La roche Tarpéienne…

…est à côté du Capitole et tout homme public peut être jeté bas, et précipité du haut de la roche pour s’abîmer au sol où immanquablement il sera piétiné par les hordes mimétiques du peuple transmué en foule. C’est une métaphore qui court depuis l’antiquité romaine, et qui appelle à la sagesse celles et ceux qui veulent quérir les suffrages de leurs contemporains électeurs pour se hisser au pinacle des institutions politiques. Le pouvoir est un moteur puissant qui peut faire oublier cette perspective qu’avaient les sages parmi les Romains. Et l’aspect qui est le plus détestable est cet élan populaire destructeur et hystérique qui se déchaîne comme une force maléfique et irrésistible, chaque fois qu’un puissant trébuche.

J’ignore si le puissant aujourd’hui jeté en pâture menotté, blessé, humilié, est innocent ou coupable. J’ignore tout de son dossier, des pièces, des faits, des preuves, et généralement de tout ce qui permet de juger sereinement. Ce ne sont pas les clameurs et les articles bâclés de journalistes pressés d’occuper la une qui permettent sérieusement de se faire une idée. Dominique Strauss Kahn est déjà piétiné alors qu’il n’a pas été jugé. Il est menotté alors qu’il est présumé innocent. Certes, c’est paraît-il le système judiciaire américain. Mais en vérité ce n’est pas aux USA que son procès se déroule. C’est ici, en France. Il n’appartient pas à mon camp politique, il est même un adversaire. Mais je refuse de me réjouir de son sort.

Il a droit au silence. Il a droit de se défendre. Il a droit de respirer. Il a droit de pouvoir surmonter une telle épreuve. Il doit bénéficier de la présomption d’innocence. M Strauss Kahn, combattez, si vous êtes coupable vous nous soulèverez le cœur, si vous êtes innocent votre combat aura été juste. Tout est encore possible, mais chacun a le droit de se défendre. Pour nous aussi, vos adversaires.

Le sabotage de l’avenir

Pour Annemasse le présent nous apporte des inquiétudes pour l’avenir.

Annemasse est d’abord une ville où l’activité économique régresse. L’industrie l’a désertée, le commerce n’est pas au mieux de sa forme au centre, et toute l’activité se concentre aujourd’hui en périphérie.

Elle devient en conséquence tous les jours un peu plus une cité essentiellement tournée vers la seule résidence de ses habitants et les services à ces derniers, dont la plus grande part est dévolue aux prestations à caractère social. Pas uniquement une cité-dortoir, destin que nos voisins genevois nous réservent (ils ont besoin de logement dans leur périphérie, et Annemasse est dans cette périphérie). Mais une ville orientée par la seule perspective sociale.

Ne pas s’en préoccuper revient à saboter l’avenir. Et l’on n’observe aucune réaction de fond, aucune réaction politique vigoureuse contre cette désertification économique, alors qu’en revanche la majorité ne se prive jamais de déclamations et de pétitions de pur principe. Dans l’ordre du discours, tout baigne, dans celui de la réalité, rien ne va. L’ambition de faire d’Annemasse la cité de la solidarité est symptomatique de cette fermeture aux réalités économiques. Une cité de la solidarité, si elle devait se réaliser, ne serait que la cité de l’assistanat généralisé.

Annemasse en second lieu se trompe d’urbanisme. La colonne vertébrale de l’action urbaine est simplement la dimension sociale. L’urbanisme, tout l’urbanisme, se réduit pour la majorité à la réalisation du plus de logements sociaux possible. D’où cette politique absurde de la densification.

C’est une erreur. Non pas qu’il ne faille pas construire des logements sociaux, mais c’est une erreur de laisser cette dimension commander toute la politique urbaine, parce que le résultat sera une cité-dortoir, avec un bâti disparate, sans harmonie, sans originalité, sans goût ni grâce. Annemasse sera la cité-dortoir de Genève pour une part, et le pôle social de tout son environnement pour le reste. Les banques seront à Genève, les activités subsistantes seront en périphérie, la population aisée sera en périphérie aussi et au centre il y aura une ville réduite à sa seule dimension sociale. Échec assuré à terme.

Le discours est un piège. Un enfermement. La majorité municipale est prisonnière de son discours, ce qui la prive des possibilités de réaction aux évolutions du temps.

Le 17 mai 2011 sera une séance historique, venez nombreux !

