«Sur le plan de l’arnaque, les coups les plus tordus ne sont rien, vous entendez, rien à côté de la peinture abstraite». (Michel Audiard)

La peinture abstraite, il n’y a pas qu’à la villa du Parc qu’on la rencontre. Au détour du dernier conseil municipal du 26 mars 2013, le beau discours de M Becquet sur l’état des finances locales et les perspectives de son évolution pour le futur proche, était formidablement poétique. Tous les chiffres s’enchaînaient dans une présentation lisse des finances annemassiennes, éclairée par les tableaux projetés sur l’écran surmontant l’orateur, réminiscence de la lumière bleutée descendue des vitraux de la Sainte Chapelle. Tout allait bien dans la meilleure gestion du monde. Le budget était en équilibre, le bougre, pas la plus petite ombre de déficit structurel, un recours à l’emprunt modéré, une autosatisfaction qui n’avait d’égale que la marge d’autofinancement. C’était à peine si les dépenses de fonctionnement augmentaient de plus d’un point au-dessus de l’inflation, tout comme le poste principal (plus de 22 millions d’euros) des charges de personnels. Un rien. Seul l’esprit chagrin de François Vigny trouvait à y redire. Les conseillers de la majorité communiaient dans un silence respectueux avec le ministre du Culte de Mammon le maudit. Impossible même de critiquer sa cécité au monde. En introduction, juste après une citation bien sentie d’Alain sur la relation entre l’optimisme et la volonté, opposé au pessimisme fils incestueux de l’humeur, il prenait soin de décrire l’effondrement de l’occident avec les accents prophétiques de l’apocalypse selon Jean. (Je sais, j’exagère).  Louis Mermet devait d’ailleurs le féliciter de prendre enfin conscience de la réalité.

Il reste un point avoué par le maire et son ministre, d’une extrême importance politique. Comme les sous de l’État (la dotation générale de fonctionnement) vont fondre dans les prochaines années, et qu’il leur paraît, heureusement, difficile d’augmenter les impôts, qu’il leur paraît tout aussi délicat de diminuer les dépenses, surtout dans les contextes électoraux à venir, il ne leur reste qu’une seule solution pour boucler les futurs budgets : réduire l’autofinancement, c’est à dire l’investissement. Cela a été dit expressément.

L’aveu est de taille. Il signe la fin d’un certain discours.

Ce n’est pas l’excellence de sa gestion qui permettait et permet encore à l’équipe majoritaire qui gère la ville depuis trente ans, à la fois d’investir et de dépenser beaucoup dans tous les domaines. Non c’est plus simple. C’est l’opulence des finances qui résulte simplement de recettes supplémentaires, supérieures à 25 % de la totalité des recettes courantes : les fonds frontaliers et le casino.

Et une autre vérité éclate. La part d’autofinancement, qui est l’excédent des recettes sur les dépenses courantes, et qui sert à investir, diminue au fil des ans en proportion. Cette part représente aujourd’hui en gros un dixième du total du budget. Or, elle devrait en représenter le quart. Elle devrait, dans une rigoureuse gestion, être égale au montant des recettes exceptionnelles que sont les fonds frontaliers et le produit des taxes sur le casino.

Au lieu de cela, c’est une part moindre, moitié moindre qui est consacrée à  l’autofinancement, et donc à l’investissement.

Ce qui signifie clairement que la gestion n’est pas aussi rigoureuse qu’elle le prétend. Les chapitres des dépenses dans le budget sont atteints d’obésité à Annemasse. Mais cela reste dans l’ombre. Sous les projecteurs il y a une apparence de bonne gestion, manifestée par la marge d’autofinancement qui se transforme en investissement. On investit et on dépense. Mais en fait on dépense beaucoup et on investit peu en proportion compte tenu des 12 millions d’euros supplémentaires apportés par des recettes exceptionnelles, dont aucune ville comparable ne dispose. Les chiffres présentés annuellement par l’équipe majoritaire sont beaux comme une peinture abstraite. Il faudrait simplement un peu plus de réalisme.

La révision du PLU à Annemasse manifeste clairement l’insuffisance de la concertation.

