Pour que vive l’Europe, il faut que la Grande-Bretagne s’en aille

Ce qu’il y a de positif dans le Brexit, s’il devait advenir, c’est qu’il enterrera une certaine Europe, et nous donnera, dans la morosité qui alors s’installera, la chance historique d’en rebâtir une autre, plus petite, centrée sur les pays qui nous entourent, sauf la Suisse, une Europe des peuples, avec des institutions véritablement démocratiques qui impliqueront un exécutif responsable devant un vrai parlement élu. Nous avons cette chance devant nous. Merci à la Grande-Bretagne de nous quitter, merci encore. Hostile depuis l’origine au projet européen, manœuvrant avec intelligence pour le torpiller, la Grande-Bretagne a réussi à détruire l’élan vital né dans les ruines de l’après-guerre. Elle a poussé à l’élargissement consciente qu’il conduisait inéluctablement à la dissolution. Le fruit est mûr désormais, son parasite peut le quitter. Bon vent.

Et si on prohibait le tabac et l’alcool ?

En voilà une idée. Au moment où tout lâche, où tout fout le camp diraient certains, où les certitudes s’effondrent et aussi les limites, en ce moment précis de l’histoire où l’abandon est érigée en vertu, d’autres voies s’envisagent.

Car tout n’a pas été dit sur la légalisation de toutes les drogues, des douces au dures, ou selon l’air du temps d’abord pour les douces. On connaît les arguments en faveur de la levée de toutes les pénalisations. La consommation est massive, la prohibition génère de la délinquance et des organisations criminelles prospèrent dans la société. Il n’y aurait finalement que de faibles dangers dans l’usage. Des quartiers entiers vivent économiquement du trafic, et par quoi remplacer cette source fructueuse ? Une honte que cet argument, mais il existe. En revanche on sait moins si les risques d’une consommation massive ne seraient pas systématiquement minimisés.

Il est difficile de résister à la vague contemporaine, qui emporte tout sur son passage, balaye toutes les réticences. Nous y sommes déjà, les esprits ont évolué ces dernières années et même dans le camp conservateur on observe un glissement étonnant. La légalisation du cannabis est pour demain.

Et si au contraire de ce mouvement on instaurait une prohibition totale du tabac, et pourquoi pas de l’alcool ? Haro sur les psychotropes. On sait de source absolument certaine que le tabac tue, coûte en termes de santé publique un Himalaya d’argent. On le sait aussi de l’alcool avec la même certitude. Toute politique sérieuse de santé publique devrait se poser la question de la prohibition absolue de ces fléaux. Bon, allez, avec une exception pour l’alcool festif !

Le retour de l’ancien monde

Quoique la politique locale ne soit pas la politique nationale, il existe entre les deux une nécessaire relation. Le champ politique national est ébranlé par la montée de plusieurs populismes conjugués, récupérés à l’extrême gauche, ce qu’on ne souligne que peu, et à l’extrême droite.

Leur commune rengaine est que la mondialisation est la source de tous les malheurs. L’Europe n’aurait aucune vertu, ne serait d’aucun bénéfice. Ils rêvent de nouvelles frontières aussi étanches que le rideau de fer.

De l’autre côté de l’Atlantique un candidat à l’élection présidentielle, qu’il est préférable de ne pas nommer, fait du nationalisme américain son fonds de commerce et propose, extravagante provocation suprême, d’édifier un mur sur la frontière mexicaine aux frais des Mexicains. Le mal se répand.

Ici, la proximité de Genève qui joue un tel rôle dans la prospérité locale rend ces idées de repli plus grotesques encore. Si bien que le thème n’est pas développé avec autant de vigueur qu’ailleurs. Mais il existe quand même, et les extrêmes ne se privent pas de cultiver le ressentiment qui paraît si porteur électoralement. Si porteur et si dangereux.

Genève n’est pas l’Europe, mais la Confédération Suisse est de facto dans l’Europe économique. On voit tous les jours le résultat des échanges avec la Suisse voisine ou lointaine. Ils illustrent dans la réalité le bénéfice que toutes les parties retirent de cet espace économique commun. Pour tous, presque sans exception.

Un candidat à la primaire des républicains propose un référendum sur l’Europe. On voit la manœuvre. Surfer sur le ressentiment au lieu d’aider à sa dissipation. La politique baisse d’un cran. Il faut espérer que les relais locaux de ce candidat se montreront plus discrets sur cette idée dévastatrice. Celle de l’ancien monde, le monde du malheur, le monde des guerres, le monde des crises dont le retour menace de nous enfermer dans sa tombe.

La laïcité envers et contre tout

Le FN a formulé une confondante proposition à l’occasion d’une question lors du dernier conseil municipal d’Annemasse, jeudi 28 avril 2016 : soumettre le permis de construire de la mosquée souhaitée par les musulmans de la ville à référendum.

Le maire a répondu en invoquant le principe de la laïcité.

Il a eu raison.

La laïcité est un des principes fondateurs du contrat social français. Sauf incohérence, il est impossible de l’appliquer à la population française dans sa très grande majorité chrétienne, croyante ou non croyante, et de le refuser aux musulmans. La laïcité leur bénéficie nécessairement, et les oblige également. Elle ne se négocie pas.

Quant à l’idée de soumettre un permis de construire à un référendum, et je reste partisan de ce mode démocratique de consultation dans son champ d’application, elle est absurde. Un référendum communal ne peut remettre en cause une loi ou un texte réglementaire. C’est ce qu’on appelle la hiérarchie des normes. Un permis de construire est accordé ou refusé en fonction du Code de l’urbanisme auquel le P.L.U obéit. Pas du résultat d’un référendum ! Quant à imaginer un référendum communal qui contredirait la loi de 1905…

Pas une pour racheter l’autre

L’actuelle folie des collectivités locales qui jour après jour augmentent sous les prétextes les plus divers toutes les dépenses, est invraisemblable, incompréhensible de prime abord, et dangereuse en tout état de cause. Ce qui vient de se passer mercredi 27 avril 2016 au conseil communautaire de l’agglomération en est le résumé.

Le prétexte ici, c’est la culture. Qui est contre la culture ? Personne bien entendu. Deux questions relatives à la culture ont été successivement examinées. La première était relative à la mise en réseau des bibliothèques municipales de l’agglomération. On a appris au cours des débats qu’un précédent système avait échoué. Rien n’a été dit sur le coût de l’échec. Mais pour le nouveau projet, indispensable au développement culturel et dicté par la nécessité la plus urgente, on sait qu’il coûtera 90000 € simplement pour le logiciel, plus un coût annuel de 9000 € pour sa maintenance. 90000 € pour une vulgaire base de données, personne ne s’inquiète au sein de l’aréopage réuni en assemblée de savoir si ce serait trop cher, ou pas assez cher, la question marquée par sa vulgarité ne sera pas posée. C’est passé et a été voté comme un seul homme ou presque.

Puis est venue la pièce de choix. Un pharaonique projet de rénovation d’un édifice de grand intérêt de l’une des petites communes de la périphérie annemassienne. Les finances de cette commune en sont toutes exsangues. Le projet est justifié la Kultur.

Tout d’abord il s’agira d’animer l’édifice. Ensuite il s’agira de mettre en scène des livres « objet d’art » qui marieront les textes de Michel Butor et des œuvres d’art plastique. Enthousiasme, nous avons trois richesses littéraires dans notre petite région, Rousseau, Voltaire, et Butor. Il n’est pas sûr que les premiers s’ils en avaient la possibilité se réjouissent de cette association au troisième, mais enfin, le projet serait d’intérêt puisqu’il va mettre ces œuvres élitistes à la portée du vulgaire (vous), dans un mouvement irrésistible de démocratisation. Le nouveau roman associé à la peinture abstraite, c’est l’alliance de ce siècle. Les esprits chagrins ne pourraient même pas objecter que c’est celle de la carpe et du lapin, en fait il y a une profonde communion entre les deux. Le nouveau roman est d’ailleurs à la littérature ce que la peinture abstraite est à la peinture. Michel Audiard voyait dans la peinture abstraite une escroquerie. Enthousiasme donc.

La communauté d’agglomération va mettre la main au portefeuille. Non pour l’équipement, largement subventionné d’ailleurs, mais sur le fonctionnement. Un poste et demi pour porter la bonne parole. Il va falloir organiser la visite obligatoire de toutes les écoles, toute l’année, ce qui fera toute une fréquentation qui justifiera année après année, comme pour la villa du parc, les subventions de fonctionnement. Un poste et demi = 75000 € par an. À l’objection que c’est beaucoup et qu’en dix ans ce sera 750000 € qui seront dépensés, nos chefs agglomérés et coalisés répondent que ce n’est rien sur un budget annuel total de 100 000 000 €, et donc d’un milliard sur dix ans. Quant au fait qu’aucune économie n’étant prévue par ailleurs et que donc nécessairement les impôts en seront augmentés d’autant, la réponse est simple. Il faut répondre aux besoins culturels.

C’est cette mécanique qui est désastreuse. Elle illustre le glissement exponentiel de la dépense publique. Est-ce une question politique ? Oui. Est-ce que cette folie est imputable exclusivement à la gauche. La réponse est non, et c’est encore plus dramatique.

Une dernière touche de l’horrible est appliquée dans une dernière ligne de défense opposée par les soutiens à la dépense tous azimuts. Celle de la subvention. Ne vous inquiétez pas, l’agglomération (mais cela pourrait être la commune, la région, le département) va obtenir des subventions. On vous décline des sigles divers qui montrent accessoirement toute l’inventivité sémantique des bureaucraties, mais on oublie de dire qui est le cochon final de payeur : vous, les contribuables. Allez en paix, on dépense pour vous.

Un avant-goût du désastre circulatoire

On l’a prédit.

Mais le pire est encore à venir.

La circulation à Annemasse sera paralysée par son nouveau plan.

La transformation de la place de la Gare en une aire d’échanges «multimodaux», dans la perspective du développement durable, et du lien social, mais le tout sans trafic automobile, va produire inéluctablement un blocage de la circulation.déviation

L’avant-goût vient d’en être donné par des travaux qui se déroulent en haut de l’avenue E. Zola, tout près de la gare. La circulation en direction de Ville-la-Grand qui passe normalement devant la gare a été déviée mardi ou mercredi 13 avril 2016. Dans un premier temps, la déviation faisait emprunter l’axe de la rue du Môle jusqu’à la rue du Chablais. Misère ! Embouteillage. Assez rapidement devant ce désastre la déviation a été corrigée, pour obliger à emprunter l’avenue de la Gare. Soulagement.

Mais dans le futur multimodal, quand l’espace devant la gare ne sera plus accessible aux automobiles, il sera alors impossible de déboucher depuis l’avenue de la gare sur la place de la gare, de sorte que l’itinéraire de cette déviation ne pourra plus être utilisé. Il ne restera que le débouché par la rue du Chablais, comme au premier stade de la récente déviation. Calamité assurée.

La circulation aux heures de pointe sera un cauchemar. Le bilan carbone dont on nous rebat les oreilles sera dans le rouge. La crise est devant nous. Mais paraît-il, des «experts», mandatés à grand frais, auraient dit que tout ira bien. On en doute.

La position adoptée par la municipalité socialiste est simple : abandonnez vos véhicules et prenez le CEVA, le bus, le tram, le tapis volant, soyez doux comme le transport par bicyclette, ou à pieds, éco-responsables. Taisez-vous, vous polluez.

Ainsi va le meilleur des mondes.

Problématique de l’investissement des collectivités locales : la séance du conseil communautaire du 24 février 2016

L’air du temps est aux investissements. Par définition ils répondent toujours aux besoins, lesquels sont infinis, et c’est ce qui est ennuyeux. Les besoins sont infinis, les investissements aussi. Mais si on ne paye pas les besoins, on paye les investissements.

Le conseil communautaire de l’agglomération décidera bientôt le vote du budget. Le 24 février 2016 il a débattu des orientations budgétaires. En résumé, tout va bien aujourd’hui, mais demain la météo financière va se gâter.

D’abord il y a le BHNS. On peut laisser de côté la problématique de l’investissement, il y a un autre sujet, celui du déficit de fonctionnement. Plus vous développez les transports en commun plus vous creusez le déficit, et donc plus les collectivités plongent dans la poche du contribuable, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit au bout du compte.

Demain il y aura aussi le tram. Coût de l’investissement 85 millions d’euros. Une bonne partie est subventionnée par Bern, une petite partie par la région, toute honte bue. Le reste sera financé classiquement par l’emprunt. Le tram sera une nouvelle occasion de subvention «d’équilibre», qui sera versée tous les ans. Entre 500 000 et un petit million, voire plus si affinité. Et ce n’est pas tout. Il faut se souvenir de ce qu l’on appelle l’amortissement. C’est d’abord un jeu d’écriture comptable, mais il finit par refléter une réalité. Entre 2% si on amortit sur 50 ans, et 5% si on amortit sur 20 ans. Pour frémir un peu, 2% de 85 millions, c’est la bagatelle de 1 700 000. Un million sept cent mille par an. Si on amortissait sur 100 ans ce serait encore 850 000 euros par an.

Tout ça pour quoi? Le coût/km d’exploitation du tram est environ 2 fois supérieur à celui du coût/km du bus, avec les charges d’amortissement, le coût/km du tramway est 3 fois supérieur à celui des bus. C’est ce qu’écrivait la cour des comptes.

Moralité : chaque fois qu’on investit 1 €, on augmente les charges financières des collectivités, pas uniquement pour l’investissement, mais aussi pour son entretien, par exemple quand il s’agit d’équipements divers, et aussi pour l’amortissement.

Conclusion, celle du rapporteur du budget de l’agglomération, inéluctablement les impôts augmenteront. Mais on atteint des niveaux tels que cela confine à la folie. Il est donc urgent de réduire l’investissement. Je vais me faire des amis !

Le conseil municipal du 18 février et le débat d’orientation budgétaire

Les années se suivent, les débats sur le budget se ressemblent.

Le préposé aux comptes, en général un élu sans reproche, et aussi sans peur, l’adjoint aux finances, expose combien la majorité socialiste gère rigoureusement le budget, en «maîtrisant les dépenses», bien entendu, et en dégageant une spectaculaire marge d’auto financement.

Sauf que cette fois-ci, les projections n’étaient pas au rendez-vous de l’élogeque les socialistes voulaient bien faire d’eux même. Le souci est qu’un «effet ciseau» se profile. Les marges d’auto-financement se réduisent passant en quelques années de 8 millions à 2 millions. Et la marge d’autofinancement c’est simplement le différentiel entre les dépenses et les recettes. Si ça diminue tous les ans, il y a du souci dans l’air.

Il a encore été raconté par l’adjointe aux finances que les frais de fonctionnement étaient maîtrisés. Faux. Ils continuent d’augmenter de 1,66 % l’an, dans un contexte d’inflation à 0%. Il n’y a donc pas de maîtrise.

Mais ce n’est pas tout.

Il reste le venin de la fin. Il va se diffuser lentement.

Les impôts vont augmenter. Il faut pour l’équipe municipale continuer d’investir tous azimuts. Les dépenses de solidarité augmentent. Bref, les impôts permettront de maintenir la capacité d’autofinancement.

La critique fondamentale de ces projections et de cette politique est simple. La ville d’Annemasse est riche. Les fonds frontaliers et les recettes provenant du casino représentent 13 millions d’euros. Il y a maintenant bien des années je disais au maire d’alors que ces ressources devaient être consacrées exclusivement aux investissements et jamais au fonctionnement. Il jurait ses grands dieux que c’était le cas. Faux. Les 13 millions qui représentent plus du quart des recettes financent au moins aux trois quarts les frais de fonctionnement. La preuve ? Voyez ce qui reste de marge.

Le plus extraordinaire c’est la dissimulation à laquelle se livre la majorité socialiste.

Elle conclut sa présentation du budget par ces mots :

«Pour maintenir ces objectifs, dans un contexte de diminution des dotations de fonctionnement (ce qui est bien vrai), il faut :

  • maîtriser les dépenses de fonctionnement de manière rigoureuse,
  • recourir à l’emprunt de manière raisonnable,
  • augmenter les recettes de fonctionnement de manière équilibrée».

Augmenter les recettes de fonctionnement de manière équilibrée = augmenter les impôts.

Il y a ici tout le condensé du mensonge politique qui finit par saper la relation citoyenne à la démocratie comme l’abstention le démontre.

Pauvre France.

Et pauvre ville. Lors des dernières élections jamais à un seul moment les socialistes et Monsieur DUPESSEY n’ont annoncé la couleur, jamais ils n’ont dit qu’ils avaient l’intention d’augmenter les impôts. Ils ont donc été élus sur un mensonge.

 

Et pourquoi donc une mosquée à Annemasse ?

La réponse reste simple. Il y a quelques principes qui sont l’honneur d’une démocratie. La liberté de penser, la liberté de religion, la liberté d’expression, une seule et même liberté au fond sous des déclinaisons diverses. Le second principe est celui de la laïcité. La république française est laïque. C’est au nom de la liberté de religion et en celui de la laïcité que j’ai voté lors du conseil municipal du 18 février 2016 en faveur de la vente d’un terrain de la ville destiné à l’édification d’un lieu de culte décent pour tous les musulmans.

Il n’y a rien là d’exceptionnel. L’étonnant est que cette question qui coule de source, de source républicaine, n’ait pas été traitée plus tôt.

J’ai toutefois un regret. Qu’il n’y ait pas eu l’unanimité sur ce vote. On peut dire qu’il y a eu «presque» l’unanimité. Ce qui est déjà une satisfaction.

Une réforme fondamentale en catimini

La loi fondamentale de la société civile, celle dans laquelle nous baignons tous, c’est la loi civile, que les pays d’ici ont pris l’habitude de rassembler dans un code. Le Code civil. Celui dont Stendhal disait qu’il était son livre de chevet dans lequel il trempait sa plume pour y puiser l’exemple de la pureté de la langue.

Une loi fondamentale doit pouvoir être modifiée pour l’adapter au temps. Bien entendu. Le Code civil n’est pas immuable, il a connu des toilettes successives sur des points d’importance. Par exemple le droit des successions. Par exemple les multiples réformes qui ont touché le droit de la famille.

C’est la loi qui s’en est chargée.

La loi c’est le parlement. C’est le débat, c’est la démocratie.

Or, voilà que le «président normal», celui qui nous promettait qu’il allait être le garant bonhomme et tranquille de la démocratie, a fait choisir par son gouvernement une autre voie pour modifier un pan entier et surtout fondamental du Code civil, celle de l’ordonnance.

Tout le droit des contrats est balayé et remplacé par de nouvelles dispositions.

Le droit des contrats est au cœur de notre vie privée.

Pour le modifier, le moins serait qu’il y ait un débat, devant l’Assemblée nationale, devant le Sénat. Dans ces deux assemblées, on discute de sujets aussi importants que celui de la sécurité des piscines par exemple, on en a fait même une loi.  Mais pour le droit des contrats, aucun débat, rien.

Une ordonnance, et c’est tout. Certes, le parlement a autorisé en février 2015 le gouvernement à réformer ce cœur des lois civiles par ordonnance. Certes, mais cela escamote tout débat, ce qui est une honte.

Par une ordonnance, depuis hier, un pilier social est transformé. En catimini, sans débat, le tout entrant en vigueur dès octobre 2016. Et il faudrait croire en la démocratie ? Ce qui vient de se passer est une honte. Une honte pour tous.

Annemasse attendra la fibre optique jusqu’à la Saint-Glinglin

Promi, juré, craché, Annemasse aura la fibre optique. Quand ? C’est une autre histoire. Pendant ce temps le département s’équipe : Le Syane (syndicat départemental) investira en 2016 la somme de 27,3 M€ pour la poursuite de la construction du réseau public départemental en fibre optique. Nous, rien.

La faute à qui ? Certes, la ville porte sa part de responsabilité. Elle avait cru il y a maintenant des lustres pouvoir s’équiper en fibre optique pour la télévision, en confiant la construction du réseau à Numericable qui n’a rien fait ou presque. La ville avait fait le choix d’une délégation de service public dont on ne sait à l’heure présente comment faire pour s’en débarrasser. Mauvaise pioche.

Mais la responsabilité principale incombe en fait au gouvernement. Pas celui de Hollande. Hélas! Celui de Sarkosy, zut alors. C’est en effet en ce temps que sottement l’État a choisi de confier à Orange la réalisation des réseaux dans notre secteur. Orange ne fait rien. Orange encaisse les dividendes, c’est normal. Orange n’investit que là où c’est rentable, on peut comprendre. Ailleurs Orange s’en fout. La mission que lui a confiée l’État ne l’intéresse manifestement pas dans les secteurs à moindre rentabilité, ce qui est le cas ici. Incapable de réaliser l’objectif assigné, en tout cas ici. L’erreur est de donner à une société, quelle qu’elle soit, où que ce soit, un monopole. Dès qu’on accorde un monopole, on est sûr du résultat : un désastre économique. Le monopoliste travaille dans son intérêt exclusif, fixe les tarifs qu’il veut, investit quand ça lui chante. Et cela ne chante pas à Orange, qui nous fait marron, ce qui nous rend verts, avant que nous ne voyions rouge.

Même Monsieur Boucher, maire adjoint dont je tairai la couleur, qui a hérité du délicat dossier de Numericable devient partisan de la concurrence, c’est dire à quel point il est ébranlé dans ses convictions. Ainsi va le monde.

Le coût des Agglo(mérations)

Le grand mensonge politique fomenté par toute une partie des élus, des administrations, des analystes et de KPMG qui en a tiré profit, mais aussi de la loi, c’est celui des «économies d’échelle» qui devaient être réalisées par la constitution des «Agglos» de tout poil.

La Cour des comptes vient d’épingler celle de Carcassonne en relevant que dans ce cadre idyllique les agents sont en moyenne absents 22 jours par an pour maladie, que les dépenses de fonctionnement ont explosé et que le budget s’est envolé entre 2010 et 2014 de 78 %.

Erreur à Carcassonne est difficilement vérité à Annemasse. Mais avant de clouer au pilori, il faudrait avoir au moins les chiffres. Quoi, quand, combien ?

On a payé à peu près tous les ans des sommes considérables à KPMG pour réaliser des études toutes plus mirifiques les unes que les autres, et on ne sait toujours pas quelles sont les réelles économies d’échelle que la constitution à grand frais de l’agglomération d’Annemasse les Voirons devait produire. Rien. Pas un chiffre.

Le mensonge en général s’abrite derrière le silence. Ce silence persistant est inquiétant.

L’urbanisme est-il maîtrisé ?

La réponse est négative.

Le jugement est certes un peu sévère. Il existe des instruments, il existe des élus, pleins de bonne volonté, intègres, et même savants.

Ils organisent des études, s’entourent de consultations, suivent même parfois les recommandations qui leur sont faites par les organes de concertation qu’ils ont créés. Et pourtant la réponse ne peut être que négative. En tout cas dans notre région.

Car cette région est marquée par un fait essentiel : Genève. Genève produit la croissance économique, qui mécaniquement génère l’augmentation démographique par la création à jet continu de milliers d’emplois.

Le développement urbain est la conséquence directe de l’accroissement démographique, lequel dépend de facteurs qui ne sont maîtrisés en rien par les élus d’ici en tout cas. Dès lors, et quelque soit la qualité des élus, quelque soit la qualité des études, le choix fondamental dépend d’un ailleurs qui n’est en rien sous contrôle de l’ici.

En ce sens urbanisme de notre agglomération, de notre ville, de chacune des communes n’est en rien maîtrisé. Il est subi.

Serait-il possible politiquement de ne plus subir ? Soyons réalistes : ce n’est en tout cas pas pour demain.

 

 

Plainte au Procureur de la République du maire d’Annemasse au sujet de la MJC Sud

La plainte est dirigée contre des personnes qui n’y sont pas désignées, ce qui est curieux puisqu’elles sont néanmoins identifiables par leurs fonctions.

Plainte du maire : cliquez sur le lien pour le télécharger

Que va faire le Procureur ? Probablement ordonner une enquête, et ce d’autant qu’il est saisi par l’association de la MJC d’une plainte antérieure dirigée contre personnes nommées expressément. Le pluriel est d’ailleurs de trop puisque la plainte du maire nous apprend que celle de la présidente de la MJC aurait été dirigée, elle, contre seulement une personne, responsables de secteur. Mais c’est peut-être une coquille.

Pour la suite de la procédure, si l’enquête devait aboutir à des poursuites devant le tribunal, il n’est pas sûr que la ville puisse se constituer partie-civile, à la différence de la MJC, faute d’un préjudice direct découlant de l’infraction. L’avenir nous le dira.

Sur le fond de ce dossier il est difficile de ne pas relever que quand le maire, plaignant, écrit : «La ville alerte la MJC Sud depuis 2013 sur la situation financière, la gouvernance et le repli de la structure», il ne dit pas quand il en aurait informé le conseil municipal, ce qui était bien le moins.

La réponse est simple. Jamais.

