Vœux et Veaux

C’est avec beaucoup de prudence qu’il faut aborder cette année les vœux. La santé, bien sûr, l’intelligence, aussi.

La santé on l’a, l’intelligence, c’est moins sûr !

Le pire n’est pas derrière nous, mais peut-être devant. J’admire les assureurs, ils connaissent d’avance le pire, et ils s’en sortent toujours gagnants en modulant les primes qu’ils arrachent à leurs clients.

Mais nous, rien de tout cela. Le pire nous frappera si nous n’y prenons garde.

La crise est déjà là. Les retraites ne seront tout simplement pas servies, faute d’avoir ajusté les dépenses et les cotisations. Les déficits de la France continuent de se creuser. Rien de catastrophique à l’échelle du globe. Il continuera de tourner. Pas nous.

Entre-temps, les veaux que nous sommes, auront peut être élu un loukoum rondouillard qui nous promet 60 000 postes supplémentaires de fonctionnaires dans l’éducation nationale, le maintien de tout, la semaine à moins de 35 heures, une hausse des allocations, le rasage gratis, le tout dans la justice dont le couperet tombera au-dessus de 4 000 € (il dit qu’on est riche à 4 000 €, lui qui en gagne huit fois plus). Sans que cela coûte le moindre sou supplémentaire.

Et les veaux que nous sommes risquent d’élire le loukoum. Il sera suivi comme le messie. Pourtant dès le lendemain, on aura tous la gueule de bois.

Santé et intelligence. La santé, je vous dis que je l’ai. L’intelligence, je ne suis même pas certain de vouloir l’avoir. C’est si doux de croire aux sornettes. Plus doux que de se confronter à la réalité.

Mais assez de pessimisme. L’avenir radieux est devant nous. Je vous souhaite à toutes et tous de vivre en 2012 la tête haute, la main (droite) sur le portefeuille, le cœur toujours à gauche, et de résister aux sirènes imbéciles qui nous promettent Noël tous les jours. De vivre en citoyen et non en veau. Churchill promettait aux Anglais de 1940, du sang, de la sueur et des larmes. Le sang, heureusement l’Europe nous l’épargnera tant qu’elle vivra. Restent la sueur et les larmes. C’est la seule promesse que les élus devraient faire dans les circonstances présentes. Et si le peuple relève le défit, le pays vaincra.

inAction

En
ces temps crépusculaires, juste avant que nous ne soyons précipités dans
l’abîme de la récession, avant l’aube blafarde où l’on pourra contempler les
décombres laissés par la dilapidation des ressources, dans laquelle la gabegie
des dépenses publiques tiendra une si large part qu’elle nous en fera oublier
le reste, formons le vœu que l’activité renaisse tel le phénix pour créer les
richesses nécessaires au maintien de notre niveau de vie.

Parce que ni la ménagère Allemande ni la Chinoise, n’accepteront de nous prêter
le moindre centime. Et celle de New York a déjà été ruinée. Nous avons épuisé
toutes nos cartouches, la faillite nous menace. Même une catastrophique sortie
de l’Euro ne résoudrait rien. Nous ne pouvons compter que sur nous même.

Dans un tel contexte il est impératif que tous les acteurs se mobilisent.

À commencer par notre municipalité. Il est vital de renforcer l’attractivité de
la ville, de favoriser le maintien et le développement d’activités en son
centre. Je ne dirai rien des illuminations de Noël.

 

En
2011 et malgré l’afflux sans précédent des Genevois en Haute-Savoie, le
commerce annemassien n’aura pas connu d’embellie significative. Les flux se
détourneraient-ils d’Annemasse ?

 

Il
existe pourtant des réponses. Par exemple un meilleur usage des parkings privés
et publics. La demi-heure gratuite est un puissant incitatif, son absence un
inutile frein. Mais les horaires d’ouverture des commerces jouent également
leur rôle. Tous les acteurs, publics et privés, doivent coopérer pour développer
une meilleure activité.

La réponse de l’actuelle municipalité est plutôt de cultiver des chimères.
L’une qui tient le plus à son cœur est celle de la «Cité des Solidarités». Paraît-il que cela développera la notoriété
de la ville. Annemasse a réussi à transmettre le bébé à l’agglomération, ce qui
signifie en clair qu’un service administratif a été créé, maintenu, et sera
développé, il ne coûte qu’un peu plus de 209 000 € l’an, d’abord pour
promouvoir de beaux discours bureaucratiques, en jargon hermétique, et ensuite
pour «créer des synergies», entendez
pour que d’autres acteurs publics renvoient de la «notoriété». Et une fois qu’on aura cette notoriété, on pourra continuer de payer, parce que tout se résumera
en de nouvelles dépenses, pour que des ONG s’installent dans nos murs. On leur
louera des bureaux, à leur simple coût de fonctionnement en gardant
l’amortissement de l’immeuble et son entretien. Plus une subvention de-ci
de-là, et cela est supposé créer de l’activité.

C’est une erreur. Ce n’est pas cela qui serait susceptible de créer la moindre
richesse. Il ne faut pas confondre agitation et activité. La municipalité est
dans l’illusion. Et le citoyen risque fort d’atterrir durement.

Ce que je souhaite à toutes et à tous pour 2012 c’est d’abord du travail,
beaucoup de travail, de vrais emplois créateurs de richesses. Pour que nous vivions,
et que nos enfants vivent, sans avoir à emprunter pour vivre sur la tête de
leurs arrière-petits-enfants.




La propagande politique sous couvert de communication. (Prochain article du JIM)


Au conseil municipal du 12 juillet, une question a été posée au maire sur une dépense importante : « .. la décision 11.253, le choix de l’agence pour créer et accompagner la communication du centre nautique pour une somme de l’ordre de 38 000 €, je voulais simplement savoir si cette somme était déjà comprise dans le budget de travaux voté il y a 15 jours ou si c’est au contraire une dépense supplémentaire ? »

Monsieur le Maire : « D’abord, c’est 83 000 €. Il ne s’agit pas d’une dépense supplémentaire, c’est à l’intérieur du dossier global et ça fait partie du travail que l’on fait avec Annemasse-Agglo. En fait, la maîtrise d’ouvrage est totalement pour la ville, mais nous travaillons en lien constant avec l’agglo et il y a le financement que vous connaissez entre ville et agglo. Ça fait partie de l’accord de financement que nous avons voté, c’est à l’intérieur. On met d’ailleurs en général toujours, les frais de communication liés à un projet spécifique à l’intérieur de la globalité des travaux. Là, à l’intérieur des 20 millions TTC. »

(Extrait du procès-verbal de la séance du 12 juillet 2011 du conseil municipal d’Annemasse).

83 000,00 € pour « communiquer », sur la piscine. Inutile gaspillage. Tout gaspillage d’argent public est sinon un crime, du moins une tâche. Une salissure sur la démocratie.

Mais à qui profite le crime ?

