Rien n’est plus désespérant que l’unanimité.

Tous les conseils municipaux ne se ressemblent pas. Au dernier le 28 novembre 2013, on a trouvé le moyen d’être tous d’accord sur les retards scandaleux pris par le haut débit à Annemasse. On était d’accord sur le fait que la solution choisie d’en abandonner l’installation à un opérateur historique n’en permettait pas un déploiement rapide. Notre bon maire en a profité pour susurrer que ce choix avait été fait par le précédent gouvernement de nos amis. Qu’il est sympa ce maire. Toujours un compliment à la bouche, rien que de la bonhomie, presque des chocolats à Noël. Mais comme je suis un ingrat parmi les ingrats, mais sans audace, j’ai ajouté que ses amis du gouvernement actuel ne faisaient rien pour changer la donne. Aussitôt notre édile préféré qui est en même temps disk jokey des séances, a lâchement ajouté, comme je ne pouvais plus reprendre la parole, que la solution du SYANE (un syndicat départemental) aurait été une bonne chose si l’État nous l’avait laissée, et que le triomphe du socialisme était un nouvelle fois établi puisque le secteur privé se retrouvait dans les choux. Le conseiller spécialement chargé de cette question a encore enfoncé le clou du combat du Public contre le Privé et a tordu le cou à l’hydre malfaisante du capitalisme incapable de déployer ses réseaux quand il n’y avait pas de sous à gagner. Cet éloquence m’a coupé la chique, encore plus sûrement que la panne du système audio qui est survenue quelques moments plus tard. Entre nous, on s’en fiche de savoir si cela doit être public ou privé. Ce qui compte c’est que ça existe et que ça marche. Nous prenons des années de retard. Et pendant ce temps le taux du chômage est à deux chiffres dans la ville.

Heureusement il y avait encore une pomme de discorde. Le parking dont le tarif a été voté. Le maire affirme que tout va bien puisque le premier quart d’heure est gratuit. Nous sommes d’avis qu’il faut que la première demi-heure soit gratuite. On était prêt à en venir aux mains. J’ai retenu Louis Mermet qui montait sur la table pour coller son droit dans la tronche d’un parcmètre égaré dans la salle, et heureusement on s’est souvenu qu’il y aurait bientôt des élections. Tout est rentré dans l’ordre. Je veux rendre hommage à M le Maire qui sur ce point encore a défendu le socialisme, mais cette fois-ci à front renversé, le privé contre le public au lieu du public contre le privé. En gros il ne faut pas faire de peine à la SAGS, qui pourrait se venger en faisant supporter le manque à gagner à la ville, ce qui conduirait, j’en frémis à l’énoncer, à faire supporter par la collectivité des contribuables la charge du stationnement plutôt qu’aux seuls usagers, comme c’est justice sociale.

Cet argument est un désespérant artifice rhétorique, il est vide de sens. En matière de transport la justice ne peut consister à faire supporter la charge à l’usager, plutôt qu’au contribuable. L’automobiliste aussi est un contribuable. Le contribuable n’est pas nécessairement un usager des bus, du tram, du CEVA, pour lesquels il va pourtant se saigner aux quatre veines par les impôts locaux. Alors, pourquoi pénaliser l’automobiliste en lui piquant tous ses sous ? La réponse est : parce que ceux qui dictent ces solutions ont bonne conscience. Ils sont nés dans le camp du bien, celui du socialisme. L’automobiliste appartient au camp du mal.

Nous sommes du côté des usagers et des commerçants, contre le lobby des transports.

Il n’y aura eu aucune divergence de vues sur la définition d’un périmètre d’études au lieu-dit «le Châtelet» afin de geler les terrains. Un bon esprit voulait même étendre le périmètre au cimetière, ce qui nous a refroidi encore plus.

Harmonie du soir, espoir.

Harmonie du soir à Châteauguay by Beau Dommage on Grooveshark