Quand l’impôt, comme les gaffes, échappe.

Cela pourrait bien être le titre d’un de nos quotidiens nationaux (indépendant) contemplant l’abyssale imbécillité du budget présenté par le gouvernement de Monsieur Ayrault, sous la présidence du président «normal» Hollande. Au delà du discours minable repris en cœur par France Inter et les médias de gauche payés par le contribuable, il y a la réalité des chiffres. Pour le budget l’équilibre n’est pas à trouver dans l’illusoire taxation des «riches cons», même la confiscation de leurs revenus n’y suffirait pas, mais dans la réalité de la hausse des impôts frappant les classes moyennes, les seules qui le paient, et qui, captives, n’ont aucune possibilité de s’évader des frontières du pays. Aujourd’hui une nouvelle couche est ajoutée par l’augmentation des cotisations des indépendants, qui ne protestent même pas, pour combler l’abîme de la Sécu. Ce sera une goutte d’eau dans l’océan de la gabegie, mais de ça tout le monde se fout. À commencer par la masse des salariés du secteur protégé, grâce aux avantages desquels une partie importante du trou s’explique. Mais cela n’est rien.

On pourrait se dire qu’au niveau local, celui de la commune, on ne suit pas la même logique idiote. Que nenni. Le dernier conseil municipal du 27 septembre 2012 vient illustrer le propos.

On ne le sait pas, mais il existe une taxation, très marginale, quoique bien réelle, de la consommation d’électricité qui tombe dans les caisses de la commune. Tous les consommateurs d’électricité deviennent ainsi contribuables à ce titre. Cette taxe assise sur la consommation, varie en fonction d’un coefficient.

À Annemasse il était de 8. Le maximum étant de 8,28.

Dans l’exposé des motifs, la majorité présente son argumentation au soutien de la proposition d’une augmentation :

« Le coefficient 2012 était de 8, étant donné que ce dernier n’a pas été augmenté depuis de nombreuses années, il est proposé d’appliquer à compter du 1er janvier 2013 le coefficient de 8,28, soit un barème de taxe de respectivement 6,50 € et 2,17 € par MWh, selon la nature des utilisateurs».

Vous lisez bien : « étant donné que ce dernier n’a pas été augmenté depuis de nombreuses années, il est proposé d’appliquer .. le coefficient de 8,28..», la seule raison invoquée, ce n’est même pas le besoin de financement pour faire quelque chose d’utile, une école par exemple, ou une statue monumentale de notre bon maire (ce serait kitch, je vote pour), mais simplement l’idée qu’il faut augmenter parce qu’on a pas augmenté ! Il y a des tas de qualificatifs qui viennent immédiatement à l’esprit quand on lit, et entend, ce type d’argument. Mais cela n’a aucun intérêt.

Il faut méditer cet exemple, pris sur le vif. Il illustre un mécanisme profond, un rapport aux finances publiques perçues comme un puits sans fond. Aucune limite jamais à la dépense publique. Car il s’agit bien de dépense, puisque nécessairement tout l’argent collecté par la ville ne va pas aller sur un compte d’épargne. Ça on ne l’a jamais vu. On ne le verra jamais. Tout le fric versé par les contribuables s’envole irrésistiblement lors du budget, du budget supplémentaire, du budget suivant, etc. dans de nouvelles dépenses.

Cette logique est inepte. Elle est partagée du haut en bas de la société politique, de l’homme normal, président au discours minable, aux édiles délirants des collectivités locales. Et on s’étonne après que plus de la moitié du PNB soit absorbée par la dépense publique ?

La majorité du conseil municipal a voté cette hausse. Sans sourcilier.