Comme le maire et son équipe ne sont pas des imbéciles, qu’il est possible d’emblée d’éliminer l’inadvertance, l’erreur, la surcharge de travail, que sais-je, la pulsion communicante, l’altruisme, l’esprit républicain, reste à mieux analyser cette dépense.

Le crime profite au maire et à son équipe tout simplement parce qu’ils ne communiquent en réalité pas sur la piscine, qui n’en a nul besoin, mais sur eux, et sur eux seuls.

En ont-ils le droit ? Oui parce qu’ils peuvent en effet communiquer en apparence sur n’importe quel thème. Ils ne pourraient évidemment pas se payer une tranche de publicité dans la presse, car on crierait au scandale.

Mais dans la perspective d’un véritable détournement pouvoir, il y a bien scandale en l’espèce puisque ce budget inutile va mécaniquement n’avoir comme seul intérêt que la promotion du maire et de son équipe. Ce qui est en réalité visé dans cette affaire, même si pour les besoins de cette mauvaise cause on met en prime en avant l’agglomération. 83 000,00 € pour dire à quel point le maire est génial.

Il devrait y avoir une limite au gaspillage et à la propagande.

Bye Bye Lybie, bonjour les barbus.

Amère victoire,

 

La Libye vient de déclarer par son gouvernement provisoire qu’elle adoptait la charia, nous voilà devant une nouvelle réalité. Le printemps arabe accouche non pas de la démocratie, comme on le pensait, mais manifestement de quelque chose de fort différent. En même temps que l’annonce de l’adoption de la charia comme socle juridique de la Libye, il a été donné des exemples. Ils font froid dans le dos. Ainsi désormais la polygamie ne sera plus ni encadrée ni surtout proscrite. Ce qui signifie que la femme libyenne restera asservie au mâle barbu de service.

 

La Cour européenne des droits de l’homme, dans un arrêt du 31 juillet 2001- [Cour européenne des droits de l’homme, 3e section, 31 juillet 2001 Prés. : M. Costa. Siég. : MM. Fuhrmann, Loucaides, Türmen (juge turc), Sir Nicolas Bratza, Mme Greve et M. Traja. Greff. : Mme Dollé. Plaid. : MM. Özbudun (pour le gouvernement) et Hincker (pour les requérants). (Refah Partisi – Parti de la prospérité c. la Turquie)-], fait observer l’incompatibilité du régime démocratique avec les règles de la charia.

 

«Concernant le deuxième argument, la Cour européenne se range au point de vue du juge constitutionnel turc. Selon ce dernier la Charia est l’antithèse de la démocratie, de la raison et de la liberté humaine. De plus, pour la Cour européenne, la Charia, en ce qu’elle est bâtie sur des dogmes et reste fidèle à des lois divines, présente un caractère stable et invariable. Elle entre ainsi inévitablement en conflit avec « des principes tels que le pluralisme dans la participation politique ou l’évolution incessante des libertés publiques ». En outre, la position de la femme et la façon dont le droit pénal et la procédure pénale sont organisés dans la Charia sont « difficilement compatibles avec les principes fondamentaux de la démocratie, tels qu’ils résultent de la Convention, comprise comme un tout ». Par conséquent, la majorité de la Cour décide qu’un parti qui défend l’introduction de la Charia ne peut être considéré comme « une association conforme à l’idéal démocratique sous-jacent à l’ensemble de la Convention » (§ 71)».

 

On ne va même pas évoquer la question de la séparation de l’Église et de l’État, ni même la liberté religieuse. Ça fâcherait sûrement. En ce lendemain de fête, la réalité est celle de la gueule de bois.

Cette évolution est dirigée manifestement contre les valeurs européennes les plus fondamentales.

Demain on rase gratis, on ferme le pays, l’Europe, on laisse la retraite à 60 ans, on augmente les retraites,

on démondialise  (tout seul dans notre coin), on interdit les licenciements, on encadre les loyers on impose même des baisses autoritaires, on baisse le prix de l’essence, on créé encore plus de places dans les crèches, on multiplie les professeurs à tous les niveaux, même si les effectifs des élèves baissent, on augmente le salaire des professeurs, des agents de police, des agents de l’administration, on augmente le SMIG, on baisse le prix du ticket de la SNCF.

J’ai le terrible sentiment d’avoir oublié quelque chose. Ça y est ! On fait payer les riches. Comment n’y avais-je plus pensé. Tous ces salauds de riches vont payer pour tout ça, et comme leur richesse est aussi insondable que le tonneau des danaïdes, on ne sera jamais en manque d’argent. D’abord on les enchaînera pour qu’il ne partent pas, si par extraordinaire ils avaient l’idée saugrenue de rester, non de partir. Et de toutes façons on fera payer après les salauds d’allemands, qui sont encore plus riches que nos riches. On tue les vieux pour les retraites (du secteur privé, banane, pas du public, non mais !).

Les primaires socialistes, c’était une idée géniale. Aucune démagogie, que du sérieux. Que du neuf.

On vit une époque formidable. Une nouvelle ère s’ouvre. Le jardin d’Éden à côté était de la gnognotte. On aura cogne mou comme président et une ayatollah de Lille comme premier ministre. En plus, à Annemasse, on aura toujours notre équipe de gauche.

Elle est pas belle la vie ?

Le parking tuerait-il le commerce ?

En tout cas il n’y a pas que les groupes d’opposition qui le pensent. Même les commerçants s’y mettent et écrivent des vilenies au maire. Par exemple ils protestent contre l’augmentation des parkings dans une très récente lettre au maire. Ils ne comprennent pas, mais il n’y a pas qu’eux, il y a aussi plein de gens qui ne comprennent pas, et personnellement je fais partie des gens, ils ne comprennent donc pas toute la philosophie antibagnole véhiculée (je blague) par le maire et son équipe. Je vais essayer d’expliquer aux ânes dont je fais partie, le pourquoi du comment. Soit un usager d’un côté et un contribuable de l’autre. A priori ce sont deux personnes différentes par hypothèse. Le discours de l’équipe de manchots électriques qui gouverne nos destinées annemassiennes pense qu’il faut sacrifier l’usager sur l’autel de la circulation, car sinon on ferait rôtir à sa place le contribuable. Or, c’est à l’usager de payer et non au contribuable. Bien, mais si par extraordinaire l’usager et le contribuable étaient une seule et même personne ? Poser une telle question montre bien qu’on a rien compris à la puissante rhétorique municipale. Et je persiste, comme l’union des commerçants, à ne rien comprendre au tarif adopté par le conseil municipal, parce que je crois à la fois juste et efficace d’accorder la gratuité pour la première demi-heure. Tous les commerçants le réclament. Mais les commerçants sont quantité très négligeable. Comme l’opposition. Reste que les parkings seront de plus en plus cher.

Je suis heureux de n’avoir pas voté l’augmentation.

La faillite de la décentralisation

Boom ! Les résultats des élections pour le renouvellement partiel du Sénat viennent d’exploser à la figure de la majorité. Même si le Nouveau Centre a progressé en nombre de sénateurs avec quatre élus supplémentaires, outre la réélection des trois sortants, passant ainsi de 9 à 13, ce lundi avait un goût amer.

