécessaires à
l’exploration et l’exploitation des gisements de gaz non conventionnel
comportent des risques avérés de pollution de l’environnement et en
particulier d’atteinte à la ressource en eau ;

Considérant que des opérations de forage dans le but
d’extraire du gaz de schiste exigeraient des quantités d’eau très importantes
;

Considérant les risques avérés de détérioration de la
qualité de l’air et de mitage du paysage induits par cette technique ; »

Le premier argument : « des risques avérés de pollution » est une exagération volontaire. Des exemples,
vite des exemples ! On sait que maintenant les USA produisent par le gaz
de roche 25 % de leur consommation de gaz, et que très bientôt ils deviendront
exportateurs. On sait aussi que la ressource est si abondante qu’au rythme
actuel les USA en ont pour des décennies. Mais quant à la pollution, il reste à
fournir les exemples autres qu’anecdotiques. Montrez-les qu’on en discute. Étant
précisé au surplus qu’aux USA il est permis de creuser dans son jardin parce
que le propriétaire du sol l’est du sous-sol, et qu’ainsi des milliers de
petits producteurs entrent en lice comme au temps des puits de pétrole au
Texas, et que parmi eux il serait statistiquement impossible de ne pas trouver
un irresponsable. Et malgré cela aucune catastrophe d’ampleur à ce jour. Le
premier argument est donc bidon.

Le second l’est tout autant. « …que les opérations de forage…exigeraient des quantités d’eau très
importantes
 ». Combien ? Où ? Quand ? Comment ?
Les USA ont ils gaspillé des quantités
d’eau très importantes ?
Avez-vous entendu parler de cela ? Dans
un contexte d’anti-américanisme primaire (malgré Obama qui séduit tant la
gauche), aucune information sur ce point.

Le troisième est franchement hallucinant : « Considérant les risques avérés de
détérioration de la qualité de l’air et de mitage du territoire induits par
cette technique 
». La qualité de l’air qu’on respire n’est en rien
affectée ni par l’exploitation, ni surtout par l’exploration. On nage dans l’absurde. Et pour le mitage, mal honni
par la gauche et la technostructure qui veut vous faire habiter dans des villes
denses cependant qu’eux s’empressent d’aller résider au vert, il faudrait une
puissante dialectique pour le démonter. Le gaz de roche ne va ni augmenter ni
diminuer l’usage domestique de l’automobile qui est en effet l’un des facteurs
de l’étalement périurbain. Lequel est une bonne chose. Et l’automobile aussi
est une bonne chose, une meilleure chose même que les bus qui circulent à vide
les trois quarts du temps et qui ne sont d’aucune utilité en dehors des centres
urbains.

Alors pourquoi tant de haine ? Simplement parce que
c’est l’esprit magique (ou religieux, c’est pareil) qui a pris le
dessus sur la rationalité. Une cause est élue chargée de maléfice : le gaz
de schiste (qu’il vaut mieux appeler gaz de roche). C’est le mal. Alors il faut
le combattre au nom de la fée écologie. Dès lors il n’est besoin d’aucune
démonstration, mais simplement d’incantations qui ânonnent des perles de bêtise.
Et voilà la motion.

Mais au nom de ces âneries, la France se prive et des
recherches nécessaires, et des ressources gigantesques qui sont dans son sol.

A quoi sert d’abord Annemasse Agglo ?

En dehors de la mousse, bien utile surtout en temps d’élections, cette communauté de 12 communes au total, devait au premier chef réaliser des économies d’échelle. C’était le leitmotiv des présentations payées à prix d’or par toutes les communes à la société KPMG, un «big» du business juridique en France. KPMG a sillonné les conseils municipaux lorsque la question de la fusion des communautés anciennes de la 2C2A et celle des Voirons s’était posée. KPMG s’était fait une spécialité de vendre les «agglos» dans la France entière.

KPMG présentait dans chacun des conseils municipaux le même diaporama payé des milliers d’euros par commune. Une mine. La firme changeait simplement les chiffres, pour démontrer tout l’intérêt qu’il y avait à constituer une agglomération, (pour elle l’intérêt était clair) c’est-à-dire un établissements public de coopération intercommunale, prenant en charge un certain nombre de compétences de chacune des communes pour mieux les exercer. Il existait déjà divers syndicats pour gérer l’eau, les déchets, etc. L’agglo» devait faire mieux, c’est-à-dire réaliser des économies d’échelle.

J’avais posé une seule question lors de la présentation à Annemasse : quelles seront les économies ? La réponse embarrassée était que c’était difficile de dire combien, qu’il ne fallait pas raisonner en termes purement comptables, etc. Bref, que la vérité était en fait toute contraire.

Et dans les faits c’est bien sûr ce qui s’est passé. L’agglomération a été constituée, les dépenses ne sont pas maîtrisées, les effectifs ont immédiatement gonflé, il y a eu au seul plan des élus un président et autant de vices-présidents que de communes, tous rémunérés, une multiplication des réunions, des recours incessants aux experts extérieurs, une multiplication des projets. Tout cela coûte cher. Très cher. Les communes n’ont pas diminué leurs effectifs. Mais les effectifs de l’agglomération ont eux augmenté pour atteindre 294 personnes.

Sur le plan des dépenses on attend encore une démonstration qu’il y en ait moins. Manifestement il y en a plus. Il y en a qui par exemple étaient inconnues et qui émergent grâce à l’agglomération. Ainsi la «solidarité». Annemasse sera une cité de la «solidarité». En rivalité avec Genève (!). Ainsi encore cette année pour étudier la seule organisation d’une manifestation, Annemasse Agglo a inscrit à son budget la bagatelle de 150 000 €. (J’ai corrigé : initialement j’avais mentionné 650 000). Vous avez bien lu. 150 000 € pour la seule étude. Ce qui est scandaleux. Ce n’est d’ailleurs pas seulement la dépense qui est scandaleuse, mais aussi le mécanisme de son adoption. Un rapport, pondu avec les mots de la technocratie de gauche, lu dans le discours de cette technocratie prétentieuse par un élu, puis voté par des élus qui ne disent rien. Aucun qui vienne demander si ce n’est pas trop cher, à l’exception de Louis Mermet. Tous ont voté cette dépense sans se poser de question et sans en poser.

