Un sérieux problème politique se pose à Annemasse dont tout le conseil municipal est convoqué pour un débat contradictoire devant le tribunal administratif de Grenoble

Ça sent le sapin !

D’un seul coup, comme avec un coup de tonnerre, la physionomie politique du conseil municipal change avec une brutalité inédite.

Que se passe-t-il ?

C’est simple.

La majorité socialiste au conseil municipal sait depuis déjà de longs mois, depuis le dernier jour du dépôt des listes, que celle du Front National a été bouclée dans la précipitation de la dernière heure, et qu’elle comporte au moins un nom d’une personne âgée, qui n’est plus en pleine possession de ses moyens puisqu’elle est dans un institut spécialisé. Les socialistes savaient les difficultés pour le FN de boucler sa liste.

La majorité socialiste au conseil municipal connaît tout de la situation. Elle va très certainement prétendre le contraire, personne n’est à l’abri d’une défaillance de sa mémoire, ainsi d’ailleurs que le montre incidemment la mésaventure, c’est un euphémisme, de la liste FN.

Elle a su le recours engagé contre la fraude manifeste. Elle s’est abstenue volontairement de toute intervention dans la procédure. Elle aurait pourtant bien dû le faire, et aujourd’hui, malgré elle, le tribunal administratif l’invite à comparaître.

On peut tout oublier toujours, on peut manipuler, on peut prétendre comme le fait le parti socialiste lutter contre le FN tout en étant son allié objectif. Seuls les faits comptent. Et ils sont là, sur la table du tribunal administratif qui a été saisi d’un recours légitime contre les élections.

Le FN, dans sa composante annemassienne, a tout simplement triché.

Le tribunal administratif de Grenoble a décidé une réouverture des débats au 27 octobre en présence de tous les conseillers municipaux. Ceux de la majorité socialiste, ceux de l’opposition, et bien entendu les deux conseillers de la liste FN, «bleu marine». C’est une manière de perfection du débat contradictoire.

Au fond les questions sont redoutablement simples : a-t-on ou non le droit de tricher ? Doit-on ou non dès lors qu’une tricherie est démontrée, annuler toute l’élection ou seulement celle des membres de la liste pris la main dans le sac à tromperie ?

Il n’est pas douteux que le tribunal administratif de Grenoble réponde qu’en démocratie, en république, la fraude électorale est interdite.

Sur la seconde question de l’annulation il se trouvera placé devant un dilemme.

Ou bien il annulera toute l’élection ou bien il limitera la censure à l’élection des membres du FN. Mais en ce cas, un gigantesque problème surviendra. Il faudrait en effet admettre que tous les électeurs qui ont porté leurs suffrages sur la liste du FN l’auraient fait en vain. Ce qui serait contraire, à l’évidence, à la signification d’un scrutin. Les électeurs du FN ont été trompés par le FN annemassien, et ils auront le droit d’en tirer toutes les conséquences politiques, ou pas, mais on ne peut admettre que leur vote ne soit pas exprimé et supprimé par une annulation partielle, que leur vote compte pour du beurre.

Même lorsque l’on est un adversaire politique, on ne peut admettre une telle conséquence, sauf à quitter les rivages de la démocratie. 

Il n’y a donc au fond aucune alternative, dans le respect des principes l’élection doit être annulée.

C’est cela la bombe politique. On se remémorera longtemps la posture adoptée par le maire et sa majorité socialiste lors du conseil municipal du 18 septembre 2014, quand ils montaient à l’assaut d’une négociation internationale, au nom des principes antilibéraux qui les animent ! Grenouille, n’oublie pas ta place dans l’univers, tu n’es pas même la cousine du bœuf.