Une des causes de ce renversant renversement est la sourde résistance des élus territoriaux à la réforme locale. Et ce sont eux les électeurs du Sénat. Elle menace quantité de situations, par la simple réduction des postes. Erreur tactique, mais pourtant nécessité stratégique. Parce que cette réforme, insuffisante d’ailleurs, est absolument nécessaire.

Le paradoxe pour les girondins que sont les centristes, adeptes de la décentralisation, est que celle qui a été réalisée à partir de 1983 a tout simplement créé des féodalités, des prébendes, des rentes de situation. En trente ans, et surtout dans les 15 dernières années, un mille-feuille administratif s’est mis en place. On a multiplié les fromages pudiquement appelés « syndicats » ou « communautés » ou « agglomération », etc. Partout des présidences -rémunérées- des vice-présidences – également rémunérées. Partout surtout la multiplication des fonctionnaires territoriaux. Il n’est aucun roitelet qui ne veuille avoir dans sa mairie quantité de têtes dociles qui obéissent à ses directives, qui courent et s’agitent et lui donnent le sentiment d’exister. Les sots de gauche (nombreux) et les sots de droite (également nombreux) se sont fait concurrence dans l’embauche débridée. Les effectifs de la région ont explosé. Ceux des communes ont explosé. Dans notre agglomération on pourrait se livrer à la même analyse pour les communes. Quant à la communauté de communes devenue Agglomération avec un grand A et beaucoup d’emphase, il n’y a pas longtemps son excellent président dans une interview rappelait qu’à l’origine le syndicat gérant l’eau pour les 6 premières communes comptait 4 préposés, et aujourd’hui la structure en compte plus de 300. C’est un désastre.

À ce point de la problématique, le même président soutient que l’Agglo (sic) a beaucoup plus de compétences. Par exemple le transport. Sauf que le transport est dans la réalité concédé à un délégataire de service public et que pour l’essentiel les bureaux qui s’en occupent dans la structure administrative, passent commande à des bureaux d’étude externes. On est fou.

Et de construire, et de loger tout ce monde, et de vouloir au contraire multiplier encore les commissions, les machins, et surtout les in-dem-ni-tés.

Et quand vous avez un fromage, qui non seulement vous nourrit financièrement, mais en plus gonfle votre égo et fait de vous, un obscur, d’un seul coup un « chef d’entreprise », et un gros chef d’entreprise, qui en prime vous donne du pouvoir, alors vous entendez le conserver. De ce fait si un gouvernement intrépide, pour le coup on pourrait même dire téméraire, veut rationaliser le machin, il devient votre ennemi personnel. Et derrière c’est la claque sénatoriale.

C’est la mort dans l’âme qu’il faut se rendre à l’évidence de l’échec patent de la décentralisation en France, telle qu’elle a été réalisée. Elle doit être réinventée. Elle doit l’être sur des bases plus saines. Il y a deux maux majeurs qui ont sapé l’édifice. D’abord les prébendes, le côté fromage. Et pour lutter contre cela c’est simple : faire comme nos voisins. Les élus ne reçoivent aucune rémunération. Je sais que j’exagère, les indemnités ne sont pas totalement inutiles. Et le second s’appelle cumul des mandats. Sur ce point des progrès s’accomplissent, mais il reste le cœur du système avec le cumul occulte des présidences et des vice-présidences des différentes strates des mille-feuilles administratifs. Vache nourricière d’un parasitisme dévastateur. Derrière il y a le contribuable qui paye les frasques de cet indécent gaspillage. Et derrière encore il y a toutes ces ressources jetées en l’air, qui pourraient à la fois réduire la dette et être orientées vers l’investissement.

Aux armes citoyens ! On se fait égorger par le fromage. Une honte dans notre pays. C’est lui qu’il faut abattre.

«Exonérer partie du parc d’attributions sensibles». Ou La rhétorique du contournement.

Petite explication de texte. Cette phrase au sens obscur a
été prononcée lors de la séance du 13 septembre 2011 du conseil municipal. Le
sujet était le plan local d’habitat (PLH).

 

L’oratrice rendit grâce à la sagacité des dirigeants
municipaux, au caractère visionnaire de son maire,  et rappela qu’à Annemasse, à
la différence des autres villes de l’agglomération, et de tous ces vulgaires
bourgs si remplis de ces affreux nantis, ce sont plus de 25 % de logements
sociaux qui peuvent accueillir outre toutes les misères de la terre, nos
concitoyens aux revenus plus modestes qui ne peuvent trouver à se loger.

 

Elle expliqua qu’il fallait éviter la concentration des
logements sociaux dans la seule ville d’Annemasse, et au contraire viser à une
meilleure répartition dans l’agglomération. Et dans l’attribution des logements
qu’il fallait veiller à l’équilibre. Équilibre de quoi ? Mais c’est en cet
endroit que le bât commence à blesser. Car si la ville peut décider de leur
attribution, au moins pour partie, et suivre ainsi une politique dont on ne
connaît d’ailleurs pas les ressorts, le préfet et ses préposés ont également un
pouvoir d’attribution, de sorte que se pose la question du respect de
l’équilibre sociologique, qu’ils torpillent allègrement sans même avoir l’idée
«d’exonérer partie du parc», entendez sans égard pour ledit équilibre innomé.
Vilain préfet, gentil maire, très gentil adjoint.

 

C’est dans ce contexte qu’elle prononça cette phrase d’une
obscure clarté.

 

Tout s’éclaire pourtant si on traduit la proposition
hermétique en langage plus simple : il faut attribuer les logements sociaux en
respectant les équilibres et en empêchant le préfet d’imposer des
personnes «sensibles» dans le parc de ces logements.

Qu’est-ce donc d’abord que cet optimum d’équilibre ? L’adjoint
excellent à l’urbanisme a répondu à cette question à travers plusieurs séances
du conseil. Pour lui il faut préserver un «équilibre montée par montée», il
faut concurremment «éviter la ghettoïsation», Annemasse ne doit pas aller
au-delà du pourcentage actuel de logements sociaux lesquels doivent se répartir
dans toute l’agglomération.

Et que sont ensuite les attributions «sensibles» ? En fait ce qui
est sensible c’est l’attribution à des 
personnes qui pour le coup sont elles aussi «sensibles».

 

Je partage l’opinion de l’adjoint sur la nécessaire
répartition des logements sociaux, sur son souci d’éviter les ghettos, sur sa
volonté d’éviter les déséquilibres sociaux. Je partage aussi l’idée de cette oratrice. Ce que je partage plus
difficilement c’est la langue qui l’exprime.

 

Il faut méditer sur 
cette phrase prononcée à la séance du 13 septembre. D’où sort-elle ? En
fait elle sort tout droit de la bien-pensance, du politiquement correct, de
l’autocensure. Il existe un innommable, pour le discours dominant. Ce qui ne
peut être nommé c’est l’origine des personnes «sensibles».