C’est là qu’est le véritable scandale. Toute dépense présentée est votée. Jamais aucune n’est même remise à plus tard pour être mieux examinée. Les élus, qui ne représentent au fond qu’eux-mêmes et leurs conseils municipaux respectifs, n’émettent aucune critique, aucune question, rien. Le silence, leur silence répond au discours ronronnant de la technostructure de gauche, toujours de gauche, qui prépare les délibérations. C’est l’esprit de Borrel, celui de Dupessey, celui de Mathelier. Il faut d’ailleurs reconnaître qu’ils disposent d’un outil intellectuel critique qui leur permet de dominer les matières abordées, ce sont de véritables intellectuels. Non pas que les élus des autres communes soient incapables de les comprendre, au contraire, ils les comprennent parfaitement, et ils sont tous réticents car ils sont pétris de bon sens et d’intelligence, mais en même temps ils sont intimidés par le Verbe majestueux. Ils n’osent pas s’opposer. Et la solidarité à 650 000 € pour la seule étude passe comme une lettre à la poste. Ressaisissez-vous ! Boutez les anglois dehors, et revenez au bon sens.

Ce fonctionnement est délirant.

Scoop : Hollande épouse Ayrault

C’est un scoop d’Erebus, enfin je ne me souviens plus exactement si c’est bien lui qui me l’a annoncé, mais ce ne serait de toute façon pas étonnant. Hollande va épouser son premier ministre. Je crois dur comme fer à cette nouvelle. Elle répond à toutes les insidieuses critiques sur le président normal qui lui reprochent de dire ce qu’il faut faire, mais pas de faire ce qu’il dit. Les ingrats.

Il est proposé au conseil municipal d’Annemasse d’inviter le couple à inaugurer les mariages pour tous dans la bonne ville d’Annemasse.


Un recours pour rien : l’arrêt de la Cour administrative d’appel du 7 mars 2013

«4. Considérant qu’il résulte des dispositions précitées de l’article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales qu’il appartient au conseil municipal de déterminer les conditions de mise en œuvre du droit d’expression des conseillers municipaux d’opposition dans les bulletins d’information générale portant sur les réalisations et la gestion du conseil municipal; que les conseillers municipaux tenant de leur qualité de membres de l’assemblée municipale le droit de s’exprimer sur les affaires de la commune, tout élu doit être regardé comme n’appartenant pas à la majorité municipale au sens des dispositions précitées, dès lors qu’il exprime publiquement sa volonté, par delà des désaccords purement conjoncturels ou limités à un sujet particulier, de se situer de façon pérenne dans l’opposition; qu’enfin l’espace réservé aux conseillers n’appartenant pas à la majorité municipale doit, sous le contrôle de juge, présenter un caractère suffisant et être équitablement réparti;


7. Considérant qu’il résulte de ce qui précède que la commune d’Annemasse n’est pas fondée à soutenir que c’est à tort que par le jugement attaqué le tribunal administratif de Grenoble a annulé la délibération susmentionnée en tant qu’elle a adopté l’article 31 du règlement intérieur du conseil municipal; »

Nous avions raison.

Louis Mermet et moi avions raison.

La ville d’Annemasse a donc dépensé en vain des sommes importantes pour combattre l’évidence rappelée par le tribunal administratif de Grenoble, puis par la Cour administrative d’appel de Lyon. L’évidence était que le règlement intérieur de la ville qui bridait l’expression des conseillers municipaux de la minorité n’était pas conforme au texte de la loi.

Le tribunal puis la cour auront donc annulé la disposition litigieuse du règlement intérieur.

La conséquence de cet arrêt du 7 mars 2013 est d’abord que le droit d’expression dissidente n’appartient pas aux «groupes», notion que la loi ne connaît pas, mais aux conseillers pris individuellement. Ce qui n’est pas sans poser en fait problème en face de l’exigence du même texte de la loi d’un espace suffisant d’expression. Or, si on divisait l’espace attribué aux «listes» par le nombre des conseillers d’opposition, chacun ne pourrait à peine que dire bonjour et au revoir, puis clore aussitôt son propos. La situation actuelle n’est donc pas tenable devant cette exigence d’un espace présentant «un caractère suffisant» posée par la Cour administrative.

Mais il y a plus encore dans cet arrêt.

La cour, tout en écartant les arguments articulés par la majorité du conseil municipal, ne répond pas explicitement à celui que nous avions aussi développé et qui visait à empêcher la majorité non seulement d’avoir tous les moyens d’expression à travers son site, la presse, mais aussi le journal municipal d’information, (JIM), et en prime de s’adjuger un espace d’expression. Ce cumul n’est prévu par aucun texte.

À première vue on pourrait penser que la cour écarte cette critique. Point du tout. Au contraire elle l’insère dans son arrêt, implicitement. Tout simplement parce qu’elle répond que le seul espace d’expression envisagé par la loi est réservé aux conseillers minoritaires. Elle n’avait donc pas besoin d’ajouter une réponse redondante. Ici c’est le plus pur style lapidaire de la jurisprudence administrative qui s’exprime.

Donc nous avions encore raison, Louis Mermet et moi, et nous avons encore raison quand nous disons à la majorité qu’elle ne peut s’exprimer dans un espace supplémentaire alors qu’elle dispose déjà de tous les supports médiatiques généreusement entretenus par la commune à son seul service.

Texte de l’arrêt en PDF : Arrêt du 7 mars 2013 Commune d’Annemasse c/ M. Benoist et M. Mermet

Hurler avec les loups

Le seul moyen de garder son honneur est de se séparer de la meute des bien-pensants, c’est-à-dire des lâches qui n’ont comme courage que celui de piétiner l’homme blessé tombé à terre.

Le ministre défaillant, l’homme politique dont les actes sont en contradiction avec le discours, n’est ni plus mauvais ni meilleur que ses pairs. Il est simplement plus imprudent. Aujourd’hui il est dans le malheur, il tombe de la Roche Tarpéienne dans un grand fracas médiatique. Le cœur des vierges effarouchées donne surtout envie de vomir.

