L’arrondissement de St Julien dont Annemasse fait partie se classe en tête de la Haute-Savoie.

On est vraiment les meilleurs.

Prenons, par exemple, les chiffres de la délinquance, et dans ces derniers, ceux qualifiés de «violences physiques crapuleuses» (source :http://www.haute-savoie.pref.gouv.fr/02_securite/022_delinquance/0222_statistiques/index.php).

Au total en 2010 il a été recensé 561 faits de cette nature. 182 ont été commis dans l’arrondissement d’Annecy, 94 pour celui de Bonneville, 184 pour celui de St Julien, dont Annemasse est le centre principal, et 90 à Thonon.

L’arrondissement d’Annemasse-St Julien à ce stade représente 33% du total de la violence crapuleuse.

Or, l’arrondissement d’Annemasse-St Julien compte 155 173 habitants, soit 22 % de la population totale du département qui compte 716 277 habitants.

C’est pourquoi il faut se féliciter de l’excellence du résultat. On est vraiment les plus forts du département puisqu’avec à peine 22 % de sa population on réussit à atteindre 33 % des violences crapuleuses, loin devant tous les autres arrondissements rivaux qui, malgré leurs efforts, restent sensiblement dans le même ordre de grandeur pour la crapulerie et la population, par exemple 35 % de la population pour Annecy, et un maigre 32 % de crapuleries.

Et quand on pense que ces crétins de l’opposition à Annemasse voudraient mettre de la vidéo-surveillance partout, quelle honte. On perdrait la tête…

De la subvention et de l’élection.

C’est le chapitre manquant au quinzième tome des mémoires du président de l’agglomération, et du premier de son successeur au siège de maire.

Il est en cours de rédaction. Mais une indiscrétion d’un membre anonyme de la majorité municipale, rapportée par Louis, ce qui l’authentifie, nous en livre en primeur l’orientation générale.

En fait c’est un mode d’emploi de la subvention.

– Il la faut abondante, mais pas trop voyante quand même. Il faut rester dans la mesure, mais en donnant l’impression de faire un effort.

– Il faut en parler, communiquer, et s’inviter à tous les repas associatifs, en fonction du nombre des membres. D’abord c’est gratuit (avec tout ce qu’on paye, c’est normal), même si ce n’est généralement pas très bon. Les discours sont tout prêt : « Vous savez à quel point le maire tenait à vous honorer de sa présence, mais hélas (ici on intercale quelques vagues excuses), cela étant nous sommes heureux d’apporter notre concours aux magnifiques efforts de vos membres si bien représentés par un(e) président(e) dynamique, courageux(se), et qui mérite toute notre confiance». Il est inutile de préciser qu’on attend un retour d’ascenseur, c’est sous-entendu.

– Il faut fustiger l’opposition qui est si bête et inculte qu’elle s’abstient de voter. Et pourquoi donc s’abstient-elle ? Parce qu’elle réclame un audit. Un gros mot. Ces inconséquents de la minorité ne voient même pas que tout est politique, mais que rien ne l’est puisqu’on arrose tout ce qui bouge et qui rapporte une voix. Le choix est politique et la minorité n’a aucun droit d’en demander compte. Un audit ? Quelle idiotie.

– Juste avant les élections il faut rappeler discrètement à chaque organe associatif à quel point il sera nécessaire de poursuivre sa politique. Surtout ne rien changer. Voilà le meilleur argument.

Merci à la majorité pour son enseignement. Si c’est politique, j’ai bien raison de m’abstenir.

C’est le printemps, on solde les ordres du jour

Séance du 21 avril 2011

http://www.ville-annemasse.fr/content/download/14738/119032/version/1/file/Pli+du+Conseil+Municipal+du+21+avril+2011.zip

Et comme la maison n’est jamais pingre, en prime toute la séance du budget.

http://www.ville-annemasse.fr/content/download/14739/119037/version/1/file/Proc%C3%A8s-verbal+du+Conseil+Municipal+du+24+mars+2011.pdf

Bonne nuit !

L’apiculture selon Bouvard et Pécuchet

Comment ne pas céder à la tentation de mettre la ville d’Annemasse à la campagne, ou de mettre de la campagne dans la ville ?

M MINCHELLA, cet excellent adjoint du non moins excellent maire d’Annemasse, plutôt que de peindre les façades du futur quartier de Chablais-Gare (Chablais-Parc dans le langage publicitaire), en vert, comme le fait son brillant et aussi excellent collègue adjoint à l’urbanisme, M BOUCHET, préfère la solution révolutionnaire de l’installation de l’agriculture en ville.

Pas exactement des vaches, mais des abeilles, l’apiculture n’est-elle pas aussi une activité agricole ? Le conseil municipal à la quasi-unanimité en septembre 2010 avait voté l’installation de cinq ruches à Annemasse. Je n’ai pas voté cette décision. Je m’en explique.

