Simone Veil a quitté notre monde

C’est avec une profonde tristesse que j’apprends la disparition de cette femme exceptionnelle qui a marqué son époque et ma génération. Malgré les épreuves terribles qu’elle a connues, l’enfer qu’elle a traversé, elle a eu la force de se tenir sur les sommets de l’humanité. Son exemple fait reculer les ténèbres.

Ordres du jour en solde: celui du conseil communautaire du 4 juillet 2017

C’est un mois de juillet de folie, le 3 conseil municipal d’Annemasse le , le 4 conseil communautaire, le 4 toujours fête nationale américaine, le 14 fête nationale française, Noël cette année sera le 25 décembre, et le nouvel an tombera le 1er janvier. Le 3 juillet le président s’adressera au congrès, le 14 Trump s’adressera au président. Le 15 ils devraient me rendre mon peigne que je ne retrouve plus, je ne sais pas si je l’ai oublié à l’Elysée ou à la Maison blanche.

Ordre du jour à cliquer : Ordre du jour du conseil communautaire du 4 juillet 2017

L’indifférenciation est le premier stade de la recomposition

Voici qu’un membre de l’opposition au conseil municipal à Annemasse change de camp et passe dans celui de la majorité qui s’apprête à faire sonner les trompettes de la victoire lors de la prochaine séance du 29 juin 2017. Depuis le début du mandat, ce sera la seconde défection enregistrée dans les rangs de l’opposition. Une similitude entre les deux, aucun défroqué n’a songé à démissionner. Ce qui implique braves gens que même à ce petit niveau le personnel politique se pense propriétaire de votre vote dès que vous l’avez exprimé.

La question politique qui est posée est celle de la recomposition qui pour le coup est en marche. L’inconnu pour l’instant est de savoir si le maire ne va pas aussi se décomposer avec le reste de sa majorité socialiste alors que la maison s’effondre, pour se recomposer sous de nouvelles couleurs. On a vu pire dans le passé. On verra sans doute des changements encore plus radicaux dans le futur.

Ce qui est en marche c’est l’indifférenciation politique. Normalement, les conservateurs sont en cravate, les socialeux à poil laineux sont en chemise ouverte. Mais c’est l’été, tout fond. Les conservateurs sont en teeshirts et les socialistes sont gris de poussière à force de raser les murs. Un seul magma existera dans lequel vont se fondre toutes les farces politiques. Du chaudron sortiront quelques spectres qui vont prétendre poursuivre la gestion de la ville.

La 4e circonscription de la Haute-Savoie a conservé son excellente députée

Ce n’était pas gagné à l’issue du premier tour. Mais finalement la députée sortante, Virginie Duby-Muller a conservé son siège. Elle a mérité cette victoire, par son dynamisme, par son professionnalisme, par sa connaissance des problématiques locale. À la différence de son adversaire du second tour. Les électeurs ont préféré la solidité de cette femme politique à l’amateurisme de sa challenger. Les perdreaux de l’année ont gagné partout ailleurs, sauf à Bonneville qui est aussi une exception. Ainsi va le monde. Mal partout, mais bien ici.

La 5e circonscription de la Haute-Savoie a une nouvelle députée

Personne ne la connaissait. Elle venait de Rouen. Elle dit d’elle qu’elle est ingénieur agronome, pourtant elle n’a pas fait agro. Elle a fait une école privée. Elle a été recrutée par une mouvance marginale de l’UDI au temps (récent) de sa constitution, et la voilà conseillère municipale à Thonon. Puis, dans la foulée elle devient vice-présidente de l’UDI départementale, sans aucun doute en raison de ses immenses compétences politiques. De là elle saute dans le train Macron, qui recrutait apparemment d’abord en fonction des photos d’identité. Bingo. Sans même de connaissance des dossiers locaux, le débat du second tour entre elle et la candidate LR le montre assez, presque sans campagne, elle est élue. Le moins qu’on puisse dire est que le renouvellement est en marche.

