La grandiloquence tient lieu d’action : les « référents espace public ».

On a des médiateurs en matière de
sécurité, aussi l’idée à Annemasse est de les affubler en plus d’une mission en
matière de propreté, mais comme notre bureaucratie est moderne, plutôt que de
les appeler Messieurs ou Mesdames propres, on les appelle :
« référent espace public ». De quoi se tordre de rire. Mais en fait
le sujet est grave. C’est le symptôme d’une maladie française qui consiste à
croire magiquement qu’en désignant une réalité triviale par des termes
ampoulés, comme le célèbre Diaphoirus dans le chef d’œuvre de Molière, on créerait du
neuf.

Et pourtant il est urgent d’appeler un chat un chat, une
ville sale une ville sale, et de faire en sorte que l’action des personnels de
la commune soit organisée le plus rationnellement possible. Il ne faut pas se
payer de mots, mais affronter des réalités. Les médiateurs sont nécessaires,
mais les respecter signifie respecter leurs fonctions et  les faciliter,
pas nécessairement les charger d’autres tâches qui relèvent d’autres services. En revanche
il faut que les services soient réorganisés pour mieux prendre en charge
la question importante de la propreté dans la ville. Qu’il y ait des vigies en matière de propreté, pourquoi pas. À cet égard nos concitoyens s’ils trouvent un service à qui s’adresser lorsqu’ils subissent des rues mal entretenues, c’est déjà une bonne chose.

Notre sensibilité moderne s’accommode mal de trottoirs douteux, de papiers dans les rues. Le tout passe aussi par l’éducation des masses, car il suffit de se promener un peu dans la ville pour remarquer les grappes d’adolescents qui crachent par terre, ou qui y jettent leur mégots. Sans compter que leurs parents agissent de la même manière. Mais l’éducation n’est pas tout, il faut aussi qu’un effort soit consenti par la ville.

Et pas uniquement en se payant de mots. Sinon on observera ce ballet (pas celui qui sert à balayer) étonnant où des «référents d’espace public» (sic) donneront des instructions à des «techniciens de surface» (re-sic), qui pourchasseront le détritus à coup de balai (le vrai) et rendront compte de leurs actions au référent en espace qui rapportera la bonne nouvelle au référent des référents en chef.

Comme un Balai (in the Wind) by Marcel et son orchestre on Grooveshark