«Sur le plan de l’arnaque, les coups les plus tordus ne sont rien, vous entendez, rien à côté de la peinture abstraite». (Michel Audiard)

La peinture abstraite, il n’y a pas qu’à la villa du Parc qu’on la rencontre. Au détour du dernier conseil municipal du 26 mars 2013, le beau discours de M Becquet sur l’état des finances locales et les perspectives de son évolution pour le futur proche, était formidablement poétique. Tous les chiffres s’enchaînaient dans une présentation lisse des finances annemassiennes, éclairée par les tableaux projetés sur l’écran surmontant l’orateur, réminiscence de la lumière bleutée descendue des vitraux de la Sainte Chapelle. Tout allait bien dans la meilleure gestion du monde. Le budget était en équilibre, le bougre, pas la plus petite ombre de déficit structurel, un recours à l’emprunt modéré, une autosatisfaction qui n’avait d’égale que la marge d’autofinancement. C’était à peine si les dépenses de fonctionnement augmentaient de plus d’un point au-dessus de l’inflation, tout comme le poste principal (plus de 22 millions d’euros) des charges de personnels. Un rien. Seul l’esprit chagrin de François Vigny trouvait à y redire. Les conseillers de la majorité communiaient dans un silence respectueux avec le ministre du Culte de Mammon le maudit. Impossible même de critiquer sa cécité au monde. En introduction, juste après une citation bien sentie d’Alain sur la relation entre l’optimisme et la volonté, opposé au pessimisme fils incestueux de l’humeur, il prenait soin de décrire l’effondrement de l’occident avec les accents prophétiques de l’apocalypse selon Jean. (Je sais, j’exagère).  Louis Mermet devait d’ailleurs le féliciter de prendre enfin conscience de la réalité.

Il reste un point avoué par le maire et son ministre, d’une extrême importance politique. Comme les sous de l’État (la dotation générale de fonctionnement) vont fondre dans les prochaines années, et qu’il leur paraît, heureusement, difficile d’augmenter les impôts, qu’il leur paraît tout aussi délicat de diminuer les dépenses, surtout dans les contextes électoraux à venir, il ne leur reste qu’une seule solution pour boucler les futurs budgets : réduire l’autofinancement, c’est à dire l’investissement. Cela a été dit expressément.

L’aveu est de taille. Il signe la fin d’un certain discours.

Ce n’est pas l’excellence de sa gestion qui permettait et permet encore à l’équipe majoritaire qui gère la ville depuis trente ans, à la fois d’investir et de dépenser beaucoup dans tous les domaines. Non c’est plus simple. C’est l’opulence des finances qui résulte simplement de recettes supplémentaires, supérieures à 25 % de la totalité des recettes courantes : les fonds frontaliers et le casino.

Et une autre vérité éclate. La part d’autofinancement, qui est l’excédent des recettes sur les dépenses courantes, et qui sert à investir, diminue au fil des ans en proportion. Cette part représente aujourd’hui en gros un dixième du total du budget. Or, elle devrait en représenter le quart. Elle devrait, dans une rigoureuse gestion, être égale au montant des recettes exceptionnelles que sont les fonds frontaliers et le produit des taxes sur le casino.

Au lieu de cela, c’est une part moindre, moitié moindre qui est consacrée à  l’autofinancement, et donc à l’investissement.

Ce qui signifie clairement que la gestion n’est pas aussi rigoureuse qu’elle le prétend. Les chapitres des dépenses dans le budget sont atteints d’obésité à Annemasse. Mais cela reste dans l’ombre. Sous les projecteurs il y a une apparence de bonne gestion, manifestée par la marge d’autofinancement qui se transforme en investissement. On investit et on dépense. Mais en fait on dépense beaucoup et on investit peu en proportion compte tenu des 12 millions d’euros supplémentaires apportés par des recettes exceptionnelles, dont aucune ville comparable ne dispose. Les chiffres présentés annuellement par l’équipe majoritaire sont beaux comme une peinture abstraite. Il faudrait simplement un peu plus de réalisme.

La révision du PLU à Annemasse manifeste clairement l’insuffisance de la concertation.

M Bouchet, maire adjoint à l’urbanisme s’est exprimé en ces termes dans le Messager «Nous souhaitons travailler un peu plus en profondeur que les seules
obligations liées au PLU (réunions publiques) en mettant en place des
ateliers d’urbanisme dans la droite ligne du concept « Annemasse ma ville
demain », véritables lieux de réflexion sur le mieux vivre ensemble au
travers des conseils consultatifs. Dans le JIM nous allons aussi
procéder à une enquête par ménage pour sonder le ressenti des gens sur
leur ville, aujourd’hui et demain
».

Si les «seules obligations liées au PLU» se révèlent insuffisantes, si les réunions publiques sont en effet inutiles, si l’enquête publique est en réalité un simulacre de consultation, et que l’adjoint à l’urbanisme le reconnaît, c’est qu’il est en progrès vers la seule forme réelle de consultation : le référendum.

Dans un domaine aussi essentiel à la vie de la cité que celui de l’urbanisme, il est faux de soutenir que la lumière des élus serait suffisante, il est faux de soutenir que les électeurs se prononcent une fois tous les 6 ans. La vérité est celle du déficit de processus démocratique et le remède existe. Il est même dans les textes. C’est une voie de consultation évidente.


Dernier budget avant l’apocalypse.

Tout sur la prochaine séance du conseil municipal d’Annemasse du 26 mars 2013.

dossier de la séance

Prenez le temps de lire le budget primitif, d’en faire un résumé, et de me le communiquer.

Le début de la séance sera consacrée à la présentation d’Annemasse-Gare par son promoteur. Il y aura un film en 3D, en contre-plongée sur la tour infernale. Venez nombreux.

J’ai cherché une illustration vidéo sur youtube, mais le budget 2013 n’intéresse pas encore les foules. Le fan club de la majorité n’a prévu aucune animation spéciale. Il ne sera pas dit que rien ne sera fait :


Toute la gloire du tram est de ne point aller à la gare.

Le tracé du tram, soit pour des raisons purement électorales, soit pour d’obscures raisons bureaucratiques, ne passera pas par la gare.

Son tracé empruntera la rue des Voirons au lieu de continuer avenue de la Gare.

La rue des Voirons, au passage, sera sacrifiée. Elle est étroite, et on aura beau la transformer en voie piétonne, compte tenu du danger présenté par un tram, les piétons ne seront pas à la fête. Les riverains non plus, mais d’eux on se fiche comme de l’an quarante. L’an quarante ne vote jamais, et la rue des Voirons cela représente que quelques voix. Rien en termes politiques. Tous les quartiers ne sont pas égaux.

Mais surtout, dans cette Kolossale rationalité, ce qui est affaibli c’est l’unité du système de transport collectif de toute l’agglomération. L’intérêt de desservir la gare, c’est qu’elle puisse devenir un formidable nœud de transfert et de communication entre différents modes de transports : le train, le tram, les bus, la voiture si on avait programmé des parkings. Mais non, pour ces raisons qui ne s’avouent pas, mais qui gouvernent peut-être souterrainement les choix, le tram passera par la rue des Voirons, pour aller se suicider place Deffaugt. Le prix à payer sera élevé pour nos générations et les générations du futur. L’erreur risque de se payer à la fois comptant et à crédit.