Ce qui engage la responsabilité politique du maire et des conseillers municipaux socialistes qui étaient membres du bureau de l’association. Bureau dont près de la moitié des membres n’étaient pas à jour de leurs cotisations.

La situation actuelle a une cause. La MJC Sud est une chasse gardée pour la majorité socialiste qui en a fait un agent électoral essentiel. D’où le silence sur ses difficultés, et l’absence de mesures, alors qu’elle savait.

Séance du conseil municipal du 20 janvier 2016

Où l’on apprend qu’il y a des démissions, dont celle remarquée d’un adjoint qui ne sera pas remplacé. Ses fonctions sont sans doute devenues inutiles, allez savoir ? Pour lire, il faut cliquer sur le lien, charger, et c’est gratuit. (Mais les dons sont toujours possibles).

Document de synthèse à télécharger : l’ordre du jour et sa présentation.

C’est vrai que le sport n’a aucune importance, dès les élections passées. Il vaut mieux confier toutes les fonctions relatives à ce domaine à quelques conseillers qui ont fait la preuve de leur compétence dans la gestion comme ceux qui se sont illustrés dans la difficile administration de la MJC.

Fonds frontaliers, la menace se précise

Le MCG (Mouvement des Citoyens Genevois) dépose ce matin 12 janvier 2016 les 8549 signatures sur les 7403 exigées, pour lancer une initiative référendaire sur les fonds frontaliers.

Un référendum se profile donc sur le maintien du système actuel. Il faudra toutefois que l’initiative passe le barrage de l’examen de légalité car la question se pose de savoir si par un référendum cantonal il serait possible d’abroger un traité international. L’accord de 1973 a été passé entre l’État français, réticent, et la Confédération. Nous verrons.

Mais sans être ultra pessimiste, on ne peut que frissonner devant les éventuelles conséquences d’une suppression toujours possible. Les 3,5 % de la masse salariale genevoise reversée aux Départements et aux communes qui accueillent des frontaliers sont devenus une composante essentielle des différents budgets locaux. Par exemple à Annemasse c’est un quart du budget.

Malheureusement à Annemasse la suppression serait catastrophique, et la responsabilité en incombera totalement aux socialistes qui gouvernent la ville depuis plusieurs décennies et qui au lieu de consacrer ces sommes en totalité aux investissements, les ont progressivement affectées au gouffre sans fond des dépenses de fonctionnement.

C’est le moment de se souvenir ce que sont les fonds frontaliers. Les frontaliers sont soumis à Genève à un prélèvement des impôts à la source. Contrairement par exemple à ceux du Canton de Vaud qui ne payent leurs impôts qu’en France. C’est en raison de cette situation que cette compensation est intervenue. Rien de plus.

Mais la situation est bancale. En théorie administrative les impôts ainsi reversés devraient alimenter le seul budget de l’État. Mais par la volonté des Genevois, et que grâce leur en soit rendue, les bénéficiaires sont les départements frontaliers, essentiellement la Haute-Savoie, et les communes frontalières. D’où la nécessité de n’affecter ces fonds qu’à des équipements structurants, et de ne pas les aventurer sur le fonctionnement.

Si Annemasse avait autant de caméras que Londres,

Annemasse en aurait 2079. Il y a 8 416 535 habitants à Londres qui compterait 500 000 caméras de vidéo surveillance soit = 16,83 habitants par caméra. Personne parmi la majorité municipale socialiste n’a jamais soutenu que Londres avait quitté le camp de la démocratie.

Ce qui laisse ouvert le champ de la discussion.

Une question subsidiaire est celle de savoir ce qu’on met derrière les caméras pour qu’elles soient efficaces. Certes, mais d’une part leur seule présence est une arme dissuasive et d’autre part un réseau dense de caméras permet de lutter efficacement contre le crime en aidant, ce qui est capital, à l’élucidation des affaires.

Le dernier braquage d’une bijouterie à Annemasse en décembre dernier l’illustre parfaitement. Avec un enregistrement, quantité d’indices supplémentaires auraient été recueillis, ce qui aurait permis d’élucider plus rapidement l’affaire et d’en découvrir les auteurs. Sans compter qu’une alerte aurait pu être donnée rapidement, et au total il n’est même pas sûr que le forfait eût été commis si ses auteurs avaient su qu’ils risquaient d’être repérés, traqués, arrêtés.

 

 

L’intéressante question de la fusion des communes

On nous dit qu’en 2015 près de 300 communes ont fusionné et qu’ainsi le nombre total de ces cellules territoriales passerait pour la première fois en dessous de 36000.

L’idée de la fusion des communes est intrinsèquement intéressante. Si on voyage un peu en dehors des frontières, on constate souvent que le maillage territorial est plus grand qu’en France.

La question se pose sérieusement dans quasiment toutes les agglomérations qui présentent un continuum urbain, de l’utilité de maintenir des divisions communales de plus en plus abstraites, et surtout en décalage avec la perception que les habitants ont de l’unité de leur espace.

Annecy répond à cette quête de la recherche d’une cohérence territoriale. Annemasse peut-être demain.

Il faut donc s’intéresser à cette perspective qui ne présente pas que des avantages. Outre la perte d’identité, d’autres inconvénients résultent d’une excessive centralisation. Souvent en croyant rationaliser la gestion par la concentration des moyens on aboutit paradoxalement à l’inverse parce qu’on oublie que plus une organisation administrative est complexe, moins elle est productive. Le débat est ouvert.

De la nécessaire place du juge dans le dispositif répressif

Une méthode radicale pour devenir impopulaire par les temps qui courent consiste à se montrer réticent devant le mouvement de restriction des libertés que les évènements récents et la montée des périls paraissent commander.

Il a fallu des décennies en France pour que les libertés concrètes, protégées par un ensemble de règles inspirées des droits de l’homme, se constituent. Au cœur du dispositif de contrôle est placé le juge qui lui même doit agir dans la transparence du débat contradictoire.

On ne mesure pas à quel point il a fallu de luttes pour parvenir à ce stade. Nos libertés nous sont essentielles.

Dans l’émotion du moment, il est en projet de limiter la portée de cet ensemble de règles qui plieraient devant l’impératif de la sécurité publique, confiée principalement aux forces de l’ordre, avec l’intervention inédite depuis des lustres du préfet.

Montesquieu peut se retourner dans sa tombe. Il est un principe aussi essentiel que l’air que nous respirons, celui de la séparation des pouvoirs. Le pouvoir administratif ne doit jamais empiéter sur le pouvoir judiciaire. Ce n’est pas au préfet de décider si un suspect doit ou non être retenu pour vérification, c’est au juge.

On peut certes invoquer les nécessités d’une prompte exécution des mesures de sûreté, mais au temps d’internet et du téléphone, un juge peut parfaitement remplir avec la même célérité cette mission, et d’une manière générale il est par ses fonctions comme génétiquement programmé pour agir dans le respect des droits fondamentaux. Les préfets aussi, mais sans l’indépendance. D’où la préférence que l’on doit retenir pour le juge.

Si j’étais parlementaire, je ne voterais pas une telle mesure, au risque de mécontenter l’électeur et de le précipiter vers quelques abîmes politiques. Mais comme il faut croire au juge et à l’instituteur, il faut croire aussi en la force de persuasion à terme de l’idée de liberté.

Les meilleurs vœux des fonds frontaliers pour 2016

Le DL expliquait ces derniers jours que les fonds frontaliers avaient pris l’allure d’un cadeau de Noël :

«Du côté des communes, Annemasse arrive largement en tête. Avec ses 7 485 travailleurs frontaliers, la cité frontalière empoche la somme de 10 078 088 euros. Parmi les autres millionnaires de la CFG, on retrouve Gaillard (5 244 290 euros pour 5 238 frontaliers), Saint-Julien (4 729 673, 4 724), Reignier (2 184 620, 2 182), Ville-la-Grand (2 085 501, 2 083), Vétraz-Monthoux (2 154 584, 2 152), Ambilly (2 004 404, 2 002), Viry (1 702 042, 1 700), Collonges-sous-Salève (1 460 752, 1 459), Cranves-Sales (1 446 735, 1 445), Valleiry (1 358 630, 1 357), Archamps (1 160 392, 1 159) ou encore Cruseilles (1 053 263, 1 052)».

On ne peut que se réjouir de ce bonus, et regretter que la commune n’en tire pas la conclusion que les impôts locaux devraient baisser à proportion de ces montants d’aide genevoise.

Pour prévenir un argument constamment mis en avant par de bons esprits, les fonds frontaliers ne sont pas principalement destinés à compenser le coût des habitants travaillant à Genève et vivant dans le Genevois haut-savoyard. Pour la bonne et simple raison qu’ils ne «coûtent» pas à la commune, et qu’ils payent des impôts locaux.

Le seul partenaire qui aurait à s’en plaindre est l’état, car il est vrai que les frontaliers au lieu de payer leurs impôts en France les paiement par prélèvement sur leurs salaires à Genève, seul canton frontalier à pratiquer cette retenue à la source.

Mais la ville n’est pas l’État.

10 078 088 euros pour l’année 2015 et 7485 travailleurs frontaliers. Ce qui est d’une importance extrême, et représente près d’un travailleur sur deux.

Cela va-t-il durer ? D’abord la question de l’emploi frontalier dépend totalement de la bonne santé de l’économie genevoise. Si elle devait tousser, l’impact serait énorme. Ensuite ce qu’on ne sait pas c’est si ce régime d’exception peut se maintenir. Sans doute oui si le système du prélèvement à la source se poursuit à Genève, encore que ce ne soit pas absolument obligatoire que les salariés frontaliers soient prélevés à la source.

Délicieux compléments au précédent article sur la MJC sud

Il faut avoir de la patience pour lire un rapport administratif jusqu’au bout, ou bien être concerné, mais ici, le rapport des vérificateurs du ministère des finances, tout en ellipses, en euphémismes, usant de tous les procédés rhétoriques de l’atténuation, ne dit qu’à demi-mot, mais dit d’entières vérités.

La MJC est une institution socialiste, et elle nous enseigne que le socialisme c’est l’alliance de la gabegie à la bonne conscience. Un petit exemple illustrant ce point. On ne doute jamais de l’excellence des intentions des membres du bureau d’une association, et de cette association particulière qu’est la MJC. Ils sont dans le camp du bien. Et voilà que le rapport d’enquête nous apprend que ces bons membres ne sont que 7 sur 17 a être à jour de leurs cotisations.

C’est farce ça !

Rapport, cliquez pour le télécharger

Ce qui est encore plus farce c’est de lire que le rapport a été transmis au président «débordé» de l’association le 17 mars 2015, qu’il est impossible que les membres du bureau conseillers municipaux socialistes ne l’aient pas immédiatement connu, qu’il est donc impossible que le maire ne l’ait pas aussi immédiatement connu, et il sera constaté qu’ils n’ont rien dit. Leur silence les accuse.

C’est dans ce contexte que la plainte du maire au nom de la ville doit être replacée. D’ailleurs on peut s’interroger sur l’intérêt à agir qu’aurait la ville si des poursuites judiciaires étaient ouvertes contre le directeur évincé et le responsable du secteur des jeunes, également licencié. Il n’est pas certain que la ville serait recevable à se constituer partie civile faute de lien suffisant avec l’infraction. Par exemple si vous êtes la malheureuse victime d’un vol, vous pouvez intervenir dans le procès contre l’auteur, mais si c’est votre voisin qui a été la victime, alors vous n’êtes pas recevable à agir. Nous verrons, ce n’est d’ailleurs pas le problème principal.

Le problème principal est celui de l’abyssale incompétence des conseillers socialistes mandatés au bureau d’une association qui gère pourtant des fonds importants.

Mais ce serait cruel de limiter la responsabilité aux seuls élus.

On n’a pas parlé jusqu’ici des organes que sont d’une part l’expert comptable, mais surtout d’autre part, celui qui a pourtant une mission de surveillance, du commissaire aux comptes. Aucun rapport, aucune alerte ? Si c’est le cas, c’est grave.

Que les cieux soient vous soient propices en cette nouvelle année.

Il est encore temps pour la gauche de prendre de bonnes résolutions :

– Baisser les impôts,
– Réduire les dépenses,
– Lire les bilans.

Par exemple celui de la MJC Sud, si les conseillers socialistes qui étaient membres du conseil d’administration avaient simplement lu le bilan, ils auraient découvert la réalité.

Mais ils ne le lisaient pas. Ils ne rendaient pas compte au conseil des dérives qu’ils auraient dû observer. Ils gardaient le silence, le maire aussi, ses adjoints aussi.

Une curiosité toutefois. Dans sa plainte pour abus de biens sociaux, le maire d’Annemasse expose que depuis plusieurs années son attention avait été attirée.

Soit c’est faux, et en ce cas c’est bien ennuyeux qu’un élu de cette importance, conseiller régional, l’un des dirigeants régionaux du parti socialiste, énonce une proposition fausse en figure de mensonge, soit c’est vrai, et alors c’est pire.

Pire parce qu’il savait et qu’au lieu de s’en ouvrir au conseil municipal, au lieu de l’informer, il a soigneusement occulté cette réalité. Pourquoi ? Parce que la MJC n’est pas seulement un lieu pour les  jeunes, c’est avant tout dans l’esprit du maire et de son équipe, un lieu d’influence. Un grisbi politique. Il ne fallait donc pas y toucher, et surtout garder secret les errements de sa gestion.

 

 

Le conseil du 17 décembre 2015 sentait Noël il débordait de cadeaux

Il a commencé par un cadeau à la société d’exploitation des parkings, en forme d’allongement de 5 années de la durée de sa délégation de service public, en échange d’un investissement de 5 millions dans l’édification d’un parking en silo qui sera situé aux abords de la gare. Par la gare transiteront 4 millions de voyageurs par an.

Personne en dehors de la fourbe opposition ne pouvait trouver à redire à un tel plan qui allait faire cadeau aux automobilistes de 350 places de parkings payants. Mais avec son mauvais esprit elle s’en est même prise à l’admirable M Boucher qui a vanté les mérites du pragmatisme, et expliqué que les 350 places n’étaient pas uniquement 350 places, mais beaucoup plus avec le cadeau que leur feront les parkings d’Altea et des abords de Jean-Monnet, avec des centaines de places gratuites, si ce n’est pas un cadeau ça, situés à au moins un quart d’heure de la gare en BHNS, vous imaginez comme ce sera pratique.

Il y a même eu un membre de la majorité pour dire qu’il connaissait des annemassiens qui allaient partir d’Annemasse pour aller se garer à Altéa, prendre le BHNS, le bus quoi, pour rejoindre la gare. C’est frais ça. Ils sont garés à Annemasse et ils vont se garer en dehors pour prendre le bus et revenir dans la ville.

Et l’opposition de trouver le raisonnement ceci, l’affirmation cela, de faire des chichis alors qu’à l’évidence il ne manquera pas une place de parking puisqu’il suffit d’aller jusqu’à Lyon et Annecy et de revenir par le train en gare d’Annemasse pour sauter dans le Ceva rebaptisé Express Léman et reprendre le train pour retourner à Lyon ou Annecy.

Il faut donc avoir l’esprit singulièrement tourné pour trouver dans l’addition des trois parkings la marque d’une contradiction imaginaire dans le discours qui affirme en même temps que 350 c’est bien suffisant, mais qu’il faut y ajouter encore 500 prises ailleurs.

Beaucoup de subventions-cadeaux ont été versées, et comme souvent il y a même eu un cadeau aux syndicats. Emportés par leur appétit subventionniste les conseillers de la majorité ont même voté une subvention destinée à la MJC Sud, qui est en liquidation. J’oubliais, moi aussi je l’ai votée. Curiosité, mais comme c’est Noël, c’est possible. Tout est possible.

Au chapitre de la MJC au milieu de la séance, le Maire a fait distribuer en cadeau sa plainte au Procureur de la République contre X pour le fiasco de la maison des jeunes. On la lira à la bougie du sapin, la nuit, entre Noël et Nouvel An.

Enfin en avance sur les rois, on aura même droit à un exemplaire du rapport de la chambre régionale de la cour des comptes sur la MJC, et même à celui de l’audit. Ce n’est peut-être pas un cadeau pour tout le monde, à commencer pour les vigilants administrateurs, mais ce qu’il y a de sûr, c’est qu’on aura de la lecture.

Le tram et l’agglo

C’était super drôle hier soir le 16 décembre 2015, lors du conseil communautaire de l’Agglomération d’Annemasse, dans la présentation des modalités de financement de la première tranche du Tram, un conseiller a dit qu’on parlait du tramway nommé désir. C’est épatant, cool, frais, ça kiffait grave, c’était de la frappe. (Il faut actualiser son vocabulaire).

Sur les 57 millions du coût prévisible, tout va bien, on a déjà 50 millions, et le solde sera apporté par le Département qui est sommé de le faire. Non mais. On observe au passage que la Confédération y est pour la moitié, ce qui fait que le tram devrait logiquement s’appeler le Bernois, ou quelque chose comme ça. En plus le matériel sera fourni par les Genevois. Bien, bravo pour les financements.

La bonne nouvelle comme cela a été relevé par Maxime Gaconnet, c’est que seule une première tranche sera réalisée, de Moëllesullaz à la rue du Parc. La seconde sera programmée quand son financement sera bouclé, et ira de la rue du Parc à travers la rue des Voirons vers le lycée des Glières, ce que M Boucher appelle la desserte du Perrier.

Le tracé imbécile de cette seconde partie est donc pour plus tard.

D’ici là, il faudra chasser les socialistes, y compris de l’Agglomération dont l’instance délibérante ne comprend pas que plutôt pour le tram d’aller au gisement des voix des socialistes, il vaudrait mieux dans l’intérêt général, comme dans toutes les villes à travers le monde, qu’il aille à la gare. Idée qui ne vient pas aux esprits hypnotisés par les roucoulements des dirigeants socialistes locaux. Au passage il faut saluer leur intelligence politique, leur art de la manipulation des esprits, leur admirable science des organisations.

Pour l’instant le tram avance dans le bon sens. Après, on verra.

La rente KPMG

Ce qu’il y a de bien avec les multinationales c’est qu’elles sont partout. KPMG, que l’on n’a pas besoin de présenter est donc aussi à l’Agglomération, où la firme vient de produire un document mâtiné de PowerPoint pour la modique somme de 50000 €.Rapport sous-traité par le Président de l’Agglomération sur les bénéfices de la mutualisation des services, l’une des motivations phares de la constitution partout en France de dizaines de communautés.

La loi oblige normalement à ce que le rapport sur la mutualisation établisse des prévisions dans deux domaines : celui des effets de la mutualisation sur les effectifs, et celui de ses effets sur les finances.

Pour 50000 € en cette fin d’année 2015, coût du rapport, KPMG n’a pas fourni ces deux données fondamentales qui justifient seules la constitution des Agglomérations destinées à réaliser des «économies d’échelle».

Point.

Les économies d’échelle, c’était donc une blague. Une de plus. Riez, contribuables, on vous prend pour des billes, et en prime on augmentera vos impôts en 2016.

La baisse tendantielle du taux de profit politique

Une baisse tendancielle, une érosion, un tas de choses, mais sûrement pas une victoire, même honteuse. Annemasse reste à gauche dans cette élection. La liste socialiste, ramassi de socialos et d’écolos avec quelques fossiles crypto trotskistes recueille 41,43 % des voix. Plus que celle de la droite qui elle a plafonné à 36,99 %, un écart de 4,4 % seulement, et mieux que le fn qui a atteint 21,58 %. Toujours pas de quoi pavoiser.

Quand je m’observe je m’inquiète, mais quand je me compare je me rassure, disait Talleyrand, paraît-il, c’est vrai aussi en matière d’élection.

En 2010 Queyranne le socialiste qui fait fuir même le maire socialiste de Lyon, le socialiste qui a fait explosé les effectifs des fonctionnaires territoriaux, le socialiste qui a augmenté les impôts versés à la région sans aucun profit pour la Haute-Savoie, obtenait 51,92 %, la droite 33,54 % et l’extrême 14,54 %.

Soit pour les socialistes et leurs alliés de pacotille une chute de près de 10,49 %. Énorme.

Mais hélas, la droite n’en aura pas asser profité. Elle passe de 33,54 % à 36,99 % gagnant ainsi 3,45 % depuis 2010 mais sa progression entre le premier et le second tour de 2015 a été de 10,04 %.

Déception, alarme, nécessité d’agir pour convaincre, plus encore, même si la région bascule à droite.

Quant aux frontistes leur progression est incontestable par rapport à 2010 puisqu’ils gagnent 7,04 %. Mais ils sont en régression au second tour sur le premier passant de 25,05 % à 21,58 %, soit 3,47 % de moins. Ce n’est donc pas si brillant, d’autant qu’entre les deux tours la participation est passée de 31,10 % à 39,80 % soit une progression, oh combien insuffisante, de 8,7 %. La petite mobilisation de l’électorat ne lui a pas profité, au contraire.

 

Ces électeurs qui portent leurs suffrages sur le FN sont autant d’âmes citoyennes égarées qu’il faut convaincre d’abandonner les chimères du demain on rase gratis sur fond d’un nationalisme voué à l’échec le plus certain dans le monde contemporain, surtout dans un territoire marqué d’abord par le bénéfice inouï tiré de la porosité de la frontière avec la machine économique genevoise. Le vote frontiste ici est encore plus aberrant.

Mais le gain très relatif du FN de 7 % est moins significatif qu’une chute de 10 % des socialistes.

En résumé la gauche perd, l’extrême droite monte mais moins vite qu’ailleurs et régresse entre les deux tours, et la droite se rétablit. Elle progresse entre les deux tours de plus de 10 %. C’est de son côté que se trouvait le dynamisme.

La seule alternative politiquement sensée est bien celle des forces unies de la droite républicaine.

 

 

À Annemasse on a déjà vu pire,

Mais au soir du premier tour des régionales, il n’y a pas vraiment de quoi pavoiser.

30 % pour le PS, presque 27 % pour LR et UDI, l’extrême gauche alliée aux écolos un peu plus de 10%, 25 % pour le FN.

La gauche ne s’effondre pas, loin s’en faut, le FN ne se volatilise pas, on s’en doutait.

On peut se consoler en se disant qu’aileurs c’est la Bérézina pour les socialistes, mais quand même. Dans une région frontalière donner du grain au FN qui propose un programme économique fondé sur l’idéée que demain on rasera gratis, et sur celle de la fermeture des frontières, c’est contraire à la sagesse.

Le discours du FN n’est pas extrêmement lucide, pour dire le moins. Mais il passe.

Un éditorialiste a mis le mot de la fin : «je ne sais pas où on va, mais ce qu’il y a de sûr c’est qu’on y va».

La pente fatale des impôts prélevés par l’agglomération

Le 25 novembre 2015, un conseil communautaire s’est tenu à Annemasse. Il avait à son ordre du jour notamment une question relative à la tarte à la crème de la mutualisation des services supposée faire réaliser des «économies d’échelle».

L’idée de la mutualisation est belle et ne peut qu’être soutenue.

Mais sa réalité est désespérante.

Jamais aucun chiffre n’est avancé sur ce point. L’Agglomération dépense pourtant des sommes importantes en conseils de tout poil, et notamment ceux de la multinationale KPMG. L’«Agglo», comme les initiés se plaisent de l’appeler, est par ailleurs servie par un personnel nombreux et compétent. Mais rien, aucun chiffre, jamais rien.

Il faut se souvenir pourtant que le regroupement en agglomération, bête à cinq pattes du droit public, était supposé faire réaliser des économies depuis le début selon ses promoteurs.

Toute la population avait applaudi en comprenant que les économies réalisées permettraient de diminuer les impôts.

Au lieu de quoi, non seulement l’addition n’a pas été diminuée, mais au contraire elle a augmenté considérablement.

Les «bases» ont augmenté. Ça, c’est le côté mécanique des modifications des valeurs locatives qui servent d’assiette aux impôts locaux. Modifications décidées par le ministère des Finances, toujours à la hausse comme on s’en doute.

C’est ce qui fait d’abord augmenter à taux constant, les impôts. Par exemple la base de la taxe d’habitation passe de 100 à 110, les impôts sans modification du taux d’imposition augmenteront de 10 %.

Mais en outre les taux ont augmenté dans l’Agglomération.

Ainsi la part de la taxe d’habitation et de la taxe sur le foncier non bâti ont augmenté dans l’Agglomération, dans leurs taux de la manière suivante :

2011 2012 2013 2014 augmentation
Taxe habitation 6,46% 6,52% 6,75% 7,10% + 10%
Taxe foncier non bâti 2,20% 2,20% 2,28% 2,40% + 9%

Ainsi sur ces quatre années les impôts prélevés par l’Agglomération ont augmenté de 10 % pour la part prise sur la taxe d’habitation et d’à peine moins pour le foncier non bâti.

Pendant ce temps les revenus des contribuables en dehors de ceux qui auront bénéficié du glissement du franc suisse, c’est-à-dire les revenus de la majorité, n’auront pas augmenté de 10 %.

