Les élections de mars 2014 à Annemasse laissent un goût amer

Le score misérable de la majorité sortante qui plafonne à 47,42 % ne devrait pas être de nature à la remplir de fierté.

Le vent du boulet a frôlé ses oreilles. Mais on peut être pratiquement certain que son maire va sans aucune modestie exposer dans le détail qu’il s’agit là d’une grande victoire dans un contexte très défavorable.

Ce qu’il ne va pas dire est simple : il a été élu grâce au front national. S’il n’avait pas existé, il l’aurait sans doute inventé.

Le front national a donc par sa seule présence rendu possible l’élection d’une liste socialiste. L’alliance objective du PS et du FN jette une ombre sur le discours socialiste.

Ainsi va le monde.

Crise politique

Mine de rien, ce qui se produit après la lettre ouverte du président Sarkozy, ressemble à un séisme politique.

Comme il fallait s’y attendre, le gouvernement a choisi l’insulte et l’imprécation, soutenu par les bienpensants de gauche avec en leur cœur le médiocre parti socialiste qui a fait tonner la voix assourdie de son peu charismatique président.

Ils ne comptent pas débattre du fond. Ils surfent sur une violation manifeste du secret de l’instruction, sur une atteinte sans précédent du droit élémentaire à la confidentialité des échanges avec son avocat, sur les procédés de basse police fondés sur des soupçons d’abrutis, et des propositions d’ivrognes, et pensent ainsi manipuler l’opinion.

Ce qui compte c’est le sursaut éthique qui secoue en profondeur le pays. Une voix intéressante qui s’est élevée est celle de Bernard Henri-Levy dans le point. Lui, homme de gauche, explique dans ce journal qu’il est choqué par les méthodes de basse police «cette stratégie de pêcheur à la ligne où ce n’est pas le soupçon qui motive l’écoute, mais l’écoute qui crée le soupçon et où, même si on ne sait pas bien ce que l’on cherche, on ne doute pas qu’en laissant traîner l’hameçon le temps qu’il faut on finira par trouver quelque chose…». Il relève la vacuité des dossiers invoqués pour justifier les écoutes, et notamment la grotesque accusation de financement par Khadafi. Les juges ne se sont assurément pas grandis dans cet épisode.

Il dit aussi son angoisse devant les dérives de ces méthodes dont Sarkozy écrit qu’elles évoquent la Stasi. Il dit tout cela de son point de vue de citoyen. Il dit qu’il a mal à la démocratie quand le pouvoir par ses sbires interposés écoute au quotidien l’un des pivots de l’opposition. Honte à eux.

Le danger est là, sous nos fenêtres. Le danger des pouvoirs égarés par la haine, noyés dans leurs idées minables et leurs stratégies misérables.

C’est de tout cela qu’il faut vidanger le pays.

La profonde inutilité de l’interdiction de circuler prise à Paris

Par la gauche des bobos, alors que l’on sait que cela n’a aucune efficacité, obéit à une autre rationalité. Il s’agit de «punir» les automobilistes, d’abord par leur culpabilisation. Cette idée fixe nuit à toute la société, sans gain d’aucune sorte. Mais là n’est pas la question, ce qui compte dans les esprits qui ont pris cette décision, c’est «d’éduquer» le peuple. La gauche a toujours eu des spécialistes de la «rééducation».

Fiction judiciaire et réalité politique

Ce qui est en train de se passer pour les enquêtes qui visent le président Sarkosy est en soi, indépendamment de ce dont les dossiers accoucheront, d’une importance politique majeure.

Nos yeux s’ouvrent sur une réalité indicible, et qu’on a d’ailleurs tant de mal à conceptualiser que l’ensemble des médias ne l’évoque quasiment pas. Cette réalité c’est celle de la politisation des magistrats qui prétendent à l’indépendance.

Le paradoxe est qu’il est parfaitement vrai qu’ils sont indépendants du politique. Personne ne pourrait aujourd’hui dire le contraire. Mais ce qu’on ne dit pas c’est que les magistrats dans le même temps qu’ils sont indépendants sont partisans et interviennent dans le champ politique.

