La disparition des dinosaures

Si le temps n’était pas un continuum et que nous puissions retourner 65 millions d’années en arrière pour admirer les derniers dinosaures brouter l’herbe sauvage en noyant de leurs bouses gigantesques nos ancêtres les souriceaux effarés qui tentaient d’échapper à une mort certaine en slalomant entre leurs pattes titanesques, nous verrions aussi des macronistes furieux dépecer de leurs crocs acérés le ventre mou des républicains agonisants et des centristes gisants. L’heure de la recomposition a sonné sur le terreau fertile des chairs politiques décomposées. Toute la difficulté des temps inauguraux est d’inventer les formes correspondantes, de générer de nouveaux acteurs, jouant dans de nouvelles règles. Sinon on retrouve bientôt les néo-dinosaures empilés sur ces nombreuses prébendes qu’offre la république généreuse. Rien n’est jamais moins sûr que l’émergence d’une nouvelle espèce. Soyons pessimistes et retournons en arrière où tout n’était pas si insupportable, plutôt que d’avoir foi dans ce mirage imposé par les puissants de l’heure.