Le jour d’après

L’Europe détruite par la Grande-Bretagne qui, comme un ver, sort du fruit après l’avoir gâté, soit renaîtra de ses cendres soit accouchera d’un continent divisé, soumis aux grandes puissances, dilué dans une immigration massive. Terre épargnée par la guerre depuis 71 ans, l’Europe oublie que la paix ne procède pas du miracle mais de l’union des peuples. Si feu l’Europe, alors et immédiatement après, feu la France. L’utopie dégénérée des nationalistes d’extrême droite et d’extrême gauche d’une France se refermant comme une huitre sur sa maladie, balayera ce qu’il en restera, et débarrassera le monde de ce vieux pays.

Il n’y a qu’une seule solution possible, celle d’être fort en étant uni sur l’essentiel. La politique économique, les impôts, les droits sociaux, la démocratie. Et cela ne peut qu’avoir une dimension européenne. L’alternative est simple, faire l’Europe, la vraie, la démocratique avec un exécutif qui réponde devant un parlement élu, ou bien périr.

Pour que vive l’Europe, il faut que la Grande-Bretagne s’en aille

Ce qu’il y a de positif dans le Brexit, s’il devait advenir, c’est qu’il enterrera une certaine Europe, et nous donnera, dans la morosité qui alors s’installera, la chance historique d’en rebâtir une autre, plus petite, centrée sur les pays qui nous entourent, sauf la Suisse, une Europe des peuples, avec des institutions véritablement démocratiques qui impliqueront un exécutif responsable devant un vrai parlement élu. Nous avons cette chance devant nous. Merci à la Grande-Bretagne de nous quitter, merci encore. Hostile depuis l’origine au projet européen, manœuvrant avec intelligence pour le torpiller, la Grande-Bretagne a réussi à détruire l’élan vital né dans les ruines de l’après-guerre. Elle a poussé à l’élargissement consciente qu’il conduisait inéluctablement à la dissolution. Le fruit est mûr désormais, son parasite peut le quitter. Bon vent.

Et si on prohibait le tabac et l’alcool ?

En voilà une idée. Au moment où tout lâche, où tout fout le camp diraient certains, où les certitudes s’effondrent et aussi les limites, en ce moment précis de l’histoire où l’abandon est érigée en vertu, d’autres voies s’envisagent.

Car tout n’a pas été dit sur la légalisation de toutes les drogues, des douces au dures, ou selon l’air du temps d’abord pour les douces. On connaît les arguments en faveur de la levée de toutes les pénalisations. La consommation est massive, la prohibition génère de la délinquance et des organisations criminelles prospèrent dans la société. Il n’y aurait finalement que de faibles dangers dans l’usage. Des quartiers entiers vivent économiquement du trafic, et par quoi remplacer cette source fructueuse ? Une honte que cet argument, mais il existe. En revanche on sait moins si les risques d’une consommation massive ne seraient pas systématiquement minimisés.

Il est difficile de résister à la vague contemporaine, qui emporte tout sur son passage, balaye toutes les réticences. Nous y sommes déjà, les esprits ont évolué ces dernières années et même dans le camp conservateur on observe un glissement étonnant. La légalisation du cannabis est pour demain.

Et si au contraire de ce mouvement on instaurait une prohibition totale du tabac, et pourquoi pas de l’alcool ? Haro sur les psychotropes. On sait de source absolument certaine que le tabac tue, coûte en termes de santé publique un Himalaya d’argent. On le sait aussi de l’alcool avec la même certitude. Toute politique sérieuse de santé publique devrait se poser la question de la prohibition absolue de ces fléaux. Bon, allez, avec une exception pour l’alcool festif !