 

Pour l’adjoint à l’urbanisme donc, répondant à ma demande
d’éclaircissement, il s’agit de trouver des équilibres «montée par montée».
L’équilibre des montées. Une nouveauté dans le discours de gauche. Le début de
la reconnaissance de la difficulté mondaine. Le monde ne fonctionne pas comme
une idéologie. Dans l’idéologie toutes les montées sont égales, dans le monde
réel il y a les grands, les petits, les gros, les maigres, les Dunkerquois, les
Annemassiens d’origine dunkerquoise, etc. Dans le monde réel, c’est vrai qu’il
faut rechercher les équilibres entre les différents groupes de la société qui
tissent le patchwork sociétal. Alors que dans l’idéologie, il n’y a que des
camarades, des citoyens, des prolétaires, tous égaux sous le joug de l’horrible
impérialisme capitaliste américain. Que l’adjoint à l’urbanisme en vienne, lui,
à reconnaître qu’il faut rechercher un équilibre «montée par montée» en dit
long sur l’application du discours à la réalité. Poser une telle affirmation, sans détour et clairement, c’est se mettre
immédiatement à dos la ligue des conformistes. Sans compter les
journalistes dont les stylos vont s’écraser au plafond, catapultés par un
spasme de réprobation. Dans ce billet cela restera largement innomé. Je ne nommerai en conséquence
pas les concepts cachés du discours alambiqué, qui s’est encoublé dans la périphrase, la
litote, la rhétorique de contournement. Je tiens aussi à la tranquillité.

 

Mais je sais que c’est idiot. Parce que le non-dit reviendra
comme un boomerang à la face des bienpensants par la surrection politique des
extrêmes.

Au boulot !

Vous croyez peut-être que les vacances politiques durent autant que la semaine des quatre jeudis ?

C’est non. La triste et dure réalité est là. La séance de ciné actuel est annulée, et vous n’aurez même pas vos débats d’après le film avec toutes les vielles taupes annemassiennes de gauche. Mais personne n’est obligé de lire l’ordre du jour de la séance du 13 septembre, et sa présentation synthétique. Si vous y tenez quand même, cliquez, et le tour est joué :

https://idisk.mac.com/juriste//Public/notesynthese130911.pdf

https://idisk.mac.com/juriste//Public/ordredujour130911.pdf

En revanche ce serait bien du malheur de ne pas écouter ça ! (C’est un test : si vous résistez vous garderez votre ordinateur, sinon vous ferez marcher le commerce).

L’herbe n’est pas forcément plus verte dans le champ du voisin

Il faut se demander ce que seraient les réactions en France si le gouvernement proposait de s’approcher de la législation de notre voisin.

La Suisse est ainsi

On peut imaginer les hurlements.

Cela étant, notre pays n’est pas configuré par ses institutions et les principes qui les inspirent, comme la Suisse voisine.

Ce qui n’est pas à l’évidence sans poser de délicats problèmes, dont il est par principe, interdit en France de discuter sur la place publique, en raison de l’implacable censure des élites et des médias.

Et cela fait le lit à un sentiment diffus dans la population de peur, de rébellion et de découragement.

Ce qui accouche à son tour de la tentation des extrêmes dont les scores augmentent d’élection en élection.

Il est donc temps de discuter ouvertement, sur la place publique, de ces questions relatives à l’accueil et au maintien des étrangers en France, ainsi que de leurs modalités.

Je suis bien conscient en écrivant ces lignes de susciter un malaise. Je suis le premier à l’éprouver. Je ne suis pas à l’aise sur ces questions parce que je ne veux ni heurter des sensibilités que je respecte profondément, et notamment toutes celles qui se déploient autour de l’idée d’hospitalité, et que je ne veux pas non plus heurter celles qui se retranchent du débat politique toutes baignées du sentiment non moins légitime de la perte d’identité et de toutes les peurs subséquentes.

Et je sais que la pire des réponses est le silence.

Se pose donc le problème des conditions du maintien d’un étranger sur le territoire. Doit-on faire du travail une obligation telle qu’elle en conditionne le maintien ?

Pour ma part je ne le pense pas. D’abord parce qu’il y a la notion de regroupement familial, et que si on l’admet, alors ce ne peut plus être un critère satisfaisant. Mais au nom de quoi l’admettre ? La réponse est brouillée sous différentes clameurs. C’est ici l’idée simple qu’un être humain a par définition le droit de vivre en famille. Idée que je partage. Ce sont aussi les cris d’orfraie des diverses bien-pensances, que je ne partage pas et qui hurlent au racisme, à la xénophobie, dès qu’on soulève le couvercle qui étouffe la question.

Aussi en conséquence de mes options, je désapprouve et la lettre et l’esprit du courrier ci-contre. Mon Dieu, qu’il est hallucinant de pouvoir écrire qu’on se sépare d’un étranger qui n’a plus de travail, peut-être tout simplement parce qu’il a eu un grave accident de la vie, comme d’une vielle chaussette.

C’est bientôt la rentrée, et après les neiges qui reviendront, le temps des élections.

Tout ce qui ne sera pas dit sur la place publique cheminera souterrainement dans les consciences et produira un désastre.

Un service de propagande à la mairie + un prestataire extérieur + une chargée de mission + un rédacteur du blog de la majorité (payé par le contribuable) + un journal + un site = la médiocrité absolue.

Très généreusement, son Excellence Monsieur le Chef du Cabinet (je mets des majuscules partout, ça en jette) de l’État Major de sa Sérénissime Grandeur Monsieur le Maire d’Annemasse, bravant notre disgrâce, nous a invité, nous les opposants à la Majorité Municipale, vermisseaux d’entre les vermisseaux, à produire un article de 2000 signes pour le site de la mairie, et pas un mot de plus.

Les vermisseaux sont alors convenus de publier le texte suivant :

«Il y a une réalité dans l’internet, c’est celle de la
liberté. Il y a une réalité dans la gestion de l’équipe majoritaire municipale
de gauche à Annemasse, c’est celle de sa mainmise sur la ville. Elle fait donc
mauvais ménage avec la liberté. La loi l’oblige pourtant à ouvrir les colonnes
de ses journaux et de son site web aux minoritaires.

Plutôt que de le faire loyalement elle veut brider leur
libre expression en la limitant à deux mille signes de manière tout à fait
arbitraire.

Les citoyens qui sont dans l’opposition refusent de se
prêter à ce simulacre de démocratie.

Ils vous invitent à cliquer sur ces liens pour accéder
directement à leur libre expression : (suit le lien)»
.

Non mais !

La bataille continuera sur les blogs.

Quand on parcourt le site de la mairie, fait à coup de fric, entretenu par tout un service, quand on lit le JIM, quand enfin on va traîner son regard sur le blog miteux de la majorité, fabriqué par les mêmes, on reste confondu qu’avec un tel arsenal de moyens ils n’accouchent que de cette minable fadasserie bureaucratique. Je ne crois pas qu’il faille s’en réjouir. Le visage gris muraille que la majorité offre de la ville est une poussée de plus vers l’abîme, une malédiction supplémentaire.

