Casino et budget : comment faire payer les pauvres

Au conseil municipal du 23 février 2012 on a entendu la litanie habituelle d’auto félicitation sociale de l’équipe majoritaire de gauche. Ils sont les champions du monde de l’aide aux pauvres. Les pauvres sont de plus en plus pauvres, mais comme la ville aide de plus en plus elle réussit à rendre le plus en moins et inversement. On finit par se perdre dans les méandres du raisonnement. Tout se termine par l’affirmation décisive qu’ils font en toute hypothèse mieux que personne.

Il y a toutefois une difficulté au raisonnement affirmatif. C’est qu’il rejoint une autre affirmation. Celle que la ville utilise la manne du Casino pour soulager indirectement la misère, puisque malgré le choix d’une aide sociale massive, elle réussit à ne pas diminuer le poste d’investissement, l’argent gris étant utilisé (2,6 millions) pour son financement.

Chaque fois que l’occasion se présente, notre ancien maire se félicite d’avoir su attirer cette manne à Annemasse, en l’arrachant à un ministre de l’intérieur corrompu (Pasqua) avec « ses amis corses ». Bravo. En ce point de son discours du 23 février 2012, des sourires complices se dessinèrent sur toutes les lèvres, et de discrets hochements de tête approbateurs accompagnèrent le propos.

En fait les pauvres sont tondus au Casino. Quand on regarde son parking on cherche les Rolls et on voit surtout des épaves. Ce n’est pas l’impôt sur le revenu qui les tond, puisque nous avons choisi dans notre pays de ne pas imposer ceux dont les revenus sont les plus faibles. Non, on a trouvé un moyen plus insidieux, totalement dissimulé, pour les soulager de leur argent : le Casino. Sur des recettes à Annemasse en 2011 de 27 079 789 €, l’État se sert de 11 082 431 €, et la ville de 3 978 000 €. Le reste sert à faire fonctionner la pompe, il faut bien payer le salaire des croupiers. La ville d’Annemasse profite de la manne. Tout le monde est prié de tourner la tête et de prendre le fric. Une partie de la tonte des pauvres leur sera redistribuée, par des assistantes sociales et autres organismes d’encadrement social. Vous voyez que la gauche arrive à faire payer les pauvres !

Ainsi va le monde.