L’Agglomération, au stade actuel, n’a pas fait réaliser d’économies, mais au contraire a généré des charges supplémentaires qui ont été répercutées dans les impôts. Et cela n’a pas été dit.

Contrairement à ce qui était annoncé.

Si après ça on regrette que l’abstention aussi augmente, c’est qu’on ne comprend pas les effets dévastateurs que le mensonge de la rhétorique politique finit par avoir sur les électeurs.

La découverte de la réalpolitik par le président normal

On ne dira sans doute jamais sans honte les bricolages insensés des socialistes et de leur président «normal» en matière de politique étrangère.

D’abord dans une foucade d’amateur colorée par les oripeaux du romantisme, le traitement réservé à la Syrie fut simplissime, à l’image des déclarations de BHL : sus au tyran.

Puis vint le mois de janvier 2015 et pire, celui de novembre. Volte-face. D’un seul coup il fallut choisir les vrais ennemis, et emportés par l’ardeur des néophytes, les socialos-normaux se mirent en 24 h chrono à découvrir les vertus de la réalpolitik pour se précipiter dans les bras de Puttin, les seuls qui restaient entrouverts après la douche froide des alliés, de chaque côté de l’Atlantique.

Une nouvelle humiliation infligée à la France et à l’Europe entière, par le président mouillé.

Effet des attentats :

Un sondage organisé parmi son lectorat par un journal, paraît indiquer qu’a priori les tendances de fond vont s’accentuer :

panique

Dans un océan d’abstentions cela risque d’être fatal aux modérés de tous les camps.

C’était chouette cette réunion,

Samedi matin 21 novembre 2015, une réunion publique s’est tenue à la MJC du Perrier, qui brûle, ou plutôt qui brûlait, puisque le 20 novembre 2015 le tribunal de Thonon-les-Bains, l’a mise en liquidation judiciaire.

On comprend que le maire ait voulu organiser une réunion publique, pour expliquer à la foule enthousiaste à quel point son équipe avait pris toutes les mesures qui s’imposaient et ne portait aucune, aucune responsabilité.

Dans un premier temps à force de graphiques il a exposé que depuis 2012 les finances de la MJC viraient au rouge vif. Les déficits se sont accumulés pour atteindre 200 000 €, et ce n’est pas fini.

Alors que les subventions dont la MJC tire l’essentiel de ses ressources n’ont jamais baissé. Annemasse verse, en même temps que d’autres, pas moins d’un million d’euros par an.

Avec force graphique en technicolor il a exposé «l’effet ciseau», les politiques sont savants.

L’essentiel de la démonstration consistait à charger le directeur licencié de la MJC de toute la responsabilité de la situation. Pire, il l’accablait en exposant qu’il avait non seulement laissé filé les déficits en n’ajustant pas les dépenses aux recettes en baisse (pour la seule petite part qui provient des cotisations, le reste provenant des subventions), mais pas seulement. Il y aurait eu des détournements, et la nouvelle présidente de l’association a porté plainte.

C’est savoureux d’entendre un élu socialiste dénoncer une gestion en ce qu’elle n’a pas observé l’orthodoxie financière.

Le directeur licencié a saisi le conseil des prud’hommes et demande 200 000 € à titre d’indemnité. Un autre employé de la MJC réclame quant à lui 130 000 €. Ce dernier a la particularité d’avoir en outre été un élu au conseil municipal et il a siégé dans les rangs de l’équipe de M Dupessey.

Une précision intéressante était donnée, il y a eu deux rapports sur la gestion. Un premier du ministère des Finances, et un second réalisé par un expert comptable à la demande du maire. Le premier a connu deux étapes : en janvier un pré-rapport, et cet été le rapport définitif. Il a été dit, mais pas par le maire, que rien n’a été changé entre le pré-rapport et le rapport définitif.

La particularité de ces deux rapports est qu’ils sont restés secrets. Aucun n’est à ce jour rendu public, ce qui est une honte. Le moins qu’on puisse exiger en démocratie est qu’ils soient rendus accessibles, et d’autant plus que le maire toutes les trois phrases jurait ses grands dieux qu’il agissait dans la transparence.

Parlons-en de la transparence.

Mieux encore que la transparence, dans les propos du maire, c’est sa particulière insistance pour dire qu’il avait effectué des «alertes». Lesquelles, on ne le saura jamais. Qui a-t-il alerté ? On ne le saura jamais non plus. De transparentes alertes donc, mais qui n’ont jamais atteint le niveau du conseil municipal.

Sur la question que je lui ai posée, il a reconnu qu’il n’y avait jamais eu de débats au conseil municipal.

Ici il faut faire un arrêt sur image.

La ville d’Annemasse verse 1 million d’euros de subvention à la MJC Sud, pierre angulaire de sa politique politicienne de noyautage, 1 million et aucun débat alors même que le maire nous dit qu’il a effectué des alertes.

Cela pose la question du contrôle de l’emploi des subventions.

François Vigny était moqué lorsqu’il demandait que des «audits» fussent effectués sur l’emploi des subventions. Moqué par M Dupessey, par M Boucher. C’était une bonne blague chaque année. Et bien il avait raison François Vigny. La MJC le démontre.

Le contrôle c’était le travail minimum que devaient effectuer les trois délégués socialistes du conseil municipal socialiste.

Mais ils n’ont rien vu, rien dit, rien fait.

On peut douter qu’ils aient même compris les bilans qu’on leur présentait.

Ils ne sont toutefois pas les seuls à ne pas savoir lire un bilan. Le président et tous les autres membres du bureau de l’association de la MJC n’ont pas mieux brillé. Le président démissionnaire, il ne pouvait quand même faire moins, a clamé sa bonne foi et l’excellence de ses intentions.

Il a toutefois admis, lui, à la différence du maire, sa responsabilité. Mais du bout des lèvres. Il se sentait justifié par le fait qu’il «faisait confiance».

C’est sûr qu’entre gens du même bord politique on se fait confiance. Entre copains et militants du même camp du bien, il n’est pas de mise d’être suspicieux. C’est vrai.

Mais c’est insuffisant. Le bon contribuable va payer l’ardoise, on ne va quand même pas demander au camp du bien de participer à un tel financement.

Le camp du bien est justifié par la pureté de ses intentions et son total désintérêt, il estime en conséquence qu’il n’est jamais responsable.

C’est ce que le maire «transparent» est venu dire.

 

 

La grande affaire de la mutualisation

L’affaire est venue devant le conseil municipal du 19 novembre 2015 sous l’exposé brillant du maire. Personne ne peut être contre l’idée de faire des économies. Enfin, les gens normaux.

Le maire a présenté la géniale idée de cette «mutualisation» croisée entre les communes et l’agglomération, à la carte qui plus est.

Tout aurait pu se dérouler dans la plus grande sérénité, la majorité socialiste et l’opposition étant à l’unisson pour une fois.

Mais c’était sans compter sur le mauvais esprit de l’opposition.

La voilà qui se mit à remarquer que le texte cité de la loi obligeait à présenter un rapport sur les effets de la mutualisation des services tant du point de vue des effectifs que des frais de fonctionnement.

Horreur, des économies, sur les effectifs, triple horreur, une idée qui serait contraire à tous les principes qui gouvernent actuellement la gestion publique. Il n’y a que l’opposition malveillante comme elle est pour penser mal comme cela.

Mais la loi, en l’espèce un article du Code général des collectivités territoriale oblige annuellement à produire ce rapport  sur l’estimation de la réduction des effectifs et des coûts.

Embarras du maire.

Sylvain Bogeat demanda le report du vote en raison du fait que le rapport prévu par la loi n’avait pas été produit, motif assez incontournable. Refus.

Il remarquait aussi que l’épais document émanant de la multinationale KPMG (Près de 24 milliards de chiffre d’affaires, des dizaines de milliers de salariés), n’avait été communiqué qu’avec tous les documents de l’ordre du jour dans le respect des 5 jours francs pour leur communication, alors que le simple bon sens commandait de le diffuser dès qu’il avait été remis pour pouvoir servir ainsi de base à de loyaux débats.

Énervement du maire, de son adjoint préféré (un adjoint est toujours préféré tant que son couteau, celui qu’il plantera dans le dos, reste discret) vola à son secours et entonna le même cantique. Ils jurèrent en cœur que le progrès qu’ils annoncaient, l’avancée sur la mutualisation consistera en ce qu’aucun poste ne sea créé. Magique.

Mais l’opposition a mauvais esprit. Pascale Mayca a enfoncé le clou. Elle avait lu le rapport KPMG (payé à prix d’or pour ne rien dire), et y avait relevé les différentes créations de poste.

Le silence des espaces infinis a répondu à ces interrogations précises.

En raison de l’ensemble de ces faits, et aussi de cette circonstance qu’un rapport exigé par la loi n’était même pas communiqué à l’avance, l’opposition a estimé n’avoir pas assez d’éléments pour pouvoir voter et s’est abstenue.

Si la MJC (Sud) m’était contée,

Caroline Duret-Nasr a posé une brève question orale à la fin de la séance du conseil municipal du 19 novembre 2015 pour demander des explications sur la MJC Sud qui venait de déposer le bilan.

La longue réponse alambiquée de M le Maire a consisté essentiellement à dire que tout serait bien allé pendant des années à la MJC Sud, dans le meilleur des mondes socialistes. Mais qu’un méchant avait tout fait capoter.

Ce qu’il y a eu d’étrange dans ce discours c’est que le maire a reconnu expressément que la MJC était un pur enjeu politique. Le reste, l’éducation populaire, la transmission des valeurs, l’encadrement de la jeunesse, c’est manifestement du vent, de l’habillage rhétorique. Personne n’a le droit de toucher au grisbi politique qu’est la MJC.

Dont acte.

Les choses se compliquent quand on entre dans le détail des explications tarabiscotées qui ont été servies par le maire sur le mode défensif.

Il faut dire que le problème est énorme. La MJC a déposé le bilan. Un passif de 200 000 ou même 300 000 €, on en saura plus quand les résultats de l’audience qui se tenait le vendredi 20 novembre 2015 au tribunal à Thonon, seront connus. Liquidation judiciaire ou redressement judiciaire.

Le maire a accusé le directeur licencié d’être à l’origine de tous ces maux, suggérant qu’il pouvait y avoir eu des détournements d’argent, des abus de biens sociaux.

Il a aussi exposé, et c’était admirable à entendre, que les 3 administrateurs délégués du conseil municipal et choisis exclusivement parmi les conseillers municipaux de la majorité socialiste, n’avaient jamais rien su.

Le président du conseil d’administration non plus n’aurait rien su.

Les organes de contrôle, expert comptable, et surtout commissaire au compte, n’ont rien su, eux aussi, jusqu’à janvier 2015. Et là d’un seul coup le commissaire aux comptes fit soudainement son job, alors que le feu couvait et que le ministère des finances avait commencé à mettre son nez dans la boutique. Ouf, c’est prodigieux ce que cela est utile des organes de contrôle.

Le maire non plus bien entendu, n’a jamais rien su.

Le conseil municipal a voté au moins depuis 2012 la reconduction des subventions à l’association de gestion de la MJC, alors que les déficits se creusaient. Mais jamais la moindre alerte n’a été donnée. J’ai voté ces subventions et je n’ai pas compris que la situation était grave. J’ai voté en 2012, en 2013 en 2014 en 2015. Mea culpa. Pour ma défense je ne peux invoquer que mon défaut d’information.

Défaut d’information par le maire.

Par les administrateurs désignés par la majorité.

Quant aux organes de contrôle, on n’y a pas accès.

À quoi ont donc servi les administrateurs délégués par la majorité du conseil municipal ? À quoi au juste ?

Peut-être seront-ils demain les fusibles de l’opération s’il s’avérait qu’il y avait eu des détournements si massifs qu’ils ne pouvaient s’en apercevoir. Ils étaient impliqués dans la gestion. Imaginons une extension de la liquidation à leurs personnes, à celle du président de l’association. Parce qu’on pourra dire ce que l’on veut, mais si on est administrateur d’une association, qu’on ne regarde même pas les comptes, qu’on ne lit pas les bilans, et bien entendu à la condition que les passifs aient été manifestes, on devrait engager sa responsabilité.

Demain de bon matin le maire va exposer dans une réunion publique que la faute n’incombe qu’aux autres.

Il s’est engagé lors de la séance du conseil à communiquer l’audit qu’il a provoqué, et le rapport du ministère des Finances. C’est dommage qu’il ne les ait pas communiqués avant. Le rapport est d’août, l’audit tout récent.

Tiens, au fait, à propos de «l’audit», François Vigny, Louis Mermet, moi, avons constamment demandé depuis des années à de nombreuses occasions, qu’on ait des documents comptables sérieux et un audit général de toutes les associations qui émargent au budget de la ville pour des montants importants de subventions. La MJC Sud c’était 1 million, outre la subvention du conseil général. Un petit audit de temps en temps ça n’aurait vraiment pas fait de mal.

Encore une fois la majorité socialiste rejoint les positions exprimées par l’opposition républicaine, qui s’en réjouit. Mais elle est triste de ce mauvais coup porté à la jeunesse.

 

État d’urgence

Il n’existe aucun risque que notre pays dérive dans la dictature, c’est pourquoi le danger qu’est l’état d’urgence pour les libertés peut y être accepté, puisque par définition il sera temporaire. Mais il faut se souvenir toujours que toutes les privations de liberté commencent par ce stade de leur suspension, pour se terminer par leur abolition. Ce qui appelle chaque citoyen à la vigilance démocratique.

L’heure n’est pas encore de s’inquiéter, nous savons que cet état prendra fin. Permettra-t-il d’apporter une solution plus rapide aux défis posés par la haine du pays ? C’est possible, nous verrons. Nous savons qu’il n’y a jamais aucune solution miraculeuse.

Le combat contre la haine commence à l’école, se poursuit dans la vie citoyenne, et à long terme il n’est qu’un gardien de la paix et de la démocratie, l’instituteur, puis le professeur. La réponse au malheur c’est l’éducation.

La «mutualisation» et ses vertus: conseil municipal du 19 novembre 2015

Un grand sujet que celui de la «mutualisation». C’était en théorie le nerf de la guerre, la justification ultime de la constitution d’une agglomération dotée d’une personnalité propre, qui ait pour vocation de gérer les questions d’intérêt commun à toutes les communes qui la composent.

Une multi-nationale d’experts comptables (155 000 personnes, 23,4 milliards de chiffre d’affaires), regroupant aussi des avocats, célèbre dans le monde entier, KPMG, était venue présenter avec force diapositives et power-point, la nécessité pour toutes les communes de s’unir, et celle non moins pressante de réaliser des «économies d’échelle», c’est à dire de profiter de tous les avantages de la mutualisation. Le conseil municipal d’alors (c’était il y a deux mandats), ébahi, avait entendu ce prèche. À peine si un ou deux mauvais esprits avaient fait tache dans l’enthousiasme du conseil et émis les doutes qui les assaillaient sur les économies qui devaient être réalisées, et qui n’étaient jamais chiffrées malgré leurs questions directes à KPMG.

KPMG avait facturé sa prestation d’Annemasse à Bourg-en-Bresse, voire à Maubeuge, et les «économies» commençaient par des dépenses publiques. On est en France, pas en Suisse.

Puis la préoccupation sans disparaître, passa au second plan. Elle continua de fleurir la rhétorique agglomérée, et les discours du maire, mais on n’en voyait que peu d’applications.

Comme le refoulé, la question revient au galop.  Et encore une fois sous la houlette de KPMG. On peut supposer que la même société d’experts suivra la même recette qu’hier, et fera le tour de France de toutes les agglomérations en vendant le même power-point adapté aux circonstances locales, c’est bien le moins. Quelques modifications cosmétiques et le tour sera joué.

KPMG est géniale. Elle réussit à vendre le bon sens : à plusieurs vous unirez vos forces. Il fallait attendre au moins ce siècle pour que le bon sens alimente les caisses d’une multinationale. Le plus rigolo c’est quand l’argent vient de la gauche.

Le conseil municipal va devoir se pencher gravement sur cette question de la mutualisation. L’unanimité devrait normalement être encore au rendez-vous politique. Aurait-on idée de contester qu’il faut de l’air pour respirer ? On saluera comme il se doit l’exploit renouvelé du champion KPMG, et aussi le triomphe du bon sens. Comment ne pas approuver la «mutualisation» ?

À quoi servent les contrôles aux frontières ?

La réponse sera simple, à rien de concret. Les contrôles n’arrêtent ni les marchandises, ni la contrebande, ni les armes. Ni surtout les «terroristes», dont on ne peut s’attendre sérieusement qu’ils ne se dissimulent pas.

Bardonnex, lieu magique, lieu de la matérialisation de la frontière entre la France et la Suisse, lieu de passage de 25 000 voitures par jour, est maintenant «contrôlé». Résultats ce matin 40 minutes d’attente pour ceux qui se rendent à  leur travail, les frontaliers.

Des douaniers français interrogés par la TSR, ont mentionné le nombre de véhicules et leur impossibilité de tous les contrôler, même s’ils le voulaient. Ils procèdent à des contrôles au hasard, par sondage, comme ils l’ont toujours fait par période.

Le contrôle ne peut donc avoir d’autre effet que d’empoisonner la vie des usagers qui sont dans la nécessité de traverser la frontière, sans avoir de conséquence réelle en terme de sécurité.

Le contrôle est un leurre.  Il fonctionne au niveau symbolique, mais pas dans le monde réel, concret. De la frime. Mais une frime coûteuse, inutile,  inefficace, et au final pénalisante pour toute la population de la région lémanique, des deux côtes de la frontière.

La seule question est donc de savoir en terme de coûts/avantages, si le produit est suffisant pour le justifier. Du côté des avantages pour l’instant il n’y a que la charge symbolique. C’est maigre.

En revanche, une mesure devrait immédiatement être mise en œuvre: la généralisation de la vidéo-surveillance. Annemasse est à la traîne. Le maire et son équipe sont opposés idéologiquement. C’est pourtant une réponse à l’inquiétude, qui est en plus efficace pour lutter contre ce qu’on appelle les incivilités, et qui ne nuit pas au fonctionnement de la collectivité. L’opposition la soutient depuis des lustres. Les socialistes la refusent.

Nouvelles du front : après les attentats du 13 novembre 2015

La grande affaire est maintenant de ne surtout pas stigmatiser. Crime absolu. C’est le point d’orgue des communiqués politiques qui ont été publiés après les attentats de Paris. Pour être complet il faut aussi ajouter que la guerre aurait été déclarée, et que l’état d’urgence est décrété. La guerre est certes déclarée aux barbus de Daesh, mais comme c’est très loin la Syrie, ce sera surtout une guerre par procuration, par drones US et anglais interposés, par les troupes au sol des peshmerghas kurdes pourchassés par la Turquie, alliée objectif de ces braves barbichus masqués. Bref on ne risque pas de mouiller notre chemise dans cette guerre là, sauf si nous devenions sérieux et mettions nos actes en conformité à nos discours. Reste que nous pourrions en prime tirer un avantage industriel et financier de cet engagement si on réussissait à vendre les vieux chassepots qui équipaient les troupes françaises il y a cent ans, mais ce n’est pas certain, la Kalachnikov serait plus efficace, dit-on. Et sur le front diplomatique, le seul où le pays excelle, les discours seront impitoyables et pourtant magnifiquement équilibrés. Bachad restera l’ennemi voué aux gémonies, la liberté sera invoquée, et le «vivre ensemble» à nouveau célébré. L’été viendra, et il y aura plein d’animations culturelles courageuses d’Avignon aux quais de la Seine en passant par les réjouissances du parc de la fantasia à Annemasse. Il faut absolument qu’un nouvel épisode de «Plus belle la vie» intègre un jeune, égaré dans le djihadisme, mais avec un si bon fond que l’épisode suivant le ramènera à la raison.

Les grandes orientation du PADD (Projet d’aménagement et de développement durable)

C’est venu en discussion du conseil municipal du 16 octobre 2015, et trois idées force peuvent être retenues pour ce PADD. Pourquoi PADD et pas tout simplement Plan d’urbanisme, la réponse est qu’on est en France, et que dans ce beau pays il est interdit de faire simple si on peut faire compliqué. Plan d’urbanisme c’est trop réducteur, trop banal. Tandis que «projet», c’est bien plus chic, et si on y ajoute «développement durable», alors les trompettes de la félicité sonnent déjà à vous perdre la tête. Imaginez que plutôt qu’un PADD on propose une Réalisation de la Désorganisation pour la Régression Éphémère, RDRE, il n’est pas sûr que cela ait le même succès.

Transposé dans notre secteur, le projet d’urbanisme présenté manifeste une révolution dans les esprits de la majorité socialiste. Pendant longtemps la gauche annemassienne visait à construire, construire, et construire encore des logements sociaux, au prix d’un désintérêt dans les faits, mais qu’on se rassure jamais dans le discours, pour les espaces de respiration, pour l’idée de limiter la densification. Son modèle était Chablais gare, (parc, pardon). Il est douteux que ce soit la solution pour développer une ville harmonieuse.

C’est d’ailleurs également l’harmonie qui manquait. La porte même ne suffisait pas. La dimension esthétique était totalement absente. Sans doute que les bons esprits pensaient que le beau était une notion bourgeoise. On voit le résultat : le musée des horreurs.

Une révolution s’est produite. D’un seul coup l’adjoint à l’urbanisme découvre le bien-fondé des idées que nous présentons depuis des années : maîtriser la densification, tout mettre en œuvre pour que Genève construise chez elle au lieu de le faire exclusivement par Haute-Savoie interposée pour loger sa main d’œuvre. Multiplier les espaces de respiration, les parcs petits et grands. Sur tout cela nous ne pouvons qu’être d’accord. Adapter la hauteur des constructions au calibre des rues. Du bon sens. Adopter une charte esthétique. Une nécessité parce que le beau, qui d’ailleurs est universel, est indispensable à l’âme et au corps.

Nous sommes d’accord sur ces propositions. Si en plus c’est éphémère plutôt que durable, ce serait encore mieux. Je m’explique. Une ville doit pouvoir se construire sur elle même. Dès lors qu’il n’y a pas de patrimoine architectural historique, ce qui est une richesse, mais aussi une contrainte, le renouvellement urbain devient possible. Démolition/Construction. De l’éphémère plutôt que du durable, des tipis plutôt que du béton. A chaque génération sa ville, chiche ?

Le bémol est sur le social. La majorité derrière son adjoint souhaite 25 % dans tous les programmes de plus de 1000 m2, indépendamment des programmes des sociétés HLM, et en plus 10 % de logements en accession, soit 35 % à caractère social dans tout programme. Personnellement je doute que cela soit possible. Je suis encore d’accord avec l’idée de 10% pour l’accession, mais je suis réservé sur la nécessité de passer à 25 % dans tout programme de construction d’immeuble.

 

Incorrigibles

Telles sont les collectivités locales, qui depuis maintenant trois décennies, depuis 1982 et la première décentralisation de Gaston Deferre, se sont toutes lancées dans l’augmentation incessante des effectifs, ce qui génère automatiquement des hausses d’impôts.

L’exemple en a été donné par la dernière séance du conseil municipal le 16 septembre 2015 .

Il s’agissait de voter l’adhésion à une société créée par la région Rhône-Alpes dont l’objet est l’amélioration des performances thermiques des bâtiments publics. La participation de la ville au capital a été fixée à 1 € par habitant, arrondi à la centaine d’euros supérieure, soit 33 800 € (chaque action valant 10 euros).

Ce qui est profondément regrettable dans une telle opération est qu’elle est décidée sans même qu’il y ait une démarche claire apportant une réponse simple, existe-t-il ou non une incapacité congénitale du secteur privé de rendre le service de diagnostic et de conseil en matière thermique ? Répondre oui est 1) se fourrer le doigt dans l’œil jusqu’au cou, 2) accepter qu’un service relevant de la sphère privée soit opéré par une société de droit public.

Ce qui signifie des emplois publics, encore plus d’emplois publics et par voie de conséquence, plus d’impôt.

Les premiers réfugiés

Il est soutenu que leur nombre serait très limité, c’est du moins ce qu’il faut comprendre des propos du maire et de son adjoint lors de la séance du conseil municipal du 16 septembre 2015.

Dont acte.

Pour leur accueil 4 logements vides qui sont destinés normalement aux enseignants, qui doivent sûrement avoir d’autres solutions, seront mis à leur disposition. Comme  ils sont vides, toutes les fournitures seront achetées (lits, tables, etc.).

Les réfugiés seront pris en charge par différentes associations qui ont été réunies le 15 septembre 2015 à la mairie sous l’égide de la majorité. (La minorité n’est jamais invitée, et encore moins informée. Sans doute sa présence n’est-elle pas acceptée. Ce qui se comprend puisque par définition ou presque, ces actions sont pensées dans un schéma de la gauche idéaliste étranger à la droite foncièrement égoïste).

L’idée exprimée dans un précédent article, de la générosité forcée a soulevé la critique du maire.