Les génies crépusculaires ont encore frappé,

Depuis près de cinq mois je demande qu’on me précise les investissements réalisés sur les différentes places de la ville depuis les années 80. Ma demande vise à approcher le coût des investissements publics dans les espaces publics, rien que de très bénin. Mais cette demande est perçue comme une déclaration de guerre politique par la majorité municipale, on ne sait pourquoi. D’où le silence, puis le silence devenant indéfendable, une nouvelle dérobade. C’est le chef de cabinet du maire qui m’écrit pour m’indiquer qu’il laisse à ma disposition l’ensemble des comptes administratifs.

«Faisant suite aux dernières séances du conseil municipal, Monsieur
….s’apprête à imprimer les comptes administratifs des trentes (sic) dernières
années (et pour certains, les services les ressortiront de nos archives)».

Sous-entendu, venez perdre votre temps pour retrouver ligne après ligne les dépenses dont il s’agit.  À l’heure de l’informatique, et alors que personne ne fera croire qu’il est impossible de retrouver cette information sur les ordinateurs de la mairie en deux coups de cuillère et de clics. Mais non, par simple souci de nuire, on feint de mettre à disposition l’information demandée en produisant les éléments comptables bruts, qui nécessiteraient par une telle voie un temps considérable pour être traités. Cela s’analyse encore en un refus, doublé d’une imbécile mesquinerie de génie crépusculaire.

Le sceau des sots

Un éclairé, mais rassurons-nous, payé sur les deniers du contribuable, a écrit dans le blog succulent de la  majorité municipale :

«il est important de savoir notamment qu’une partie de l’opposition a :

- refusé de voter les subventions aux syndicats (défendre les droits des salariés ne semble pas recueillir leur approbation

Eh oui, grand clerc, la CGT qui défend d’abord ses permanents politiques, ne mérite pas un kopeck. Les syndicats doivent être indépendants des pouvoirs politiques, et même des petits pouvoirs aux petits pieds. L’indépendance doit d’abord être financière à l’égard de ces pouvoirs.

photo Libération frontière Gaza Égypte

«- refusé de voter la subvention à l’association « Une Toile contre Un Mur »
car « on ne doit pas prendre parti ». Outre que faire de la politique,
c’est choisir, ce vote sous-entend que l’association en question–
hébergée par la MJC Sud – serait partisane alors qu’elle est militante.
Il nous semble intéressant de citer une phrase extraite de son site
internet www.unetoilecontreunmur.org :
« Notre implantation dans la cité nous permet d’avoir des partenariats
avec deux MJC. Sur place, j’ai vu des associations Israéliennes,
Palestiniennes et internationales luttant souvent côte à côte pour une
paix juste et durable, essayant de créer un lien entre ces
populations »
.

Eh oui, J’AI refusé.

Tu es si brillant que tu ne te rends même pas compte de ce que tu révèles. Ainsi Une Toile contre Un Mur est hébergée par la MJC Sud. Zut alors, je croyais que les MJC ne faisaient pas de politique. Encore une illusion de perdue.

La prose antisémite à laquelle tu participes sous couvert d’antisionisme militant dégouline de ta bave, et je continuerai de voter contre ce projet partisan. Parce qu’il est partisan, il est partial, et le site de cette «association» renvoie expressément au boycott d’Israël, fustigé à chaque ligne, appelle à l’expression contre tout mur discriminant, mais n’en voit qu’entre les territoires palestiniens et israéliens, en faisant l’impasse sur les barbelés existants entre lesdits territoires et les pays arabes voisins. Au fait, les bonnes âmes, pourquoi donc les Palestiniens ne pouvaient-ils pas circuler librement vers l’Égypte avant le 28 mai 2011 ? Avez-vous une idée ?

Il y a d’autres subventions que la plupart des conseillers de l’opposition ont refusé de voter. Et ce n’est pas fini. La plupart ne voteront plus les subventions alimentant le fonds de commerce électoral de la gauche annemassienne.

La bonne monnaie chasse toujours la mauvaise.

C’est un scoop de la dernière séance du conseil municipal.

Il faut pour le comprendre se souvenir de la proposition de M Raymond Bardet, maire de Ville-la-Grand, pour l’urbanisation du secteur de la gare. Il avait proposé la couverture des voies ferrées.

Un nom avait été aussitôt trouvé à son projet : Tsunami. Essentiellement parce qu’il bousculait la doxa annemassienne, appuyée sur ses bureaux d’étude stipendiés. M Borrel alors maire était monté au créneau. Il contestait le projet de M Bardet. « Moi, j’agis au nom de l’ensemble des conseils municipaux et je ne fais aucune opération spectaculaire et unilatérale ! Aucune !…Sachant que ce projet, Monsieur Benoist, il a quand même trois défauts : un, c’est une initiative tout-à-fait personnelle pour laquelle aucun maire n’a reçu préalablement un coup de téléphone pour dire « je fais un projet concurrent du nôtre » ; Deux, ce projet fait plus de cinq hectares -huit hectares sont annoncés- donc il doit obligatoirement être traité par la 2C2A ; trois, lorsque l’on dit que l’on va construire la Défense ou l’équivalent de la Défense sur une dalle qui va couvrir huit hectares de voie ferrée, moi, j’attends de voir..(précision il voulait voir la rentabilité).Tout le monde a le droit de rêver».(12 juillet 2007),

Bref, c’était un rejet. Véhément.

Et voilà qu’au détour du conseil du 12 juillet 2011, quatre ans après, le maire annonce que dans le futur, une fois la gare «biface» réalisée, la couverture serait envisagée.

Ville-la-Grand : 1, Annemasse : 0

Le maire de Ville-la-Grand avait raison. L’équipe du maire d’Annemasse avait tort. La modestie n’est manifestement pas sa vertu cardinale. Non plus que l’imagination, et que dire de ….l’ambition.

Vive l’absinthe !

Le vote a été fracassant. L’unanimité moins une voix (la mienne) pour se féliciter du succès de l’initiative de Robert Borrel qui avait fait fleurir le casino, et pour voter le renouvellement de la délégation. 8,25 % des ressources de la commune, qui prélève 15 % des recettes, et reçoit encore quelques autres subsides. C’est une DSP (délégation de service public), si bien qu’en théorie le renouvellement devait être mis en concurrence. Mais ici, comme les trois grands groupes nationaux se partageant le juteux marché des casinos, il n’y avait aucune chance pour qu’il y ait un autre candidat. Le tout énoncé dans la bonne humeur, par le jovial premier édile d’Annemasse. Et comment donc ne pas être content de cette grave entorse aux règles de la concurrence, qui épargne si miraculeusement le monde de la nuit. L’obscurité sied aux concombres, et aux élus de la majorité du conseil municipal d’Annemasse. Une raison de plus d’être contre le jeu, le trafic de drogue, le trafic d’armes, la prostitution, l’esclavage, les socialistes, la sorcière Eva Joly et les épinards. 