La mise en cause de M Sarkosy vient de nous le démontrer.

Car ce qui frappe c’est le timing choisi. Quinze jours avant une élection qui s’annonçait mal partie pour les socialistes, les révélations du journal Le Monde jettent un gros pavé dans la marre.

Alors qu’il était extrêmement facile pour nos magistrats indépendants d’attendre que les élections fussent passées avant de flanquer leur poing dans la figure de la droite honnie. Si cela c’est passé ainsi, c’est une évidence, c’est uniquement parce qu’ils ont eu une volonté délibérée de porter un coup. Imaginer qu’ils seraient si extérieurs au monde qu’ils ne se seraient rendu compte de rien est au fond leur faire injure en les prenant pour des bobets, qu’ils ne sont certainement pas.

Donc c’est volontaire.

Donc ils interviennent dans le champ politique.

Donc ils sont partisans.

Le phénomène échappe à notre perception immédiate parce qu’on n’est pas habitué à penser les magistrats comme acteurs politiques. On les imagine si volontiers comme les proies des politiques, que l’inversion des polarités qui les voit se transmuer en prédateur des proies politiques passe inaperçue.

Et il y a encore autre chose.

La chasse est ouverte contre la droite, pas la gauche comme le montre la situation à Marseille, et il est une question qui doit être posée. Comment se fait-il que le journal Le Monde ait eu de telles informations ? Bien sûr on pourrait se dire que c’est bien naturel, que les journalistes ont fait simplement leur travail. C’est vrai, mais c’est insuffisant. Parce qu’il existe un tabou. L’enquête est secrète. L’instruction est secrète aussi, à tel point que c’est une infraction d’en violer le secret. Mais pour Sarkosy plus rien n’existe, tout est étalé dans la presse. Mais comment cela est-il possible ? Par qui, pourquoi, comment, ce scandale d’une violation du double secret de l’enquête et de l’instruction est-il arrivé, à qui profite ce délit ?

La République doit être réformée, et Carthage détruite, avec la fiction, pour qu’on voie bien la réalité dans le soleil de midi.

De la cryptopolitique à la politique dans la clarté

Robert Borrel est parti, le conseil municipal d’Annemasse lui a rendu un hommage en tout cas partagé. Et voilà que la scène est reproduite dans l’enceinte de l’agglomération.

Georges Deléaval, président de l’Agglomération s’en va, et l’assemblée de cette structure lui a rendu un hommage, décrit comme une «standing ovation», c’est plus chic en anglais qu’ovation debout, qui fait assez minable il faut bien le reconnaître.

C’est beau, et quand il est écrit dans le Dauphiné du 14 mars 2014 que le président a remercié tous les élus…et Robert Borrel, car «L’Agglo sait ce qu’elle lui doit», il résume en quelques mots une formidable influence.

Ce que doit l’Agglo à Robert Borrel, c’est une politique de gauche qui ne dit pas son nom. C’est là l’habileté suprême de cet homme politique qui est assurément une grande personnalité, que d’avoir gouverné l’Agglomération, soit directement, soit indirectement et d’autant plus puissamment qu’il n’était même plus le président en titre.

La force de Robert Borrel est justement que cette assemblée de l’agglomération lui doit tout. Elle procède de lui, il en a orienté les choix.

La force de sa personnalité en a imposé à tous les conseillers de toutes les communes, qui l’ont suivi, oubliant de regarder où il les conduisait. Un peu comme le joueur de flûte de Hamelin, par la force de sa rhétorique il a fait avaler toutes les couleuvres de gauche à cette assemblée de droite.

Mais une page nouvelle va s’écrire demain.

Ce ne sera plus exactement la même assemblée. Elle procédera en théorie, directement du suffrage universel puisque les conseillers municipaux proposés à travers les listes dans leur commune seront aussi élus aux fonctions de conseillers communautaires.

