Bye Bye Lybie, bonjour les barbus.

Amère victoire,

 

La Libye vient de déclarer par son gouvernement provisoire qu’elle adoptait la charia, nous voilà devant une nouvelle réalité. Le printemps arabe accouche non pas de la démocratie, comme on le pensait, mais manifestement de quelque chose de fort différent. En même temps que l’annonce de l’adoption de la charia comme socle juridique de la Libye, il a été donné des exemples. Ils font froid dans le dos. Ainsi désormais la polygamie ne sera plus ni encadrée ni surtout proscrite. Ce qui signifie que la femme libyenne restera asservie au mâle barbu de service.

 

La Cour européenne des droits de l’homme, dans un arrêt du 31 juillet 2001- [Cour européenne des droits de l’homme, 3e section, 31 juillet 2001 Prés. : M. Costa. Siég. : MM. Fuhrmann, Loucaides, Türmen (juge turc), Sir Nicolas Bratza, Mme Greve et M. Traja. Greff. : Mme Dollé. Plaid. : MM. Özbudun (pour le gouvernement) et Hincker (pour les requérants). (Refah Partisi – Parti de la prospérité c. la Turquie)-], fait observer l’incompatibilité du régime démocratique avec les règles de la charia.

 

«Concernant le deuxième argument, la Cour européenne se range au point de vue du juge constitutionnel turc. Selon ce dernier la Charia est l’antithèse de la démocratie, de la raison et de la liberté humaine. De plus, pour la Cour européenne, la Charia, en ce qu’elle est bâtie sur des dogmes et reste fidèle à des lois divines, présente un caractère stable et invariable. Elle entre ainsi inévitablement en conflit avec « des principes tels que le pluralisme dans la participation politique ou l’évolution incessante des libertés publiques ». En outre, la position de la femme et la façon dont le droit pénal et la procédure pénale sont organisés dans la Charia sont « difficilement compatibles avec les principes fondamentaux de la démocratie, tels qu’ils résultent de la Convention, comprise comme un tout ». Par conséquent, la majorité de la Cour décide qu’un parti qui défend l’introduction de la Charia ne peut être considéré comme « une association conforme à l’idéal démocratique sous-jacent à l’ensemble de la Convention » (§ 71)».

 

On ne va même pas évoquer la question de la séparation de l’Église et de l’État, ni même la liberté religieuse. Ça fâcherait sûrement. En ce lendemain de fête, la réalité est celle de la gueule de bois.

Cette évolution est dirigée manifestement contre les valeurs européennes les plus fondamentales.