De la stratégie et des stratèges

Trois listes se présentaient devant les électeurs aux élections municipales d’avril 2014 : une liste socialiste, celle qui a gagné, une liste de la droite républicaine, et la liste du Front National.

Ce n’est évidemment pas un secret, nous l’avons tous su, cette dernière liste a été déposée in extremis à la sous-préfecture dans l’heure précédant la clôture du dépôt des candidatures.

Mais, cette liste pour être complète a utilisé un stratagème. L’une des candidates sur cette liste n’était pas en état de manifester sa volonté, ce qui a été démontré, et elle n’aurait jamais dû y figurer, si bien que sans elle la liste FN n’était pas complète et ne pouvait se présenter aux élections. Un tiers a rempli pour cette candidate malgré elle le formulaire de candidature et l’a signé. C’est un faux, c’est une fraude grossière, c’est une violation des règles les plus élémentaires de la démocratie. Parce qu’il faut bien y réfléchir : ou bien on peut forger des faux, et en ce cas pourquoi ne pas inventer des candidats dans un scrutin de liste comme l’est l’élection municipale, ou bien c’est un délit qui quand il se produit doit être sanctionné. Il faut choisir.

Les socialistes derrière Monsieur Dupessey auraient parfaitement pu contester la validité de cette liste. Ils ne l’ont pas fait, se frottant les mains et avouant à qui voulait bien l’entendre qu’ils étaient ravis de sa présence puisqu’elle nuisait à la liste de la droite républicaine. Stratégie à courte, très courte vue.

Ils ne l’ont pas fait par calcul. Ainsi donc les socialistes qui ne cessent de prétendre s’opposer au Front National, et le Front National qui ne cesse de prétendre s’opposer à tous les autres partis sont en réalité alliés. Monsieur Dupessey peut bien se montrer chaleureux à l’égard de la tête de liste FN, parce que cela est la réalité, il devrait d’ailleurs être plus généreux encore, car il lui doit probablement son élection. Les socialistes procèdent donc des frontistes… L’idée est amusante, mais il n’est pas certain que la démocratie en sorte grandie.

La réalité des socialistes, de Monsieur Dupessey à Monsieur Hollande, en plongeant dans le temps jusqu’à cette figure haïssable et méprisable de Mitterrand, est qu’il vaut mieux examiner leurs actes plutôt que leurs proclamations.

Nous verrons prochainement si le tribunal administratif saisi que par la liste de la droite républicaine, censurera ou non la fraude. Dans tous les cas de figure, que le tribunal annule totalement ou partiellement les élections, voire qu’il rejette les recours, il restera que les socialistes se sont volontairement abstenus de contester une fraude manifeste et dont ils avaient pleine connaissance. Cette stratégie du souterrain exhale les relents du cloaque.

La réponse du tribunal administratif est attendue très prochainement. La réponse politique à la stratégie occulte doit se construire.

Le BHNS roule pour lui, on ne passera plus à la gare, et le tram n’y viendra pas.

Il existe un nouveau tabou. Les transports en commun.

Le bourrage de crâne a fonctionné à merveille. Il n’y a plus personne aujourd’hui qui oserait critiquer le primat donné au transport en commun. L’emprise de la culpabilité de l’Occidental moyen, la sincère préoccupation de l’écologie, l’unanimité qui touche toute la classe politique, font que les critiques se sont tues.

Et pourtant on peut en penser beaucoup de mal aussi.

Tout d’abord parce que même si on multiplie par 3 la propension à l’usage des transports en commun, dans une région où ce mode de transport n’a jusqu’à présent que joué un rôle marginal, il restera que l’écrasante majorité des usagers ne l’utiliseront pas et prendront leur voiture, à essence ou électrique, mais leur voiture. Le problème est qu’un espace de plus en plus réduit est laissé à ce mode massif de transport. D’où ce sentiment justifié d’une «punition» de l’automobile et de son propriétaire. Des bouchons à n’en plus finir, de plus en plus nombreux et sur des plages horaires de plus en plus étendues.

Se pose alors la question de savoir si en termes de balance coût/avantages le choix de tout miser sur le transport en commun est justifié ou non. Réponse : alors qu’on jette des millions tous les ans dans les études sur tout, allant du rond-point au tram, il n’y a pas un centime de mis sur ce type de réflexion. Rien puisque la cause est entendue, et qu’il s’agit à la fois d’un tabou et d’un paradigme. Aucun discours sur les déplacements ne peut se situer en dehors du champ conceptuel du tout pour les transports en commun. C’est à peine si on se souvient encore des cycles, uniquement d’ailleurs pour enjoliver les discours.

Le premier temps d’une réflexion sérieuse devrait être de poser le problème en termes de comparaison des coûts, exorbitants, du transport en commun et de ceux de la voiture. En n’oubliant rien, y compris pour la voiture et les deux roues les coûts induits par les accidents. Une journée de réanimation ça a un coût, lequel rapporté aux millions de kilomètres parcourus vient renchérir le mode de transport individuel. Le résultat nous montrera si nos choix sont ou non rationnels et non pas uniquement idéologiques.