C’est pourtant une idée très simple, et qui plus est, logique. Il y a deux manières de mettre en œuvre la charité. Soit la laisser dans la sphère personnelle, soit la faire rentrer dans la sphère publique. La différence entre les deux est que le premier système repose sur le volontariat, le second sur le contribuable.

La majorité socialiste à Annemasse choisit le contribuable. La générosité à coup de trique. Il sera le payeur final puisque même si aujourd’hui aucun chiffre n’est articulé à la charge de la ville, les logements attribués seraient vides, etc. (les demandeurs de logements sociaux seront ravis de l’apprendre), à la fin des temps budgétaires les associations qui vont fournir leur aide demanderont des subventions.

Mais c’est moins visible que l’inscription directe d’une dépense dans le budget.

Et les méchants seront punis…

Pas tous, qu’on se rassure.

Mercredi 16 septembre 2015, devant le tribunal correctionnel de Thonon, devait comparaître Madame Véronique LAPLACE, poursuivie par le Procureur de la République pour avoir usurpé la signature de sa mère afin qu’elle fût candidate et puisse complèter la liste du FN aux élections municipales de 2014, in extremis dans le dernier quart d’heure avant la clôture des dépôts.

Elle n’a pas comparu. Elle avait écrit pour demander le renvoi et le Président lui avait répondu au cours de l’été qu’il le refusait.

Lors de l’enquête, elle s’était attachée à disculper la tête de liste M CAPASSO, prenant tout sur elle. Elle expliqua aux policiers qui l’interrogèrent qu’elle avait l’habitude de signer pour sa mère, par exemple les chèques, mais que sa mère, âgée et placée dans un foyer, était parfaitement consentante.

Ce qui ne correspondait pas à la réalité. D’abord parce que le consentement de cette personne n’existait plus, ainsi que le démontra l’enquête, car dans le même temps où elle se portait ainsi candidate, le dernier jour et à la dernière heure du dépôt des listes, le foyer où elle était engageait une procédure de mise sous tutelle. Interrogée par la suite, la mère de Madame LAPLACE répondit qu’elle n’avait jamais été candidate.

Monsieur le Procureur de la République relevait que Madame Véronique LAPLACE avait sciemment contrefait une signature, et que son argument qu’elle avait l’habitude de signer pour sa mère ne tenait pas. S’il était vrai qu’elle avait une procuration, lorsqu’elle signait des chèques pour sa mère, elle les signait avec sa signature, pas une signature contrefaite. Bref, des salades que cet argument.

Il restait que le faux formulaire de candidature de sa mère, rempli par la fille de M CAPASSO, faussement signé par la prévenue, la mettait dans l’œil du cyclone judiciaire. Ce qu’elle n’avait peut-être pas réellement compris.

Une formidable famille que la famille CAPASSO. La fille remplissait les formulaires, mais ni le père ni la fille ne savaient que dans leur dos leurs colistiers abusaient de signatures, à l’insu de leur plein gré.

Dans sa lettre au tribunal par laquelle elle demandait le renvoi de l’affaire, ce qui ne lui fut pas accordé, elle marquait une nette évolution par rapport à ses déclarations pendant l’enquête. Elle expliquait qu’elle n’avait plus de lien avec M CAPASSO. Seule, sans aide, elle se défendait.

Le tribunal l’a condamnée.

Le jugement lui sera signifié puisqu’elle était absente. Le tribunal l’a déclarée coupable de faux, d’usage de faux, et de fraude électorale. Il l’a condamnée à une peine d’un an d’emprisonnement avec un sursis comportant une mise à l’épreuve pendant deux ans consistant dans l’obligation de travailler, de payer l’amende de 3 000 € à laquelle elle est aussi condamnée, d’indemniser les parties civiles pour lesquelles elle devra payer environ 10 000 € au total, dont plus de 6 000 € à Louis Mermet  en remboursement de sa part dans les frais de campagne.

Mais ce n’est pas fini.

Ce que Madame Véronique LAPLACE ignore encore, mais qu’elle ne va pas tarder d’apprendre, c’est qu’elle s’expose à payer tous les frais de la campagne. Si la Ville d’Annemasse n’a pour l’instant encore rien fait, et si elle ne fait toujours rien, cela sera le signe d’une curieuse mansuétude, mais cela n’aura aucune importance.

Car un contribuable, tout contribuable, peut demander au tribunal administratif l’autorisation de se substituer à la collectivité défaillante dans le recouvrement de ses créances, et d’exercer à sa place l’action en indemnisation. C’est le code des collectivités territoriales qui le permet. (articles L2132-5 et s.)

Et là, on entrera dans les grands nombres, parce que le coût total d’une campagne est de l’ordre de 20 000 € pour la seule ville, et de beaucoup plus pour l’État. Au bout du compte Madame Véronique LAPLACE s’expose même à payer pour la campagne du FN, ce qui lui vaudra assurément la reconnaissance chaleureuse de M CAPASSO.

Cruauté de la vie.

Mais Madame Véronique LAPLACE sait qu’elle peut compter sur lui, la camaraderie des formations politiques a toujours été admirable, surtout quand il s’agit de payer.

Le souci sera aussi son casier judiciaire, mais là encore il saura la conseiller et l’aider, il est orfèvre en cette matière*.

(* Article du Dauphiné Libéré du 14 décembre 1985 : M Capasso aux assises pour un braquage)

À votre bon cœur ? Non, à vos porte-monnaie !

Une déferlante de solidarité touche l’agglomération et en son sein toutes ses composantes communales.

Ce 9 septembre 2015, un conseil communautaire s’est tenu. Son président a lu le communiqué conçu par les 12 maires de l’agglomération. Il y est question des évènements dramatiques que nous connaissons tous, de l’honneur, des valeurs.

Ils seraient unanimes, sauf le «bémol» qu’un maire d’une commune a voulu apporter, tout en soutenant le communiqué. Il y a sans doute d’autres arrière-pensées, mais elles restent discrètes.

La conséquence est simple : nous ne serons pas en reste collectivement au chapitre de la solidarité. La France accueillera 24 000 réfugiés, à ne pas confondre avec les «migrants». 24 000 c’est très certainement un chiffre fantaisiste. En réalité ce seront des centaines de milliers. Les Allemands évoquent déjà 500 000 pour leur pays.

C’est là que se produit un phénomène très intéressant.

Plutôt que de compter sur la charité de nos contemporains, ou sur la solidarité des élus qui ouvriraient par exemple leur porte-monnaie, des votes successifs vont avoir lieu dans toutes les 12 communes, qui aboutiront à reporter l’effort financier que cette solidarité implique, sur le seul contribuable.

Le président de l’agglomération, Monsieur Dupessey, a souligné comme en défense, qu’il y avait 36000 communes en France, pour dire que 24000 divisé par 36000 cela ne représenterait pas grand-chose en termes d’efforts. Oui, sauf qu’il y a sur ces 36000  une immense majorité de communes qui sont si petites que leurs finances se réduisent à quasiment rien. Sauf aussi que les 24 000, c’est un peu une blague et qu’il y en aura très certainement beaucoup plus. Il y a toute la Syrie à vider, puis tous les camps installés en Turquie, au Liban, puis l’Irak, puis le Yémen, puis la Libye, puis le Soudan, puis…

Mais les décrets seront pris, contre d’ailleurs l’opinion telle que les sondages en dessinent les contours. Une nouvelle ère commence. Vous deviendrez bons et généreux à coup de trique.

Prévention routière et matraquage médiatique

La bien-pensance est redoutable. Elle finit par faire prendre toutes les vessies de la création pour des lanternes, qui ont pour fonction surtout d’éclairer notre mimétisme. On pense comme la télé.

Il ne viendra à l’idée de personne de critiquer le discours culpabilisant de la prévention routière, nouvelle vache sacrée qu’il est impossible de remettre en question. Son discours est un dogme.

Ainsi il faut à longueur d’année entendre que les limitations de vitesse sont le remède absolu contre la mortalité routière.

C’est vrai dans une certaine mesure, et si la vitesse égale 0, on est sûr qu’il n’y aura plus aucune collision.

Il n’est pourtant pas certain que la vitesse soit le facteur si principal qu’il devienne une cause unique de la mortalité .

La vitesse est le mal. Le discours s’apparente à la démonologie, et le signe de sa confusion profonde est qu’il prend le facteur pour la cause.

Pour les pouvoirs publics, cela permet d’oublier leur responsabilité dans l’hécatombe d’antan. Les «points noirs» étaient la cause manifeste. Leur disparition progressive a d’ailleurs amélioré spectaculairement la sécurité routière. Les Annemassiens se souviennent des trois points noirs qui ceinturaient leur ville : le carrefour des chasseurs – une montagne de cadavres, le carrefour de la Bergue – une autre montagne, le carrefour de Findrol – un Himalaya de cadavres selon les années. Sans compter le plat de Saint-Cergues, et aussi la route nationale de St-Julien au mont Sion. Et on vient nous dire que la vitesse est la cause de tout.

C’est sinon faux, du moins extrêmement réducteur.

D’ailleurs l’Allemagne est là pour nous démontrer que la mortalité sur les autoroutes où la vitesse n’est pas limitée ne se distinguerait pas de celle des pays comme la France où la vitesse l’est surabondamment. Il faut employer un conditionnel, car en fait les statistiques sont souvent discutables. Mais prenons cela comme une hypothèse. Ce qu’on sait de manière plus certaine lorsque cela a été étudié, c’est que la limitation de vitesse ne paraît pas être une cause exclusive.

Mortalité sur les autoroutes de 15 pays en 1998
Pays tués sur autoroutes Km d’autoroutes tués par milliard de véhicules x Km trafic en milliards de V x Km intensité de la circulation (véhicules jour)
allemagne 803,00 11 309,00 4,10 195,85 47 457,00
autriche 152,00 1 613,00 8,30 18,31 31 099,00
belgique 215,00 1 682,00 7,50 28,67 46 717,00
danemark 33,00 862,00 3,70 8,92 28 359,00
espagne 359,00 2 728,00 31,70 11,32 11 371,00
états-unis 5 367,00 74 165,00 5,30 1 012,64 37 401,00
finlande 19,00 444,00 5,70 3,33 20 550,00
france 525,00 8 863,00 5,40 97,22 30 058,00
hongrie 43,00 448,00 16,10 2,67 16 330,00
italie 713,00 6 473,00 13,40 53,21 22 523,00
japon 290,00 6 402,00 4,30 67,44 28 852,00
portugal 120,00 830,00 15,90 7,55 24 934,00
r.tchèque 45,00 485,00 13,30 3,38 19 098,00
royaume uni 176,00 3 405,00 2,50 70,40 56 663,00
suède 24,00 1 438,00 2,60 9,23 17 591,00
suisse 79,00 1 262,00 4,40 17,95 38 963,00

Aucune vérité n’est jamais définitive, mais cela vaut le coup d’y réfléchir lorsqu’on entend le discours sécuritaire.

 

Augmentation des impôts de l’agglomération entre 2008 et 2014

En ne prenant que l’exemple de la part de l’agglomération dans la taxe d’habitation entre 2008 et 2014, dans une commune périphérique de l’agglomération, on est saisi de vertige.

 Années Part de la TH pour l’agglomération  Pourcentage d’augmentation
2014 468,00 6,12%
2013 441,00 5,50%
2012 418,00 2,70%
2011 407,00 12,74%
2010 361,00 10,74%
2009 326,00 2,52%
2008 318,00

Dans cet exemple un ménage aura vu dans la taxe d’habitation qu’il paye, la part de l’agglomération passer de 318 € en 2008 à 468 € en 2014.

Soit une augmentation de l’impôt pour l’agglomération de 150 €.

C’est à dire une augmentation de 47 %.

C’est énorme.

Dans le même temps y-a-t-il eu 47 % de services rendus en plus ?

Où sont passés les 47 % d’augmentation ?

C’est simple :

  • Du personnel supplémentaire,
  • Des études supplémentaires,
  • La satisfaction des lubies internationalistes des socialistes qui gouvernent en fait l’agglomération, avec notamment le vaste programme de «la cité de la solidarité»,
  • des dépenses publiques en hausse sans aucun frein.

On touche sur cet exemple l’ubris disaient les Grecs, la démesure peut-on traduire, la folie peut-on préciser, de la spirale mortifère de la dépense générée par cette couche administrative supplémentaire qu’est l’agglomération, dans une irresponsabilité étonnante.

Si encore il y a avait eu, comme cela a été revendiqué et cela l’est encore, un transfert de dépenses à l’agglomération, soulageant celles des communes.

Même pas.

Dans le même temps, le ménage pris en exemple, a vu la part communale de la taxe d’habitation passer de 316 € à 526 € soit 210 € en plus ou en pourcentage une augmentation de 66 %.

C’est du délire.

Tout le discours tenu lors de la création de l’agglomération était donc totalement mensonger. Non seulement il n’y a pas eu de baisse des dépenses publiques résultant de la prétendue mutualisation des services qui était supposée en baisser les coûts, mais on a assisté dans la réalité exactement au contraire. Les impôts locaux ont explosé aussi bien pour l’agglomération que pour les communes.

Ce mensonge participe à l’évidence au discrédit qui frappe le personnel politique. Ce mensonge est inadmissible, révoltant. Il marque la totale désinvolture avec laquelle les citoyens-contribuables sont traités. Il marque l’inconséquence des décisions prises.

La critique pourrait-être encore plus vive.

Le seul enjeu politique aujourd’hui est de faire régresser ces excès. Excès est le mot choisi pour rester poli.

Mode d’emploi pour obtenir la légion d’honneur :

  1. 1. La demander.
  2. 2. Être dans les petits papiers du pouvoir. Par exemple, si le pouvoir est socialiste, même s’il est impopulaire avec un président dont les Français ont massivement une mauvaise opinion et qui leur fait aujourd’hui honte, et bien il faut être socialiste pour recevoir la médaille. Si la droite était au pouvoir, les médailles pleuvraient sur la droite.
  3. 3. Préparer une cérémonie marquante à laquelle sont invités de nombreux courtisans dans l’espoir que la bonne nouvelle se diffuse et nourrisse les applaudissements.
  4. 4. Faire en sorte que les petits fours soient eux, inoubliables.

Conclusion : l’honneur étant rare, la distribution des médailles devrait l’être plus encore. Mais ce n’est pas gagné.

Ne soyons pas grincheux. Le maire d’Annemasse qui vient de recevoir le précieux ruban n’est pas le plus déméritant des récipiendaires. Même Hollande a la légion, c’est dire.

 

Les élus locaux ont-ils le temps de s’occuper de vous ?

Ce n’est plus sûr. Au fil du temps, leurs tâches se sont alourdies. De quelques heures par semaine, graduellement c’est devenu par jour, puis les heures se sont allongées, et au final un élu d’une petite ville de province, même s’il ne le souhaite pas au départ, finit par faire de son travail d’élu un métier.

Comme tout le monde ledit élu s’il a un second métier, va rapidement sombrer dans le surmenage.

Si bien qu’au final et au fil du temps, les élus sont devenus des retraités, ou des actifs venant de secteurs particulièrement protégés, alors que les jeunes actifs, et parmi eux les femmes qui n’appartiennent pas à ces secteurs, se sont faits de plus en plus rares.

C’est en ce point que commencent les vagues d’abstention chez les électeurs. Ce n’est pas l’unique facteur, mais il y concourt.

Tout cela repose sur une formidable confusion des genres.

Le genre de la gestion et le genre de la stratégie.

Un peu comme le découpage de la loi et du règlement dans la constitution de la V° République, il faudrait qu’il y ait un découpage entre les grandes orientations et le quotidien de la gestion dans les communes. Pour la gestion il y a l’administration communale. Apte, compétente, efficace.

Mais ça les élus ne peuvent l’admettre pour l’instant. Ils auraient trop peur de perdre ces petites parcelles d’un pouvoir si difficilement conquis. Ils commettent une erreur.

Regardons nos voisins les Helvètes. Chez eux on retrouve toujours dans leur système communal cette dichotomie entre gestion et stratégie. Une municipalité est divisée entre un «exécutif» et un «législatif». D’un côté la gestion, de l’autre la stratégie.

Pour restituer tout son rôle à l’élu municipal français qui se disperse aujourd’hui dans les tâches de gestion de plus en plus lourdes, il faudrait le cantonner dans un rôle de stratège et laisser à l’administration compétente la gestion de la commune. Ainsi la journée de l’élu ne devrait plus être absorbée par ses responsabilités de gestionnaire. Les jeunes actifs pourraient mieux participer à la vie communale.

Ce n’est pas pour demain, mais cela vaudra le coup d’attendre. Les élus pourront enfin se consacrer au rôle politique qui devrait être le leur.

 

Un remède à la circulation existe : Ambilly

D’accord, c’est facile de toujours critiquer. Mais là il faut reconnaître qu’il y a de la matière fournie par la délicieuse municipalité d’Ambilly, au charme d’ordinaire si rurbain.

Il y a des travaux. Il y a certes toujours des travaux. Le tram, Ah! le tram ! On fait le pont pour lui rue du Baron de Loë, sans savoir d’ailleurs si ce projet grandiose sera totalement financé, ce qui n’est pas le cas. On fait le CEVA, un peu plus loin. Ah! le CEVA !

Un bon maire est un maire constructeur comme un bon cobra est un cobra constricteur.

Ambilly innove par la constriction de la circulation.

Comme on fait le pont, la rue des Négociants qui nous conduisait tout droit à la douane de Mon Idée est en sens unique, et si vous vous êtes raté en vous y engageant, la déviation vous mènera par un chemin tortueux à un quasi-cul-de-sac au croisement de la rue des Marronniers et de la rue Jean-Jaurès, où de nouveaux travaux vous attendent vous permettant de vous échapper vers la rue de Genève au rythme de 7 secondes de feu clignotant orange contre une bonne minute d’attente au rouge, ce qui augmente la convivialité puisque tous les conducteurs ont largement le temps de faire connaissance avant de pouvoir prendre la fuite.

Non, on pourra dire ce qu’on voudra, mais même à Annemasse on n’avait jamais réussi un tel prodige. Il faut donc que tous les membres de la commission de la circulation (un truc qui n’existera jamais), aillent en formation à Ambilly pour apprendre tous leurs remèdes contre le besoin de se retrouver dans une caisse d’acier sur des roues de caoutchouc.

Les déséquilibres régionaux s’accentuent, mais les révolutions technologiques pourront y remédier

Il est toujours difficile d’admettre qu’on a pu se tromper ou être leurré. C’est pourtant bien le cas sur la question régionale. La région entendue comme celle que définit la métropole genevoise et ses satellites. Le déséquilibre qui s’accentue est celui radical de la séparation des aires de travail de celles de résidence.

Cela est structurel à toutes les grandes métropoles et on peut difficilement sur ce point en faire reproche aux Genevois. On peut toujours par contre observer que la croissance économique est chez eux et la croissance démographique, chez nous. Quels que soient les discours des élites politiques genevoises qui font régulièrement la promesse de développer le logement à Genève. Mais voilà, ils n’y croient pas eux-mêmes quand on observe le niveau des prix du mètre carré de l’autre côté de la frontière et qu’on le compare à celui ici. C’est donc un enfumage caractérisque.

Le déséquilibre structurel généré par cette schizophrénie spatiale est fondamentalement la résultante d’un mode de production et d’organisation économique. Personne n’ayant pour lui même l’ambition de passer de plus en plus de temps dans les transports entre son lieu de travail et de résidence, la monotonie de l’existence pendulaire n’est en rien enviable. Cela est donc subi par tous.

Les discours politiques peinent à reconnaître cette réalité, parce qu’ils préfèrent rester soit dans le déni, fort commode, mais inefficace, soit affecter de croire que leur puissance permettra de changer les conditions structurelles, tout aussi commodément et inefficacement.

Il y a pourtant une révolution qui se profile et qui pourrait accoucher d’un nouveau mode d’organisation spatiale. Celle combinée des réseaux et des imprimantes 3D. Sur les réseaux tout a été justement dit. Sur les imprimantes 3D, on ne sait pour l’instant pas grand-chose. C’est encore un gadget, mais il est riche de promesses.

C’est une innovation majeure qui est capable de tuer la «fabrique» lieu de production depuis le XVIII° siècle, qui a organisé la ville comme nous la connaissons aujourd’hui. Si la fabrique devenue l’usine, est détruite par un nouvel outil de production, à la portée de tous et qui trouvera sa place dans les cuisines aussi bien que dans les bureaux, alors à terme l’espace s’en trouvera modifié.

Si les promesses de ce nouvel outil se réalisent, chacun pourra produire chez lui les objets les plus courants nécessaires à l’existence. Exit l’usine. Exit la spécialisation de l’espace. Fin d’un mode de production des biens et de la ville industrielle. Fin de la nécessité du déplacement pendulaire. Genève sera à la campagne, et la campagne restera dans Genève. Annemasse deviendra enfin la station balnéaire qu’elle a toujours eu vocation à être, et l’Arve coulera entre les palmiers.

Ce n’est peut-être pas pour demain. Mais pour après-demain, qui sait ? Et cela résoudra à terme les déséquilibres qui nous empoisonnent aujourd’hui.

Les élections régionales approchent dans un océan de désintérêt

Il faudra attendre encore quelques semaines avant que ne paraissent les sondages qui démentiront cette assertion. Mais si l’on se reporte aux quelques élections récentes, les communales en 2014, les départementales en 2015, et l’élection partielle à Annemasse en juin 2015, le constat est alarmant. Un désintérêt si massif que le score, si l’on peut dire, de l’abstention a dépassé 70 %. Aïeux, où êtes-vous qui vous êtes battus pour le droit de vote, vous retournez-vous dans votre tombe ? Même pas. Tout fout le camp, les aïeux aussi. Ils sont sagement rangés dans les albums photographiques que personne n’ouvre jamais, au fond des musées poussiéreux. L’été 2015 passe. L’automne arrive, avec ses préoccupations majeures : la hausse du gaz, les impôts, l’emploi, le cours du Nutella, Léon Zitrone est de retour, avec Catherine Langeais, Poutine envahit la Sylvanie, les français ont honte de leur président. Dans ce contexte le mieux qui puisse se produire serait que : 1° la participation aux élections régionales soit plus forte que craint, 2° que la gauche soit évincée de la région absurdement constituée jusqu’au massif central. Une fois la victoire de la droite assurée, on aura la joie de payer des impôts régionaux de droite, des impôts nationaux de droite, mais on continuera à Annemasse à payer des impôts de gauche. C’est terrifiant.

Maman, Amazon exagère !

Nous connaissons tous Amazon.com, une caverne d’Ali Baba moderne, qui vend tout du sol au plafond en passant par toute la littérature. Une merveille des temps modernes.

Un article du New York Time vient de jeter une ombre saisissante sur le système d’Amazon qui compte aujourd’hui des milliers d’employés pressurés, martyrisés par une organisation totalitaire qui serait criminelle par essence si ce qui est décrit était exact.

Je suis libéral.

Je suis démocrate.

Le système de gouvernance décrit dans l’article n’est ni démocrate ni libéral. Surtout pas libéral. Contrairement aux fadaises que répandent en permanence des faibles d’esprit qui croient vomir le «système libéral», il faut toujours se souvenir que le vrai libéralisme est d’abord le règne de la loi. C’est sous son empire seulement qu’il peut prospérer. Sans la loi, c’est au mieux la jungle, et au pire un système comme celui décrit par le journal.

J’espère qu’il ne dit pas la vérité car sinon la vérité de ce géant du commerce serait inacceptable, inadmissible, et criminelle.

Le crime c’est d’aliéner les hommes dans et par le travail. Le crime c’est d’instaurer la délation qui corrompt tout à tous les degrés de la hiérarchie. La délation, c’est à dire le pire de tous les ressorts des systèmes totalitaires les plus brutaux. Le NYT décrit une organisation qui fonctionne sur la peur et la délation. Si c’est vrai, et malheureusement le NYT n’est pas la Pravda, et ne nous a pas habitués au mensonge, si c’est vrai alors le patron d’Amazon devrait être condamné pour avoir instauré un système de nazi et de communiste, dans l’unique but de lui procurer plus de pouvoir et plus de dollars. Il serait alors un salaud, le salaud absolu.

Les employés se dénonceraient mutuellement : Jo ne travaille pas assez, pensez, il s’est occupé de son père en phase terminale pendant le week-end au lieu de consacrer son énergie à Amazon. Jo tremble et sera viré.

Si c’est vrai, si cette intrusion dans la sphère privée est vraie, si cette violence est réelle, alors le patron d’un tel empire du mal devrait être pendu par les c…, à moins qu’il ne préfère lire pendant 753 ans tous les discours de Borrel, ceux de Dupessey, une fois par semaine tous les articles du Messager, et apprendre par cœur mon blog, encore que je craigne que cette dernière sanction ne soit censurée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Nous devrions à tout le moins boycotter une telle organisation funeste.

Cliquez pour lire l’article en anglais, désolé, sorry, no translation !