M Bouchet, maire adjoint à l’urbanisme s’est exprimé en ces termes dans le Messager «Nous souhaitons travailler un peu plus en profondeur que les seules
obligations liées au PLU (réunions publiques) en mettant en place des
ateliers d’urbanisme dans la droite ligne du concept « Annemasse ma ville
demain », véritables lieux de réflexion sur le mieux vivre ensemble au
travers des conseils consultatifs. Dans le JIM nous allons aussi
procéder à une enquête par ménage pour sonder le ressenti des gens sur
leur ville, aujourd’hui et demain
».

Si les «seules obligations liées au PLU» se révèlent insuffisantes, si les réunions publiques sont en effet inutiles, si l’enquête publique est en réalité un simulacre de consultation, et que l’adjoint à l’urbanisme le reconnaît, c’est qu’il est en progrès vers la seule forme réelle de consultation : le référendum.

Dans un domaine aussi essentiel à la vie de la cité que celui de l’urbanisme, il est faux de soutenir que la lumière des élus serait suffisante, il est faux de soutenir que les électeurs se prononcent une fois tous les 6 ans. La vérité est celle du déficit de processus démocratique et le remède existe. Il est même dans les textes. C’est une voie de consultation évidente.


Dernier budget avant l’apocalypse.

Tout sur la prochaine séance du conseil municipal d’Annemasse du 26 mars 2013.

dossier de la séance

Prenez le temps de lire le budget primitif, d’en faire un résumé, et de me le communiquer.

Le début de la séance sera consacrée à la présentation d’Annemasse-Gare par son promoteur. Il y aura un film en 3D, en contre-plongée sur la tour infernale. Venez nombreux.

J’ai cherché une illustration vidéo sur youtube, mais le budget 2013 n’intéresse pas encore les foules. Le fan club de la majorité n’a prévu aucune animation spéciale. Il ne sera pas dit que rien ne sera fait :


Toute la gloire du tram est de ne point aller à la gare.

Le tracé du tram, soit pour des raisons purement électorales, soit pour d’obscures raisons bureaucratiques, ne passera pas par la gare.

Son tracé empruntera la rue des Voirons au lieu de continuer avenue de la Gare.

La rue des Voirons, au passage, sera sacrifiée. Elle est étroite, et on aura beau la transformer en voie piétonne, compte tenu du danger présenté par un tram, les piétons ne seront pas à la fête. Les riverains non plus, mais d’eux on se fiche comme de l’an quarante. L’an quarante ne vote jamais, et la rue des Voirons cela représente que quelques voix. Rien en termes politiques. Tous les quartiers ne sont pas égaux.

Mais surtout, dans cette Kolossale rationalité, ce qui est affaibli c’est l’unité du système de transport collectif de toute l’agglomération. L’intérêt de desservir la gare, c’est qu’elle puisse devenir un formidable nœud de transfert et de communication entre différents modes de transports : le train, le tram, les bus, la voiture si on avait programmé des parkings. Mais non, pour ces raisons qui ne s’avouent pas, mais qui gouvernent peut-être souterrainement les choix, le tram passera par la rue des Voirons, pour aller se suicider place Deffaugt. Le prix à payer sera élevé pour nos générations et les générations du futur. L’erreur risque de se payer à la fois comptant et à crédit.

Le mieux ce serait un tram sur coussins d’air. Comme ça on pourrait le faire changer d’itinéraire, l’été il circulerait à l’ombre, et l’hiver au soleil.

Toute la gloire du tram est de ne point aller à la gare.

Le tracé du tram, soit pour des raisons purement électorales, soit pour d’obscures raisons bureaucratiques, ne passera pas par la gare.

Son tracé empruntera la rue des Voirons au lieu de continuer avenue de la Gare.

La rue des Voirons, au passage, sera sacrifiée. Elle est étroite, et on aura beau la transformer en voie piétonne, compte tenu du danger présenté par un tram, les piétons ne seront pas à la fête. Les riverains non plus, mais d’eux on se fiche comme de l’an quarante. L’an quarante ne vote jamais, et la rue des Voirons cela représente que quelques voix. Rien en termes politiques. Tous les quartiers ne sont pas égaux.

Mais surtout, dans cette Kolossale rationalité, ce qui est affaibli c’est l’unité du système de transport collectif de toute l’agglomération. L’intérêt de desservir la gare, c’est qu’elle puisse devenir un formidable nœud de transfert et de communication entre différents modes de transports : le train, le tram, les bus, la voiture si on avait programmé des parkings. Mais non, pour ces raisons qui ne s’avouent pas, mais qui gouvernent peut-être souterrainement les choix, le tram passera par la rue des Voirons, pour aller se suicider place Deffaugt. Le prix à payer sera élevé pour nos générations et les générations du futur. L’erreur risque de se payer à la fois comptant et à crédit.

