L’indépendance de la magistrature est un leurre.

Au  moins on ne s’ennuie pas.

Les révélations se succèdent en ce début d’année. Les coucheries du président normal, les mises en examen de l’ancien président.

Le tout dans un tonnerre d’applaudissements de quasiment toute la presse pour ce qui concerne Nicolas Sarkosy.

On nous rabâche 10 fois par heure en ce moment, surtout écoutez les radios bien pensantes comme France Info, que Sarkosy est une crapule, débusquée par les chevaliers sans peur et indépendants de la magistrature. Un représentant de la magistrature l’a chanté ce matin sur une radio périphérique. Ils sont in-dé-pen-dants disait le porte-voix, et ils le sont tellement que la Justice suit son cours, sans précipitation, traquant le délinquant même dans l’élite. Dont acte.

Mais la bien-pensance glisse sur quelques détails fâcheux qui font désordre dans son discours.

Tout d’abord et pour reprendre les propos du digne représentant de la magistrature indépendante dont la justice suit majestueusement son cours, si elle fait tout sans précipitation (le contraire étonnerait plutôt le justiciable moyen), qu’elle dispose du temps, alors pourquoi ne pas avoir attendu 15 jours de plus pour des révélations qui pouvaient parfaitement attendre ?

Le digne représentant veut nous faire avaler que le moment choisi pour les révélations n’a strictement rien à voir avec la politique et les élections. En plus il nous prend pour des cons. (Sans doute ceux-là mêmes qui sont cloués sur leur mur).

Ensuite il est remarquable que l’un des deux crimes de Sarkosy serait qu’il aurait obtenu des informations sur des affaires en cours, et violé ainsi le secret de l’instruction. Le digne représentant de la magistrature est muet sur le fait que miraculeusement les écoutes protégées pourtant par le secret de cette autre instruction, se retrouvent comme par enchantement dans les colonnes d’un journal aussi indépendant idéologiquement que le syndicat de la magistrature l’est dans l’absolu. Par son silence il nous prend encore pour des cons.

Quel est l’effet sinon le but, volontaire ou involontaire, peu importe ? Clairement, couler la droite républicaine.

À qui profite le crime ? À la seule gauche. C’est un jeu de billard à quatre bandes. La droite est visée, à travers Sarkosy qui risque de l’entraîner dans sa chute. Ce qui va sans doute susciter deux mouvements complémentaires, le premier est la répulsion qui peut porter soit au vote frontiste soit à l’abstention. Le second est par contrecoup le renforcement de la gauche. C’est mécanique.

Il n’y a pas d’obscur complot. Le complot c’est toujours compliqué. Non, il y a simplement une stratégie claire de destruction de la droite républicaine. L’union des gauches, du syndicat de la magistrature, en passant par le PS, contre leur seul adversaire réel, la droite républicaine.

Triste République.