L’assemblée, c’est possible, sera plus politisée. Ce qui modifiera la donne. Les élus rendront compte lors des futures élections à leurs électeurs de leur action à l’Agglomération. Ce qui clivera politiquement et clarifiera leurs choix.

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Magistrale indépendance

On n’en finira pas avec les scories de cette affaire des écoutes téléphoniques de l’ancien président et de son avocat. Il faut dire que le pot aux roses a été découvert. Madame la Garde des Sceaux a affirmé publiquement avant-hier qu’elle avait connu tout cela en lisant la presse. Puis Monsieur le Premier Ministre a déclaré, publiquement hier, qu’il en était informé depuis déjà quelque temps. L’un des deux ment. Mais nul n’était besoin de cette contradiction pour savoir que c’était très improbable que le pouvoir ne sache rien.

La réalité apparaît donc sous les discours. Devant la scène se déploie toute la rhétorique sur l’indépendance de la magistrature à l’égard du politique. Ce matin on pouvait entendre sur une chaîne de radio du service public (sic) un professeur de droit constitutionnel, une éminence donc, asséner que les politiques étaient toujours surpris par la marche inexorable de la justice, laquelle se faisait bien entendu dans une totale indépendance, et qu’elle suivait son cours avec son calendrier, qui n’a bien entendu rien à voir avec les contingences politiques.

On a envie de lui dire à ce bon professeur, dis-donc la pomme, tu ne trouves pas bizarre que son cours majestueux et indépendant ponde un scoop à quelques jours d’une élection ? Ce serait une coïncidence dans ton analyse ? Le bon professeur qui ne veut surtout pas incorporer la moindre parcelle de réalité aux superbes de sa rhétorique, oublie, sans doute sincèrement, que dès lors que la nouvelle tombe à la veille d’une élection générale, c’est que par définition ce résultat était recherché. Sauf à croire à la magie, et à l’inconséquence des juges, ce qui est difficile.

Sans compter que personne ne nous explique comment il se fait, sans violation du secret de l’instruction – mais par qui-, que des écoutes puissent se retrouver dans la presse ou même simplement qu’on y découvre la seule connaissance de leur existence. Ce qui est encore un autre débat, mais qui a trait aussi à la question de l’indépendance.

Le glaive de la justice a plongé dans le sac politique et il s’y noie.

L’analyse de Claire Gallois au plan national est transposable au plan local.

Elle écrit dans un article du Point paru cette semaine sur son site à propos du président de la République  :

« Il fait l’impossible pour favoriser la montée du Front national. Peu lui importe de privilégier ainsi le risque de sortir de l’euro, le racisme rampant, le repli sur soi, avec la méfiance irraisonnée envers l’étranger, quel qu’il soit, l’asphyxie programmée d’un pays avec le rétablissement de ses frontières, à l’heure de la mondialisation déferlante. Peu lui importe les fondamentaux du socialisme, à savoir la solidarité et l’intérêt général. Sa seule chance d’être réélu en 2017 est d’avoir Marine Le Pen face à lui au second tour. Il s’y tient, il s’y accroche».

Mot pour mot il peut être repris pour analyser la situation politique à Annemasse.

Retour sur la vertu

Le 27 février 2014, la dernière séance du conseil municipal a été pour l’essentiel consacrée à l’autosatisfaction de M Dupessey qui nous a dit par son premier adjoint interposé combien il était munificent avec tous les Annemassiens à qui des millions étaient consacrés en une débauche d’équipements tout en ayant la meilleure des gestions si bien qu’en pourcentage il n’y a pas une ville moyenne qui puisse se comparer, tellement il est bon et magnifique notre maire.

Il y a juste un os. Un gros os dans les chiffres. La réalité est toute différente et pour le voir il suffit de considérer les grands ensembles. Le maire, comme son prédécesseur d’ailleurs, chante ses louanges (on n’est jamais mieux servi que par soi même), à longueur de séance du conseil, en martelant que l’endettement est faible, et que le niveau des investissements est élevé, ce que la comparaison avec la «strate» correspondante des villes de même taille, démontrerait.

