Impossible de ne pas réagir à un égorgement

L’envie est forte de crier vive l’amalgame! Quand on est confronté, non pas à la guerre, mais à la haine, il faut en tirer toutes les conséquences. La société du «vivre ensemble», de la diversité-qui-nous-enrichit, façon plus belle la vie, la société du lien social façon gauche bien pensante, se heurte à la dure réalité de la haine, et du mépris. Très bien. Une page est donc tournée dans l’évolution des sociétés occidentales.

Mais ce n’est pas une raison pour abandonner en chemin toutes nos illusions. L’illusion par exemple de la bonté intrinsèque de la nature humaine. Cette illusion est nécessaire, tout comme les libertés nous sont nécessaires. Et justement, parlons-en des libertés. Des voix s’élèvent pour demander leur suspension. Ce serait une funeste erreur. La société française, et plus généralement la société européenne, est confrontée non pas à une guerre, mais à une vague criminelle. La réponse c’est la police, c’est la justice, c’est la sévérité des juges qu’il faut espérer. Mais ce ne peut être l’abrogation de nos libertés.