De l’usage du référendum communal

Le principe est simple :

«L’assemblée délibérante d’une collectivité territoriale peut soumettre à référendum local tout projet de délibération tendant à régler une affaire de la compétence de cette collectivité».

(Article L 1112-1 Code général des collectivités territoriales)

Que faire avec un principe aussi simple ? L’appliquer !

Ainsi la démocratie fera un grand pas en avant.

Par exemple en appelant le peuple à se prononcer sur une question d’urbanisme, on est certain qu’il participera à l’élaboration du futur. C’est cela la démocratie et rien d’autre.

À l’heure où dans les élections locales à Annemasse, plus de 70 % des électeurs s’abstiennent, il serait criminel (au regard de la démocratie) de rester les bras ballants et de ne rien faire. Il faut faire avancer la République, il faut que les électeurs puissent se sentir concernés par la chose publique, il faut donc plus de démocratie et non pas moins.

Le plus de démocratie s’obtiendra par le recours élargi au référendum :

– à Annemasse,

– dans l’Agglomération.

(Encore une question que pourrait se poser le Messager et qu’il ne se posera certainement pas. Il a bien mieux à faire : une nouvelle inauguration de sanisette par le premier édile par exemple.)

 

Le Messager et la statue équestre

Que d’honneur ! Voilà que l’hebdo socialiste et dupesseyiste, le Messager, s’interroge gravement sur l’absence de photo d’un obscur conseiller municipal d’opposition, et gaspille un précieux espace qu’il aurait pu rentabiliser en publiant la photo du maire ou celle du président de l’agglomération (le même). Il imagine très justement que cette absence s’expliquerait par la recherche toujours en cours du meilleur profil. Et le pire est que c’est vrai. Récemment j’ai compris que je ne ressemblais pas à Brad PIt. Le choc a été rude, mais je m’en remets. C’est vrai que j’ai un peu de mal avec les photographies, mais j’en ai moins avec la sculpture. C’est pourquoi je propose que le Messager fasse édifier ma statue équestre sur la place de la mairie, en face de celle de l’hérétique Michel Servet. Le bronze me va bien, et je propose d’en limiter la hauteur à une dizaine de mètres. Un autre emplacement serait sous la porte de l’harmonie. Mais je crains que le bronze et le métal rouillé fassent mauvais ménage et que des phénomènes d’électrolyse hâtent la corrosion de la porte qui se mettrait à ressembler à une guirlande défraîchie, perdant le peu de valeur qui lui reste sur le marché des métaux.

Les communautés de communes ne diminuent pas la dépense publique

On se moque de nous et ça nous fait du bien.

Finalement on nous aura raconté de bonnes blagues sur les prétendues économies d’échelle que devaient procurer les regroupements de communes au sein d’agglomérations.

C’est d’ailleurs exactement le même discours qui est servi pour justifier la fusion des régions.Il s’agit d’un mythe. Ses promoteurs sont essentiellement des gens de gauche, et aussi il faut bien le regretter quelques personnalités venues de la droite, outre les officines intéressées qui sous couvert d’expertise produisent des rapports payés à prix d’or pour promouvoir les fusions, mais en réalité augmenter leurs bénéfices.Le point commun entre toutes ces théories de réduction des dépenses publiques repose finalement sur un mythe qui a la vie dure.

Celui de la supposée économie d’échelle résultant nécessairement d’une concentration.

L’idée essentielle est que si l’on regroupe par exemple des services, on obtient mécaniquement des économies. Un grand service partagera une photocopieuse, alors que des services séparés auraient chacun leur photocopieuse. Tout cela fonctionne parfaitement sur le papier, mais dans la réalité de la pâte humaine ce n’est pas vrai du tout.

Dans un grand service par exemple, il y aura plus d’absences consécutives à l’augmentation des effectifs que dans deux plus petits. Si vous faites travailler ensemble cinq personnes elles finissent par compter les unes sur les autres. Si vous augmentez la taille de l’unité pour la porter à 10 personnes, par exemple, leurs relations sont moins personnelles, elles permettent psychologiquement de sortir du jeu.

Il y a un autre aspect qui n’est jamais pris en considération c’est l’augmentation quasi géométrique des besoins d’une organisation, et de ses dépenses.Le même discours a été servi pour les régions, et l’on sait aujourd’hui que leur fusion ne générera aucune économie, on peut même parier que cela produira in fine une augmentation nette de la dépense.L’agglomération annemassienne n’échappe en rien à ce schéma.

Il était soutenu à l’origine que le regroupement des communes au sein de cette agglomération permettrait des économies. Il n’y en a eu aucune. Au contraire, on relève une augmentation vertigineuse des dépenses cependant qu’aucun budget communal n’a baissé. L’agglomération à une fiscalité propre, les impôts levés se sont alourdis d’année en année. Ceux des communes ont aussi augmenté. Si bien que le tout au lieu de générer des «économies» aura généré de nouvelles dépenses.

C’est donc un mensonge absolu que ce discours bureaucratique profère.

Je ne suis plus sûr d’aimer les journalistes, ni les politiques,

Et pourtant il n’est pas de plus beaux métiers, à égalité, que journaliste et politique.Un philosophe vient d’écrire :

Le menteur est certes coupable, mais coupable aussi celui qui croit le menteur quand il aurait pu se douter qu’il mentait….Les politiciens sont un mélange de tout cela : publicitaires et salariés d’une religion, mafieux et commerçants. Je dis bien les politiciens, que je distingue des hommes politiques qui, eux, possèdent une vision de l’histoire et n’ont pas pour seul objectif d’être élus ou réélus…..Ces gens-là ont leurs penseurs : Platon qui justifie le mensonge dans La République pourvu qu’il soit pratiqué par les gouvernants et uniquement dans l’intérêt de la cité – c’est la naissance de la raison d’État. Machiavel qui, dans Le Prince, estime que l’homme qui veut exercer le pouvoir se retrouve face à deux questions : « Comment accéder au pouvoir ? ». Puis : « Quand on y est, de quelle façon s’y maintenir ? ». Deux questions qui ont une seule et même réponse : tous les moyens sont bons, une fois en utilisant la ruse du renard, une autre en ayant recours à la force du lion.

Après cette volée de bois vert sur les politiciens, on retient son souffle. Mais à la réflexion il est difficile de devenir un politicien quand ce n’est pas dans sa nature. On respire donc. Pour aussitôt transpirer encore quand l’énormité de ce qu’on fait surgit sous nos yeux.

Annemasse. La conquête par la vertu n’a pas fonctionné. La vertu est démonétisée. Aucun journal, aucun journaliste, informé du mensonge n’a même levé sa plume sinon pour le dénoncer, la fonction tribunitienne a disparu, du moins pour informer. Informer, pas se cacher sous une formulation obscure, et à la sauvette, dire qu’un chat est un chat.

Le mensonge sur le tracé du tram. Le mensonge sur les causes du recours de 2014. Le mensonge sur l’utilisation par la majorité municipale des moyens de la mairie dans un seul but électoral. Le mensonge sur le recours formé en 2015 qui dénonce cela. Quand ce n’est pas le mensonge, c’est le silence. Cependant que le silence ensevelit une moitié de la ville, l’autre paraît toutes les semaines, et même plusieurs fois par semaines, sous les feux des projecteurs de la presse. Pas une inauguration de sanisette sans qu’il n’y ait une photo du bon maire et le rappel de ses bienfaits.

Vae victis. Ce qui n’est pas une raison suffisante pour cesser le combat.

Un discours de trop

Il est possible d’être vaincu et de saluer le vainqueur, c’est ce que Caroline Duret-Nafre a choisi comme attitude, vendredi 3 juillet 2015 après avoir essuyé le discours triomphant de M Dupessey à la séance inaugurale du conseil municipal. Triomphant et venimeux. Il a exposé à quel point il était grand, généreux, sage et démocrate, et combien il aurait été sali dans la campagne.

Sauf que c’est lui qui a diffamé et outragé Louis Mermet.

Il feint de l’oublier.

Il feint aussi d’oublier qu’il a bénéficié au départ de la campagne des largesses de la mairie, c’est à dire de l’argent du contribuable. En témoigne le tract diffusé à partir du 22 mai 2015 et qui relate l’annulation des élections de 2014 tout en appelant à voter pour lui. Ce qui peut se concevoir. En revanche ce qui est moins normal c’est l’utilisation des services de la mairie pour la campagne dont le coup d’envoi sera donné par le tract édité par le Service d’Information Municipale, SIM en abrégé. Et ça c’est abusif.

Un recours a d’ailleurs été formé par une colistière de Louis Mermet qui n’a pas été élue. La démocratie a des règles, il vaut mieux dans l’intérêt de tous les respecter.

Scoop : on a perdu, mais personnellement je n’ai aucun regret

En résumé, Louis Mermet a fait une campagne exemplaire.

Il n’y a aucun regret à avoir. Parce que nous ne sommes pas des politiciens, nous avons collectivement choisi de faire sauter les élections de 2014 parce qu’il y avait eu une fraude, et que nous pensions tous ensemble que la dénoncer et la faire sanctionner était et reste un devoir civique.

Avec une abstention record, du jamais vu, nulle part, les résultats n’ont aucun sens. Très probablement que l’électorat de Dupessey s’est plus mobilisé que celui des autres listes. L’analyse des résultats nous le démontrera. Mais il faut considérer les réalités qui se dégagent du scrutin. En fait ce sont les militants élargis qui ont voté, pas le peuple. Le peuple était ailleurs, on ne l’a pas vu.

Notre échec est en fait l’échec de notre mode de scrutin. En été déplacer les foules, ici en tout cas, est impossible. Au printemps non plus, reste à essayer l’automne, l’hiver. Nous verrons pour les régionales. Mais on peut être pessimiste. Il faut réinventer la démocratie à partir d’un nouveau mode de scrutin.

Si le vote pouvait se faire par internet sans doute y aurait-il plus de votants. C’est à tenter.

Hier soir j’étais tellement en colère que j’ai éructé des insultes envers l’électorat du FN. Maintenant il faut considérer froidement ce qui vient de se dérouler. Au-delà de la colère. Ce que les 11 % de Capasso montrent est que cet électorat ne sait rien des enjeux locaux, voterait pour un pot de géranium si le FN le mettait en tête, ne sait probablement rien tout court. Et il vote de manière réactive, sans aucun intérêt pour les solutions politiques réelles à l’échelle locale : le tracé du tram, par exemple. La seule méthode pour l’inviter à revenir à la réalité est la pédagogie, il en faudra beaucoup.

Le triomphe des socialistes dans cette élection n’annonce que le pire pour la ville et son agglomération. Doit-on baisser les bras ? La réponse est non, il faut continuer, il faut espérer convaincre un jour. Il faudra qu’un jour il n’y ait à la tête de la ville une autre personnalité que celle d’un socialiste venu de l’extrême gauche.

La stratégie du n’importe quoi

Une nouvelle dimension vient d’être donnée à la campagne par le surgissement du fantôme du commandeur, Robert Borrel qui se porte au secours de son dauphin, on le voit sur les marchés, tract à la main, on le voit dans les rues badge à la boutonnière, on le lit même dans les journaux. Dans les journaux il vient de faire un coup d’éclat. Il appelle Alain Juppé à soutenir Christian Dupessey. C’est inédit. Une sorte de facétie politique dont il faut chercher le sens. Une fois qu’on a écarté la loufoquerie imaginaire d’un improbable appel au changement de camp, il reste la politique. Tout devient alors clair.

D’abord c’est peut-être un coup de pub. Le peuple m’ignore, donc je fais un éclat, et ça marche d’ailleurs puisqu’au lieu de parler de Juppé on parle de moi. Mais j’ai du mal à y croire, non qu’il ne soit pas calculateur, mais simplement parce que ce n’est absolument pas comme ça que les lecteurs du Messager ont reçu le message. Ils ont vu qu’un camp politique en appelle à un autre camp pour tenter de remporter une élection, ce qu’ils ont interprété comme l’aveu qu’il a besoin d’alliés et qu’il craint de ne pas la remporter sans cela.

C’est donc extrêmement simple. Ce que cela démontre, c’est la peur, la peur du camp de Dupessey de perdre. Il faut le secours de Borrel, lequel en appelle à une sorte d’alliance des politiques raisonnables pour sauver son successeur.

Mais il y a une difficulté insurmontable sur laquelle Robert Borrel surfe, celle du camp politique. Si Dupessey était apolitique, d’une part cela se saurait, mais il est conseiller régional socialiste, et d’autre part sa liste ne serait pas «divers gauches», comme elle s’affiche, pour ne pas dire socialiste pour des considérations purement électoralistes. Mais que l’on sache, Juppé n’est pas divers gauches. Il est à droite. Donc cette prétention de Borrel est vouée à l’échec, et il le sait. Le message est un appel aux électeurs de la droite de se porter au secours du candidat socialiste en mauvaise posture. L’obstacle à cette stratégie est que Dupessey a toujours combattu la droite, et il a oublié d’être prudent en pensant que la victoire lui était assurée. Les électeurs en décideront, mais l’imprudent a commis une erreur, c’est ce que Borrel nous dit.

Différence de styles

En même temps que Louis Mermet émerge dans la lumière de l’actualité, Dupessey entre dans les ténèbres de l’insignifiance. Le temps de la politique du souterrain est révolu. Le calcul politique, le machiavélisme de boudoir, antichambre du cimetière de la démocratie, font long feu. L’alliance occulte des socialistes et des frontistes était une hypothèse pour la science politique. Elle s’est confirmée comme réalité lorsqu’il fut clair que Dupessey soutenait la même thèse que Capasso sur l’annulation des élections. Mêmes arguties artificielles, même finalité, même discours, même contournement de la fraude électorale qui avait été exhumée. C’est bien ce qu’on désigne par alliance objective. Les manœuvres socialistes à Annemasse se sont poursuivies dans l’obscurité opaque des petits coups misérables.

Comme ils n’avaient en réalité aucun programme sérieux, les dupesséistes ont copié tout simplement quelques thèmes dont ils n’avaient pas même l’idée. Aidés en cela par des fuites et un transfuge, Salah Benattia dont on comprend rétrospectivement le malaise qu’il engendrait par sa présence, sans doute une question de langage corporel dont on perçoit la signification et qu’il est malaisé d’accepter, parce que la figure du traitre est toujours redoutable à admettre. Ainsi le matériel de campagne de Louis Mermet a fait l’objet d’une copie servile.

On ne prête qu’aux riches, et c’est sans doute pourquoi la rumeur rend Dupessey responsable d’un coup de Jarnac. Il y a eu une liste plus à gauche que celle de Dupessey (si, si, c’est possible), la quatrième liste qui se présente à l’horizon des élections. Une coïncidence remarquable a fait qu’à peine déposée, la tête de liste était interpellée par la police, jetée en garde à vue, accusée d’avoir dissimulé de la drogue dans un local qu’elle contrôle, et relâchée peut-être dès qu’il parut difficile de conforter cette accusation par des faits objectifs, mais aussi peut-être parce que les quantités n’étaient pas très importantes. Ce sont des hypothèses puisque personne n’a vu le dossier. Mais le mal était fait.

Sans beaucoup de prudence, le Dauphiné Libéré publie le 23 juin 2015 un article au titre humoristique sur cet évènement, mais sauf si le secret de l’enquête avait été violé par les policiers qui auraient transmis les copies des PV aux journalistes, hypothèse qui n’est étayée par rien à ce stade, par définition avant que l’affaire ne vienne devant la juridiction de jugement, si elle y vient, personne n’en sait rien.

Ce qui est certain c’est qu’une réaction s’est dessinée dès l’annonce de l’interpellation dans le quartier d’où beaucoup de colistiers sont originaires. Et de nombreuses personnes, voire la majorité, ont pensé que ce n’était pas une coïncidence, et qu’on pouvait y voir la main de Dupessey. J’ai beaucoup de mal à suivre ce point de vue, essentiellement parce que je n’aime pas croire en la théorie du complot. Il faut des faits, des faits et encore des faits pour faire avancer une réflexion. Mais il est vrai qu’on ne prête qu’aux riches. Il y a un enseignement à tirer de toute cette affaire, c’est qu’il existe une politique du souterrain et une politique de la lumière. LM a choisi le camp de la clarté, Dupessey a choisi celui de la nuit. Dupessey quand il faisait une alliance objective avec le FN en combattant à ses côtés l’annulation de l’élection pour fraude, savait ce qu’il faisait, et que sa seule motivation était de rester collé à son siège. Je ne sais pour finir s’il est ou non à l’origine de cette judicieuse arrestation, et je m’en moque. On ne prête, donc, qu’aux riches, et même s’il n’en est pas l’auteur, ce que je veux bien volontiers croire, il l’a certainement souhaitée si fort que ses vœux ont été exaucés.

L’étonnante campagne

La campagne électorale qui se déroule actuellement à Annemasse, à la suite de l’annulation des élections en raison de la fraude du FN, restera étonnante.

Quatre listes sont en présence. Celle des socialistes, celle du FN, une liste de gauche dont le centre de gravité est le quartier du Perrier, et la liste de la droite républicaine dont la tête est Louis Mermet.

La polémique fait rage : le passé de la tête de liste du FN fait débat, pour dire le moins, et un autre sujet de polémique se développe entre la liste socialiste et la liste de gauche du Perrier, qui résiste aux manœuvres et assauts dupesséistes.

Mais en dehors de Louis Mermet qui fait depuis longtemps diverses propositions, le sentiment est que l’ex-maire tente de copier toutes les idées qu’il n’a pas.

Par exemple le ridicule de ses propositions sur la sécurité. Le monsieur prenant conscience qu’il y a comme un déficit sur ce point dans son action, barbouille en hâte une belle affiche sur laquelle il promet deux caméras supplémentaires, et un peu plus de policiers. C’est minable.

Il n’a plus rien à dire, il n’a jamais eu d’idée propre, l’intelligence a déserté depuis longtemps le camp socialiste, il est temps qu’il s’en aille.

Doit-on aller vers la fusion des communes ?

Lorsque l’on circule dans la région Annemassienne on est frappé par la continuité du tissu urbain de trois des douze communes formant l’agglomération: Annemasse, Ville-la-Grand, Ambilly. C’est à l’évidence un même ensemble urbain qui se déploie, sans césure.

De cette unité géographique, on pourrait conclure à la nécessité d’une unité politique et administrative. Pourquoi donc devrait-il y avoir dans ce même espace trois collectivités distinctes, alors qu’une seule suffirait amplement ? La réponse est d’abord dans l’histoire, dans le développement de l’urbanisme au fil du temps qui a soudé ce qui autrefois était séparé par des champs. L’extinction de la ruralité et l’émergence de l’urbanité sont les phénomènes marquants des 50 dernières années, ici, aussi bien qu’ailleurs.

Dans ce contexte la question politique se pose de savoir s’il faut poursuivre avec le schéma hérité du passé ou bien tirer les conclusions qui s’imposent éventuellement à l’examen de la réalité.

On peut hésiter, car il y a non seulement des pesanteurs, mais aussi un intérêt au maintien des communes.

L’argument généralement mis en avant pour opérer les fusions est celui de la rationalisation des moyens. C’est un argument intéressant, mais essentiellement bureaucratique, et qui présuppose que la concentration des moyens serait toujours source d’économie. La résistance ne serait dans cette perspective qu’une nostalgie inutile.

Il faut pourtant hésiter devant cette logique qui oublie aussi que plus on concentre les moyens, plus on centralise, et moins on obtient de productivité. Car c’est un mythe de penser que les grandes organisations bureaucratiques sont plus performantes que la juxtaposition de petites structures. Il y a dans tout système du «bruit», c’est-à-dire une perte d’efficacité. L’exemple a souvent été donné dans les grandes organisations des services de photocopies. Sur le papier la concentration de toute la production des photocopies dans un seul service est toujours pensée plus productive que l’éparpillement des services dans chacune des divisions. Et dans la réalité le modèle ne fonctionne pas et le grand service concentré est moins productif que les petites unités séparées.

Comparaison n’est jamais raison, mais il est assez clair que la fusion des communes n’aboutira pas nécessairement à des économies d’échelle en terme de fonctionnement des services. À tout le moins, cela reste à démontrer.

La vraie rationalité de la fusion des communes est avant tout d’ordre politique. L’enjeu est au fond de permettre l’identification d’un espace. Dans le cas d’un continuum urbain, un seul nom, une seule commune peuvent parfaitement se défendre. Mais cela reste discutable. En tout cas cela doit passer nécessairement par le consentement des citoyens intéressés.

(Je vote contre ! – pour l’instant, mais je peux changer).

Jean Capasso le leader maximo local du Front National a été poursuivi pour vol à main armée

C’est une nouvelle extraordinaire, un nouvelle comme on n’en a qu’une par siècle, parce que ce n’est jamais arrivé dans le passé. Un homme conduit une liste pour les élections municipales, et pas n’importe quelle liste, celle du Front National. Il a fait campagne en 2014, il a pourfendu les juges laxistes, il a expliqué que si lui était élu à la tête de la mairie la sécurité serait immédiatement rétablie en ville. Il repart en étant tête de liste en 2015 pour les nouvelles élections qui se tiendront uniquement parce qu’il a fraudé et que le Conseil d’État a sanctionné la fraude. Et cela ne suffit pas. Il repart, mais ne dit à personne d’où il vient.

On peut penser, et on peut discuter de cette idée, que des années après le forfait qui lui a valu d’être poursuivi devant une cour d’assise, celle de la Haute-Savoie, il s’est amendé, et qu’il doit bénéficier de l’oubli. Sans doute va-t-il nous dire «j’ai fait une bêtise». Drôle de bêtise, s’emparer l’arme à la main de la recette, cela ne doit pas empêcher bien entendu de se recycler, d’abandonner les sentiers de la criminalité, parce que c’est un crime. Je suis pleinement d’accord avec cette proposition. Je suis à fond pour la réhabilitation.

Mais il ne s’agit pas de la vie ordinaire, il s’agit de la vie politique. Et la vie politique doit être la plus exemplaire possible. Parce que désormais le soupçon pèse sur le monde politique accusé de corruption, et de mensonge. Les Romains disaient que la femme de César ne devait pas être soupçonnée. Il en va de même pour le monde politique. Il doit être exemplaire, ou périr.

Mais ce que nous dit Jean Capasso, qui est sans doute un homme sympathique, pourquoi ne le serait-il pas, c’est qu’on a le droit en France de dire n’importe quoi, de mentir sur son passé par omission à tout le moins, et de se présenter devant les électeurs en tenant un discours sécuritaire.

C’est cela qui est extraordinaire, qui est inédit, du moins à ma connaissance.

Plusieurs conséquences peuvent être tirées :

– le mépris du FN pour la vérité et les électeurs, aucun parti n’a le droit de taire un passé comme celui de M Capasso,

– le mépris des socialistes qui connaissent tout de la situation et n’en disent rien, espérant passer entre les gouttes, je ne sais pas d’ailleurs si ce n’est pas pire encore que l’attitude du FN.

– et au contraire l’attachement à la démocratie de la droite républicaine.

C’est vrai qu’ils ont raison Jean Capasso et sa lectrice le 14 juin 2015, de craindre toute cette racaille qui traîne dans les rues. Heureusement qu’ils sont là pour donner des gilets pare-balles aux policiers municipaux, sans eux on n’aurait aucune idée des nécessités de la sécurité. C’est d’ailleurs la lecture de ce post sur la page Facedebouc du candidat frontiste qui m’a convaincu qu’il fallait réagir. La réaction de cette dame, le silence de Jean Capasso, qui fait comme si il avait le droit de juger la racaille, tout cela est accablant.

Faut-il craindre que les électeurs du FN votent malgré tout en faveur de la liste Jean Capasso, bleue marine ? Oui, il faut le craindre parce que cela démontrerait un affaiblissement fatal de l’esprit démocratique, naturellement s’ils votaient en connaissance de cause, sinon ce serait simplement l’effet de la difficulté de faire passer l’information.

Pour fonctionner, la République doit mobiliser les meilleurs, pas les braqueurs, même repentis. Parce que la République, parce que la démocratie doivent être des affaires sérieuses. Pas des bonnes blagues pour piliers de bistro, pour biker décérébré. On ne doit pas rigoler avec le fondement de notre vie.

Et si cela devait se passer, on ruinerait un peu plus l’édifice démocratique. Derrière la ruine, il suffit d’observer le monde pour s’en convaincre, il y a tout au fond du fond la guerre civile. Il ne faut pas rejeter les citoyens qui ont commis des fautes dans leur passé, mais il faut qu’il y ait une nécessaire transparence. Et puis il y a faute et faute. Un délit cela peut certes être grave, mais dans l’échelle de la gravité le crime arrive en tête. Si on peut parfaitement oublier le délit prescrit, ancien, accidentel, en revanche on est en droit de s’arrêter sur le crime, longtemps après sa commission, simplement parce qu’entrer n’importe où une arme à la main, ce n’est pas exactement comme commettre un excès de vitesse.