Le mieux ce serait un tram sur coussins d’air. Comme ça on pourrait le faire changer d’itinéraire, l’été il circulerait à l’ombre, et l’hiver au soleil.

Toute la gloire du tram est de ne point aller à la gare.

Le tracé du tram, soit pour des raisons purement électorales, soit pour d’obscures raisons bureaucratiques, ne passera pas par la gare.

Son tracé empruntera la rue des Voirons au lieu de continuer avenue de la Gare.

La rue des Voirons, au passage, sera sacrifiée. Elle est étroite, et on aura beau la transformer en voie piétonne, compte tenu du danger présenté par un tram, les piétons ne seront pas à la fête. Les riverains non plus, mais d’eux on se fiche comme de l’an quarante. L’an quarante ne vote jamais, et la rue des Voirons cela représente que quelques voix. Rien en termes politiques. Tous les quartiers ne sont pas égaux.

Mais surtout, dans cette Kolossale rationalité, ce qui est affaibli c’est l’unité du système de transport collectif de toute l’agglomération. L’intérêt de desservir la gare, c’est qu’elle puisse devenir un formidable nœud de transfert et de communication entre différents modes de transports : le train, le tram, les bus, la voiture si on avait programmé des parkings. Mais non, pour ces raisons qui ne s’avouent pas, mais qui gouvernent peut-être souterrainement les choix, le tram passera par la rue des Voirons, pour aller se suicider place Deffaugt. Le prix à payer sera élevé pour nos générations et les générations du futur. L’erreur risque de se payer à la fois comptant et à crédit.

Le mieux ce serait un tram sur coussins d’air. Comme ça on pourrait le faire changer d’itinéraire, l’été il circulerait à l’ombre, et l’hiver au soleil.

L’échec social du PNRU mais sa réussite urbanistique

C’est le résumé du résumé de dix ans de Programme National de Rénovation Urbaine (PNRU) géré par l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine (ANRU). Bilan mitigé alors que le milieu du gué est atteint, que la moitié des 85 milliards d’euros programmés ont été dépensés.

«Le PNRU a été doté « de moyens puissants » et s’il a été « plébiscité » par les habitants, il n’a toutefois pas atteint ses objectifs : « les
indicateurs de la situation des quartiers sensibles évoluent peu. Le
chômage y est toujours à peu près le double des autres quartiers, et la
pauvreté trois fois plus prégnante
». Même au niveau des objectifs
chiffrés, on reste loin du compte : alors que le programme défini par
Jean-Louis Borloo en 2003 prévoyait 250 000 démolitions en cinq ans, 200
000 nouveaux logements et 200 000 rénovations, le PNRU n’a toujours pas
atteint ces chiffres… alors qu’il a été prolongé de dix ans
supplémentaires. Selon Bernadette Malgorn, ce sont 140 000 logements qui
ont été détruits, pour 150 à 165 000 recréés (« 80 à 85 000 hors logement social et 70 à 80 000 logements sociaux »)». (in Maire info du 6 mars 2013).

L’échec serait relatif à en croire la revue Maire info «parce qu’ils (les habitants concernés) restent soumis à d’importants phénomènes de « mobilité résidentielle
» : les familles qui ont acquis quelques moyens s’empressent de quitter
ces quartiers, et sont remplacées par de nouvelles familles « en situation plus difficile ».
L’un des enjeux de la politique de la ville reste donc, pour l’auteure
du rapport, la promotion de la mixité sociale – mixité que le PNRU a
échoué à promouvoir, estimait récemment le comité d’évaluation et de
suivi de l’Anru (voir Maire Info du 14 février)»

C’est ce qu’on appelle le vote avec les pieds. Dès qu’ils le peuvent les habitants s’enfuient.

Faut-il jeter le bébé et l’eau du bain ? Il est manifestement encore trop tôt pour le dire. En toute hypothèse on ne doit pas s’arrêter au milieu du gué. Une fois le programme terminé en 2018 un bilan rétrospectif pourra être dressé. Dans l’immédiat et simplement sur le plan de l’amélioration de l’habitat et de la qualité de vie de ces quartiers il est utile de poursuivre l’effort.

Au delà du constat au plan national il reste à analyser le programme au niveau d’Annemasse.

Ce qui est mis en cause de manière centrale dans ce rapport c’est l’échec de l’utopie. L’utopie sociale de rendre ces quartiers comme les autres. Là il y a un échec. On aurait d’ailleurs pu s’en douter. L’utopie, au sens strict d’ailleurs ici de pays imaginaire où les habitants sont gouvernés d’une manière idéale et sont parfaitement heureux, est par définition en échec face à la réalité. C’est la mesure de l’écart entre le discours et les faits.

Faut-il poursuivre la densification ? Annemasse risque de devenir un trou noir urbain.

Le PLU entre en révision.

Il n’y aura qu’une réunion publique de prévue, l’adjoint d’Annemasse à l’urbanisme préférant promettre moins et tenir plus en terme de réunion, pour éviter toute censure du tribunal administratif, dans l’hypothèse où si une réunion est prévue et qu’elle n’ait pas lieu, tout l’édifice ne puisse être ruiné par cet irrespect des formes. Comme c’est le conseil municipal qui fixe le nombre de réunions, celui d’Annemasse s’en tiendra au minimum syndical.

Minimum c’est le cas de l’écrire. La réunion publique n’est rien d’autre que de l’information. Ce n’est en rien de la concertation. Il n’est d’ailleurs pas besoin de concertation à Annemasse puisque des élus pensent pour vous. Leurs choix sont par définition bons et éclairés, puisque tous les élus de la majorité ne sont les serviteurs que de l’intérêt général. Donc ils sont le peuple. D’ailleurs ils en sont les élus, alors foutez leur la paix, retournez à votre tiercé et à vos courses dans les grandes surfaces, rentrez sous le béton dans votre immeuble disgracieux, les élus Annemassiens vont dessiner l’avenir et vous en faire partager le bonheur par la grâce de l’information. Après ils vous expliqueront, entourés par les aréopages (pas aéropages) des bureaux d’étude socialistes qui parasitent tout le processus de décision, que le meilleur de la crème des décisions est arrêté pour le bonheur du peuple ignare et fainéant qui ne s’est même pas déplacé pour écouter la grande messe des deux ou trois réunions d’information, parce que c’est dit, l’immense générosité de la majorité la fera se fendre de plusieurs réunions, c’est promis.