Toutes les opinions sont toujours admissibles dès lors qu’elles peuvent être loyalement discutées. Le soutien à la politique du Tram et du BHNS a légitimement le droit de s’exprimer. Mais en ce qui concerne l’un et l’autre le moins qu’on puisse dire est que la majorité socialiste occulte qui tout ce qui est contraire à sa thèse.

Ainsi pour le tram, masquer le fait que son financement n’est pas à cette heure assuré, relève de la mystification. Une part importante de son financement vient de la Suisse. Or, le Conseil Fédéral ne classe pas le projet dans ses priorités. Mais il y a plus encore. Un obstacle majeur provient du fait que le tracé du tram, en ne rejoignant pas la gare qui devrait accueillir 4 millions de voyageurs par an quand elle sera irriguée par le Ceva, va compliquer la tâche des usagers. Ils devront changer de moyen de transport. L’idiotie pour le tram de ne pas aller à la gare alors même qu’elle sera inondée de passagers, et alors que le tracé qui va jusqu’au lycée des Glières ne peut être concurrentiel en termes de fréquentation, tout en empruntant le boyau de la rue des Voirons, saute aux yeux. Le but du projet de tracé actuel apparaît clairement. Il n’est pas dicté par la considération de l’intérêt général, mais uniquement par le souci électoral, avant les élections municipales d’avril 2014 (on ne sait pas s’il n’y en aura pas d’autres prochainement). Dans le discours d’alors le tram allait au Perrier, ce qui n’est manifestement pas le cas quand on sait qu’au mieux il s’arrêtera dans cette direction au lycée.

Les électeurs ont été roulés. Ils sont roulés sur le tracé, ils sont moralement abusés lorsqu’il est constamment mentionné pour la gare en Novlangue qu’elle serait un pôle «multimodal», alors qu’il n’y aura que le bus qui la desservira. Le multi est un mono, abstraction faite du train. Mais même si l’on considérait le train et le bus ce ne serait pas «multi», mais au mieux «bi».

La voiture est chassée. Elle ne passera plus devant la gare. À cet égard le projet de tracé actuel pour contourner la gare qui ne sera plus accessible est tout simplement délirant.

Il a été présenté à la réunion d’une commission du conseil municipal. Le projet est estampillé Annemasse Agglo. Quand on ira en direction de la gare par l’avenue E. Zola, on ne pourra continuer en direction de Ville-la-Grand. Une nouvelle voie de circulation sera créée en prolongement de la rue du Môle à travers ce qui aujourd’hui est un parking. La circulation allant en direction de Ville-la-Grand empruntera ce nouveau tronçon, puis passera par la rue du Môle pour rejoindre la rue du Chablais où elle sera arrêtée au croisement par un feu. Autant dire que les embouteillages actuels seront multipliés. Au passage on peut admirer la cohérence qui aura présidé il y a dix ans à créer l’Avenue E. Zola pour qu’elle soit un «péricentrique» pour la boucher demain. Un péricentrique en forme d’impasse voit donc le jour.

City of New Orleans by Arlo Guthrie on Grooveshark

Ce qui manque manifestement à Annemasse et à son agglomération c’est un plan de circulation ! Et pourtant si on aligne les budgets alloués depuis des années aux études, que ce soit par la ville ou l’agglomération, et qui atteignent des montagnes d’euros, on ne peut pas dire qu’on ne se soit pas donné les moyens de se tromper à prix d’or. Il est vrai que c’est l’argent des contribuables, et on ne peut juridiquement demander à M Dupessey et consorts de rendre celui consacré aux inutiles études sur le péricentrique par exemple.

De l’effet local du rayonnement cosmique

C’était à la séance du conseil municipal du 18 septembre 2014. On y a assisté à un évènement mémorable survenu en tout début de séance, alors que tous les esprits étaient encore frais, alors que même les conseillers de la majorité ne dormaient pas encore tous.

Voilà que le maire proposa au conseil de voter une motion d’opposition aux négociations internationales qui se tiennent actuellement entre l’Europe et les États Unis sur l’harmonisation des échanges entre les blocs économiques. Le sujet n’est pas passionnant et  ne retient que peu l’attention médiatique.

La question centrale posée par la motion qui sera finalement votée par la majorité est celle de la résistance au libéralisme maléfique. On a assisté à une envolée lyrique, le maire a tonné contre cet ennemi, vibrant de toutes ses tripes d’ancien trotskyste, à moins que ce ne soit d’ancien léniniste, peu importe. Le mal entrait soudainement dans la salle du conseil pour y être terrassé par la lance dialectique du marxisme agonisant. On en était tout éclaboussé de verbe, dans la forme comme dans le fond.

Les vœux, c’est une excellente idée. La vraie difficulté dans la motion contre le Diable est qu’elle fut présentée alors qu’au cours de la même séance le règlement intérieur était voté. Quel rapport entre la motion et le règlement ? C’est très simple. Le règlement stipule que
«le conseil municipal émet des vœux sur tous les objets d’intérêt local».

