Crise politique

Mine de rien, ce qui se produit après la lettre ouverte du président Sarkozy, ressemble à un séisme politique.

Comme il fallait s’y attendre, le gouvernement a choisi l’insulte et l’imprécation, soutenu par les bienpensants de gauche avec en leur cœur le médiocre parti socialiste qui a fait tonner la voix assourdie de son peu charismatique président.

Ils ne comptent pas débattre du fond. Ils surfent sur une violation manifeste du secret de l’instruction, sur une atteinte sans précédent du droit élémentaire à la confidentialité des échanges avec son avocat, sur les procédés de basse police fondés sur des soupçons d’abrutis, et des propositions d’ivrognes, et pensent ainsi manipuler l’opinion.

Ce qui compte c’est le sursaut éthique qui secoue en profondeur le pays. Une voix intéressante qui s’est élevée est celle de Bernard Henri-Levy dans le point. Lui, homme de gauche, explique dans ce journal qu’il est choqué par les méthodes de basse police «cette stratégie de pêcheur à la ligne où ce n’est pas le soupçon qui motive l’écoute, mais l’écoute qui crée le soupçon et où, même si on ne sait pas bien ce que l’on cherche, on ne doute pas qu’en laissant traîner l’hameçon le temps qu’il faut on finira par trouver quelque chose…». Il relève la vacuité des dossiers invoqués pour justifier les écoutes, et notamment la grotesque accusation de financement par Khadafi. Les juges ne se sont assurément pas grandis dans cet épisode.

Il dit aussi son angoisse devant les dérives de ces méthodes dont Sarkozy écrit qu’elles évoquent la Stasi. Il dit tout cela de son point de vue de citoyen. Il dit qu’il a mal à la démocratie quand le pouvoir par ses sbires interposés écoute au quotidien l’un des pivots de l’opposition. Honte à eux.

Le danger est là, sous nos fenêtres. Le danger des pouvoirs égarés par la haine, noyés dans leurs idées minables et leurs stratégies misérables.

C’est de tout cela qu’il faut vidanger le pays.