Bien sûr qu’il est important de garder le contact entre la ville et l’espace. Il faut écrire espace plutôt que campagne, car la ville est en fait insérée dans un tissu « rurbain », plutôt que rural. Autour d’elle, c’est le paysage des villas que l’on rencontre, plus que celui des fermes. C’est cela la réalité. Aussi le lien avec la campagne au sens de lieu de production agricole, devient beaucoup plus ténu, et même purement symbolique.

Ce qui a été voté c’est au fond une résolution u-topique, dont le moteur secret est la nostalgie d’un espace rural idéalisé, dans un environnement de pur béton. Car le béton est le choix de la majorité municipale. Tous les espaces restants de la ville se bétonnent, et ceux qui sont déjà bétonnés sont surdensifiés. Par exemple à Chablais-gare (Chablais-parc en novlangue municipale).

Or, ce qui est nécessaire c’est précisément de l’espace de respiration. Un jardin, idée différente de celle d’un espace rural inséré dans la ville. Le jardin s’insère dans la ville, l’espace rural ne le peut à l’évidence pas.

Les ruches fonctionnent d’abord comme caution de la rhétorique écolo-gaucho-municipale. C’est un leurre.

La police est pleine de malice et le maire d’Annemasse plein de ressources communicantes

Le 24 mars au conseil municipal, le maire d’Annemasse
lut un communiqué saluant l’opération de police qui venait de se dérouler au
quartier du Perrier et qui avait permis de mettre la main sur
des traficoteurs à la petite semaine.

Je ne l’ai pas entendu, j’étais en retard. Le communiqué a été lu au début de la séance au cours de laquelle l’opposition quittait la salle, à l’exception d’une conseillère un peu assoupie et absorbée dans la lecture de l’ordre du jour (j’ai rectifié et barré le sudoku).  Je
n’ai rien raté, ce communiqué n’était pas un chef d’œuvre de la pensée
marxiste-léniniste.

«La Ville d’Annemasse était informée que la police préparait une « intervention
lourde » après plusieurs mois d’enquête que nous avons facilité matériellement
».
Bigre, le tout commençant par une faute (enquête que nous avons facilité au
lieu de facilitée, je suis indulgent, j’en commets et même des pires, mais
j’évite de les laisser quand  je me relis). Au fait c’était quoi au juste
l’action de faciliter ? Des dénonciations par la MJC ? Par les animateurs de
rue, de quartier, par les médiateurs de nuit, de jour ? On ne saura jamais,
c’est de l’ordre du secret défense.

Courageusement le maire poursuivait «Je me félicite du succès de ces
interventions parce qu’il ne peut y avoir nulle part ici ou ailleurs sur la
commune d’espace de non-droits
». Zut alors, pourquoi ne pas commencer par
la place de la mairie et l’Avenue de la République ? «Chaque fois qu’un réseau
de trafic de drogue tombe, c’est une bonne chose pour tout le monde parce que
la loi doit être respectée et qu’il y va de la santé publique
». Je suis
presque d’accord, mais je pense qu’en matière de santé publique on pourrait
faire encore mieux en interdisant l’alcool par exemple, et aussi la lecture du
JIM qui dérange les neurones, surtout ceux des bienpensants.

En plusieurs phrases il est alors expliqué qu’il fallait rétablir la police de
proximité, augmenter le nombre des policiers (au fait, question de nombre,
combien sont-ils, quels sont leurs horaires de travail, le nombre de jours de
récupération dès qu’ils sont en horaire de nuit – à quelle heure commence la
nuit policière – quel est au total le nombre des journées de congé payé
additionnées à celles de récupération ?

«Cette collaboration permanente doit se renforcer. Je sais que le
Commissaire Guffon partage cette analyse
». Voilà t’y pas que le commissaire
soi-même en personne se retrouve enrôlé dans les cohortes municipales au
soutien de la gauche plurielle. Il doit en être ravi, il ne faut pas en
douter.

Mais au-delà quelle est la politique de sécurité voulue par le maire et ses
co…s ? (D’accord je raye complices et je mets à la place conseillers, sinon
je me retrouve à Cayenne).

La Police en pleine intervention


– pas de vidéo-surveillance, sauf au compte-goutte, et parce que la pression populaire se fait forte en sa faveur,

– pas de police municipale, vous savez, justement celle qui peut être de
«proximité», au-delà de 17 heures. Pas de police nationale non plus d’ailleurs,
ou si peu.

– pas de dispositif communautaire d’alerte. Ça, c’est quelque chose qui peut
être facilement mis en œuvre, et qui fonctionne grâce aux relations de bon
voisinage : chacun signale tout évènement suspect dans son voisinage.
L’objection est d’une part que cela généralise la délation, c’est vrai, mais
c’est limité au caractère anormal d’une situation dans son voisinage immédiat,
l’autre objection est que ce qui est naturel en Suisse l’est moins en France.
Mais on pourrait le tenter.

La politique de sécurité, ce n’est donc pas simplement de la communication par
communiqué opportuniste interposé. C’est un travail de plus grande ampleur. Et
de ce point de vue, la gauche bienpensante n’est peut-être pas la meilleure
candidate et sans doute pas la plus efficace.