La fausseté de l’argument éclate quand on remet dans le calcul les 26 % de fonds frontaliers et du casino. Aucune des villes de la «strate», n’a ni fonds frontaliers ni casino. Si bien que la proportion de l’endettement, si on enlève les 26 % de bonus du budget, augmente considérablement. C’est simple, tout fout le camp, à commencer par la vertu.

L’indépendance de la magistrature est un leurre.

Au  moins on ne s’ennuie pas.

Les révélations se succèdent en ce début d’année. Les coucheries du président normal, les mises en examen de l’ancien président.

Le tout dans un tonnerre d’applaudissements de quasiment toute la presse pour ce qui concerne Nicolas Sarkosy.

On nous rabâche 10 fois par heure en ce moment, surtout écoutez les radios bien pensantes comme France Info, que Sarkosy est une crapule, débusquée par les chevaliers sans peur et indépendants de la magistrature. Un représentant de la magistrature l’a chanté ce matin sur une radio périphérique. Ils sont in-dé-pen-dants disait le porte-voix, et ils le sont tellement que la Justice suit son cours, sans précipitation, traquant le délinquant même dans l’élite. Dont acte.

Mais la bien-pensance glisse sur quelques détails fâcheux qui font désordre dans son discours.

Tout d’abord et pour reprendre les propos du digne représentant de la magistrature indépendante dont la justice suit majestueusement son cours, si elle fait tout sans précipitation (le contraire étonnerait plutôt le justiciable moyen), qu’elle dispose du temps, alors pourquoi ne pas avoir attendu 15 jours de plus pour des révélations qui pouvaient parfaitement attendre ?

Le digne représentant veut nous faire avaler que le moment choisi pour les révélations n’a strictement rien à voir avec la politique et les élections. En plus il nous prend pour des cons. (Sans doute ceux-là mêmes qui sont cloués sur leur mur).

Ensuite il est remarquable que l’un des deux crimes de Sarkosy serait qu’il aurait obtenu des informations sur des affaires en cours, et violé ainsi le secret de l’instruction. Le digne représentant de la magistrature est muet sur le fait que miraculeusement les écoutes protégées pourtant par le secret de cette autre instruction, se retrouvent comme par enchantement dans les colonnes d’un journal aussi indépendant idéologiquement que le syndicat de la magistrature l’est dans l’absolu. Par son silence il nous prend encore pour des cons.

Quel est l’effet sinon le but, volontaire ou involontaire, peu importe ? Clairement, couler la droite républicaine.

À qui profite le crime ? À la seule gauche. C’est un jeu de billard à quatre bandes. La droite est visée, à travers Sarkosy qui risque de l’entraîner dans sa chute. Ce qui va sans doute susciter deux mouvements complémentaires, le premier est la répulsion qui peut porter soit au vote frontiste soit à l’abstention. Le second est par contrecoup le renforcement de la gauche. C’est mécanique.

Il n’y a pas d’obscur complot. Le complot c’est toujours compliqué. Non, il y a simplement une stratégie claire de destruction de la droite républicaine. L’union des gauches, du syndicat de la magistrature, en passant par le PS, contre leur seul adversaire réel, la droite républicaine.

Triste République.

L’alliance objective des socialistes au Front national

Il y aura trois listes à Annemasse en théorie.

La liste de la droite républicaine, la liste socialiste, la liste du front national.

La tête de liste du FN a participé au débat qui avait été organisé par la MJC sur la démocratie participative. Il avait aussi quelque temps auparavant été interviewé par FR3. Il s’était même fait remarquer en arrivant sur une moto immatriculée à Genève et en roulant sur un trottoir, tout un programme en somme.

Plusieurs témoins rapportent qu’à la fin du débat il avait échangé sa carte avec un des séides de Dupessey. Ce qui est surprenant mais ne veut évidemment pas dire qu’il y aurait connivence, on peut très bien imaginer une affinité en dehors de toute compromission. Là n’est pas la question.