La panne d’idées du discours sans fin

La panne n’est pas celle de Louis Mermet et son équipe, mais celle de Dupessey, ex-maire sorti de son siège par le coup de canon du Conseil d’État. Au fil des jours il apparaît que le seul discours de l’ex-maire consiste à calomnier Louis Mermet, en écrivant honteusement, que l’annulation serait due à ses «manœuvres procédurières», alors qu’il aurait utilisé des procédés contraires à la morale.

Un morceau d’éloquence aussi vide que diffamatoire.

Ce qu’il y a de stupéfiant chez cet intellectuel socialiste, ce sont ses idées fixes, et son discours baignant dans la naïveté la plus sidérale à force d’être stratosphérique.

Même le plus abruti de la création peut se rendre compte de l’imbécilité de la proposition. Ce n’est pas une manœuvre qui a balayé les élections, mais une fraude, que Dupessey connaissait. Louis Mermet lui avait dit ce qu’il en était. Et à supposer qu’il fût devenu sourd, ça nous pend tous au nez, et qu’il n’ait pas entendu, il a nécessairement tout su dès le dépôt de la requête, immédiatement publiée sur mon blog.

Qu’il ne vienne pas dire qu’il ne lit pas mon blog. Il y a fait tant d’allusions ou en a tiré tant de citations, à de si nombreuses reprises aux séances du conseil municipal, que nécessairement, lui ou ses affidés, et surtout les services qui travaillaient pour lui, ont lu et compris.

Un mensonge dit souvent plus qu’un aveu. Ici il nous dit ici que l’ex-maire s’est cru habile en contestant l’annulation, aux côtés du Front National avec qui il est dans un rapport intime d’alliance. Très bien, camarades socialistes, si cela vous convient, allez-y ! Poursuivez votre discours sans fin sur le thème infantile des manœuvres procédurières. Vous en paierez le prix.

C’est surprenant tant c’est minable. C’est surprenant tant c’est irresponsable.

28 juin et 5 juillet 2015

Deux dimanches d’élection. Les élections municipales à Annemasse.

Retenez les dates.

Vous aurez le choix entre :

– voter pour Louis Mermet, qui propose de rendre à la vie la ville étouffée par plus de 30 ans de socialisme municipal,

– voter pour les socialistes, déguisés pour l’occasion avec de fausses moustaches pour qu’on ne les prenne pas pour ce qu’ils sont : des nuls,

– voter pour le FN, c’est à dire voter pour une étiquette nationale, avec au plan local, si le FN réussit à faire une liste, une équipe tirée par un leader maximo, qui ne connaît rien à rien, et qui en est fier,

– voter pour l’extrême gauche, aussi originale que d’habitude avec des slogans nationaux du genre, demain on rase gratis, on fait payer les riches, on élève toutes les barrières douanières, comme le FN mais sauf à l’égard des pays du sud qui ont ses faveurs, sans qu’elle ne s’explique jamais sur le fait que la Corée du Nord, qui applique tout son programme, n’a pas la réputation d’être un Eden, mais plutôt celle d’un camp de concentration.

En résumé le vote sera entre la poursuite de l’expérience de Berlin-Est (mais avec plus d’argent grâce aux frontaliers), dans le formol et la douleur, ou bien un grand rafraîchissement de la ville.

L’ex-maire d’Annemasse perd son sangfroid.

On savait depuis longtemps qu’il était entouré de tout un arsenal de conseillers, de personnes «très respectueuses professionnellement» comme le déclarait une éminente ex-adjointe. Ce qu’on ne savait pas c’est que leurs conseils restaient à la porte de l’esprit de l’ex-édile.

Sinon comment comprendre que sur son site, l’ex-maire écrive de telles sornettes ?

Il a commis quelques perles qui sont à la fois touchantes d’ignorance et amusantes de naïveté.

Ainsi écrit-il :«pourquoi n’a-t-il (en parlant de Louis Mermet) pas demandé l’invalidation de la liste FN avant les élections ?»

Là, mon bon ex-maire, vous m’en bouchez un coin. Vous ne savez pas, vous le conseiller régional, vous l’ex-président de l’agglomération, vous qui à longueur de séances du conseil municipal vous posez en connaisseur de tout, de tous les domaines, en donneur de leçons, que c’est le préfet qui enregistre les listes candidates, et qu’il est en charge de l’appréciation de leur régularité, sous le contrôle en référé du juge administratif ? Non, sérieusement vous ne le savez pas ?


Au fait, sur un plan pratique, on fait comment pour demander avant l’élection l’invalidation de la liste ? On campe à la préfecture ? On dort dans le lit du préfet ? Que je sache d’ailleurs c’est vous qui êtes un poteau socialiste du préfet qui n’est sans doute pas anti-socialiste.

Soyons indulgent pour une fois. Vous vous êtes pris, mon bon ex-maire, les pieds dans le tapis. Bon. Mais pourquoi diable ajoutez-vous :«Nous disons aussi que les méthodes employées par M Mermet et son enquêtrice sont moralement douteuses»?

Sans rire, dans votre esprit, c’est celui qui dénonce la fraude qui serait moralement coupable ? Tristes tropiques que ceux où la tribu socialiste oublie la fin, confond les moyens, adoube le FN, et au prix de ce renversement secret d’alliance, s’en prend à celui qui justement dit que le faux est une atteinte à la démocratie.

Ici on peut hésiter, ou bien on plonge dans les abysses de la stupidité, mais je sais que vous n’êtes pas stupide, ou bien dans le gouffre du cynisme politique. Vous êtes sans doute un bon manœuvrier, et il n’y a pas le choix, puisque vous n’êtes pas idiot, vous êtes cynique. Ce qui est totalement immoral, mon bon ex-maire, c’est votre silence alors que vous saviez, c’est votre appel contre l’annulation des élections par la faute du FN, qui vous en a fait l’allié.

Allez en paix.

Les transports cristalisent le mécontentement des usagers


C’est pour cette raison que la presse s’en fait l’écho.

Mais bien évidemment, ce n’est pas une raison encore suffisante pour s’en inquiéter. Ce qu’il y a d’inquiétant c’est qu’en même temps que la mairie socialiste dit que tout va bien, dans la réalité quotidienne, sans que ce soit toutefois tragique, il existe des frustrations intenses qui naissent des nombreuses difficultés rencontrées par les usagers.

Par exemple, tous ceux qui doivent prendre un ticket et n’ont pas d’abonnement, faute d’en trouver aux arrêts des distributeurs, font perdre à tous, y compris à eux même, un temps important en devant payer à la montée dans le bus. Il serait pourtant possible d’installer des dispositifs de billetteries automatiques. Cela existe ailleurs, pourquoi pas ici ?.

Dans la perspective de l’amélioration de la condition des usagers, la question du cadencement des bus aux heures de pointe devrait être revisitée.

Il y a enfin une dernière problématique qui est purement idéologique. La municipalité socialiste suit une politique anti-automobile, depuis fort longtemps maintenant. C’est la guerre. En témoigne par exemple le fait d’avoir tout fait pour que les bus s’arrêtent au milieu de la chaussée et bloquent la circulation automobile. Cela au fond est irrationnel, sans aucun profit ni pour les usagers des bus ni pour les automobilistes. La rationalité profonde de ces dispositifs d’arrêt de la circulation est punitive. Bien entendu, cela ne sera jamais avoué, le tout sera servi dans une sauce baignant dans le vivre ensemble et le lien social, avec un zeste de pôle multimodal (oh! c’est beau!), et en sucrerie une touche de mobilité douce. Peu importe, la réalité est là, et devient moins supportable.

Dupessey dicte tout dans l’agglomération, y compris les communiqués en sa faveur

VUE DE LA VILLE

Le maire éploré d’Annemasse a trouvé des oreilles compatissantes dans ses collègues de l’agglomération qui se sont fendus d’un scandaleux communiqué déplorant l’annulation des élections, qui démontre leur ignorance de la question, et la dissimulation de la réalité des mobiles.

L’ignorance, ou alors si c’est du cynisme c’est encore plus grave, est celle des causes de l’annulation. Dans tout leur communiqué, ce n’est même pas évoqué. Un comble. il faut donc que la pédagogie élémentaire du Conseil d’État atteigne leur esprit. Ce n’est pas nous qui le disons, c’est la plus haute juridiction administrative française : c’est vilain de tricher !

En l’espèce, comment faut-il le dire pour que le message entre dans les esprits manipulés de l’agglomération, le Front National, dont aucun maire ici ne se réclame, a fraudé. Il a commis un faux, ce qui vaut d’ailleurs à une lampiste de la liste FN d’être poursuivie devant le tribunal correctionnel en septembre. Et le faux, voyez-vous mes bons maires, c’est grave, c’est la mort de la démocratie. Et vous devriez monter comme un seul homme au créneau pour le combattre, au lieu de vous agenouiller devant Dupessey, et signer ce communiqué innommable, au sens étymologique, qui déplore une annulation de l’élection en réussissant ce tour de force de n’en mentionner en aucune ligne sa cause exacte.

Scandaleux.

Il est impossible aussi de ne pas remarquer la dissimulation de votre discours dicté par Dupessey. Oui cette annulation va entraîner de nouvelles élections. Et la conséquence de ces nouvelles élections sera que les organes de l’agglomération devront se mettre en conformité avec la loi, qui a changé, et personne n’y peut rien. Nos concitoyens ne le savent pas, mais vous vous le savez. La conséquence institutionnelle sera qu’il faudra restreindre les effectifs des délégués des communes. Moins d’indemnités seront distribuées, c’est sûr. Est-ce cela qui constitue la cause de votre désarroi ?

Il est impossible encore de ne pas relever la pauvreté indigne de l’argumentation que vous reprenez, soufflée par Dupessey qui l’a déjà entonnée comme un leitmotiv : il y aura des retards catastrophiques, l’agglomération sera paralysée. Le monde s’écroulerait parce que quelques décisions, lesquelles au fait, prendraient trois mois de retard au pire ? Vous vous moquez de qui pour sortir des énormités pareilles ? Le CEVA ne pourrait attendre 3 mois alors qu’il attend depuis des lustres ? Est-ce là un discours de responsables ou d’irresponsables ?

En résumé, vous apportez par votre communiqué, par ce torchon, la preuve malheureuse de la manipulation du maire socialiste d’Annemasse.

Le délire de la circulation à Annemasse : du bus punitif à la gare punitive

Chaque automobiliste constate la progression des bouchons, l’allongement de tous les temps de trajet. Tout automobiliste a appris avec le temps d’une part à être racketté de multiples manières, et aussi à être culpabilisé.

C’est ce que fait le maire socialiste actuel, reprenant le flambeau de son prédécesseur également socialiste. Le discours est simple, et en apparence équitable. Il consiste à dire que si l’usager des transports en commun paye son ticket, en revanche l’automobiliste ne paye pas les routes, les carrefours, les infrastructures, etc. Si bien que l’égalité républicaine commanderait de le taxer, et notamment pour le stationnement, pour ce bon motif que le contribuable n’a pas à payer pour lui.

Ce raisonnement délétère n’a que l’apparence de la rationalité, il est au fond totalement inéquitable et irrationnel.

Il est irrationnel en ce qu’il oublie le coût extraordinaire des transports collectifs, que l’usager ne supporte JAMAIS en totalité. La différence c’est la subvention, et c’est donc le contribuable qui la paye. Si bien que la rhétorique qui consiste à culpabiliser l’automobiliste «qui ne paye pas les infrastructures» est profondément injuste, parce que l’usager des transports en commun et l’automobiliste sont au moins à égalité dans le partage du coût des infrastructures et du coût du fonctionnement, et pire encore, sont tous les deux des contribuables.

Et ce délire n’est pas terminé. Il va même s’accentuer si les socialistes qui empoisonnent idéologiquement l’agglomération restent aux commandes et continuent d’être écoutés.

On a déjà les bus punitifs, par la grâce de la nouvelle configuration des rues où tout est fait pour qu’il soit impossible lorsqu’ils s’arrêtent pour charger les passagers, de les dépasser. Le résultat est simple, la circulation s’arrête derrière eux, sans profit ni pour les passagers ni pour les automobilistes. La rationalité profonde de ce système aberrant est simple, c’est la punition de cet ennemi juré du socialo-écolo qu’est l’automobiliste.

Mais ce n’est pas fini : demain on aura la gare punitive.

Là le délire sera poussé à son paroxysme.

Qu’on se souvienne qu’il y a quelques années l’adjoint socialiste M VIOUD, lançait à grand renfort de publicité et de discours le «péricentrique»«multimodal» (avec l’impasse faite pour des raisons électorales sur le tram qui n’y aboutira pas). Elles s’agglutineront dans des rues étroites pour contourner la gare.

Et cette folie furieuse passe comme une lettre à la poste, et court à travers toutes les instances de l’agglomération.

Qu’avons nous fait pour mériter ça ?

Contre la peine de mort

Cette question n’a rien à voir avec Annemasse et la vie locale.

C’est une pure réaction à l’annonce de plusieurs condamnations à mort récentes.

Plusieurs hommes ont été condamnés à mort ces derniers jours : le crétin islamiste de l’attentat de Boston aux USA, l’ancien président Morsi en Égypte, également crétin islamiste, et le Français condamné à mort en Indonésie, État de crétins islamistes.

Le tout est une gifle donnée à la civilisation, parce que la peine de mort est une barbarie qu’il faut proscrire. L’État doit être un État de droit, ce qui est totalement incompatible avec cette vengeance froide qu’est la peine de mort. Tout système judiciaire qui maintient cette barbarie en son sein est un système barbare. Ce qui est profondément gênant s’agissant des USA.

Les socialistes à la traine.

Nous ne voulons que du bien à nos amis de la mairie, mais franchement, que de laisser-aller. En pensant qu’ils sont à l’abri de tout une fois leur élection acquise, ils se croient tout permis. Ils croient qu’ils peuvent s’adonner à leurs vieilles lunes socialistes, et que le réel n’a pas lieu, comme un philosophe contemporain le souligne. C’est la maladie sénile du communisme et du socialisme, révoquer le réel quand il n’est pas conforme au discours. Tout va donc toujours bien quand ils sont aux commandes. Ils croient qu’ils peuvent cultiver la solidarité internationale pour se tailler une place dans l’histoire, voire prendre du gallon politique. Mais non, le réel est là avec ses trous, ses ordures à deux pas de la mairie, avec ses encombrements quotidiens.

Un scoop à 8 Mt Blanc : M le maire d’Annemasse est sûr que les élections ne seront pas annulées. A-t-il raison ?

C’est toujours bien de connaître l’avenir. Je comprends tout à fait que le maire d’Annemasse soit confiant, comme il l’a déclaré à 8 Mt Blanc après l’audience du 12 mai 2015 à Paris devant le Conseil d’État. Pour lui, et son adjoint, cela ne fait aucun doute, les élections ne seront pas annulées.

L’affaire est en effet venue à l’audience du Conseil d’État. Le Rapporteur public (anciennement appelé Commissaire du gouvernement) a conclu à la confirmation du jugement du Tribunal administratif de Grenoble en toutes ses dispositions. Le jugement avait annulé les élections. Au moins un magistrat, certes qui ne délibère pas, mais qui en général est la mémoire jurisprudentielle de la juridiction, qui ne partage pas l’opinion de Monsieur le Maire.

Il peut toujours arriver qu’une juridiction, le Conseil d’État comme les Cours et Tribunaux administratifs, ne suive pas les conclusions du Rapporteur public. C’est toujours possible.

De même qu’il est parfaitement possible que le Conseil d’État estime que la fraude électorale ne soit pas établie, encore qu’il soit difficile d’imaginer comment ce serait envisageable avec les preuves manifestes qui ont été rapportées. Mais un juge peut toujours dire qu’à midi il fait nuit, et quand il le fait le justiciable est bien désarmé. C’est en tout cas extrêmement rare. Les juges, en général, suivent toujours le plus petit commun dénominateur de la pensée humaine qui est le bon sens.

Il est aussi parfaitement imaginable que le Conseil d’État choisisse de considérer que la fraude même démontrée ne doive pas avoir pour conséquence l’annulation des élections, car ainsi que M le Maire l’a plaidé, ce serait un «déni de démocratie».

L’argument n’est pas faible. Il repose sur l’idée qu’annuler les élections est inéquitable pour la liste qui les a emportées, sans avoir fraudé, elle. Ce qui est vrai. La liste socialiste n’a pas fraudé; mais elle a toutefois profité de la fraude du FN puisque divine surprise, au lieu d’affronter une seule liste, celle de la droite républicaine, elle a a eu le bonheur insigne de voir en face d’elle une troisième liste qui allait nécessairement affaiblir la liste opposante principale.

Tout est donc toujours possible. Mais ce serait tout de même étrange, car si la juridiction suprême française décidait tout de go que la fraude n’est d’aucune importance, alors s’ouvriraient grandes les portes de la tricherie pour toutes les élections à venir. Le mot d’ordre serait : trichez, trichez, de toute manière vous ne risquez rien. Les élections deviendraient alors des monuments de pédagogie à l’usage de tous. Il n’est pas sûr que beaucoup d’esprits aient envie de suivre cette pente.

Nous attendons pour notre part, dans l’apaisement que procure la certitude d’avoir agi conformément aux principes de la démocratie, et œuvré pour son respect.

Une honte, ma bonne dame,

Des petits hommes et de petites femmes en jaune fluo, critiquant la chaussée et « le travail de personnes pourtant très respectueuses professionnellement », c’est une honte. En plus je suis sûr qu’elles sont soucieuses du «vivre ensemble» comme toute votre équipe, débordantes sans doute de solidarité internationale, baignant dans le respect du maire et de ses adjoints. C’est vraiment une honte.

Ils n’ont même pas la pudeur de cacher leur pantalon de costume (sur mesure), ces cuistres. Les dames en jaune sauf une qui s’est distinguée en arborant de l’orange, portaient des jupes Chanel de la collection d’été 2015. Des bourges, moi je vous le dis, rien que des bourges.

Je vous comprends, ma bonne dame. Je m’associe à votre indignation. Juré que je ne mettrai plus jamais de gilet fluo sur mon costard Cardin sur mesure, j’ai trop d’égard pour vos maigres indemnités d’adjointe, qui ne vous permettent certainement pas de vous payer même un mouchoir sur mesure, surtout avec tout cet argent que vous donnez aux œuvres du maire et à la solidarité. Juré, je ne dirai plus rien sur les rues défoncées, et je vous demande pardon. Par contrition je ne mettrai plus qu’un costume signé Che Guevara, et je reprendrai mes pantalons pattes d’éléphant. Juré. Quant aux pétasses en jupe Chanel, je leur ferai arracher le prix qu’elles laissent benoîtement et ostensiblement dessus, juré. Elles ne mettront plus que des sacs H et M pour les prochaines manifs, ou comme vous des toilettes signées Emmaüs.

Heureusement que vous êtes là pour relever le débat, non c’est vrai. J’admire surtout le magnifique élan de votre cœur vers «le travail de personnes très respectueuses professionnellement». C’est tellement bien dit. Ce que je ne savais pas c’est que le bitume des rues n’était pas coulé par des entreprises capitalistes hideuses, mais par ces personnes très respectueuses professionnellement. En plus d’une prose superbe, affranchie du carcan des accords, je vous félicite pour sa richesse informative.

Merci. C’est chouette de discuter avec vous. Remarquez que la réponse est au niveau de votre attaque.

J’avais devant moi un homme qui a fait l’histoire…

Le profond amateurisme de cette déclaration du «chef de l’État», qui nous fait honte une fois de plus, fera sans doute plaisir aux remugles castristes qui hantent encore les partis de gauche, du parti socialiste aux altermondialistes en passant par les écolos, mais restera aussi incongrue que celle de Laval qui déclara souhaiter la victoire de l’Allemagne nazie. L’imbécilité est de parler, quand seul le silence serait audible. D’abord par respect pour les victimes du tortionnaire Castro. Ensuite par simple calcul politique, parce que les temps changent. De même que le communisme a été emporté dans les anciens pays de l’Est dès que les portes de leur camp de concentration à l’échelle continentale s’entrouvrirent, les statues de sel qui gouvernent l’île sucrée seront jetées, demain, dans les poubelles de l’histoire. Un État, la France en est encore un, en face d’un fantôme baignant dans le sang de ses crimes, se doit de rester au seul niveau international qui compte, celui des relations diplomatiques, et ne pas s’abaisser à cirer les pompes d’un «salaud de l’histoire», comme aurait dit ce bon JP Sartre qui faisait dans la nuance.

Le manifeste du macadam

Des citoyens dans la ville s’émeuvent des trous noirs des chaussées.

On peut discuter de tout, des trous, des chaussées, de l’évolution de l’Homme et de la croissance des rayons gammas dans les trous noirs cosmiques, mais pour les dames qui portent des talons, pour les cyclistes qui ont été épargnés par les automobilistes avec qui ils sont en guerre, la présence de ces effondrements sous leurs roues ou leurs semelles, leur parle symboliquement de leur place dans la ville. Tous se disent qu’ils sont bien peu de choses. Et c’est vrai. Les trous noirs se rejoindront et la ville entière sera engloutie dans une gigantesque béance sociale. Le Bronx avant d’être le Bronx était déjà le Bronx, mais en mieux. La chute vers le pire est la crainte que l’on peut tous avoir. C’est pourquoi un trou dans la chaussée n’est pas seulement un obstacle dangereux, mais une charge symbolique. Il nous dit avec une pédagogie irréfutable que l’urbain se dessine en creux dans le macadam. D’où ce pessimisme qui se propage comme les rayons d’un soleil noir.

Un excellent article : Les trous noirs des rues d’Annemasse

Le Machiavel de bazar

Il paraît que Salah Benattia, qui a été élu sur la liste de l’opposition à Annemasse, va rejoindre la majorité socialiste. Le brave homme dans un premier temps a annoncé qu’il quittait la liste pour s’installer tout seul. Il a expliqué sa posture en soulignant qu’il n’avait pas compris ses colistiers lors du vote du budget 2015. L’opposition a voté contre. Lui s’est abstenu. Il a dit qu’il ne comprenait pas comment on pouvait voter contre un budget tout en reconnaissant que des efforts avaient été faits.

Il n’avait pas compris que le vote du budget est un acte politique, un acte binaire : soit on vote contre et on est dans l’opposition, soit on ne le conteste pas et on est dans la majorité. Depuis il a fait des progrès puisque quelque temps après il s’est agi de voter le compte administratif. Il paraît que cette fois il se serait abstenu. La différence entre le vote du budget et le vote du compte administratif n’a pas sauté aux yeux de M Benattia. Si une bonne âme lui avait expliqué que le compte administratif est simplement le récapitulatif des opérations passées, peut-être aurait-il cette fois-ci voté pour. L’opposition qui n’a pas de raison de penser que les comptes auraient été tripatouillés a très probablement voté pour. J’emploie un conditionnel parce que je n’y étais pas, mais c’est ce qu’on m’en a dit.

Soudainement S Benattia s’embauche dans la majorité socialiste.

Il se croit propriétaire des suffrages qui ne se sont pas portés sur lui, mais sur une liste à laquelle il appartenait.

Incohérence, justificatifs maladroits, désertion, félonie, on peut hésiter, surtout sur le vocabulaire. Il existe de nombreux synonymes pour désigner une trahison. Le soufflé retombera. Mais ce n’est pas le point de vue de Salah Benattia qui est intéressant, c’est celui fait de calcul de C Dupessey.

La manœuvre se comprend. En poussant le pion Benattia, il sait qu’il se met à dos une partie de l’électorat qui n’aime pas les traitres. Cette partie de l’électorat qui rejette les magouilles politiques, vote FN par défiance envers les élus. Donc C Dupessey pousse sciemment le pion S Benattia pour la bonne raison que cela va faire monter le vote FN, et pense-t-il, nuire à la droite.

Petit calcul tout pétri d’une petite mesquinerie, baignant dans un minable machiavélisme de bazar. Ce que n’a pas vu l’édile est pourtant simple. Son temps est passé, l’électorat aspire à la clarté. Le contraire des manœuvres du maire actuel. Bon vent avec M Benattia, s’il ne vous reste pour préparer l’avenir, que Monsieur Rigaud, ou Madame (je vais taire son nom), transfuges de cet acabit, on le comprendra, mais on ne vous en aimera pas davantage. Vous finirez par être rejeté.

Bon vent.

Y a dla Romba dans l’air !

Il doit être souligné encore qu’il s’agit avant tout d’une problématique qui relève de la police au sens large, qu’il importe de trouver des solutions. La question relève de la police nationale, mais en réalité sur les instructions que donnent les préfets en relai de celles du gouvernement, et en parallèle des pouvoirs de police du maire.

Non que nous soyons de farouches partisans de la répression à tout crin. On ne veut que du bien aux Roms, dès lors qu’ils respectent les lois de la République et ne s’installent pas à demeure perpétuelle dans l’espace public qu’ils s’accaparent en en privant nos concitoyens. Parce que le problème aigu est qu’ils font peur, et que la mendicité organisée en brigades qui se font déposer le matin pour repartir le soir relève au fond de l’exploitation indue de la charité et de la solidarité, au moyen d’une pression qui s’apparente à une violence.

