Et si on mettait la ville à la campagne…(article pour le JIM de la rentrée 2009).

Impossible, donc.

La seule réalité est donc celle du béton. Du béton, encore plus de béton, et toujours plus. Plus à «Chablais-Gare» (devenu, pour rire, Chablais-Parc). Du béton et encore plus de béton dans la ZAC «Étoile Sud-Ouest». Si vous en voulez, vous en aurez, et ce sera l’une des plus grandes réussites de l’équipe dirigeante de la ville. La ville rejoindra leur idéal minéral. Un espace purement urbain, selon leur conception, où se conjugueront toutes les synergies. Lesquelles ? Demandez du discours, on vous en servira ! Vous recevrez des réponses, le multimachin, le multitruc, la multiculture, Etc. Tout sera à base de multi-truc, de « lien social », mais dans la réalité, en dehors du discours stéréotypé des bobos urbanistes, vous aurez du béton et de la multi-nullité.

Alors que chaque année est l’occasion de renouveler la ville, de corriger ses défauts, de projeter dans l’espace le projet raisonné de ses ambitions. Une ville qui retrouverait son harmonie, par-dessus les erreurs du passé.

Au lieu de cela, les choix urbanistiques radicaux de l’après-guerre, caractérisés par le principe du zonage, sont toujours d’actualité. Une ZAC à Chablais-Gare (je persiste à penser que baptiser les milliers de mètres carrés commerciaux et d’habitation de « Chablais-Parc », relève de l’escroquerie intellectuelle), une ZAC au Sud-Ouest. La seule réponse en termes d’urbanisme, en dehors du programme de rénovation du Perrier, d’inspiration gouvernementale d’ailleurs, est celle du zonage.

Idéologiquement ce type de conception remonte à ….. 1942 et la charte dite “d’Athènes” ; et cela est à l’origine des nombreuses Sarcelles qui ont défiguré l’espace urbain avec leur cortège de sinistres sociaux. Et on continue !

Au lieu de poursuivre la pratique multiséculaire de la sédimentation urbaine, qui seule est adaptée aux évolutions longues de la société. La sédimentation est le contraire de la ségrégation des zones. C’est la seule méthode du renouveau urbain.

Plutôt que des zones il faut des couches. La couche de la mobilité, et sur ce point les efforts conjugués pour améliorer le système des transports doivent être poursuivis, la mobilité est un droit.

La couche indispensable du développement durable (vous voyez M MINCHELA que nous avons des points communs !).

La couche de l’interconnexion des réseaux de toute nature, sur ce point nous sommes en échec.

La couche de l’invention d’une « nature urbaine ». La ville à la campagne, ou mieux, ville et nature dessinées ensemble, et non développées de manière schizophrénique par la sanctuarisation de la campagne séparée de la ville par un mur de Berlin, le rêve de M BORREL.

Le principe n’est pas original. Il faisait même partie du Grenelle de l’environnement. Toute extension urbaine doit intégrer la création d’espaces naturels compensatoires. C’est pourquoi la qualité des jardins d’Annemasse est essentielle. On en est loin.

Mme MICHEL développe sur ce point une série amère d’observations et de critiques pertinentes. (Son blog http://annemasse-avenir.over-blog.com/article-34998175.html).

Changer l’orientation de la politique urbaine passera par le changement de la direction de la ville.

PS : Au fait, et pour répondre au grand Fats Domino, oui c’est bien une honte cet urbanisme suicidaire !

POUR ANNEMASSE

Jean-Pierre BENOIST (jean-pierre.benoist@worldonline.fr), Anne Michel (anne.michel74@gmail.com)