Il ne faut pas oublier qu’il y a aussi le registre et la rencontre avec le commissaire enquêteur. Personnage tout acquis et par avance à tous les projets de la municipalité. C’est même consubstantiel de sa fonction. Il enquête avant tout sur l’état d’esprit des rares citoyens qui viennent laisser un témoignage écrit de leur existence. En général leur préoccupation se limite à leur intérêt personnel : la constructibilité de leur terrain, le bruit de la cour de récréation, la sortie de leur garage, etc. La liste est aussi longue qu’un jour sans nougat (dicton de Montélimar). Elle est marquée au fer rouge de l’intérêt particulier, une abomination dans la bouche d’un élu socialiste qui incarne par définition l’intérêt général. L’enquête passera.

Passera aussi l’occasion d’une discussion en profondeur des orientations de l’urbanisme. Certes ces orientations sont précaires et révocables puisqu’un nouveau PLU peut les changer, mais elles font quand même des dégâts. Regardez autour de vous. Annemasse est le résultat des politiques urbaines suivies par la même équipe depuis plus de trente ans. C’est laid, c’est dense, c’est incirculable. En prime Annemasse vient de décrocher le pompon d’un classement en zone d’insécurité…On rougit de fierté. Quel honneur !

Le moment est donc venu de s’intéresser à une question qui en commande beaucoup d’autres : la densité urbaine. Faut-il l’augmenter ? Une des conséquences par exemple en est l’impact sur la circulation. Comme on ne peut pas repousser les murs des immeubles, on ne peut en conséquence pas agrandir les rues, et si on met plus de monde dans la ville, fatalement on augmente les embarras de la circulation. La question de la densité est réellement sérieuse.

C’est là que par exemple les projets politiques peuvent se confronter au vivant. La surdensification, si elle se poursuit selon les vœux de la gauche au pouvoir local, produira un trou noir urbain. La conjugaison de tous les moins qui procèdent de ce seul plus : plus de densité = moins de soleil, moins d’espaces, moins de déplacements, moins de plaisir, moins de sécurité. Les écoles qui sont en déglingue seront en dérive, le tissu social poursuivra sa recomposition avec un nouveau peuplement. Annemasse deviendra une vraie fabrique de pauvres (qu’un hommage soit rendu à MP Berthier qui avait lancé cette formule si juste). Comme les trous noirs du monde physique, la ville implosera en happant son environnement immédiat. Mais comme l’urbanisme n’obéit pas complètement aux lois de la physique, tout ce qui est en dehors d’Annemasse voudra surtout y rester et se dépêchera de dresser un cordon sanitaire invisible pour ne pas plonger à son tour dans la tourmente urbaine.

La densité est un vrai sujet. Il reste à trouver le moyen d’en partager la préoccupation avec le peuple des électeurs. Comme le mot référendum est un gros mot pour la majorité municipale, il faut raisonnablement être pessimiste sur ses chances de débat.

L’augmentation des impôts locaux n’est pas une fatalité.

Cette année, bonne nouvelle, les impôts locaux n’augmenteront pas, ou du moins pas plus que ce qu’on appelle les bases. C’est la promesse du maire au cours du débat d’orientation budgétaire au cours du dernier conseil le 21 février 2013.

Comme on est en France, et que le seul mot d’ordre des élites est de
faire compliqué, ils y réussissent fort bien. On peut leur fait confiance : ils savent, eux. Pas tous, rassurez-vous. Une
majorité même n’en sait strictement rien. Cela n’en empêche d’ailleurs aucun de voter le budget, et souvent d’augmenter les impôts en
catimini.

Mais précisément qu’est-ce que sont ces bases ? Ce sont les bases de calcul des taxes foncières et d’habitation. Ce calcul se fait en référence à une valeur locative cadastrale théorique. En gros c’est un coefficient revalorisé chaque année pour tout le pays. Cette année c’est 1,8%. Est-ce une augmentation des impôts ? Non, pas directement du moins.

Il y a deux façons d’augmenter les impôts, on peut les augmenter par le seul jeu des coefficients, ce sera alors la faute à pas de chance mon bon monsieur, «Ça» augmente, que voulez-vous. Exemple cette année à Annemasse, l’augmentation du produit des «bases» serait de 2,52 %, chiffre qui intègre l’augmentation des coefficients et celui du nombre des contribuables puisque la population est en hausse. Les 2,52 % d’augmentation des ressources globales représentent pour 1,8 % l’augmentation des bases et pour le reste l’augmentation du nombre des contribuables. L’autre façon est d’augmenter les taux.

La municipalité de gauche avait dès le début de son mandat augmenté les taux, au prétexte délirant de «faire des réserves». Moyennant quoi tous les sous prélevés ont été immédiatement dépensés, et aucun n’a été placé à la Caisse d’épargne, si bien que les réserves annoncées relèvent des promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent, à la manière de F Hollande. Les impôts avaient de ce fait augmenté plus que les bases.

Mais s’il est possible d’augmenter les taux, à l’inverse il est possible de les baisser. C’est ce qu’a fait Valence, une ville dirigée par des socialistes. En 2013 Valence baisse les impôts locaux de 2%. Valence n’est pas une citée aussi riche qu’Annemasse, mais Valence baisse les impôts locaux. Valence n’a pas la manne frontalière, mais Valence baisse les dépenses de la ville. Valence fait reculer de 3,5% les frais de personnel, et pourtant Valence n’a pas de Casino comme Annemasse.

Il est donc parfaitement possible dans une ville comme Annemasse de baisser les impôts locaux. C’est une question de volonté politique. Bien entendu, dans l’hypothèse d’un tel choix, qui devrait naturellement s’imposer dans les circonstances économiques actuelles, il faut aussitôt dire sur quoi pèseront les diminutions de charges. L’investissement ? Le fonctionnement ? Un peu des deux ?

Ce choix est profondément politique. On peut suivre l’exemple de Valence, et décider comme cette ville de baisser de 3,5 % les dépenses de personnel, et d’un pourcentage moindre les dépenses de gestion courante. Mais on peut aussi décider de porter l’accent sur tous les autres postes de dépense, à l’exception du personnel communal. François Vigny et Louis Mermet citaient les auvents de la place de la Libération, laquelle place pouvait à moindres frais être transformée en poumon de respiration au lieu d’une étendue minérale et désertique, obligeant au passage à mettre pour 3 000 000 € dans des abris contre le soleil ou la pluie. Pour 3 000 000 € il n’est d’ailleurs même pas sûr qu’on soit protégé de la pluie et du soleil. Il faudra par précaution prendre son bob ou son parapluie.