La question est purement politique. Dans le contexte annemassien, la présence de la liste frontiste ne peut avoir qu’une seule signification. Comme il est impossible d’imaginer qu’elle puisse être élue, il reste que sa seule fonction est de nuire à la droite républicaine.

C’est la vielle stratégie de Mittérand (vous savez, l’homme politique français qui avait occupé de hautes fonctions dans le gouvernement de Vichy, qui avait joué la comédie du faux attentat de l’Observatoire, qui avait fini par être élu à la présidence de la République). Cette stratégie consiste à armer l’extrême droite pour affaiblir la droite républicaine.

Cette stratégie est à l’œuvre à Annemasse. Le FN y est l’allié objectif du PS, et le PS Dupessey en tête a tout intérêt à cette situation. De là à imaginer que le maire sortant qui craint d’être sorti ait même en sous-main trouvé les candidats manquants au front dont chacun sait qu’il avait du mal à boucler sa liste, c’est évidemment aller trop loin, et ce n’est pas l’échange de carte qui pourrait en fournir la démonstration irréfutable. Politiquement nos deux compères font front commun contre la droite républicaine.

La trahison des clercs

Ce n’est plus un scoop, c’est une réalité. Deux personnalités d’une association de défense des frontaliers ont rejoint la liste de gauche de M Dupessey. Ils occupent dans l’association des frontaliers des fonctions importantes. Le président de cette association quant à lui s’est engagé politiquement dans la liste socialiste qui se présente à Gaillard.

Ce qu’ils manifestent par ces engagements c’est leur coupure radicale avec leurs troupes. Le vote des frontaliers n’est certainement pas acquis à la gauche. Au contraire la gauche leur a planté dans le dos son couteau idéologique de la solidarité, pour casser leur jouet, le jouet de la prospérité. Il suffit de lire les «tweets» de la lie socialiste qui s’exprime sur cette question pour comprendre que derrière les mots «égalité», «solidarité», il y a une seule réalité, celle du ressort de l’envie.

Aucun dialogue n’est possible rationnellement avec cette fange de la politique. Ce qu’ils recherchent n’est pas l’intérêt général, car si c’était cela alors ils compareraient les maigres bénéfices que la sécurité sociale retirera des cotisations supplémentaires prélevées sur les frontaliers, et qui seront immédiatement englouties dans l’océan de gabegie de la gestion bureaucratique des caisses et leurs armées de préposés en congé maladie, avec la perte économique massive que ces prélèvements feront courir à notre petite région. Si la perte de pouvoir d’achat est de 300 à 400 € par frontalier, comme cela a été indiqué, alors les plus de 65000 frontaliers de Haute-Savoie feront perdre à la collectivité entre 18 et 26 millions d’euros par an, l’équivalent de la moitié du budget de la ville.

Comme il n’y a aucune rationalité dans cette politique de gribouille, il faut se rendre à l’évidence. Le seul moteur idéologique qui inspire obscurément la boue politique brûle au feu de l’envie. L’envie c’est ce qui leur fait désirer que l’on casse le jouet du voisin. L’envie est l’ultime ressort de ce désir sordide qui avance masqué sous les oripeaux de l’idéologie et de son discours sur l’égalité.

L’incroyable partialité du Dauphiné Libéré

On pourrait presque croire à une blague.

Mais ce n’en est pas une. C’est au contraire bien réel.

Le Dauphiné Libéré a pris fait et cause pour Christian Dupessey, depuis longtemps, mais en franchissant un cran supplémentaire dans le cadre de la présente campagne pour les élections municipales.

Le DL c’est à la fois un journal et un site internet.

Dans le journal les choses sont simples. Les apparences sont sauvegardées. Pour tous les sujets qui sont intrinsèquement politiques, un équilibre de façade est préservé. 100 mots pour Dupessey, autant pour l’autre liste. Mais derrière le décor, la machinerie apparaît.