La mendicité ne peut qu’être une exception dans une société championne du monde des transferts sociaux ( 32% du PIB de l’Hexagone).

Il est très clair que la situation des bandes organisées dans la mendicité à Annemasse trouble la paix publique. Il est clair aussi comme l’a rappelé dans cet interview Louis Mermet que la plupart de ces bandes sont en situation totalement irrégulière.

Le préfet, socialiste, le maire, socialiste, le gouvernement, socialiste, ne vont rien faire. Alors qu’ils le pourraient. On peut en vouloir pour preuve que juste avant les dernières élections municipales, comme par enchantement les Roms mendiants avaient disparu. Ce qui relève d’une volonté politique délibérée.

L’impuissance actuelle est celle volontaire des socialistes. Nous ne prétendons pas supprimer tous les problèmes de la planète, mais nous disons que lorsque nous assumerons la gestion de cette municipalité, nous mettrons tout en œuvre pour tenter de régler cette situation qui perdure au détriment de la population.

Plutôt que de se lancer dans un programme aussi idéologique que fumeux de développement d’une politique de «solidarité internationale» en prétendant faire d’Annemasse sa capitale, il serait préférable que la grenouille annemassienne ne se prenne plus pour un bœuf, et cherche avant tout à aider sa population.

La fâcherie sur la propreté

La fâcherie sur la propreté du maire et de ses adjoints est étonnante.

C’est vrai que Louis Mermet quand il est allé avec des citoyens engagés relever les détritus qui agrémentent un passage à deux pas de la mairie, a surpris le maire et son conseil ronronnant.

Surtout, horreur suprême, qu’il y avait la presse, et que cela a donné lieu à un article.

Est-ce un hasard ou une mise en scène ?

En tout cas, c’est un autre coup bas dont l’opposition sulfureuse est seule capable. Parce qu’il en faut de l’ignominie pour trouver à redire à l’accumulation d’objets hétéroclites, qui, s’ils étaient présentés à la Villa du Parc, et cloués au mur à côté d’une chaise, arracheraient au maire cultureux des gémissements de bonheur, et propulseraient la fréquentation de ce lieu subventionné à des hauteurs stratosphériques.

Une collection de bouteilles, de canettes de bière (même pas française pour la plupart, une honte), de détritus divers. Il fallait faire un inventaire, et une prisée pour leur donner une valeur, mais ces ignorants d’opposants, au lieu de procéder à la transmission derechef de ces valeurs inestimables aux musées nationaux, abrutis qu’ils sont de méconnaître l’art plastique, ont cru séant d’en remplir des sacs et de poser en prime l’air béat comme des pêcheurs devant leurs trophées.

Ne les lâchez jamais dans la Villa du Parc, ils risqueraient de commettre des dégâts irréparables !

Tout aurait pu s’arrêter là. Mais non. Une commission s’est réunie aussitôt, et a débusqué la manœuvre politique, alors que la ville est si propre. Même l’adjoint qui la présidait a assuré que tout allait pour le mieux, et pour la défense des édiles a plaidé que le passage en question avait un caractère privé, ce qui pour un socialiste est déjà un gros mot.

Et il a raison.

L’hallali allait être sonné contre l’opposition terrassée. Une conseillère (de la majorité socialiste), presque en larmes, a exposé comment elle prenait sur elle lorsqu’elle se rendait à la mairie, pour ramasser tout ce qui traînait et le jeter dans les poubelles si nombreuses qu’on songerait même à les louer aux riverains. Et elle a raison.

Le malheur est que l’adjointe ou la conseillère n’emprunte jamais le passage privé, mais ouvert au public, où gisent tous ces chefs d’œuvre de l’art contemporain.

Sans doute le caractère privé d’un lieu ouvert au public a-t-il un effet répulsif sur les élus socialistes.  Une autre hypothèse est qu’ils s’en fichent, dès lors que ce ne sont plus les élections. Allez savoir.

Manifestement il y a de bons et mauvais migrants

Et il y en a qui tirent deux mauvaises cartes :

– ils sont migrants, situation délicate s’il en est,

– et pire, ils sont chrétiens.

La solution pour leur compagnons de misère qui eux professent la seule vraie religion à leurs yeux, l’Islam, c’est de les tuer. Cette histoire incroyable est rapportée notamment par le journal Le Monde.

«Quinze immigrés, dont un mineur de 17 ans à peine débarqués en Sicile, ont été arrêtés, jeudi 16 avril, par les carabiniers et conduits en prison sous l’accusation d’« homicides multiples aggravés par la haine religieuse ». Selon les témoignages des passagers de cette nouvelle odyssée, ces quinze hommes – mais il pourrait y en avoir d’autres – auraient jeté à la mer douze de leurs compagnons d’infortune à la suite d’une dispute survenue à bord. Les agresseurs sont de confession musulmane, originaires du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal ; leurs victimes étaient de foi chrétienne, venues du Ghana et du Niger.

Éplorés, les survivants ont raconté aux associations humanitaires et aux enquêteurs la peur et la tension qui régnaient sur un canot pneumatique à moitié dégonflé contenant 105 passagers partis dimanche 16 avril d’une plage de Tripoli. Et chacun de prier son Dieu. « Ici, on n’implore qu’Allah ! », aurait lancé un migrant en français. « J’ai vu de mes yeux neuf Ghanéens et trois Nigériens être jetés à l’eau, raconte ainsi Yeboah. J’ai survécu parce qu’avec mes compagnons, nous nous sommes agrippés les uns aux autres pour résister à nos agresseurs pendant une heure. Puis un navire est arrivé pour nous secourir. »
« Je me souviens que les musulmans disaient expressément qu’ils ne toléraient pas la présence de chrétiens nigériens et ghanéens à bord »

« Je me souviens, a expliqué Lambert, que les musulmans disaient expressément qu’ils ne toléraient pas la présence de chrétiens nigériens et ghanéens à bord. » L’enquête coordonnée par le parquet de Palerme devra faire la lumière sur cette tragédie inédite dans le canal de Sicile. S’agissant d’homicides commis dans les eaux internationales, le ministre italien de la Justice a accordé les autorisations nécessaires».

(En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/04/17/des-migrants-chretiens-auraient-ete-jetes-a-la-mer-par-des-musulmans-au-large-de-l-italie_4617899_3214.html#fI8vGMrK8kqtQcAH.99)

Ce qui est étonnant dans cette tragédie à l’intérieur du drame, est que l’ensemble de ces clandestins aspire à venir s’établir en France, terre encore chrétienne pour la majorité de sa population, et surtout patrie de Voltaire. Terre où en 1787, le Roi Louis XVI deux ans avant les débuts de la révolution, décrétait un «édit de tolérance», revenant sur la proscription des protestants par l’édit de Nantes du sinistre Louis XIV en 1685.

Comment peut-on vouloir venir en France, au milieu des chrétiens ou ce qu’il en reste, en France terre des droits de l’homme, comment peut-on venir lui imposer un droit d’asile, sans souffrir même les chrétiens, au point de les jeter par-dessus bord et les condamner à la noyade et à la mort ? Cette tragédie donne la nausée.

Le conseil municipal est invité le 23 avril 2015 à approuver des tonnes de questions

Dont vous pouvez prendre connaissance en téléchargeant les divers documents simplement en cliquant sur le lien :

conseil municpal Annemasse 23 avril 2015

Un point remarquable du discours, qui à force de guimauve larmoyante en devient presque émouvant, c’est le clou sur la «solidarité internationale». Notre bon maire et son équipe ne savent plus dans quoi investir les fonds des contribuables, et sans que la question n’ait jamais été soumise à référendum, ce qui serait pourtant le minimum politique à respecter, décident pour leur gloire dans leurs milieux bienpensants de se faire les champions de la faim dans le monde, de la réduction de la pauvreté, de la mortalité infantile, et de la mise en place d’un «partenariat mondial pour le développement». Hier ils luttaient contre l’hydre américaine dans les négociations avec l’Europe, aujourd’hui ils terrassent ces mollusques hideux tout gluants d’égoïsme, vous mes amis.

Dans ce monde merveilleux de la générosité avec le fric des contribuables, le cantique de la France bobo est entonné :

«Fidèle à ses valeurs humanistes, la ville d’Annemasse entend réaffirmer son engagement politique en matière de solidarités internationales. Solidaire et ouverte sur le monde, elle intervient parce qu’elle tient à jouer un rôle actif tout en veillant à ce que son action ait un impact bénéfique sur les Annemassiens. La Ville qui bénéficie d’une population métissée (plus de 110 nationalités), peut compter sur un tissu associatif riche et dynamique. Mais consciente des problématiques de développement, elle sait la nécessité – d’autant plus prégnante à l’heure où se cristallisent les clivages communautaires et les tendances au repli sur soi – non seulement de conserver la dynamique construite depuis 10 ans, mais aussi de la renforcer. Annemasse sait qu’au travers des valeurs de partage, d’équité, d’égalité, de solidarité, l’enjeu est le maintien du « vivre ensemble ».

Remarquez que finalement vous ne payez pas cher la solidarité puisque vous en retirez la puissante contrepartie d’être une ville «solidaire et ouverte sur le monde», et ça vous le savez, sans compter les autres avantages présentés dans ce beau texte.

Les esprits chagrins ne manqueront pas de remarquer que ça coûte d’autant moins cher aux élus de la majorité socialiste qu’ils sont même payés pour voter tous les mois l’ordre du jour. La charité bien ordonnée commence toujours par soi-même, et ça les socialistes solidaires sauf sur leurs indemnités, le savent parfaitement.

 

Cohérence et position politique

Il ne faut jamais penser que l’on détient seul la vérité et la raison. Aussi ne peut-on, ou ne devrait-on jamais en politique, brûler ce qu’on a adoré, vouer aux gémonies ceux qui prennent un autre chemin.

Mais nous pouvons tous aussi avoir des réactions, quelques fois un peu trop vives. Salah Benattia a décidé de quitter le groupe auquel il appartenait et explique qu’il ne démissionnera pas, comme Louis Mermet pense qu’il le devrait.

La position de Louis Mermet est simple, et partagée en fait par l’ensemble des élus de l’opposition jusqu’à ce stade. Lorsqu’on a été élu sur une liste et qu’on veut s’en séparer, la conséquence logique et la cohérence politique est de démissionner.

Il y a quatre raisons à cela.

1- Nul n’est propriétaire des suffrages des électeurs, et d’ailleurs la langue nous le précise en rappelant qu’un élu est mandaté par ceux qui ont voté pour lui.

2- La conséquence d’un mandat est qu’on doit l’accomplir.

3- Dans un scrutin de liste comme le sont les élections municipales, c’est la liste qui est élue. Pas les personnalités de la liste.

4- Si pour une raison ou une autre un élu n’est plus en mesure d’accomplir son mandat, et il ne s’agit pas ici de porter un jugement sur ses choix, il doit en conséquence démissionner.

Ce qui se pose incidemment est une question de principe. La démocratie ne peut vivre sans respect des principes. Il est de l’honneur des élus de les respecter. C’est pourquoi Louis Mermet a raison de souligner que Monsieur Salah Benattia s’honorerait en démissionnant. En disant cela, il ne porte aucun jugement, mais rappelle les principes fondamentaux de la loyauté politique.

Une des causes de la montée du vote en faveur du Front National est ce sentiment diffus qu’ont les citoyens que les hommes politiques les trompent et ne sont pas à leur service. Il faut leur donner tort.

L’erreur stratégique de l’atteinte au droit de propriété

Qui fait l’ange finit toujours par faire la bête.

Je ne doute pas un instant de la bonne volonté des élus de l’agglomération annemassienne, et même des socialistes parmi eux. C’est dire. Je ne doute pas de l’excellence de leurs intentions et de la considération de l’intérêt général qui les guide.

Et pourtant je vais critiquer sur un plan fondamental l’orientation qui est prise, et dont on ne mesure pas vraiment aujourd’hui les conséquences. Je souhaite me tromper, mais je crains d’être dans le vrai.

L’atteinte au droit de propriété comme moyen de la politique urbaine.

Une commission de l’agglomération a tout récemment reçu la bonne parole de «spécialistes» sur le sujet de l’accession à des logements abordables. Exactement l’intitulé de l’ordre du jour de cette commission était : «Le dispositif logement abordable». L’excellence des intentions se mesure à la prise en considération d’objectifs qui sont tous louables : «Accueillir et maintenir des familles sur le territoire de l’agglomération en agissant sur la diversité de l’offre de logements, sa qualité et son environnement (formes d’habitat, typologies et de prix) pour mieux satisfaire les ménages familiaux et primo accédants qui quittent l’agglomération». Bigre.

La phrase ne veut rien dire, et se déroule dans la novlangue bureaucratique et politique des spécialistes, marquée par une seule idéologie. On peut la traduire de manière simple : maintenir les classes moyennes dans l’agglomération au lieu de les laisser voter avec leurs pieds. L’idée est qu’elles resteraient s’il y avait des logements abordables. Soit. La difficulté commence sur la méthode pour parvenir à ce résultat du logement abordable.

Un bouc émissaire est marqué au fer rouge, l’hideuse spéculation. Pour produire une offre de logements abordables accessibles à la classe moyenne, on invente aussitôt une nouvelle usine à gaz technocratique. On pose des plafonds de ressources, ainsi que des limites de prix au m2. Puis on ajoute un promoteur semi-public, une société d’hlm qui vient de changer de nom comme la Générale des Eaux qui est devenue Veolia, et qui parle la même langue que les spécialistes.

On pose des règles. Là, le bât commence à blesser. Il s’agit d’élaborer un «dispositif anti-spéculatif». Comment ? En limitant le droit des acquéreurs à revendre leur bien, sauf à observer les conditions qui leur seront prescrites. Plafond de prix, durée minimum de conservation du bien, sauf «accidents de la vie», (sur ce point la communauté bobo a depuis longtemps intégré le divorce dans ses calculs, et elle a raison), et enfin en organisant une préemption punitive au profit de la collectivité. L’acquéreur n’est pas sage, il veut s’affranchir de sa soumission socialiste, pif ! sur le nez. On lui balance une préemption dans les narines. Comment le tout va réellement fonctionner juridiquement n’est pas encore défini puisqu’une concertation serait en cours avec la chambre des notaires, ainsi qu’un cabinet d’avocats spécialisé. (Sans doute parisien ou lyonnais  puisqu’ici il n’y a que des ânes). Soyons patients, les projets vont venir. Et comme les auteurs de la proposition mesurent qu’il pourrait y avoir une difficulté, ils envisagent prudemment une autre solution, celle de l’emphytéose. Joli mot qui signifie qu’on n’achète plus des murs, mais qu’on prend à bail de longue durée le logement. On n’est jamais propriétaire, même si on jouit du bien comme un propriétaire, aux droits limités puisque par exemple il ne pourra pas dans le schéma, détruire, sous-louer au tarif qu’il voudrait, etc. Bref, c’est une location.

En attendant, tout cela appelle une observation.

Au bout du compte il s’agit ni plus ni moins que de porter atteinte au droit de propriété entendu selon le Code civil en son article de principe qui porte le numéro 544 comme un droit absolu :

«La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue. Pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements». Cet article tient depuis 1804, et a une valeur supra légale puisqu’il est protégé par la constitution.

C’est dire que c’est un principe fondamental. Et ce n’est pas un vain principe. C’est une liberté, une liberté publique, parce qu’elle place la propriété à l’abri de l’atteinte étatique. Et c’est cela qui est au cœur de la problématique soulevée par la machine administrative et politique qui avance lentement, par érosions successives, sur le chemin de l’abolition. Une remarque : il n’existe jamais de propriété dans les régimes dictatoriaux, c’est curieux, non ?

Je crois dans l’excellence des intentions des élus de tout bord qui sont hypnotisés par le pertinent discours technocratique qui leur est servi. Et je crois aussi que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Tous, et je m’y inclus, me font penser aux enfants du comte allemand du joueur de flûte qui emmena derrière lui tous les enfants d’Hamelin pour les noyer dans la Weser.

La hausse vertigineuse des dépenses de fonctionnement à Annemasse

La vertu est une denrée rare, et souvent invoquée à tort en matière budgétaire.

Brutalement l’évolution des dépenses de la ville se présente ainsi :

Année Dépenses de F
   
2005 30 948 023,00 €
2006 32 826 748,00 €
2007 34 640 921,00 €
2009 36 422 000,00 €
2011
37 154 000,00 €
2012 39 000 000,00 €
2013 40 879 000,00 €
2014 42 050 000,00 €
2015 42 456 313,00 €

Où l’on voit assez bien que la prétendue « maîtrise des dépenses» en raison d’un budget géré rigoureusement, ce qui est repris à chaque vote du budget à Annemasse, est en fait une illusion.

En dix ans tout juste l’augmentation des dépenses de fonctionnement atteint 11 508 290 €. Soit + 37 %.

Il ne faut pas oublier l’inflation. Le montant initial de 30 948 023,00 € s’il n’avait pas évolué au delà de l’inflation, représenterait en 2015 et en euros d’aujourd’hui 35 886 532 €, soit une augmentation de 16% nette d’inflation. Tel serait le résultat si les dépenses de fonctionnement étaient réellement maitrisées. Mais elles ne le sont pas puisqu’elles atteignent 42 456 313 € aujourd’hui, soit 37 % de plus qu’en 2005.  Il y a, inflation comprise,  4 908 509 € de différence. La rigueur est surtout dans le discours, mais assez peu dans les faits.

Et si vous estimez qu’augmenter de 37 % les dépenses de la ville correspond à une gesttion rigoureuse, même la médecine ne pourra rien pour vous.

 

You Are My Sunshine by Elizabeth Mitchell on Grooveshark

Retour sur la culture et le débat au conseil municipal du 19 mars 2015

Il y a une chose qui n’a pas été dite, et qui pourtant méritait de l’être, c’est que le maire d’Annemasse n’a aucun monopole culturel et que son goût n’a pas à s’imposer à tous.

Il assimile l’art moderne à la culture. Mais la culture, Dieu merci, ne se résume pas dans l’art contemporain, celui qu’il veut seul subventionner. Il existe aussi une culture classique, dans la littérature comme dans les arts plastiques ou la musique. Et qu’il ne vienne pas dire que la culture classique ne serait rien.

Il reste donc un point politique essentiel. Un maire et son équipe, qui ont de la culture une vision étroite, et des subventions une vision large, s’arrogent le droit de dicter à la ville ce qu’elle doit penser, voir, entendre.

Qu’ils aiment l’art contemporain, c’est leur affaire. Mais que l’offre culturelle se limite pour les arts plastiques aux expositions organisées par la Villa de Parc, sans aucun spectateur ou presque, si on excepte les scolaires, c’est injustifiable. D’autant qu’il en coûte 250 000 € par an, un peu moins certes, mais on peut arrondir. La villa du parc doit s’ouvrir nécessairement à d’autres formes d’art et ne pas rester renfermée sur elle même, sur le microcosme de ses thuriféraires, ou alors elle ne doit plus être subventionnée. Rien n’interdit d’ailleurs à la majorité municipale de consacrer toutes ses indemnités d’élus à la diffusion de l’art abstrait, mais de ça elle ne veut surtout pas, estimant que c’est au contribuable de payer pour ses caprices.

Non.

La CMU n’est pas si universelle que ça !

C’est du moins ce que soutient une association dont le site http://librefrontalier.com/ expose dans le détail toute la problématique de la confrontation des systèmes d’assurance maladie.  À la différence du groupement des frontaliers, dont le président avait été pressenti en son temps pour venir au conseil municipal d’Annemasse sur les bancs socialistes, ce qui démontre son engagement et l’orientation politique imprimée au groupement, cette association est partie en guerre contre la CMU et la sécurité sociale française.

Le sujet est délicat. Il l’est d’autant plus qu’au fond il s’agit de santé et du système de soins. Ce qui ne doit pas empêcher de réfléchir. Il faut examiner toutes les opinions. Celles de cette association sont très intéressantes. Mais non sans risque.

La question fondamentale qui se pose est de savoir quelle pourrait être la légitimité d’un retrait du système de la sécurité sociale tel qu’il existe. Certes il est onéreux, mais il est aussi l’une des voies de la solidarité intragénérationnelle. La question collective est donc toujours de savoir si en termes de coût/avantage, le régime français, à prestations identiques, coûte plus cher ou moins cher que les régimes soit privés soit publics qui existent à l’étranger. Je n’ai pas la réponse, du moins pas encore.

C’est pourquoi il faut poursuivre le débat, de la manière la plus démocratique possible.

 

Cela étant, l’État veille au grain. Une disposition du Code de la sécurité sociale doit être mentionnée. C’est en ce point qu’on peut effectivement penser que le régime en vigueur depuis 1945 manifeste une certaine inquiétude pour sa pérennité. Prenez connaissance des dispositions de cet article : L652-7

«Toute personne qui, par voie de fait, menaces ou manoeuvres concertées, a organisé ou tenté d’organiser le refus par les assujettis de se conformer aux prescriptions de la législation du présent livre, et notamment de s’affilier à un organisme de sécurité sociale, ou de payer les cotisations dues est punie d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 30 000 euros.

Toute personne qui, par quelque moyen que ce soit, incite les assujettis à refuser de se conformer aux prescriptions de la législation du présent livre, et notamment de s’affilier à un organisme de sécurité sociale ou à ne pas payer les cotisations à un régime d’assurance obligatoire institué par le présent livre, est punie d’un emprisonnement de six mois et d’une amende de 7 500 euros».

Depuis son entrée en vigueur, il ne semble pas qu’il y ait eu beaucoup de décisions ayant appliqué cet article. Il a fait l’objet d’une question prioritaire de constitutionnalité, mais la Cour de cassation ne l’a pas transmise au Conseil constitutionnel, en estimant qu’il s’agissait d’une question relevant de la «conventionnalité», c’est-à-dire de l’application des traités européens par le juge du fond. Il serait intéressant de connaître la position finale de la Cour européenne, lorsqu’elle sera saisie, mais peut-être est-ce déjà le cas. En tout cas, prudence, prudence.

Reste sur le fond et notamment pour les frontaliers, que la question de leur soumission (le mot est éloquent) au régime de la CMU avec les cotisations qui vont avec, est posée. C’est une question purement politique qui mérite que chacun s’en saisisse.

 À l’ouest, du nouveau

À l’ouest d’Annemasse, le premier tour des élections apporte quelques réponses aux questions qui se posaient du fait du soutien UDI au MODEM, au lieu de l’UMP.

L’UDI départementale, quoique ce choix n’ait pas fait l’unanimité tant s’en faut, soutenait le MODEM en la personne du maire de Saint-Julien qui se présentait sous l’étiquette «Union du Centre». Il s’agissait de miser sur le maire de Saint-Julien sans égard pour le président sortant du Conseil Général, lequel se présentait en force et en binôme avec l’excellente députée, Virginie Duby-Muller.

L’UDI départementale, du moins dans ses instances dirigeantes, s’était faite discrète sur l’affaire de la soustraction de l’agenda du M Monteil par son rival maire de St-Julien. Le fait était pourtant assez extraordinaire, à tel point d’ailleurs qu’une plainte aurait été déposée. (Tribune de Genève : http://www.tdg.ch/geneve/grand-geneve/bataille-monteil-vielliard-entraine-trois-plaintes/story/15556255). Mais sur ce comportement dont l’appréciation pénale relèvera du juge si le parquet devait poursuivre, le silence est quelque peu embarrassant. Comment accepter, si les faits sont bien établis, qu’au sein d’une institution comme un conseil général, un conseiller puisse s’emparer de l’agenda d’un de ses collègues, en l’espèce le président du conseil général, sans lui en demander la permission ? L’accepter officiellement est bien évidemment impossible puisqu’alors tout deviendrait permis, et que n’importe quel comportement éventuellement délinquant serait approuvé dans une logique fondée sur l’idée que la fin justifie tout moyen. Gare alors aux dommages collatéraux. Sans même aborder l’épineuse question subsidiaire, si un comportement de cette nature s’est produit envers un rival, alors son auteur ne s’impose réellement aucune limite, et il devient dès lors dangereux et toxique même pour ses amis politiques, qui auraient raison de craindre un coup de poignard dans le dos. D’où le silence, et on le comprend.

Pour être complet sur cette affaire il faut aussi relever que le maire de St-Julien a de son côté porté plainte contre le président du conseil général à qui il reproche l’utilisation des moyens publics à fin électorale. L’apocalypse est à notre porte.

Cet évènement n’a toutefois pas été au cœur des débats électoraux. Il n’y a d’ailleurs eu aucune sanction du maire de Saint-Julien par son électorat, ce qui démontre que ce dernier n’en a jamais été informé, parce que s’il l’avait été il est probable qu’il y aurait eu quelques réactions négatives. C’est donc uniquement projet contre projet que les électeurs ont choisi. Ce qui est le fait politique intéressant. Ils ont choisi le binôme Monteil et Duby-Muller, dans une proportion de 28,61 % dans la ville de St-Julien, contre 30,37 % pour le maire, ce qui dans sa commune ne peut constituer une victoire, et à raison de 42,74% pour Virginie Duby-Muller et Christian Monteil dans tout le canton contre 20,74 % pour le maire de St-Julien, ce qui marque sa relative défaite en terme de notoriété sur l’étendue de la circonscription.