À Annemasse, les effectifs municipaux augmenteront, on sait déjà que ce seront des policiers municipaux qui bénéficieront des augmentations de postes cette année, et la question qui nous sera posée par la majorité sera celle de savoir si on veut «diminuer la sécurité publique» ! ils ne pensent tout de même pas qu’on risque de s’en laisser compter par cette rhétorique simpliste, évidemment que la réponse est qu’il faut augmenter les moyens mis au service de la sécurité. La sécurité c’est la première des libertés. Et nous nous disons à chaque occasion qu’on doit commencer par mettre en place la vidéo surveillance. C’est simple ça, et la majorité a fini par l’accepter, à reculons. Ce que nous disons est qu’avant de songer aux effectifs il faut d’abord réfléchir aux autres moyens. Ce que nous disons c’est qu’il faut diminuer les dépenses, pour arrêter notre suicide collectif.

Annemasse va donc persister sur le chemin de l’assèchement de votre porte-monnaie. Ce n’est donc pas demain que les impôts diminueront. Sauf si nous sommes élus.

 

La montre molle qui ne donne même pas l’heure !

C’est en ces termes que le GHI, un journal qu’on ne présente pas, pourfend les machins et les trucs transfrontaliers qui prolifèrent à la vitesse des métastases, sans même que ces parasites n’accouchent de la plus petite souris. Les baudruches ne produisent que du vent.

«Une terminologie de technocrates, qui tentent de nous en foutre plein la vue avec du charabia. Ainsi, lundi 28 janvier, ils nous annonçaient ceci: «Le Comité de pilotage du Grand Genève laisse place au Groupement local de coopération transfrontalière (GLCT), Projet d’agglomération franco-valdo-genevois».

Qu’il est doux de lire ces mots de révolte contre l’enflure et la prétention des diaphoirus (cf «le malade imaginaire» de Molière) de la bureaucratie locale ! Merci d’en rajouter, ce ne sera jamais de trop. Parce que l’excellent article du GHI («Grand Genève : arrêtez de nous bassiner», GHI du 7 février 2013) pointe un élément essentiel de la critique : celui du déficit démocratique.

«..une structure autoproclamée, on y cherchera en vain la légitimité démocratique: citoyens lecteurs, vous avez souvenance d’avoir été maintes fois consultés sur le Grand Genève?». On peut ajouter que les citoyens de ce côté-ci de la frontière ne sont pas plus consultés.

Ainsi se créent des ectoplasmes, aux sigles les plus barbares, qui développent un langage imbécile repris en cœur par tous les élus, qui croient s’élever ainsi à la science, et qui ne font que du vent. C’est le vent dont se gonflent ces minis bureaucraties bien réelles, car toutes engagent du personnel qui vient augmenter les effectifs territoriaux, car toutes aussi consomment du cabinet de conseil (en général proches des socialistes), des rapports, des discours. Le tout marqué au fer rouge de l’idéologie de gauche. D’où ce verbiage incessant, cette production à jet continu d’une prose baignée dans la mystique du «territoire», du «pays», du «lien social» du «développement durable», de la «coulée verte», etc. Au moins cela justifie les frais de fonctionnement et les indemnités aux élus. Mais est-ce utile ?

Dans le même sillage se constituent en France toute une série d’organismes supra-communaux, infrarégionaux. Les communautés de communes, les syndicats, les comités de pilotage, les machins les plus divers. Tout ce petit monde a des secrétaires généraux, des secrétaires, des chargés de mission. Les mille et une merveilles de la ploutocratie locale. Sans aucune légitimité démocratique.

C’est le grand déficit. Encore plus abyssal que celui du budget de notre pays. Il faut dire que le roi est nu, et que ces jouets pour élus ne sont pas nécessaires. La coopération transfrontalière est d’abord une question de bon sens. Mais au-delà, et sauf si des structures politiques voient le jour, il n’existe rien d’utile.

Le 21 février, il y aura du pain sur la planche

Une séance-fleuve du conseil municipal, qui sera animée par le débat annuel d’orientation budgétaire. Cette année, en raison des restrictions budgétaires il n’y aura ni ballet oriental, ni le Bolchoï, et Johny ne pourra venir depuis sa résidence de St Moritz. Heureusement, le conseil régional nous vient en aide et nous délègue l’un de ses conseillers pour présider la séance, un ténor. Il est possible qu’il se livre à une danse du ventre lors des explications sur le budget, tout en sautant comme un danseur étoile par-dessus les difficultés.

Tout le dossier : (un vrai luxe, il y en a pour deux heures de lecture),

Dossier du conseil municipal du 21 février 2013 Annemasse

Ou juste la note de synthèse :
(Version économique, plus digeste, environ une demi-heure de lecture).

Note de synthèse du conseil municipal du 21 février 2013 Annemasse

On pourra toujours écouter le jukebox à la fin :


Le tribunal paritaire des baux ruraux a rendu un jugement le 25 janvier 2013

Normalement, dans une ville, on devrait se précipiter sur la lecture d’un tel jugement, en raison de son caractère exotique. Il y a en prime une dimension supplémentaire. Le litige oppose la ville d’Annemasse, propriétaire d’un grand champ, à un maraîcher qui l’exploite. Le champ est situé à l’intérieur du périmètre urbain. Un congé a été délivré au maraîcher, mettant fin à une occupation que la Ville présente comme précaire et révocable, mais qu’il estime au contraire permanente puisqu’il revendique l’existence d’un bail rural.

Il faut ici savoir pour comprendre ce litige, que le droit rural, dérogatoire et exorbitant au droit commun, organise au profit du «fermier», c’est à dire du locataire qui bénéficie d’un bail rural, l’expropriation du propriétaire qui en pratique ne peut jamais reprendre son bien, même pour y planter des choux. C’est un des plus grands scandales juridiques, silencieux et ignoré, de notre pays. Mais il perdure, et pour longtemps encore, au moins aussi longtemps que les paysans représenteront une force politique, même d’appoint.

Le bénéficiaire d’un bail rural ne peut pas être expulsé. Le maraîcher recevant le congé, qui lui a été donné par la commune, l’a contesté en saisissant la juridiction spécialisée des baux ruraux du ressort. Il revendique la protection d’un bail rural.