C’est là qu’il est fort notre maire. Des vœux, contre un traité international en cours de négociations, entre l’Europe et les États-Unis, constitueraient un «objet d’intérêt local» ? Bien entendu, fichtre. Un vert est venu immédiatement porter secours au premier de nos philosophes, et il expliqua que tout traité avait nécessairement des conséquences sur l’échelon local.

Il a raison, le rayonnement cosmique aussi. Le rayonnement cosmique est donc d’intérêt local. Je propose une motion contre le rayonnement cosmique, le gaz de schiste, les pédalos à mazout, tous sujets d’intérêt local.

Comme la motion n’est pas tout à fait prête, je vous propose d’envoyer vos dons et soutiens directement à chacun des conseillers de l’opposition républicaine, en plus on reversera 10% à la majorité. Le RIB est le suivant : 13212 198415 3423 78 32424 9890.

Vous pouvez aussi vous rendre à Munich à l’Oktoberfest avec l’argent de vos dons, pour boire, chanter, jouer…ce n’est pas sympa pour nous mais on fera contre mauvaise fortune bon cœur.

Bier Her, Bier Her / Der Treue Husar by Oktoberfest Music on Grooveshark

Plus que ça, on meurt !

Les dispositifs de blocage des loyers sont toujours pour le législateur l’occasion d’une débauche démagogique, surtout pour la gauche. Il étale devant le pays l’excellence de ses intentions, et s’en sent justifié. Pourtant politiquement ce n’est pas l’intention qui doit compter, mais le résultat.

Sur le plan des résultats jusqu’à aujourd’hui et tous pays confondus, tous les dispositifs de blocage des loyers montrent inéluctablement à terme leur potentiel de dangerosité, car ils produisent un effet dévastateur sur le logement dont ils détournent les épargnants. La France l’a éprouvé par le passé. Cela avait commencé au lendemain de la guerre de 14, puis de reconduction en reconduction avait abouti en 1948 à cette loi dont tous les gouvernements postérieurs ont voulu avec constance se débarrasser pour la raison simple que la France connaissait une crise du logement sans précédent et surtout sans comparaison avec nos voisins. L’Allemagne totalement rasée pendant la guerre réussit en quelques années à résoudre durablement la question. La France non. D’où cet urbanisme scandaleux des Sarcelles et autres barres d’immeubles qui fleurirent dans les années 60.

On sait donc que cela ne marche pas. Mais qu’importe pour une majorité aux abois, ce qui compte c’est avant tout la posture idéologique. Et sur ce terrain les groupuscules écologiques dont Mme Duflot fait partie ont réussi à imposer leur délire. Il s’appelle la loi ALUR.

Dès son adoption elle cassait le marché immobilier déjà moribond. C’est pourtant simple à comprendre : si vous dites à un épargnant que son investissement aura une rentabilité qui fondra comme neige au soleil, vous avez peu de chance, sauf s’il appartient à la fonction publique territoriale et occupe des fonctions politiques, qu’il mette un sou dans la pierre.

Dès que le gouvernement a compris l’ampleur du désastre que l’idéologie avait fabriqué, il a voulu immédiatement stopper net l’hémorragie en logements. Cette hémorragie sera durable malheureusement, car il est à craindre que les épargnants aient du mal à revenir à un secteur économique où on sanctuarise les locataires tout en assommant les propriétaires.

Et dans ce contexte on assiste à une tentative politique du maire d’Annemasse qui essaye de prendre d’assaut de l’agglomération pour l’induire à soutenir les sornettes de la dame Duflot.

C’était dans un journal :

Ce qui est intéressant c’est le titre. Le moins qu’on puisse en dire est que le journal en question prend ses désirs partisans pour des réalités politiques, comme l’élu de son cœur. Ainsi vous lisez bien «Annemasse Agglo souhaite s’emparer de la loi sur l’accès au logement». Vous ne lisez pas «Dupessey souhaite s’emparer de la loi sur l’accès au logement».

Le titre de l’hebdo est vraiment superbe, il pose une égalité : Dupessey
= l’agglo. Quelle erreur profonde d’avoir cru que le choix de son
président ne relevait pas de la politique, mais de la gestion.

Pourtant quand on lit le texte on observe un décalage avec le titre.

On y apprend que c’est un vœu de l’édile, mais non le reflet d’une volonté de «l’agglo». Il expose qu’il va présenter le projet au bureau, projet préparé par les «services».

Au passage on peut aussi relever à quel point les «services» sont au service de l’idéologie partagée avec le maire et l’hebdomadaire Le Messager.

Il sera donc important que le bourrage de crâne fonctionne le plus mal possible.

Sinon….

Mais ne gâchons pas la joie que partage le souriant maire, il restera quelques libations réjouissantes à l’occasion des congratulations qu’il se réserve.

Vive lui !

Trink, Trink Bruderlein Trink by Oktoberfest Music on Grooveshark