On va commencer par une hausse des impôts

Et pourtant Bruno Le Maire dit : «Il faut en finir avec l’addiction aux dépenses publiques». Il y a donc des chances que les impôts augmentent encore plus. La CSG bien sûr, mais comme les sous vont manquer dans les finances locales la fête va commencer au plus près de chez vous, munificents contribuables. Vous avez voulu Macron, et bien vous l’avez avec ses promesses de tartiflettes. Et en plus vous vous êtes abstenus en masse, bande de nouilles, alors pas un mot, pas un son, sortez votre portefeuille, et que ça saute. Bons à rien, silence dans les rangs. Vous n’avez même plus le droit à la parole que vous avez honteusement refusée en vous réfugiant dans l’abstention, bande de tartes. Tartes, nouilles, sont ici des euphémismes et même des euphémismes édulcorés, uniquement en raison des exigences de la bienséance.

Alors, on explose ?

C’est à l’ordre du jour, et surtout la mèche est allumée qui conduit au baril plein de poudre. L’opposition, pour partie confiante, pour partie défiante, se cherche. Et dans l’opposition il y a le Nouveau Centre et l’UDI. On sent déjà de nombreuses lignes de fracture. C’est ce qui est passionnant.

La question posée est celle de la pertinence du «constructivisme».

On peut bien sûr rêver qu’il y ait des questions sur lesquelles se dégagerait un consensus. Sur le papier c’est idéal, des majorités d’idées portées par des députés raisonnables. Mais en pratique il n’est pas certain que le rêve puisse se réaliser. Sinon pourquoi donc ni la IIIe ni la IVe République ne sont-elles jamais parvenues à réunir de telles majorités, au point de susciter une instabilité gouvernementale telle que l’une et l’autre totalement paralysées, ont fini par se saborder? La IIIe, avec une majorité de front populaire, c’est-à-dire de gauche, en votant les pleins pouvoirs à Pétain dans ce funeste été 40, la IVe en appelant de Gaulle à la rescousse pour se sortir du pétrin algérien. S’il était aussi simple de réunir des majorités d’idées alors jamais ni la IIIe République ni la IVe n’auraient échoué aussi lamentablement.

Mais en l’absence de toute autre solution, il faut bien s’en remettre au rêve et à l’utopie.

La disparition des dinosaures

Si le temps n’était pas un continuum et que nous puissions retourner 65 millions d’années en arrière pour admirer les derniers dinosaures brouter l’herbe sauvage en noyant de leurs bouses gigantesques nos ancêtres les souriceaux effarés qui tentaient d’échapper à une mort certaine en slalomant entre leurs pattes titanesques, nous verrions aussi des macronistes furieux dépecer de leurs crocs acérés le ventre mou des républicains agonisants et des centristes gisants. L’heure de la recomposition a sonné sur le terreau fertile des chairs politiques décomposées. Toute la difficulté des temps inauguraux est d’inventer les formes correspondantes, de générer de nouveaux acteurs, jouant dans de nouvelles règles. Sinon on retrouve bientôt les néo-dinosaures empilés sur ces nombreuses prébendes qu’offre la république généreuse. Rien n’est jamais moins sûr que l’émergence d’une nouvelle espèce. Soyons pessimistes et retournons en arrière où tout n’était pas si insupportable, plutôt que d’avoir foi dans ce mirage imposé par les puissants de l’heure.

Un futur de tous les dangers

Il est dit qu’on devrait se réjouir du coup de balai donné aux formations politiques traditionnelles et qu’une ère nouvelle commencerait le lundi 19 juin 2017. Peut-être. Mais nouvelle ère ou pas au niveau national comme local, et après la gueule de bois qui suit toujours la fête, d’immenses tâches restent à accomplir. Et qui sont toutes de nature à décevoir profondément les électeurs et leurs doubles, les abstentionnistes.

L’urgence est au redressement des comptes de la nation. Non pas à cause ou grâce à Bruxelles Berlin, mais simplement parce que le mur est proche dans lequel le train des dépenses publiques ira se fracasser nous entraînant dans sa catastrophe. Il faut donc redresser les comptes. Mais on ne peut plus le faire par l’augmentation des impôts. Encore que. Nous allons avoir la joie d’accueillir une augmentation de la CSG, qui est un impôt, mais en apparence et en apparence seulement un impôt devrait disparaître, la taxe d’habitation.