Soutenu par au moins une conseillère municipale, il expose par son organe qu’il est un défenseur de la nature, qu’il maintient une activité agricole, et qu’on l’expulse pour construire une mosquée. Ce dernier argument agissant souterrainement avec force. Une mosquée au lieu de champs de légumes. Hérésie. Les cris du congédié omettent toutefois de préciser que le reste des terrains qu’il exploite et dont partie lui appartiennent sans doute, représentent un tas d’or et il y a fort à parier qu’un jour ils seront convertis en monnaie sonnante et trébuchante, mais peu importe. Le vert a bonne presse. Au moins dans le blog de la conseillère municipale qui a pris fait et cause pour l’agriculteur.

Mais patatras ! voilà que le jugement est intervenu le 25 janvier 2013. Le tribunal paritaire des baux ruraux s’est déclaré incompétent. Aussitôt notre conseillère enrôlée dans la défense du maraîcher publia sur son blog un communiqué de victoire. On y lit notamment «Ce jugement traduit la défaite de l’équipe municipale et des élus qui ont voté, au travers la délibération du Conseil Municipal de la Ville d’Annemasse datant du 10 juillet 2012, l’expulsion de Pierre Grandchamp, dernier maraîcher de notre Ville». Le curieux de cette affirmation est que dans le même temps cette honorable conseillère rapportait le fait que ce maraîcher avait aussitôt fait appel du jugement. Ce qui rappelle un peu, toutes choses égales par ailleurs, le colonel Nasser en 1956, qui, après la sévère déculottée infligée à ses troupes par les Français et les Anglais, rentra au Caire sous les acclamations de la foule en criant victoire. Ou bien pour rester dans la même région, les communiqués de victoire publiés pendant la guerre des Six Jours par les capitales arabes.

Il s’évince donc de la décision que le tribunal paritaire des baux ruraux s’est déclaré incompétent, mettant les dépens à charge du maraîcher qui l’avait saisi en revendiquant le statut du fermage pour le terrain de la ville. Ce qui signifie qu’il aura perdu son procès, s’il en reste là. Car le tribunal paritaire des baux ruraux lui dénie la protection du bail rural. Il n’est donc pas au bénéfice d’un tel bail. Le tribunal paritaire logiquement renvoie devant le tribunal de grande instance pour qu’il statue sur la régularité du congé. S’il n’y a pas de bail rural, alors nécessairement le congé sera validé. On comprend dès lors que le maraîcher ait relevé appel de la décision, et que peut être il ne voie pas en elle «la défaite de l’équipe municipale et des élus..». Il est probable qu’il soit plus réaliste.

La lecture attentive du jugement ne permet pas d’être très optimiste sur
les chances du maraîcher d’obtenir une réformation de la décision. Le
jugement est très motivé, d’une part il relève qu’aucune convention
de quelque nature que ce soit n’a jamais lié les parties, soulignant
d’ailleurs que l’agriculteur soutient avoir pris la suite de
l’exploitation d’un GAEC tombé en liquidation, mais sans apporter de
justificatif d’une transmission de l’actif de cette société, et d’autre
part que la Ville avait fait l’acquisition de la parcelle litigieuse
spécialement pour constituer une réserve foncière, ce qui exclut la
possibilité d’appliquer les dispositions du Code rural. Dans ces
conditions il sera pour le moins difficile à l’appelant de convaincre le
juge d’appel. Nous verrons bien.

Il restera le problème de fond, celui qui touche aux choix d’urbanisme faits dans ce quartier. D’ailleurs et sur ce plan, le combat du maraîcher se poursuit devant le tribunal administratif.

Le conseil municipal du 22 janvier 2013 refuse la nourriture halal dans les crèches.

Cette question qui aurait pu diviser profondément le conseil l’a finalement uni. Un débat s’est noué autour de la proposition de modification du règlement intérieur. Mais le projet de délibération proposait un texte rédigé dans ce jargon bureaucratique et administratif qu’affectionnent tant nos élites communales, si obscur qu’on pouvait l’interpréter comme signifiant l’introduction de la nourriture halal dans les menus des crèches. Le maire a précisé, face à nos interrogations, que le sens était exactement opposé. Il a proposé de rajouter un rappel à la laïcité pour clore toute polémique. De ce fait nous avons été d’accord.

À la réflexion il est possible qu’on se soit fourvoyé, et que la modification du règlement puisse donner lieu à une interprétation contraire. Mais enfin il restera les débats et les engagements pris par le maire. Il restera aussi tous les principes républicains auxquels nous sommes tous attachés, et que nous défendrons contre toute dérive.

Mais pourquoi diable être contre l’introduction de la nourriture halal dans le menu des crèches ? Après tout il appartient aux seuls parents de chaque enfant de décider de leur diète. C’est vrai, mais c’est vrai aussi que les interdits alimentaires, dénués de toute justification scientifique et qui ne sont au final que des ramassis d’imbécilités, aboutissent en fait à l’enfermement de leurs sujets dans une prison idéologique qui les retranche de la communauté nationale. Or l’école républicaine doit s’adresser aux enfants, et à eux seuls. La crèche républicaine aussi. La République libère, et n’asservit pas. Du moins dans son idéal. Ce qui conduit à cette conséquence que sont seuls tolérables les interdits, alimentaires ou autres, qui consisteront en une abstention, parce que s’abstenir est la liberté de chacun, mais qu’ils ne peuvent radicalement pas être acceptés quand ils obligent l’institution à s’adapter à eux, et s’ils ont un caractère intrinsèquement hégémonique, ils ne peuvent encore moins être tolérés dans leur prétention éventuelle de s’imposer à tous. La République c’est la liberté. Et nous y sommes viscéralement attachés.

Gros bénéfs; mais pas de gratuité pour la première demi-heure !

Le Conseil municipal a pris acte le 22 janvier 2013 des résultats en forte hausse du délégataire SAGS qui gère les parkings. J’ai posé la question de savoir si ce n’était pas l’occasion d’obtenir, pour tous les Annemassiens, et aussi pour le commerce en centre-ville, la première demi-heure gratuite. Comme c’est le cas dans beaucoup de villes. La réponse est qu’on y songe, mais qu’il s’agit d’une négociation.

Je ne crois pas que cela soit du ressort de la négociation. Si vous demandez à gros bénef de baisser ses résultats, en échange d’un sourire par exemple, il y a de fortes chances qu’il vous envoie balader. Non, il s’agit d’imposer. Parce que c’est la ville qui est en réalité en position de force. C’est donc une volonté politique qui doit s’exprimer. Pas une molle invitation à la négociation. Le truc fantomatique qui n’aboutit jamais. La volonté d’abord, la négociation après.