Le déséquilibre est réalisé de manière subtile. Les informations
purement politiques sont en apparence équilibrées, encore qu’il ait
fallu attirer spécialement son attention sur ce devoir. La subtilité
tient à ce que dans le même temps où une égalité apparente de traitement
entre les listes est affirmée, il publie à jet continu des informations
sur les réalisations du maire sortant, son bilan, toutes plus splendide
les unes que les autres, sans qu’elles ne soient jamais ternies par
l’ombre d’une critique.

Insidieusement la propagande électorale du maire sortant est assurée
par le DL, sans naturellement que le coût ne puisse entrer dans les
comptes de campagne. La rigueur dans les comptes est réservée aux
autres.

Dans le site en revanche c’est encore plus clair. Là le DL ne prend même pas de gants. Ainsi dans l’édition au 5 mars 2014 lorsque l’on clique sur le lien consacré aux élections à Annemasse, les seules réunions publiques annoncées sont celle de Christian Dupessey. C’est même surréaliste.

Ce soutien clandestin sur la façade papier, bardé de persuasions subliminales à dix
balles, ne se dissimule plus sur côté site internet.

Or, comme il est le seul quotidien de notre ville, et qu’il est en situation de
monopole, il a le devoir de se montrer d’une
impartialité méticuleuse. Non seulement en en respectant la lettre,
mais aussi son esprit ce qui doit se traduire en ces temps de campagne
électorale, par une neutralité politique et un traitement absolument
égal entre les différentes listes.

Toute autre attitude est intrinsèquement scandaleuse.

Ce que le journal oublie, c’est que ses lecteurs ne sont pas tous des
suppôts socialistes de Dupessey. Il en est beaucoup qui n’ont pas ces
sensibilités politiques. Ce sont eux qui achètent le quotidien, depuis
des temps immémoriaux pour certains. Que va-t’il se passer quand ils se
rendront compte de la partialité de leur journal ?

Son intérêt bien compris ne devrait pas laisser ce quotidien poursuivre sur ces errances.

Ubu

La nature politique est ingrate. Meilleur on est, et plus on de mal à triompher des méchants.

Il peut naturellement y avoir des exceptions.

Mais elles ne se rencontrent pas si facilement.

Avec ce départ de la scène politique, il faudrait sans doute pleurer. Mais les larmes seront difficiles à venir, parce qu’elles sont repoussées par la colère.

Colère devant l’inutilité de cette candidature qui n’avait aucune fonction de rassemblement, mais uniquement une visée de division.

Et il y aura les souvenirs. Les souvenirs de son attitude au conseil municipal. En général silencieuse. Le souvenir de toutes ces séances où elle était absente. Le souvenir aussi des excès de son blogue. Les excès sont toujours insignifiants. Certes, mais ils laissent aussi un goût amer.

Il serait possible de reprendre ses écrits, ses paroles malheureuses, ses positions, qui tapissent nos mémoires. Mais à quoi bon ?

Passer cinq minutes pour savourer le contraste entre le retrait et l’annonce qu’elle faisait à la fin de l’année dernière en prétendant qu’elle réunissait plus d’intentions de vote que la liste conduite par Louis Mermet ? Bof. Se souvenir qu’elle revendiquait avoir bouclé sa liste ? Bof.

Au fond tout cela est pathétique.

Une candidature de division se retire.

Le paysage politique à la veille des élections se trouve clarifié. D’un côté la gauche, la vraie, qui comprend quelques personnalités intéressantes, d’autres étonnantes, d’autres aussi improbables. De l’autre côté, dans l’extrême droite, une liste surgie de nulle part, s’il y a bien une liste qui se présentera, avec un projet national mais non local.

Cette liste sera l’alliée objectif des socialistes. Cette liste travaillera pour eux et pour eux seuls.

Et il y a la liste conduite par Louis Mermet, la première à avoir été présentée aux Annemassiens dès le 27 février. On pourrait y voir un résumé de la société. Cette liste est tournée vers un objectif simple : gérer la ville mieux que l’ont fait les socialistes pendant des décennies.

Elle rencontre dès à présent l’intérêt du public. Elle manifeste clairement une union républicaine bâtie autour de valeurs, celles de la République. Elle rassemble.