Le mieux ce serait un tram sur coussins d’air. Comme ça on pourrait le faire changer d’itinéraire, l’été il circulerait à l’ombre, et l’hiver au soleil.

L’échec social du PNRU mais sa réussite urbanistique

C’est le résumé du résumé de dix ans de Programme National de Rénovation Urbaine (PNRU) géré par l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine (ANRU). Bilan mitigé alors que le milieu du gué est atteint, que la moitié des 85 milliards d’euros programmés ont été dépensés.

«Le PNRU a été doté « de moyens puissants » et s’il a été « plébiscité » par les habitants, il n’a toutefois pas atteint ses objectifs : « les
indicateurs de la situation des quartiers sensibles évoluent peu. Le
chômage y est toujours à peu près le double des autres quartiers, et la
pauvreté trois fois plus prégnante
». Même au niveau des objectifs
chiffrés, on reste loin du compte : alors que le programme défini par
Jean-Louis Borloo en 2003 prévoyait 250 000 démolitions en cinq ans, 200
000 nouveaux logements et 200 000 rénovations, le PNRU n’a toujours pas
atteint ces chiffres… alors qu’il a été prolongé de dix ans
supplémentaires. Selon Bernadette Malgorn, ce sont 140 000 logements qui
ont été détruits, pour 150 à 165 000 recréés (« 80 à 85 000 hors logement social et 70 à 80 000 logements sociaux »)». (in Maire info du 6 mars 2013).

L’échec serait relatif à en croire la revue Maire info «parce qu’ils (les habitants concernés) restent soumis à d’importants phénomènes de « mobilité résidentielle
» : les familles qui ont acquis quelques moyens s’empressent de quitter
ces quartiers, et sont remplacées par de nouvelles familles « en situation plus difficile ».
L’un des enjeux de la politique de la ville reste donc, pour l’auteure
du rapport, la promotion de la mixité sociale – mixité que le PNRU a
échoué à promouvoir, estimait récemment le comité d’évaluation et de
suivi de l’Anru (voir Maire Info du 14 février)»

C’est ce qu’on appelle le vote avec les pieds. Dès qu’ils le peuvent les habitants s’enfuient.

Faut-il jeter le bébé et l’eau du bain ? Il est manifestement encore trop tôt pour le dire. En toute hypothèse on ne doit pas s’arrêter au milieu du gué. Une fois le programme terminé en 2018 un bilan rétrospectif pourra être dressé. Dans l’immédiat et simplement sur le plan de l’amélioration de l’habitat et de la qualité de vie de ces quartiers il est utile de poursuivre l’effort.

Au delà du constat au plan national il reste à analyser le programme au niveau d’Annemasse.

Ce qui est mis en cause de manière centrale dans ce rapport c’est l’échec de l’utopie. L’utopie sociale de rendre ces quartiers comme les autres. Là il y a un échec. On aurait d’ailleurs pu s’en douter. L’utopie, au sens strict d’ailleurs ici de pays imaginaire où les habitants sont gouvernés d’une manière idéale et sont parfaitement heureux, est par définition en échec face à la réalité. C’est la mesure de l’écart entre le discours et les faits.

Faut-il poursuivre la densification ? Annemasse risque de devenir un trou noir urbain.

Le PLU entre en révision.

Il n’y aura qu’une réunion publique de prévue, l’adjoint d’Annemasse à l’urbanisme préférant promettre moins et tenir plus en terme de réunion, pour éviter toute censure du tribunal administratif, dans l’hypothèse où si une réunion est prévue et qu’elle n’ait pas lieu, tout l’édifice ne puisse être ruiné par cet irrespect des formes. Comme c’est le conseil municipal qui fixe le nombre de réunions, celui d’Annemasse s’en tiendra au minimum syndical.