Le conseil municipal a eu l’extrême audace de voter, cette fois sans les voix des opposants, pour la «mise à disposition» d’un local destiné à une AMAP (ODAMAP dans le nouveau sigle). Ce qui se cache derrière ce sigle est une association dans le plus pur esprit de la loi de 1901, un méli-mélo de consommateurs de produits bio, et de producteurs. J’ai demandé qu’on chiffre l’avantage procuré ainsi, puisque la mise à disposition gratuite d’un local a bien une valeur, et j’ai demandé qu’on inscrive la somme dans la liste des subventions. Eh bien non. On ne saura pas quelle est la valeur locative du local, et cette subvention déguisée ne sera pas incluse dans la liste des subventions. Le plus amusant est que la majorité municipale écrit « La Ville d’Annemasse, considérant que ces objectifs sont communs à ceux qu’elle-même se fixe dans le cadre de sa politique municipale, souhaite apporter un soutien à l’action de l’association, dans le but de développer une agriculture paysanne de proximité, écologiquement saine, socialement équitable et économiquement viable et dans les conditions définies ci-dessous». C’est amusant parce que l’économiquement viable, l’est à coup de subventions, c’est risible. Louis Mermet a eu bien raison de rappeler que tout ce qui est biologique n’est pas nécessairement sain. Le biologique vient justement d’essuyer ses premiers scandales alimentaires, plusieurs personnes en étant mortes.

Sur un point de l’Ordre du Jour, il n’y a pas eu non plus de vote convergent des opposants. Il s’agissait du recrutement d’une chargée de mission du service communication. C’est une création. Ce qui est sidérant c’est que le rôle principal de cet agent serait, à entendre l’adjointe qui a présenté le bébé, de coordonner les services avec le prestataire de service qui va rénover le site de la mairie. C’est vraiment de la foutaise. Oser dépenser encore des salaires pour coordonner un service administratif dont l’objet est la communication, et dont ce devrait être à l’évidence le travail, avec un prestataire externe, qui va certainement recevoir un montant plus qu’important pour cette rénovation du site de propagande de la mairie, c’est un triste gaspillage. Un de plus. J’ai voté résolument contre cette ânerie défendue si niaisement avec des arguments si infantiles qu’on peut se demander s’ils ne cachent pas une autre réalité : celle par exemple d’étoffer l’équipe des propagandistes politiques du maire. Je regrette d’avoir été si seul. En tout cas, il faut interdire l’absinthe, sinon on va risquer le pire encore dans les prochains conseils. Aujourd’hui c’était un entraînement.

Extrait du manifeste de la gauche éternelle.

Avec cet ordre du jour on va pouvoir défiler le 12 juillet 2011 !

https://idisk.mac.com/juriste//Public/ordredujour12072011.pdf

Surtout, venez nombreux, et cliquez en masse sur le lien, et vous comprendrez à jamais pourquoi il faut succomber à l’alcool de la poésie et à ses pièges mortels.

Il y a quand même quelque chose de remarquable dans cet ordre du jour qui sans cela serait bien insipide. C’est le coup de l’agriculture tiermondiste, écologiste, bovéiste, antilibérale genre Attac, et au soutien de la cause palestinienne, dans le sillage de sa présidente, qui est vendue en kit, et déjà achetée par la majorité municipale. On ne comprend d’ailleurs pas pourquoi c’est soumis au vote puisque l’an dernier le 30 juin 2010 il avait simplement été annoncé une décision du maire : «Décision n° 10.210 – Mise à disposition d’un local situé 36 rue du Château-Rouge». On saluera la discrétion de cette décision. Que c’est-il donc passé depuis ? Simplement les temps deviennent plus électoraux, et il convient de rassembler la gauche et de lui agréger l’extrême gauche. Et puis il y a l’atavisme. Chassez le naturel et il revient au galop. Au fait, comment donc les coalisés de la majorité municipale qui prétendent ne pas être à gauche prennent-ils ces choix ? Réponse par le silence.

Rappel de la réalité : l’intolérance et ses ravages.

Intervention de Yves Pozzo di Borgo (Nouveau Centre) dans le débat
sur les violences à l’encontre des Chrétiens au Proche et au
Moyen-Orient au Conseil de l’Europe

Monsieur le Président, mes chers collègues

Je me félicite que notre Assemblée ait accepté la tenue de ce débat d’urgence. A mon sens, les persécutions dont sont victimes les Chrétiens d’Orient ne doivent pas être passées plus longtemps sous silence. Les attentats perpétrés contre la communauté chrétienne en 2010 ont été d’une rare violence. Bagdad et Alexandrie n’en sont que les deux principaux exemples.

Il y en a d’autres, comme l’interdiction d’une messe de Noël dans la partie nord de Chypre, que le Président de la commission des questions juridiques, M. Panicos Porgourides, a porté à notre connaissance. Il est clair que les islamistes radicaux ont pour but déclaré la destruction des valeurs occidentales et attaquent la communauté chrétienne dans cet objectif. Je m’inquiète aussi du sort réservé à de nombreux Chrétiens dans des pays d’Asie, même non musulmans – en Chine, par exemple. Si nous continuons à nous taire, nous risquerions de condamner ces populations, qui vivent pourtant sur les mêmes terres depuis des siècles, à la mort ou, tout au moins, à un exil certain.

En tant qu’acteurs politiques, il est de notre devoir de dénoncer la situation actuelle. Je me réjouis donc que le Conseil de l’Europe ait eu le courage de se saisir du sujet. Un courage dont ne semble pas faire preuve le Conseil de sécurité des Nations unies. A peine a-t-il publié une déclaration à la suite des attentats en Irak, mais il ne manifeste nullement l’intention d’adopter une résolution sur la question des Chrétiens d’Orient ou des minorités religieuses. Cette lâcheté à s’impliquer sur des sujets fondamentaux pour l’avenir de notre monde m’étonne d’autant plus de la part d’une organisation traditionnellement si prompte à condamner mon pays pour ses manquements aux droits de l’Homme. Comment expliquer que les Nations Unies fassent preuve d’une telle partialité ?