Conclusion, le choix de l’UDI n’était pas nécessairement le meilleur. Toute la question est de savoir si un autre choix était possible. La réponse ne peut qu’être nuancée, car si l’alliance avec le MODEM et son président départemental maire de St-Julien reste questionnable dans le contexte actuel, hic et nunc, il existait pourtant des arguments en sa faveur pour l’avenir, et notamment pour le fameux «troisième tour» à l’heure du choix du président de l’assemblée départementale. Mais pas uniquement. Il y aura aussi les régionales et enfin 2017. Reste la question éthique. Peut-on faire alliance avec un piqueur d’agenda ? La réponse sera donnée par les choix du parti, devant lesquels il faudra s’incliner ou s’en aller.

Même les sardines doivent pouvoir être élues

Prenez une bonne sardine, bien huilée, propre sur elle, pourquoi ne serait-elle pas élue ? Son programme est simple : baigner. De fait elle gèrera nécessairement le département aussi bien que tous ces politiciens qui s’échinent à proposer des solutions pour le transport scolaire, les vieux, les collèges, les routes, toutes choses sans intérêt, même dans une élection départementale. La seule chose qui compte c’est que les égos de nos concitoyens puissent s’exprimer, qu’ils puissent dire tout le mépris que leur inspire ces tous-pourris, et enfin voter pour un binôme de sardines. Nager, baigner dans la grande bleue, chasser les requins, botter le cul des phoques, goûter au nirvana du degré zéro de la conscience (politique). Et faire au moins le tiers des voix. Sinon ce serait une discrimination stigmatisante. Vivement lundi prochain qu’on puisse se remettre de ce cauchemar.
 

Sur le plan de l’arnaque, les coups les plus tordus ne sont rien, vous entendez, rien à côté de la peinture abstraite.

Michel Audiard a signé cette belle formule. Il n’est pas le seul à le penser.

«Aujourd’hui ce souci de communiquer une émotion, une atmosphère, appartient au passé. L’art contemporain s’en moque, comme il se moque du beau et de la maîtrise technique. Ce qui compte c’est le nouveau, l’original. Il ne s’appuie pas sur la tradition ni sur l’apprentissage du métier. Il s’est débarrassé de toute référence au passé, s’est lavé de toute passion, de tout sentiment. Il s’est dépouillé de toute référence à une histoire et s’épanouit dans une joyeuse célébration exaltée de l’avant-garde. En plus des médias traditionnels (peinture, pastel, etc.) l’artiste contemporain utilise déchets, métal, plastique, objets divers et même des excréments (depuis Manzoni on peut parler d‘une « école merdique» . D’aucuns mettent tout l’art contemporain dans cette école). Ainsi les salons de l’art contemporain ne sont plus des expositions de peinture seule, mais d’objets de toute sorte. C’est le «postmodernisme», terme qui signifie une rupture, une mise en question, et qui prétend être un reflet de notre époque. Peut-on le qualifier d’art ?» (une opinion sur le site Agoravox).

Réponse: non.

C’est une gigantesque escroquerie. Même si certains «artistes» sont sincères, la plupart sont simplement des arnaqueurs. Mais comme ils ont conquis, et les médias et l’école, qui se prosternent devant la posture de ces démiurges modernes, de ces gens qui vous plantent une chaise au plafond, sans maîtriser la moindre technique, sans le moindre art, aucune critique ne peut plus être émise contre nos génies créateurs autoproclamés. Silence donc. Silence dans les rangs. L’étonnant est la timidité de la critique, terrassée avant même d’être exprimée.

Hier soir au conseil municipal cela a été le cas. Une présentation des activités de la villa du parc nous apprenait qu’il y avait eu en 2014, 5800 visites, dont 3500 en groupes, comprenant les classes des écoles primaires, dont les enfants n’ont d’autre choix que d’obéir aux ordres des instituteurs, approuvés par le maire d’Annemasse qui a justifié qu’on n’avait pas à leur demander leur avis. Cette fréquentation au total de 2300 visiteurs indépendants confine au néant. Mais le néant coûte 250 000 € par an au contribuable. Une paille.

Je dis ce que j’en pense vraiment. Je ne crois pas en la posture idéologique des promoteurs de l’art contemporain. Le maire a raison de dire que cela nous différencie. Lui est dans le discours et l’illusion. Je dis que le roi est nu, et je dis avec Audiard que la peinture abstraite est une escroquerie. Une imposture.

Le maire d’Annemasse a cru pouvoir tirer un avantage politique des réticences qu’il percevait chez Louis Mermet et moi même. Sur les réticences il a raison, sur l’avantage politique, il est naïf. Ce n’est pas parce qu’on dit que 2300 visiteurs c’est à pleurer, qu’on se jette ipso facto dans les bras du FN. Et d’ailleurs quand le FN dit qu’à midi il fait jour, ce n’est pas parce qu’il le dit qu’à midi il doit faire nuit. J’irai périr en enfer, mais je dirai aussi qu’à midi il fait jour. Et si c’était le Front de gauche qui le disait, je le dirais encore avec lui.

J’accepterais plus volontiers l’imposture de l’art contemporain si elle ne coûtait pas un centime de fonds publics, et si seul le marché s’occupait de valoriser les colonnes de Buren. Sinon je suis très réticent, et c’est un euphémisme.

C’est pourquoi il faut trouver au moins un compromis entre les idolâtres et les contempteurs. Que la Villa du Parc, haut lieu de la culture annemassienne étende ses activités à d’autres formes d’art que le seul art contemporain, ce qui augmentera probablement sa fréquentation aujourd’hui dérisoire, et la dépense publique sera mieux justifiée.

Sinon, vae artis.

La vraie question à propos de l’urbanisme

C’est bien évidemment celle de la densité, du moins ici, mais sans doute ailleurs aussi.

Jusqu’où aller en terme de densité ? Très loin et très haut. Ce qui est la réponse des urbanistes, des architectes, et par intoxication progressive, de tous les élus, qui finiront bien par convaincre leurs électeurs que cette course à la hauteur est la réponse universelle aux «besoins» dont la dictature n’est pas même remise en question. Plus haut, plus dense, plus con.

Au cœur de cette question, il y a l’impérialisme de la notion de besoin. Du lo-ge-ment, du lo-ge-ment, et des restos du cœur pour nourrir les bien ou mal-logés qui viennent s’agglutiner dans les catacombes de nos cités maudites. Un gigantesque trou noir urbain s’ébauche et annihile tout jusqu’aux atomes et à la lumière. Ce qui est perdu de vue dans ce processus délétère est la dimension modeste de l’homme, qui devrait être la mesure de toute chose. L’urbanisme actuel court à la catastrophe. Il est possible de construire la ville du futur autrement, surtout à l’heure de la multiplication des réseaux qui abolissent la distance. Il est possible d’adapter la ville à l’homme et non l’inverse, ce qui se produit nécessairement dans la soumission aux prétendus «besoins».

Je me calme, mais le cauchemar n’est pas loin. Votez dimanche, non pas sur cette question qui n’est pas posée, mais sur d’autres qui ont aussi leur importance. Votez, parce qu’il vous faut investir le champ politique par votre présence, de sorte qu’à la fin des temps, la politique prenne en considération votre existence.

Une campagne invisible: le courage des candidats UDI

La vie politique est ainsi faite que les campagnes se suivent, et se ressemblent rarement, même s’il y a toujours des points communs.

La campagne politique pour les élections départementales, nouvelle version, avec des candidats en binômes homme/femme, et avec des suppléants en binôme également, passionne si peu les foules qu’un sondage récent a montré que dans leur immense majorité les électeurs premièrement n’ont absolument pas compris la réforme et ignorent totalement les nouveaux mécanismes mis en place, et deuxièmement se désintéressent totalement des enjeux. On peut craindre dès lors deux écueils. Une abstention marquée, et un vote FN important, c’est-à-dire un vote national et non local, exactement le contraire de la question posée qui est purement locale.

Les réunions publiques des candidats ne font pas recette, et pourtant il y a des propositions intéressantes. Ainsi les candidats UDI, Gabriel Doublet et Christine Burki, posent une question fondamentale pour notre espace : réorienter les fonds frontaliers vers les investissements structurants absolument nécessaires. Ils visent tout ce qui touche au transport.

Les fonds frontaliers qui ont représenté 173 millions d’euros en 2014, sont versés au conseil général qui en gros les divise en deux, rétrocédant la moitié aux communes ayant des frontaliers, et se gardant l’autre moitié pour financer un rond-point à cent lieues de la frontière, mais avec un bénéfice politique évident pour le père Noël alias conseiller général, de la circonscription. Gabriel Doublet et Christine Burki ont raison, il faut que cela cesse, ce n’est pas ce à quoi ces fonds doivent être employés. Ils veulent les destiner uniquement aux équipements indispensables ici, sur la frontière, à commencer par les transports.

Ces deux candidats de l’UDI posent les bonnes questions. Il faut voir leur campagne. Sans moyens, dans la nuit, avec la seule flamme de leurs convictions comme moteur, et la noblesse de leur engagement politique comme viatique. Ils sont de l’énergie au service de tous.

Panne de la démocratie ou panne de la citoyenneté ?

Il ne fait plus de doute qu’on traverse depuis quelques années une bien curieuse situation. Alors que sur la planète des foules imenses aspirent à la démocratie, nos concitoyens boudent les urnes. Paradoxe de ventres pleins ? Ou bien signe d’une attente différente ? On peut répondre à la question en tentant de culpabiliser l’électeur, qui du reste s’en fiche pas mal. Les seuls culpabilisés sont les élus. Jamais les électeurs boudeurs. L’électeur ne les écoute même plus. Le débat ne sera pas tranché en quelques lignes.

Mais on peut dresser l’état des lieux. La revue Esprit a publié une très intéressante statistique. Sur les trente dernières années, la participation n’a cessé de baisser, quelles que soient les élections. De cela nous ne pouvons pas douter.

Reste à trouver les remèdes pour la démocratie locale.

Le problème évident est que les institutions ne sont plus adaptées aux temps nouveaux. Les temps de la mondialisation, les temps des réseaux. La démocratie locale s’insérait jusqu’alors dans un territoire. Les élus de tout bord aiment d’ailleurs énormément ce mot de territoire qu’ils mettent à toutes les sauces. En oubliant l’étymologie (fantaisiste) qui trouve en territoire la racine de «terreur», le territoire entendu comme espace de la terreur des caïds locaux. Mais le territoire a explosé, et avec lui la démocratie du sommeil opposée à celle de l’activité. Tous autant que nous sommes nous appartenons à des réseaux, universels, internationaux, nationaux, régionaux, thématiques, professionnels, et locaux.

La dictature des potentats locaux qui puisent leurs racines dans la démocratie du sommeil, là où les gens concrets résident, lel soir après le travail, perd sa légitimité. D’où le paradoxal désintérêt de nos concitoyens qui pourtant sont unanimes sur le désir de démocratie.I ls ne votent plus, tout simplement parce que les questions purement locales ne les intéressent plus.

Le remède, je le risque, et j’accepte la contradiction, me paraît simple : faire participer à la démocratie locale les usagers de l’espace.

Et si la ville devenait le seul promoteur sur l’espace qu’elle contrôle ?

Après tout il existe des arguments en faveur d’une socialisation municipale de la construction.

On peut imaginer que la commune achèterait les terrains dont elle aurait préalablement défini la constructibilité par le PLU, puis construirait en régie, vendrait ou louerait les logements. On peut encore imaginer qu’elle ait recours à des sociétés d’HLM. Plus aucun obstacle ne pourrait l’empêcher d’atteindre ses objectifs de politique sociale. Autre bénéfice elle se débarrasserait du «profit» du promoteur. Grâce à une politique avisée de constitution de réserve foncière, elle régulerait en plus le prix du foncier. Personne parmi les promoteurs privés ne viendrait la concurrencer. Imaginez un peu le promoteur qui s’y risquerait. Il se heurterait de plein fouet à la commune et demanderait un permis de construire. Refus, 5 ans de procédure administrative. Il n’est pas sûr qu’il puisse même trouver un vendeur désireux de patienter pour la réitération de la vente pendant autant d’années. Certes, il doit sans doute exister de tels candidats, mais ils ne sont certainement pas les plus nombreux.

Au bout du compte, la construction relèverait exclusivement de la commune. Les prix du foncier baisseraient, les entreprises de construction seraient communalisées, leurs prix seraient à leur tour soumis à l’arbitrage municipal. Le logement serait social par essence. La ville accoucherait de la mixité sociale aux forceps.

Le socialisme serait ainsi réalisé en partant par en bas, par la commune.

Cette utopie, pour l’instant c’est une vision utopique, gomme à peu près toutes les difficultés qui existent dès qu’on sort du marché. Elle oublie pour commencer que le problème essentiel de tout marché, la construction est un marché, est la solvabilité. L’offre n’existe que pour peu qu’il y ait une demande solvable. La commune peut certes par sa fiscalité propre, dans les limites de variation autorisées par la loi, dégager les financements nécessaires. Mais rien n’indique que les propriétaires de terrain jouent le jeu et offrent leur cou au couteau communal. Ils seront progressivement spoliés de leurs biens et on peut s’attendre à quelques recours. La seconde difficulté est que la promotion est un métier, qui demande la maîtrise de tous les leviers d’une opération. En fait c’est complexe et il n’est pas certain que les personnels soient pour l’instant formés à cette complexité. Ils le sont à d’autres aspects, mais pas nécessairement aux techniques de vente, nerf de la guerre de la construction. Pas de vente = pas de construction, parce que le problème est d’abord de trouver sur le marché des acquéreurs solvables pour décider d’une opération et en boucler le budget. La fixation des prix ne dépendrait plus de ce facteur, mais de la seule volonté communale, et c’est là le plus gros obstacle. La commune penserait pouvoir se passer complètement du marché, mais elle se retrouverait avec des logements sur les bras qu’elle ne pourrait que difficilement vendre à leur prix réel. Imaginez que vous vouliez investir dans un logement, si vous aviez à investir ? Pourquoi iriez-vous payer à la commune le prix fort alors que vous sauriez qu’en fonction de l’origine sociale et des moyens financiers les mêmes logements seraient bradés par l’intermédiaire de société d’HLM, au travers de prix de location ou d’accession à la propriété ? Accepteriez-vous de financer ainsi la politique communale ? Ce n’est pas certain, il est probable que vous viseriez d’autres lieux pour votre investissement où cette question ne se présenterait pas ainsi. Ce qui conduit à la contradiction essentielle qui naîtrait de cette pratique. Au bout du compte la commune aurait certes la maîtrise absolue de sa politique du logement, mais loin de réaliser la «mixité sociale» idéale, le tout tendrait vers une construction unique de logements sociaux. Il n’y aurait plus de marché, mais seulement une régulation obscure de l’attribution des logements. Mais s’il n’y a plus de marché, le financement par la vente disparaît. Le financement tendrait à être effectué exclusivement par l’impôt, et l’impôt s’essoufflerait.

L’ennui est que ce modèle n’a jamais fonctionné nulle part. En tuant le marché, la ville tuerait son devenir. L’idée de départ aurait été de réaliser la mixité sociale, poncif de tous les discours. Le résultat serait l’unicité sociale, le contraire du but initial. Au lieu d’une ville, un ghetto. Au lieu de l’abondance, la pénurie à terme.

La campagne silencieuse

Ce n’est pas une critique, mais une malheureuse constatation. Des milliers de candidats essayent dans toute la France de faire entendre leur voix. Pas un son n’atteint le pays. C’est tout juste s’il y a quelques billets dans les médias nationaux, trois fois rien, en fait. Un sondage récent a montré qu’une grande partie des électeurs ignorait totalement ce qui va se jouer lors des élections cantonales. C’est quoi un canton, au fait ? Ne posez surtout pas la question à votre voisin, il commencerait par vous révéler votre propre ignorance, si par extraordinaire il répondait, eh oui, c’est quoi au fait ?

Un lieu de pouvoir, un lieu de pouvoir local, qui s’appelle le département. Construction révolutionnaire qui n’en finit pas de hanter la scène politique, dans l’indifférence des électeurs. On pourrait multiplier les sujets, les questions, pour toujours finir par la confrontation au mur du désintérêt de nos concitoyens.

Dans ces conditions il faut dire et redire à tous les candidats, d’abord qu’on les remercie de se battre, souvent pour leurs idées, et aussi pour les autres, pour tous ceux qui ne leur manifesteront aucune, strictement aucune reconnaissance. Tout ira bien pour ceux qui seront élus, mais pour les autres, ceux qui ne le seront pas, rien n’ira plus. Alors pourquoi se présentent-ils ? Il y a certes l’ambition, qui n’est pas un défaut, mais ce n’est manifestement pas l’essentiel. L’essentiel est un cocktail qui diffère d’une personne à l’autre, et qui comporte cette part d’ambition qui est en fait une vertu, qui comporte encore une part de goût du risque ou d’esprit de compétition, ce qui est une autre vertu, et qui comprend enfin dans l’immense majorité des cas le désir d’être utile aux autres. L’opprobre qui frappe ces femmes et ces hommes qui ont le courage de se présenter devant les électeurs est profondément injuste. Ils méritent au contraire notre respect.

Nous sommes quand même quelques-uns à mesurer le sacrifice que ces campagnes demandent à ceux qui les font. Que la démocratie est belle quand on la regarde depuis ce côté obscur.

C’était la presque dernière séance

Un sentiment d’irréalité flottait sur la séance du conseil municipal du 19 février 2014. Madame Lachenal, adjointe aux finances a présenté le budget primitif. Elle exposait, chiffre à l’appui, que jamais il n’y avait eu un si bel équilibre entre les recettes et les dépenses. Les recettes sont en hausse grâce aux fonds frontaliers (un peu moins de 10 millions d’euros), au casino (plus de trois millions), et alors que la dotation de l’état avait diminué, cependant que le produit des taxes augmentait. Les dépenses seraient « maîtrisées ». Si bien que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes budgétaires possibles, de sorte que la « marge d’autofinancement », ce qui représente l’amortissement + le surplus, resterait dans les sommets, et permettrait de réaliser les investissements les plus utiles de la création communale.

Louis Mermet a expliqué que, quelles que soient les qualités de cette présentation l’opposition ne pouvait pas s’associer et voter en faveur du texte.

D’où le sentiment d’irréalité. On danse sur un volcan. Un consensus presque partagé, en dehors de quelques vilains canards résiduels dont moi. Parce que je ne pense pas au fond que ce budget soit exemplaire.

D’abord parce que la vertu dans la soie, déployée sans effort aucun, est au mieux de la veulerie. La vertu sans sacrifice n’existe pas. Rouler les mécaniques budgétaires quand on a 30 % de ses recettes budgétaires qui proviennent de fonds frontaliers ajoutés au prix du vice qu’est le casino est ridicule. Aucune autre ville française de 32000 habitants ne peut afficher une telle abondance.

Il y a encore une autre raison de ne pas hurler de joie avec la meute socialiste.

Le caractère utile ou superflu des investissements.

Deux raisons :

1- Chaque fois qu’on fait 1 euro d’investissement, on crée 10 centimes de frais de fonctionnement et d’entretien. Voire quelques fois plus. Si bien qu’au bout du compte on réussit par ce biais à faire exploser les dépenses. De sorte qu’il serait pour le moins nécessaire de prendre en considération cette dimension quand on décide d’un investissement, ce qui n’est JAMAIS fait.

2- Il faut respecter les priorités.

Sur ce point l’irréalité le cède à l’inquiétude.

Un changement silencieux est en train de se produire : dans un an et demi, soit entre 2015 et 2016, ce ne sont pas moins de 10 médecins généralistes qui partiront à la retraite SANS ÊTRE REMPLACÉS.

Il y aura 10 médecins généralistes de moins sur l’agglomération. Ce qui signifie entre 30 000 et 50 000 actes de moins par an, car chaque médecin accomplit en moyenne 3000 à 7000 actes par an pour ceux qui en font le plus.

Sans même évoquer les spécialistes.

M Dupessey est resté sans voix. Il est vrai que ni lui ni aucun de ses adjoints n’avaient jugé utile d’assister à la réunion à laquelle ils avaient été conviés cet automne par l’association des médecins généralistes. Il a bredouillé une piètre excuse, « je croyais que la réunion avait été annulée ». Non, elle ne l’a pas été, et s’il avait prêté un peu plus d’intérêt à cette question, il aurait su tout cela.

Mais c’est moins spectaculaire qu’un stade, un BHNS, un tram hypothétique. C’est une perte de temps politicienne.

Alors que dans le même temps, grâce à la CMU et la géniale Marisol Touraine, une fraction importante des frontaliers qui jusque là se faisait soigner à Genève ne le pourra plus.

La santé publique va régresser spectaculairement. Moins d’actes, plus de patients = des délais qui vont s’allonger. Et aussi, c’est le salaire de la pensée socialiste, une médecine à deux vitesses, selon que vous serez fortuné ou non pour pouvoir vous faire soigner sans délai. Merci les socialistes.

Il y a donc une urgence : tout faire pour attirer des médecins ici. Ce qui signifie investir immédiatement dans des locaux de sorte que de jeunes médecins puissent s’installer sans avoir à supporter le poids de l’investissement.

Il ne peut être rétorqué que ce n’est pas au contribuable de payer les Mercédès des médecins. D’abord parce qu’ils n’en ont pas. Ensuite parce que dans la réalité la médecine est de moins en moins libérale et de plus en plus étatisée à travers la maléfique (je plaisante) sécurité sociale. Enfin parce que ce n’est pas l’idéologie qui compte, mais la réalité, et que la réalité se moque des discours. La réalité est celle de la menace d’une crise sanitaire par pénurie de médecins. Il faut donc investir pour faire venir ces médecins, sans égard à l’orthodoxie du discours.

Dans ces conditions, comment valider la politique de nos édiles ? Ne désespérons pas. Un jour prochain viendra la dernière séance de ce conseil municipal.

 

La maison du Salève et le degré zéro de la réflexion : chiche, je publie !

La critique est donc malvenue, sinon interdite.

Le président de la maison du Salève, 1 million de frais de fonctionnement par an, 10 employés dont 2 sont sur le terrain, est extrêmement courroucé. Si bien qu’il m’a envoyé une lettre datée du 3 décembre 2014, par l’intermédiaire du maire d’Annemasse, son messager que je remercie vivement de me l’avoir transmise le 18 février 2015. Le président de cette maison du Salève, avait demandé que sa missive fût adressée à tous les conseillers municipaux. On se demande bien pourquoi il s’arrête aux conseillers municipaux et oublie, les députés, les conseillers généraux, les sénateurs, et aussi, pourquoi pas, l’ensemble des citoyens.

Comme je crois que le dialogue est de l’essence de la démocratie, je publie cette lettre, qu’on peut aussi télécharger.

Je me demande d’ailleurs si la réciproque fonctionnerait, et si la page de mon blog consacrée à la maison du Salève serait publiée par son excellent président. Très probablement non. Tant pis. Le chef d’œuvre est ici :

lien pour télécharger la lettre du président de la maison du Salève

Ce qu’il y a de très intéressant dans l’ironie de ce texte est qu’elle contourne le problème essentiel que pose la multiplication des maisons du Salève, ou leur équivalent, partout en France en termes de coût/avantage à l’heure où les finances publiques ressemblent à un trou noir. La question c’est 1 million d’euros par an de frais de fonctionnement. La question c’est l’augmentation de la dépense publique que cela implique à la marge du tourbillon qui signifie l’augmentation continue des impôts.

Et à cette question l’excellent syndicaliste répond par l’ironie qu’il veut blessante, mais qui manifeste surtout la faiblesse de son propos.

La vérité est donc que la question de la dépense ne sera pas posée.

J’observe que la critique est faite sous le sceau de la République. C’est formidable l’autorité que cela confère.

Bon vent.

 

 

 

 

 

Séance du conseil municipal d’Annemasse du 19 février 2015

La séance du 19 février 2015 sera essentiellement consacrée au vote du budget. Pour prendre connaissance des textes et du projet de budget avec ses annexes, cliquez sur le lien:

Séance du CM du 19 février 2015

La seule question est de savoir s’il faut ou non baisser les impôts. Les socialistes sont contre cette idée. Nous y sommes favorables. L’argument des socialistes est qu’il faut poursuivre l’investissement, ce qui réaliserait l’égalité. Je ne crois pas que cela puisse jamais réaliser l’égalité puisqu’à l’évidence tous les citoyens ont des usages différents des équipements, et qu’il y a sur ce point une confusion des idées. Nous y sommes d’autant plus favorables que les impôts locaux prélevés par l’agglomération ont augmenté de 6% l’an dernier et qu’il est donc utile de compenser cette hausse qui appauvrit tous les ménages.