Jean Capasso le leader maximo local du Front National a été poursuivi pour vol à main armée

C’est une nouvelle extraordinaire, un nouvelle comme on n’en a qu’une par siècle, parce que ce n’est jamais arrivé dans le passé. Un homme conduit une liste pour les élections municipales, et pas n’importe quelle liste, celle du Front National. Il a fait campagne en 2014, il a pourfendu les juges laxistes, il a expliqué que si lui était élu à la tête de la mairie la sécurité serait immédiatement rétablie en ville. Il repart en étant tête de liste en 2015 pour les nouvelles élections qui se tiendront uniquement parce qu’il a fraudé et que le Conseil d’État a sanctionné la fraude. Et cela ne suffit pas. Il repart, mais ne dit à personne d’où il vient.

On peut penser, et on peut discuter de cette idée, que des années après le forfait qui lui a valu d’être poursuivi devant une cour d’assise, celle de la Haute-Savoie, il s’est amendé, et qu’il doit bénéficier de l’oubli. Sans doute va-t-il nous dire «j’ai fait une bêtise». Drôle de bêtise, s’emparer l’arme à la main de la recette, cela ne doit pas empêcher bien entendu de se recycler, d’abandonner les sentiers de la criminalité, parce que c’est un crime. Je suis pleinement d’accord avec cette proposition. Je suis à fond pour la réhabilitation.

Mais il ne s’agit pas de la vie ordinaire, il s’agit de la vie politique. Et la vie politique doit être la plus exemplaire possible. Parce que désormais le soupçon pèse sur le monde politique accusé de corruption, et de mensonge. Les Romains disaient que la femme de César ne devait pas être soupçonnée. Il en va de même pour le monde politique. Il doit être exemplaire, ou périr.

Mais ce que nous dit Jean Capasso, qui est sans doute un homme sympathique, pourquoi ne le serait-il pas, c’est qu’on a le droit en France de dire n’importe quoi, de mentir sur son passé par omission à tout le moins, et de se présenter devant les électeurs en tenant un discours sécuritaire.

C’est cela qui est extraordinaire, qui est inédit, du moins à ma connaissance.

Plusieurs conséquences peuvent être tirées :

– le mépris du FN pour la vérité et les électeurs, aucun parti n’a le droit de taire un passé comme celui de M Capasso,

– le mépris des socialistes qui connaissent tout de la situation et n’en disent rien, espérant passer entre les gouttes, je ne sais pas d’ailleurs si ce n’est pas pire encore que l’attitude du FN.

– et au contraire l’attachement à la démocratie de la droite républicaine.

C’est vrai qu’ils ont raison Jean Capasso et sa lectrice le 14 juin 2015, de craindre toute cette racaille qui traîne dans les rues. Heureusement qu’ils sont là pour donner des gilets pare-balles aux policiers municipaux, sans eux on n’aurait aucune idée des nécessités de la sécurité. C’est d’ailleurs la lecture de ce post sur la page Facedebouc du candidat frontiste qui m’a convaincu qu’il fallait réagir. La réaction de cette dame, le silence de Jean Capasso, qui fait comme si il avait le droit de juger la racaille, tout cela est accablant.

Faut-il craindre que les électeurs du FN votent malgré tout en faveur de la liste Jean Capasso, bleue marine ? Oui, il faut le craindre parce que cela démontrerait un affaiblissement fatal de l’esprit démocratique, naturellement s’ils votaient en connaissance de cause, sinon ce serait simplement l’effet de la difficulté de faire passer l’information.

Pour fonctionner, la République doit mobiliser les meilleurs, pas les braqueurs, même repentis. Parce que la République, parce que la démocratie doivent être des affaires sérieuses. Pas des bonnes blagues pour piliers de bistro, pour biker décérébré. On ne doit pas rigoler avec le fondement de notre vie.

Et si cela devait se passer, on ruinerait un peu plus l’édifice démocratique. Derrière la ruine, il suffit d’observer le monde pour s’en convaincre, il y a tout au fond du fond la guerre civile. Il ne faut pas rejeter les citoyens qui ont commis des fautes dans leur passé, mais il faut qu’il y ait une nécessaire transparence. Et puis il y a faute et faute. Un délit cela peut certes être grave, mais dans l’échelle de la gravité le crime arrive en tête. Si on peut parfaitement oublier le délit prescrit, ancien, accidentel, en revanche on est en droit de s’arrêter sur le crime, longtemps après sa commission, simplement parce qu’entrer n’importe où une arme à la main, ce n’est pas exactement comme commettre un excès de vitesse.