Quoique la politique locale ne soit pas la politique nationale, il existe entre les deux une nécessaire relation. Le champ politique national est ébranlé par la montée de plusieurs populismes conjugués, récupérés à l’extrême gauche, ce qu’on ne souligne que peu, et à l’extrême droite.

Leur commune rengaine est que la mondialisation est la source de tous les malheurs. L’Europe n’aurait aucune vertu, ne serait d’aucun bénéfice. Ils rêvent de nouvelles frontières aussi étanches que le rideau de fer.

De l’autre côté de l’Atlantique un candidat à l’élection présidentielle, qu’il est préférable de ne pas nommer, fait du nationalisme américain son fonds de commerce et propose, extravagante provocation suprême, d’édifier un mur sur la frontière mexicaine aux frais des Mexicains. Le mal se répand.

Ici, la proximité de Genève qui joue un tel rôle dans la prospérité locale rend ces idées de repli plus grotesques encore. Si bien que le thème n’est pas développé avec autant de vigueur qu’ailleurs. Mais il existe quand même, et les extrêmes ne se privent pas de cultiver le ressentiment qui paraît si porteur électoralement. Si porteur et si dangereux.

Genève n’est pas l’Europe, mais la Confédération Suisse est de facto dans l’Europe économique. On voit tous les jours le résultat des échanges avec la Suisse voisine ou lointaine. Ils illustrent dans la réalité le bénéfice que toutes les parties retirent de cet espace économique commun. Pour tous, presque sans exception.

Un candidat à la primaire des républicains propose un référendum sur l’Europe. On voit la manœuvre. Surfer sur le ressentiment au lieu d’aider à sa dissipation. La politique baisse d’un cran. Il faut espérer que les relais locaux de ce candidat se montreront plus discrets sur cette idée dévastatrice. Celle de l’ancien monde, le monde du malheur, le monde des guerres, le monde des crises dont le retour menace de nous enfermer dans sa tombe.