Les élus locaux ont-ils le temps de s’occuper de vous ?

Ce n’est plus sûr. Au fil du temps, leurs tâches se sont alourdies. De quelques heures par semaine, graduellement c’est devenu par jour, puis les heures se sont allongées, et au final un élu d’une petite ville de province, même s’il ne le souhaite pas au départ, finit par faire de son travail d’élu un métier.

Comme tout le monde ledit élu s’il a un second métier, va rapidement sombrer dans le surmenage.

Si bien qu’au final et au fil du temps, les élus sont devenus des retraités, ou des actifs venant de secteurs particulièrement protégés, alors que les jeunes actifs, et parmi eux les femmes qui n’appartiennent pas à ces secteurs, se sont faits de plus en plus rares.

C’est en ce point que commencent les vagues d’abstention chez les électeurs. Ce n’est pas l’unique facteur, mais il y concourt.

Tout cela repose sur une formidable confusion des genres.

Le genre de la gestion et le genre de la stratégie.

Un peu comme le découpage de la loi et du règlement dans la constitution de la V° République, il faudrait qu’il y ait un découpage entre les grandes orientations et le quotidien de la gestion dans les communes. Pour la gestion il y a l’administration communale. Apte, compétente, efficace.

Mais ça les élus ne peuvent l’admettre pour l’instant. Ils auraient trop peur de perdre ces petites parcelles d’un pouvoir si difficilement conquis. Ils commettent une erreur.

Regardons nos voisins les Helvètes. Chez eux on retrouve toujours dans leur système communal cette dichotomie entre gestion et stratégie. Une municipalité est divisée entre un «exécutif» et un «législatif». D’un côté la gestion, de l’autre la stratégie.

Pour restituer tout son rôle à l’élu municipal français qui se disperse aujourd’hui dans les tâches de gestion de plus en plus lourdes, il faudrait le cantonner dans un rôle de stratège et laisser à l’administration compétente la gestion de la commune. Ainsi la journée de l’élu ne devrait plus être absorbée par ses responsabilités de gestionnaire. Les jeunes actifs pourraient mieux participer à la vie communale.

Ce n’est pas pour demain, mais cela vaudra le coup d’attendre. Les élus pourront enfin se consacrer au rôle politique qui devrait être le leur.