L’herbe n’est pas forcément plus verte dans le champ du voisin

Il faut se demander ce que seraient les réactions en France si le gouvernement proposait de s’approcher de la législation de notre voisin.

La Suisse est ainsi

On peut imaginer les hurlements.

Cela étant, notre pays n’est pas configuré par ses institutions et les principes qui les inspirent, comme la Suisse voisine.

Ce qui n’est pas à l’évidence sans poser de délicats problèmes, dont il est par principe, interdit en France de discuter sur la place publique, en raison de l’implacable censure des élites et des médias.

Et cela fait le lit à un sentiment diffus dans la population de peur, de rébellion et de découragement.

Ce qui accouche à son tour de la tentation des extrêmes dont les scores augmentent d’élection en élection.

Il est donc temps de discuter ouvertement, sur la place publique, de ces questions relatives à l’accueil et au maintien des étrangers en France, ainsi que de leurs modalités.

Je suis bien conscient en écrivant ces lignes de susciter un malaise. Je suis le premier à l’éprouver. Je ne suis pas à l’aise sur ces questions parce que je ne veux ni heurter des sensibilités que je respecte profondément, et notamment toutes celles qui se déploient autour de l’idée d’hospitalité, et que je ne veux pas non plus heurter celles qui se retranchent du débat politique toutes baignées du sentiment non moins légitime de la perte d’identité et de toutes les peurs subséquentes.

Et je sais que la pire des réponses est le silence.

Se pose donc le problème des conditions du maintien d’un étranger sur le territoire. Doit-on faire du travail une obligation telle qu’elle en conditionne le maintien ?

Pour ma part je ne le pense pas. D’abord parce qu’il y a la notion de regroupement familial, et que si on l’admet, alors ce ne peut plus être un critère satisfaisant. Mais au nom de quoi l’admettre ? La réponse est brouillée sous différentes clameurs. C’est ici l’idée simple qu’un être humain a par définition le droit de vivre en famille. Idée que je partage. Ce sont aussi les cris d’orfraie des diverses bien-pensances, que je ne partage pas et qui hurlent au racisme, à la xénophobie, dès qu’on soulève le couvercle qui étouffe la question.

Aussi en conséquence de mes options, je désapprouve et la lettre et l’esprit du courrier ci-contre. Mon Dieu, qu’il est hallucinant de pouvoir écrire qu’on se sépare d’un étranger qui n’a plus de travail, peut-être tout simplement parce qu’il a eu un grave accident de la vie, comme d’une vielle chaussette.

C’est bientôt la rentrée, et après les neiges qui reviendront, le temps des élections.

Tout ce qui ne sera pas dit sur la place publique cheminera souterrainement dans les consciences et produira un désastre.