Il faudra d’ailleurs que soit expliquée la logique de cette réforme alors que dans le même temps la taxe foncière subsiste et que l’une n’est jamais que le complément de l’autre. Peut-être une réforme de tous les impôts locaux se profile-t-elle. En ce cas il ne faudra pas s’arrêter en chemin et ne pas revoir tout, de l’impôt sur le revenu à l’impôt sur la fortune en passant par la CSG.

Ce seront donc les finances publiques qui devront mobiliser le gouvernement et son parlement, qui comprendra une force d’opposition «constructive» gravitant autour des conservateurs de notre vie politique. Les extrêmes ne compteront que dans la rue. Mais qui dit finances publiques et limite son propos au seul État n’aura pas apporté de réelle solution au cancer des dépenses.

C’est en ce point que la problématique nationale rejoint celle plus locale des dépenses des communes, des intercommunalités, du département, de la région. Car faire l’impasse sur cet aspect est suicidaire et ne permettra jamais d’apporter des solutions salvatrices. Ne nous trompons pas: le redressement national passera par la domestication des dépenses locales.

Parce que sur ce chapitre et pour des raisons diverses qui quelques fois sont d’une parfaite trivialité, toutes les collectivités territoriales ont non pas seulement dérivé, mais déliré. Le délire continue et il n’y a malheureusement aucun psychiatre politique qui pourrait mettre sous camisole ces élus locaux qui vous veulent tant du bien qu’année après année ils creusent avec un rabot quasi indolore, deux sous par-ci, un euro par là, vos finances personnelles, chers concitoyens. Vous êtes les vaches à lait des collectivités terrorisantes avant d’être territoriales. Ce qui est raboté avec tant de science, ce sont vos économies, vos revenus.

Vous en voulez une démonstration? Prenez vos avis d’imposition pour les taxes d’habitation ou les taxes foncières. Mais pas seulement de l’année dernière. Prenez-les sur dix, quinze, vingt ans. Comparez. Courez alors vous inscrire dans un parti politique pour que ça change, c’est votre seule solution. L’abstention dont vous êtes aujourd’hui les champions ne vous servira à rien. Jamais.

Au moins Cambadélis fait rire

Dans son discours après l’annonce des résultats catastrophiques pour les socialeux à poil laineux, il a eu ce type de lapsus calamiteux qui font rire longtemps après. Voulant évoquer un «coup de baguette magique» pour qualifier la victoire des suppôts de Micron, il a dit le «coup de balai magique». Il a raison le bougre, un vrai coup de balai magique venu du ciel a jeté dans les poubelles de l’histoire les raclures socialistes.

Pas de blagues, allez voter!

Il y a une députée qui s’est démenée pendant 5 ans pour vous, bande de pommes, et vous resteriez à fainéanter sur vos sofas? Alors que la patrie est en danger? Si vous avez une once de morale, vous devez aller voter. Si en plus vous avez du bon sens, alors aucune hésitation n’est possible.

Même quand c’est tard, il faut se réveiller

Ce n’est pas parce qu’on a eu honte du président de la République pendant ces cinq dernières années, et qu’il est enfin parti, qu’il faut se réjouir. Ce n’est pas le moment.

Un nouveau président a été élu.

Viennent les élections législatives et leur second tour. En lice, la députée sortante Virginie Duby-Muller qui est devancée par la candidate LREM.

Virginie Duby-Muller a servi notre secteur pendant 5 ans avec compétence, énergie, intuition, volonté. Elle a déployé un travail acharné. Elle a été réellement à l’écoute de ses concitoyens. Elle a constamment été claire sur ses choix. Sa personnalité a rafraîchi le monde politique. Elle est jeune, mais ce n’est pas la question.

Si en Haute-Savoie un député devait être épargné par la vague qui va porter dans l’hémicycle une majorité d’alliance de carpes et de lapins sous la couleur du président élu, ce devrait être elle. Et peut-être elle seule.

La question est de savoir si on veut une députée solide, enthousiaste, intelligente ou si on lui préfère l’illusion d’un soir avec la gueule de bois du lendemain.

Reste à aller voter.