La délation qui se répand comme la peste est un crime

Rebaptisé lanceur d’alertes, le délateur jouit d’un regain de popularité. Le grotesque «balance ton porc» vient salir ce qui reste de dignité aux média. Tout ça sent le sapin de l’apocalypse. Une question est de savoir comment notre époque dévoyée peut encore tomber si bas. Il faut craindre que ce ne soit pas encore le fond. Le fond est insondable, et on y chute. Des esprits malfaisants ont imaginé de travestir la honte de la dénonciation pour la rendre plus présentable, par le procédé classique de l’euphémisme. L’ignoble délateur est présenté sous l’angle d’une utilité sociale imaginaire qui le rend acceptable. La délation est le venin social qui se retrouve toujours aux pires heures de l’histoire. Un délateur est toujours une ordure. Il faut s’en souvenir.