Minimum c’est le cas de l’écrire. La réunion publique n’est rien d’autre que de l’information. Ce n’est en rien de la concertation. Il n’est d’ailleurs pas besoin de concertation à Annemasse puisque des élus pensent pour vous. Leurs choix sont par définition bons et éclairés, puisque tous les élus de la majorité ne sont les serviteurs que de l’intérêt général. Donc ils sont le peuple. D’ailleurs ils en sont les élus, alors foutez leur la paix, retournez à votre tiercé et à vos courses dans les grandes surfaces, rentrez sous le béton dans votre immeuble disgracieux, les élus Annemassiens vont dessiner l’avenir et vous en faire partager le bonheur par la grâce de l’information. Après ils vous expliqueront, entourés par les aréopages (pas aéropages) des bureaux d’étude socialistes qui parasitent tout le processus de décision, que le meilleur de la crème des décisions est arrêté pour le bonheur du peuple ignare et fainéant qui ne s’est même pas déplacé pour écouter la grande messe des deux ou trois réunions d’information, parce que c’est dit, l’immense générosité de la majorité la fera se fendre de plusieurs réunions, c’est promis.

Il ne faut pas oublier qu’il y a aussi le registre et la rencontre avec le commissaire enquêteur. Personnage tout acquis et par avance à tous les projets de la municipalité. C’est même consubstantiel de sa fonction. Il enquête avant tout sur l’état d’esprit des rares citoyens qui viennent laisser un témoignage écrit de leur existence. En général leur préoccupation se limite à leur intérêt personnel : la constructibilité de leur terrain, le bruit de la cour de récréation, la sortie de leur garage, etc. La liste est aussi longue qu’un jour sans nougat (dicton de Montélimar). Elle est marquée au fer rouge de l’intérêt particulier, une abomination dans la bouche d’un élu socialiste qui incarne par définition l’intérêt général. L’enquête passera.

Passera aussi l’occasion d’une discussion en profondeur des orientations de l’urbanisme. Certes ces orientations sont précaires et révocables puisqu’un nouveau PLU peut les changer, mais elles font quand même des dégâts. Regardez autour de vous. Annemasse est le résultat des politiques urbaines suivies par la même équipe depuis plus de trente ans. C’est laid, c’est dense, c’est incirculable. En prime Annemasse vient de décrocher le pompon d’un classement en zone d’insécurité…On rougit de fierté. Quel honneur !

Le moment est donc venu de s’intéresser à une question qui en commande beaucoup d’autres : la densité urbaine. Faut-il l’augmenter ? Une des conséquences par exemple en est l’impact sur la circulation. Comme on ne peut pas repousser les murs des immeubles, on ne peut en conséquence pas agrandir les rues, et si on met plus de monde dans la ville, fatalement on augmente les embarras de la circulation. La question de la densité est réellement sérieuse.

C’est là que par exemple les projets politiques peuvent se confronter au vivant. La surdensification, si elle se poursuit selon les vœux de la gauche au pouvoir local, produira un trou noir urbain. La conjugaison de tous les moins qui procèdent de ce seul plus : plus de densité = moins de soleil, moins d’espaces, moins de déplacements, moins de plaisir, moins de sécurité. Les écoles qui sont en déglingue seront en dérive, le tissu social poursuivra sa recomposition avec un nouveau peuplement. Annemasse deviendra une vraie fabrique de pauvres (qu’un hommage soit rendu à MP Berthier qui avait lancé cette formule si juste). Comme les trous noirs du monde physique, la ville implosera en happant son environnement immédiat. Mais comme l’urbanisme n’obéit pas complètement aux lois de la physique, tout ce qui est en dehors d’Annemasse voudra surtout y rester et se dépêchera de dresser un cordon sanitaire invisible pour ne pas plonger à son tour dans la tourmente urbaine.

La densité est un vrai sujet. Il reste à trouver le moyen d’en partager la préoccupation avec le peuple des électeurs. Comme le mot référendum est un gros mot pour la majorité municipale, il faut raisonnablement être pessimiste sur ses chances de débat.

L’augmentation des impôts locaux n’est pas une fatalité.

Cette année, bonne nouvelle, les impôts locaux n’augmenteront pas, ou du moins pas plus que ce qu’on appelle les bases. C’est la promesse du maire au cours du débat d’orientation budgétaire au cours du dernier conseil le 21 février 2013.