D’abord l’ordre du jour :

http://www.jp-benoist.fr/public/OrdreDJ17052011.pdf

Ensuite, un document exceptionnel, introuvable en librairie, car tout le stock a été épuisé avant même d’être mis en rayon, il s’agit du compte administratif pour 2010, rendez-vous compte de l’avantage :

https://idisk.mac.com/juriste//Public/CA 2010 VILLE.pdf

Encore une fois, la maison ne recule devant aucun sacrifice, et partant vous offre en prime toute la série d’accompagnement :

https://idisk.mac.com/juriste//Public/CA 2010 VILLE PRESENTATION CROISEE.pdf

Encore plus simple et plus synthétique :

https://idisk.mac.com/juriste//Public/CA 2010 Presentation 2010.pdf

Tout sur l’aérodrome :

https://idisk.mac.com/juriste//Public/CA 2010 AERODROME.pdf

Und, comment vivre sans connaître l’excellente convention conclue (qui sera conclue plus précisément) entre la ville et l’agglomération entraînée dans la solidarité internationale, sur la mise à disposition de MLK ? On mesure dans ce document la circulation du verbiage gaucho-administrativo-tiers-mondisto-bureaucratique dans toute l’élite de l’agglomération (élite politique naturellement) :

https://idisk.mac.com/juriste//Public/Qu.11 – convention entre la ville et Annemasse-Agglo – conditions utilisation MLK.pdf

Enfin, en avant-première de la publication du recueil aux actes de l’Académie des Sciences et Belles Lettres du Genevois et Chablais réunis, avant leur fusion avec la cité de la solidarité internationale, le compte-rendu de la séance mémorable du 21 avril 2011 :

https://idisk.mac.com/juriste//Public/Procès-verbal du 21 avril 2011.pdf

Le palais des roitelets

Une brochure de plusieurs pages en quadrichromie vient d’être diffusée par Annemasse Agglomération sur toute l’étendue de son territoire. Plusieurs pages pour vanter les mérites du Palais (je mets une majuscule parce que ce sera vraiment un Palais) de l’agglo. On y voit entre autre une magnifique salle de réunion. Et puis ce titre sur une page exprimant que l’hôtel de l’agglomération aura pour but d’accueillir le public. De vous accueillir. Mazette, uniquement ça. Pas de bureaux somptueux pour les élus. Pas d’étages de bureaux regorgeant de l’inactivité générale. Non, il s’agit seulement de vous accueillir. Vous remarquerez qu’on ne vous demande plus de parler derrière l’hygiaphone, et d’attendre en rang d’ognons qu’on s’occupe de vous, en entendant tout ce que ces personnes si occupées se disent sur le week-end passé, les enfants, le prochain week-end. Ça sera efficace maintenant qu’on a dépensé tout ce bel argent, qui n’est plus dans vos poches, mais vous n’êtes pas pingres. Et nos roitelets dans tout ça ? Ils ont pris une décision ra-tion-nelle. On va vous accueillir, vous qui venez sans doute toute la journée en vous demandant pourquoi vous êtes si mal reçus dans les modestes locaux actuels, et alors que vous venez simplement vous inquiéter d’une facture d’eau ou de tout autre sujet passionnant. Un immeuble, des étages et des étages de bureaux, une magnifique salle de réunion pour contenir les égos (elle n’y suffira pas) des élus. Le tout avec votre argent. Vive votre argent !

Quand la ville dort…

Si le ciel ne me tombe pas sur la tête, si la neige ne fond pas au printemps, si la lune a comme un air de fête, alors un peu plus tard après la nuit, je prendrai connaissance des morceaux choisis que la majorité voudra bien me communiquer avant les prochaines élections, sur les toutes petites et minuscules questions que je pose aux services municipaux, qui ne peuvent pas me répondre sans l’aval du cabinet du maire. Et le Kabinet ist silencieux.
Heureusement on peut écouter Niagara. (Ça vient de sortir).

Il y a donc une réalité dans le fonctionnement du petit pouvoir municipal. Loin des déclamations il se révèle à l’usage. La vérité est celle de l’opacité. Cela a une conséquence : désormais il devient impossible d’accorder la moindre confiance à la majorité de gauche. Même pas sur le plus petit bout de trognon de question. Et c’est bien malheureux.

Au fil de la transparence

Soit une proposition simple :

– dans une démocratie, la transparence est une nécessité.

Cela implique que la minorité, dans le cas d’Annemasse pour prendre un exemple, peut avoir accès à l’information et à tous les documents administratifs. Le maire et sa majorité de gauche ne manquent jamais d’affirmer que tout est ouvert à la minorité à laquelle j’appartiens. Notamment chaque fois qu’un audit est demandé par l’opposition.