Et que devient le très haut débit à Annemasse en 2013 ?

Réponse : rien.

L’agglomération et la ville préfèrent investir dans un luxueux (et inutile) bâtiment pour abriter le siège administratif des services plutôt que d’investir massivement dans le très haut débit.

C’est vrai que c’est plus intelligent. Les bureaux (qui gèrent l’eau, les poubelles, sous-traitent les transports, etc.) sont trop à l’étroit dans la situation actuelle, les bureaux des présidents et vice-présidents seront plus fonctionnels, il pourra y avoir beaucoup plus de personnel autour de nos élus, les malheureux pensez donc, certains n’ont même pas de bureau aujourd’hui. Tout ça étant beaucoup plus important que d’obtenir le très haut débit au bénéfice des entreprises et des particuliers, c’est donc une politique immensément intelligente qui est menée.

Séance de minuit le 22 janvier 2013

C’est la rentrée.

Le 22 janvier 2013, un super conseil municipal se réunira avec un ordre du jour exceptionnel. Il est possible même qu’à son issue il y ait une invitation à dîner par le maire et son équipe. Je ne dis pas que cela soit probable, mais ce serait tout à fait souhaitable, et en tout cas il n’y aurait rien d’impossible. Plus nous serons nombreux, plus il sera impossible de tous nous renvoyer, le ventre vide. Ce serait irrespectueux, non ? Certes le maire n’est pas Jésus, mais il appartient à un parti politique qui multiplie les promesses comme les petits pains, donc il serait logique qu’on puisse tous dîner dans le restaurant de notre choix. En attendant, et pour prendre connaissance de la substance de ce prochain conseil, suivez le lien….

Conseil municipal du 22 janvier 2013

Et ce n’est pas fini, encore du papier. Contrairement aux recommandations stupides qui fleurissent au pied des mails, pour faire bien et écolo, imprimez les PV des séances précédentes. Ne les encadrez pas, leur lecture deviendrait difficile et ce serait exagéré.

Les PV de juillet, novembre et décembre 2012



(Rien à voir : en hommage à nos amis transalpins qui nous font l’amitié tous les ans de venir partager quelques délices avec le conseil municipal).

L’hiver de la grande panne

La réalité nous a rattrapés.

Ça y est, on y est, dans la grande panne, la panne économique, avec une croissance nulle, un chômage en hausse, des dépenses publiques qui ne sont pas maîtrisées et qui viennent par le déficit structurel creuser un peu plus chaque jour la tombe du pays. Et dans tout cela le conseil municipal va préparer un budget qui se caractérisera par une seule constante, celle de la hausse des charges. Oh ! Si peu, qu’on s’en fiche déjà. Ce qui va de toute façon peser ultérieurement sur le munificent contribuable, qui en échange reçoit des services publics, destinés en majorité à la minorité, celle qui ne paye jamais le moindre centime d’impôt, sauf au travers de la TVA.

A t’on une proposition alternative face à cela ? Oui. Elle est simple. Arrêter le délire des collectivités territoriales, les communes, les agglos de tout poil, les machins et les trucs aux noms imprononçables, les départements, les régions. Pour l’État, il est au-delà du délire, dans le delirium tremens, on ne peut plus rien faire, sauf le mettre en faillite. Mais ici bas, au niveau communal ou au niveau de l’agglomération, on peut commencer à se poser les vraies questions avant d’engager des dépenses. Par exemple : n’est-ce pas trop cher ?

Jamais, vous lisez bien, JAMAIS, cette question n’est posée dans la présentation officielle des délibérations sur un poste quelconque de dépense.

Cette culture de la fuite en avant, cette logique de la constitution de petites royautés locales où le souverain ne regarde jamais à la dépense, mais au contraire la favorise toujours, parce que son ressort caché est celui de l’augmentation de son petit (ou grand) pouvoir, doit être cassée. Pour le bien commun.

Derrière les lampions.

Dès qu’on inspecte l’envers du décor socialiste, on découvre une réalité sinistre.

Un commentateur, Jean-Claude Pacitto dépeint en traits saillants la face cachée de ce qu’il désigne par le cynisme socialiste.

«La seule finalité de toutes les politiques économiques socialistes, c’est bien de faire vivre ce système clientéliste et en aucun cas de viser à une quelconque justice sociale. Coupés du peuple depuis des décennies, les oligarques socialistes ont toujours préféré à une politique visant à accroître les salaires celle de l’assistanat. Plus profondément, c’est la République qui est atteinte dans ses fondements mêmes. Toute l’habileté du PS consiste à faire croire qu’il combat les privilèges alors qu’il ne fait que les conforter, mais suprême habileté de sa part, c’est lui qui définit ce qu’est un privilège».

Et comme le pouvoir local (communes, départements, régions) est la forge du pouvoir socialiste, il constitue l’objectif prioritaire. Partant d’un constat simple (cf le rapport de Terra nova sur l’immigration), au cœur des quartiers populaires, il y a les Français de la diversité. Le rapport de forces gauche-droite y est extrême, de l’ordre de 80-20 voire 90-10. Il se vérifie quelle que soit l’origine nationale. Il est le plus massif pour les Français d’origine africaine (tant subsaharienne que maghrébine) et se renforce nettement pour la seconde génération par rapport à la première (de l’ordre de 10 points). La seule exception est la première génération d’origine asiatique, qui reste polarisée à droite par anticommunisme. On devine quel est le point d’appui de la politique de conquête et de conservation du pouvoir par les appareils socialistes.

« Personne n’est dupe sur les objectifs véritables du droit de vote des étrangers: non pas faire accéder ces personnes à la citoyenneté mais permettre aux socialistes de conserver leurs positions de pouvoir acquises dans les collectivités locales. La maîtrise du pouvoir local est la clef de voûte du système socialiste», ajoute encore M Pacitto. Et il a raison.

C’est donc une erreur profonde pour les forces démocratiques que de se désintéresser de ces questions, et d’avancer en regardant de l’autre côté de la rue, là où les voitures ne brûlent pas. Il faut au contraire s’y intéresser, comprendre les mécanismes qui y sont à l’œuvre, rencontrer les aspirations de cet électorat populaire : du travail, et de la dignité. La gauche à terme ne fournit ni l’un ni l’autre. Convaincre donc ces électeurs qu’ils font fausse route en misant sur un parti totalement cynique.