Comme on est en France, et que le seul mot d’ordre des élites est de
faire compliqué, ils y réussissent fort bien. On peut leur fait confiance : ils savent, eux. Pas tous, rassurez-vous. Une
majorité même n’en sait strictement rien. Cela n’en empêche d’ailleurs aucun de voter le budget, et souvent d’augmenter les impôts en
catimini.

Mais précisément qu’est-ce que sont ces bases ? Ce sont les bases de calcul des taxes foncières et d’habitation. Ce calcul se fait en référence à une valeur locative cadastrale théorique. En gros c’est un coefficient revalorisé chaque année pour tout le pays. Cette année c’est 1,8%. Est-ce une augmentation des impôts ? Non, pas directement du moins.

Il y a deux façons d’augmenter les impôts, on peut les augmenter par le seul jeu des coefficients, ce sera alors la faute à pas de chance mon bon monsieur, «Ça» augmente, que voulez-vous. Exemple cette année à Annemasse, l’augmentation du produit des «bases» serait de 2,52 %, chiffre qui intègre l’augmentation des coefficients et celui du nombre des contribuables puisque la population est en hausse. Les 2,52 % d’augmentation des ressources globales représentent pour 1,8 % l’augmentation des bases et pour le reste l’augmentation du nombre des contribuables. L’autre façon est d’augmenter les taux.

La municipalité de gauche avait dès le début de son mandat augmenté les taux, au prétexte délirant de «faire des réserves». Moyennant quoi tous les sous prélevés ont été immédiatement dépensés, et aucun n’a été placé à la Caisse d’épargne, si bien que les réserves annoncées relèvent des promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent, à la manière de F Hollande. Les impôts avaient de ce fait augmenté plus que les bases.

Mais s’il est possible d’augmenter les taux, à l’inverse il est possible de les baisser. C’est ce qu’a fait Valence, une ville dirigée par des socialistes. En 2013 Valence baisse les impôts locaux de 2%. Valence n’est pas une citée aussi riche qu’Annemasse, mais Valence baisse les impôts locaux. Valence n’a pas la manne frontalière, mais Valence baisse les dépenses de la ville. Valence fait reculer de 3,5% les frais de personnel, et pourtant Valence n’a pas de Casino comme Annemasse.

Il est donc parfaitement possible dans une ville comme Annemasse de baisser les impôts locaux. C’est une question de volonté politique. Bien entendu, dans l’hypothèse d’un tel choix, qui devrait naturellement s’imposer dans les circonstances économiques actuelles, il faut aussitôt dire sur quoi pèseront les diminutions de charges. L’investissement ? Le fonctionnement ? Un peu des deux ?

Ce choix est profondément politique. On peut suivre l’exemple de Valence, et décider comme cette ville de baisser de 3,5 % les dépenses de personnel, et d’un pourcentage moindre les dépenses de gestion courante. Mais on peut aussi décider de porter l’accent sur tous les autres postes de dépense, à l’exception du personnel communal. François Vigny et Louis Mermet citaient les auvents de la place de la Libération, laquelle place pouvait à moindres frais être transformée en poumon de respiration au lieu d’une étendue minérale et désertique, obligeant au passage à mettre pour 3 000 000 € dans des abris contre le soleil ou la pluie. Pour 3 000 000 € il n’est d’ailleurs même pas sûr qu’on soit protégé de la pluie et du soleil. Il faudra par précaution prendre son bob ou son parapluie.

À Annemasse, les effectifs municipaux augmenteront, on sait déjà que ce seront des policiers municipaux qui bénéficieront des augmentations de postes cette année, et la question qui nous sera posée par la majorité sera celle de savoir si on veut «diminuer la sécurité publique» ! ils ne pensent tout de même pas qu’on risque de s’en laisser compter par cette rhétorique simpliste, évidemment que la réponse est qu’il faut augmenter les moyens mis au service de la sécurité. La sécurité c’est la première des libertés. Et nous nous disons à chaque occasion qu’on doit commencer par mettre en place la vidéo surveillance. C’est simple ça, et la majorité a fini par l’accepter, à reculons. Ce que nous disons est qu’avant de songer aux effectifs il faut d’abord réfléchir aux autres moyens. Ce que nous disons c’est qu’il faut diminuer les dépenses, pour arrêter notre suicide collectif.

Annemasse va donc persister sur le chemin de l’assèchement de votre porte-monnaie. Ce n’est donc pas demain que les impôts diminueront. Sauf si nous sommes élus.