Les journalistes présents à chaque séance notent alors tous en cœur à quel point le maire est fairplay, et la majorité de gauche démocrate. Toute l’information est accessible.

Sauf que dans la réalité, les choses sont un peu éloignées du discours.

Ainsi le 8 mars 2011, je demandais des précisions financières sur un sujet anodin : quel est le montant des investissements sur les différentes places. Et depuis, rien.

Je reproduis le fil des mails échangés :

Jean-Pierre Benoist à michel.desmedt
   
aficher les détails 3 ms
   
Monsieur,

Je souhaiterais connaître depuis 1980 le montant de tous les investissements réalisés par la ville, y compris le mobilier urbain, sur les places : du Jumelage/Perrier, Jean-Jaurès, Jean-Deffaugt, Libération (à l’exclusion des travaux en cours), Clos Fleury, place des Marchés, Clémenceau.



Michel De Smedt michel.desmedt@mairie-annemasse.fr
à    Jean-Pierre Benoist <jeanpierrebenoist@gmail.com>
date    8 mars 2011 11:57
objet    Re: renseignements
    Ce message est important de par ses destinataires et expéditeurs, principalement.
   
masquer les détails 8 mars
   
Bonjour Monsieur Benoit
Vous voudrez bien m’excuser pour ma réponse tardive.
Je transmet votre demande au cabinet du Maire. Dans l’attente , je demande à mes services et au service financier les éléments de réponses que nous pouvons vous apporter.
La réponse se fera certainement par l’intermédiaire du cabinet.
En vous souhaitant une bonne journée
Michel De Smedt



Jean-Pierre Benoist à michel.desmedt
   
afficher les détails 25 mars
   
Monsieur,

Je dois revenir sur ma précédente question, je vous remercie de me communiquer les renseignements que je vous ai demandés, et je reste dans l’attente de vous lire.

Je vous prie, cher Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Le 7 mai, soit deux mois plus tard…..Rien. Et c’est sur un sujet anodin.

Plus minable, il y a la censure.

Si c’est pas beau ça !

Chère Madame la conseillère,

 

J’ai en mains votre courrier daté du 28 avril 2011 et que je
reçois aujourd’hui 3 mai, sur la limite du nombre de signes dans les articles,
2800 exactement, avec une marge de 50.

 

Toutefois jusqu’à présent il avait toujours été possible de
considérer ce nombre de 2800 comme un ordre de grandeur, et non comme une
limite absolue.

 

D’autant plus que vous ajoutez au texte du règlement du
conseil municipal que les signes
comprendraient les espaces et les caractères.

 

Vous noterez aussi que l’article 31 du règlement ne retient
en rien ce nombre de 2800 comme une limite absolue, puisqu’il précise « soit environ un titre et 2800 signes par
groupe »
. Il ne précise pas qu’il faudrait entendre par signe les
espaces et les caractères.

 

Jusqu’à aujourd’hui les dépassements en nombre de signes,
selon votre définition, se traduisaient par des caractères plus petits à
l’impression. La taille des caractères constituant alors une limite toute
physique.

 

Et voilà tout soudainement que vous voulez justifier votre nouvelle
inflexibilité.

 

Ce serait par « équité »
entre les groupes que la limite de 2800 signes s’imposerait, avec une marge de
50 signes !

 

En matière d’équité, la première mesure consisterait pourtant
à interdire au groupe auquel vous appartenez d’étendre de manière indue son
hégémonie à tout l’espace du JIM, en y ajoutant, dans une prétention à la
symétrie, une rubrique pour sa prétendue expression politique, alors que tout
le reste du journal est consacré à la glorification de ses actions. C’est une
pantalonnade.

 

Il pourra donc exister à l’avenir, comme il en a existé dans
le passé, des dépassements, et au delà s’il le faut de 50 signes
supplémentaires.

 

Je revendique d’ailleurs instamment 2800 signes sans
compter les espaces comme signes
.

 

Si vous deviez toutefois refuser un texte en raison d’un
dépassement même minime, il s’agirait alors d’une véritable censure, au
prétexte fallacieux de l’équité.

 

Je me tiens naturellement à votre entière disposition pour
discuter de tous les aspects de cette question.

 

J’en réserve copie à M VIGNY.

 

Je vous prie, chère Madame la conseillère, d’agréer
l’expression de mes sentiments les meilleurs.

                                                      Jean-Pierre
Benoist