L’intérêt de notre débat d’urgence ne réside pas, en effet, dans la défense d’une communauté religieuse – la communauté chrétienne en l’occurrence – par rapport à une autre. Une telle position n’aurait aucun sens. En revanche, notre débat pose très clairement la question des conditions du « vivre ensemble » dans nos sociétés contemporaines. Il va donc bien au-delà de la défense des seuls Chrétiens dans une zone géographique donnée.
C’est cet enjeu du « vivre ensemble » qui fait toute la pertinence de notre débat au sein de notre Assemblée puisqu’il s’agit d’un défi auquel chacun de nos États, même loin de l’Orient, est confronté. Comment maintenir ou restaurer l’harmonie entre les différents groupes qui composent nos sociétés ? Comment pouvons-nous garantir l’intégration de la communauté musulmane en Europe ? A mon sens, la réponse est double. D’une part, il convient de défendre les valeurs d’égalité, de liberté et de tolérance afin de permettre aux différentes communautés non seulement de coexister pacifiquement, mais également de s’enrichir mutuellement par leur diversité. D’autre part, il importe de promouvoir le dialogue interreligieux. C’est au travers d’échanges nourris et constructifs entre les différentes instances religieuses que nous pourrons parvenir à prévenir les conflits. C’est pour cette raison que je suggère que nous invitions le Comité des Ministres à prendre l’initiative d’organiser un grand colloque réunissant l’ensemble des instances religieuses présentes dans le monde afin qu’ils puissent discuter ensemble des questions qui nous animent aujourd’hui. Si vous en êtes d’accord, je déposerai une proposition de résolution sur ce  sujet lors de la prochaine session.
Je vous remercie.

Qu’est-ce que l’irresponsabilité ?

Ouf ! Pour une fois, l’exemple ne vient ni d’Annemasse ni de son agglomération, mais de nos voisins chablaisiens. Pire encore, l’information vient du « Dauphiné Libéré », (Jeudi 30 juin 2011), si ce n’est pas incroyable ça, Mme Bouzigue !

Nos voisins donc ont investi quelques millions d’euros dans le projet, aujourd’hui réalisé, du contournement de Thonon. J’écris quelques millions parce que les chiffres exacts ont d’autant moins de sens que les élus ne comptent jamais, et ne sont jamais responsables.

Une illustration terrible de cette proposition est rapportée par le grand journal quotidien régional (pommade). L’emprunt des sommes nécessaires à l’investissement a été fait auprès de Dexia, au taux en 2005 de 3,93 %. L’annuité était alors de 30 000 €. Mais, et c’est là que l’irresponsabilité pointe son nez, les bons élus et les bons fonctionnaires territoriaux tout bardés de titres n’avaient même pas lu les contrats, et aujourd’hui alors que le taux est passé à 14 % l’annuité s’élève à 280 000 €, selon le grand journal*. Vous faites ça dans votre ménage et vous vous retrouvez en chaussettes. Vous êtes salarié, vous êtes viré. Vous êtes chefs d’entreprise, vous vous retrouvez en faillite et avec une telle gestion vous risquez en plus les foudres des poursuites personnelles pour les fautes commises.

Si par contre vous êtes élu, ou que vous êtes un agent territorial, qui n’a rien vu, rien lu, mais dont c’était le travail, vous ne risquez rien du tout.

Le journal écrit : « À qui la faute ? L’actuel président du Siac dédouane totalement ses prédécesseurs. « À l’époque personne ne pouvait anticiper la crise et le contexte de l’euro qui nous plombent aujourd’hui ». Même posture pour Mme X… Directrice des services, qui incrimine Dexia. La dérive au-delà de d’un taux de 10 % n’a pas été explicitée aux élus ». C’était pourtant dans le contrat qu’il suffisait de lire, c’est ce que Dexia répond à ceux qui la critiquent.

C’est là l’irresponsabilité extraordinaire de tout ce petit monde. Les élus sont réélus. Les agents restent dans leurs fonctions, et sont régulièrement promus à des grades supérieurs. Le contribuable que vous êtes paye, demain, après-demain. Il est le seul responsable de leur négligence.

Assistera-t’on un jour à une révolte ? C’est extrêmement peu probable. Je sais que cette histoire vous ennuie. Quand le réveil électoral viendra, vous l’aurez de toute façon oubliée, vous n’irez pas voter, vous aurez tort.

* J’ai du mal d’ailleurs à comprendre les chiffres cités, parce qu’en passant de 3,9 à 14 je ne vois pas comment l’annuité passerait de 30 à 280. Il est possible que l’annuité à la sortie soit moins élevée, mais cela ne change rien au fond de désastre et d’imprévoyance. Et quand on ajoute à tout cela que pour rattraper la bévue le SIAC a recours à un cabinet d’experts, c’est encore plus honteux.

Rien ne change, sur le front municipal.

À l’évidence comme cela a déjà été souligné à plusieurs reprises, la majorité municipale à Annemasse clame son respect du principe du pluralisme et se badigeonne en permanence de transparence, alors qu’en réalité elle évolue en pleine opacité. Si l’on devait rechercher des analogies historiques à une telle situation, il faudrait, toutes choses égales par ailleurs, considérer les mécanismes totalitaires qui étaient à l’œuvre dans les pays de l’Est avant la chute du mur de Berlin.

Toutes choses égales par ailleurs, car ce qui manque à la majorité municipale de gauche à Annemasse c’est la kalachnikov et la fosse commune. (Je dois ici indiquer que je prends une image, introduite par la locution «toutes choses égales par ailleurs» et non pas que je crois une seconde que nos gracieux collègues de la majorité de gauche pourraient sérieusement manier dans la réalité ces armes, et poursuivre cette fin). Il ne faut donc rien exagérer. L’opacité réelle du fonctionnement des organes de la majorité municipale à Annemasse, et même de son administration, ne porte sur aucun sujet d’importance majeure et heureusement ne se situe pas au carrefour stratégique de la société. C’est simplement un mode de fonctionnement pernicieux.

J’ai un exemple : cela fait maintenant plusieurs mois que je demande, poliment, qu’on me donne quelques renseignements sur les investissements réalisés depuis 30 ans sur l’ensemble des places de la commune d’Annemasse. Plus banal on meurt. Pourquoi les places ? Parce qu’elles sont visibles, ce qui est une lapalissade. Et ce que je cherche, c’est tout simplement, de pouvoir mesurer l’effort budgétaire que le simple maintien des lieux en l’état nécessite, et l’effort que l’amélioration entraîne. il n’y a dans cette recherche principalement qu’une curiosité intellectuelle.

Je me suis adressé aux services concernés pour obtenir ces renseignements, c’était alors le 3 mars 2011. Une semaine après ma demande le chef du service s’est confondu en excuses pour avoir mis si longtemps à me répondre, alors même que je ne trouvais ce délai nullement excessif, et il m’indiqua réunir les renseignements et se référer au cabinet du maire. Depuis silence. J’ai relancé périodiquement, et je n’ai jamais eu de réponse. Il n’y a même pas eu d’accusé de réception de mes relances.

Dans le même temps, l’opposition à laquelle j’appartiens était périodiquement stigmatisée par le maire pour son manque de loyauté démocratique. La situation est donc surréaliste. Les organes de la municipalité de gauche n’ont même pas la décence de respecter les formes élémentaires de la politesse, et pourtant ils prétendent donner des leçons.

Par analogie, c’est un peu la même situation que celle que Staline faisait vivre à son malheureux pays, et dont la méthode a été copiée et resservie en France par le parti communiste. Le mensonge le plus opaque, le travestissement le plus excessif de la réalité, et en même temps la clameur de la bonne foi et de la vérité. Toutes choses égales, car d’un côté il y a 20 millions de morts, et de l’autre quelques kilos bimensuels du journal d’informations municipales. Mais donnez une kalachnikov à ces pieds nickelés, (la locution est affectueuse, pour l’image, voir plus haut et k), et immédiatement on peut être sûr, les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, que ce sera mortel. (j’aurais pu écrire «délétère, ce qui se situe dans le même registre. Encore que…..aucune pièce d’a été au début

En attendant le déluge, annoncé par un tsunami qui emportera toute cette équipe au diable vauvert, je vais demander les statistiques sur l’évolution du nombre des vendeurs de glaces à Annemasse en fonction des courbes de température. Il est possible que la question soit politique. Je crains le pire.

Alliance, la nouvelle confédération du centre.

Le plus remarquable chez les centristes est leur propension irrépressible à la division et à l’émiettement. Mettez deux centristes ensemble, dans une cabine téléphonique, par exemple, là où généralement ils tiennent leurs réunions, et immédiatement un phénomène de scissiparité agit, mais la scoumoune les agresse alors sauvagement et au lieu de se retrouver à quatre, mettons deux gros centristes et deux petits, ils restent désespérément à deux, voire à moins quand outre la guigne qui ne les quitte plus depuis 1958, s’y ajoute  l’âge et ses naufrages.

Mais c’est sans compter sur le printemps. Au printemps toutes sortes de bonnes choses fleurissent, les contraventions sur les pare-brise, et parfois les partis politiques.

L’alliance est née ainsi ce week-end du 25 juin 2011, par la réunion confédérale de quelques chapelles et de deux courants majeurs, le Nouveau Centre et le Parti Radical.

Le centrisme en France plonge ses racines dans l’histoire. Depuis la Révolution française il y a toujours eu des modérés décentralisateurs, la Gironde dans les temps troublés d’alors, toute opposée à la Montagne centralisatrice des extrémistes. Puis au fil du temps on retrouvera le centre sous diverses étiquettes, mais toujours dans la fidélité aux principes républicains fondamentaux, la Liberté, l’Égalité et la Fraternité. Les valeurs du centre peuvent aussi s’énoncer sous une autre définition, celle de l’humanisme. Le centre est le courant de pensée de la modernisation de la France, au sein de l’Europe qu’il a tant portée et mise au principe de son action. Autant dire qu’on ne trouvera guère de nostalgiques utopistes de la fermeture des frontières en son sein, comme ils fleurissent dans la démagogie conjuguée de l’extrême gauche, qui n’a rien appris des crimes de Lénine, de Staline, de Pol Pot et de Kim Il Sung 1, 2, 3, et de l’extrême droite qui imbécilement croit pouvoir dresser des barrières dans un monde de plus en plus ouvert, et dont la richesse découle de la fluidité des échanges.

Une nouvelle confédération est née, et cette fois-ci se sera pour plus d’une élection à venir, pour longtemps. (Je suis optimiste). Nécessité fait d’abord loi, et dans cette perspective le centre n’a ni la possibilité électorale de rester divisé, ni celle de rester englouti dans le grand parti allié. La séance inaugurale de la confédération départementale pour la Haute-Savoie s’est tenue à Annecy.

Mais regroupement avec qui d’autre ? En tout cas jamais Bayrou. Le 25 juin 2011, l’assemblée marquait une très vive répulsion à l’évocation du son égo surdimensionné. Il n’est plus du centre et le choix annoncé tout récemment par l’ancien maire d’Annecy, Bernard Bosson, laisse les centristes de tradition, incrédules.

En voiture Simone !

Embarquement immédiat pour la prochaine séance du conseil municipal le 30 juin 2011, si vous le voulez, il vous suffit de cliquer sur le lien, et oh ! magie, tout apparaît sur votre ordinateur. Du coup vous pourrez veiller tard le soir, philosopher le lendemain, agir dans un futur éloigné, et rêver, tant les sujets vous tirent par la manche à air pour vous élever au-dessus des contingences locales.


https://idisk.mac.com/juriste//Public/Pli du Conseil

Encore plus fort !


https://idisk.mac.com/juriste//Public/Conseil Municipal du 12 juillet 2011 – DSP CASINO

J’ai été injuste en écrivant que c’était ringard, en l’écoutant je lui trouve du charme, cela étant le jeu est laid.

Du bon usage de la police municipale

Ils sont aujourd’hui 18 000 policiers municipaux en France, et simplement dans
notre commune d’Annemasse, 18 outre 10 ASVP (les « contractuels » qui
laissent un charmant avis de passage sur votre pare-brise). Les effectifs des
polices municipales sont loin de ceux de la police nationale, 149 000, ou même
ceux de la gendarmerie 109 000.

 

Au fait, il faut toujours s’imaginer ce que représentent 149
000 + 109 000 + 18 000 = 276 000, c’est une ville entière plus grande que Lille (226
000), bien plus grande que Grenoble (156 007). Ce qui n’est pas rien.

 

Mais dans notre ville les effectifs des policiers municipaux
sont donc très modestes. 18, si on compte qu’il y a 8 heures ouvrables par
jour, que la maladie et le congé subséquent existent, que tout le monde est astreint à la formation, si bien qu’ils ne sont peut-être que 14 opérationnels, alors il
n’est pas surprenant qu’on ait l’impression de ne quasiment jamais les
rencontrer. 14 pour 30 000 habitants, c’est un policier municipal pour
2 000 habitants en proportion. Ils sont donc rares.

 

Mais pour quelles missions ?

 

Dans un pays de droit écrit comme l’est la France, le rôle
de la police municipale est naturellement défini par un article d’un obscur grimoire, ici le Code
général des collectivités territoriales, que chaque citoyen a nécessairement
sur sa table de chevet, et particulièrement par l’article 2212-2.
En substance : « la police
municipale a pour objet d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la
salubrité publiques 
».Vastes missions. Tout est dans tout et
réciproquement, de sorte que la police municipale peut intervenir ou même doit
intervenir dans tant de domaines que leur liste ressemble à un jour sans pain,
pour sa longueur. Par exemple il en est un qui est rigolo : « le tumulte excité dans les lieux d’assemblée
publique
 », aux prochaines réunions du conseil municipal je demanderai
l’intervention des policiers municipaux dès que monsieur le maire s’en prendra
à un membre de l’opposition.

Bobby

 

La police municipale est donc une
institution destinée à assurer principalement la paix publique. Noble tâche.

 

Il sentait bon le sable chaud

Reste une question qui fait actuellement l’objet d’un débat.
Doivent-ils porter une arme ? Il paraîtrait que les policiers municipaux
le demandent et ce matin 15 juin 2011 le Figaro organisait sur son site
internet un mini sondage, 56 % des lecteurs y étaient favorables. J’ai voté
contre, et je voterais contre si la question devait se poser au conseil municipal.

 

Pourquoi ? Parce qu’il faut être contre l’usage des armes,
et leur port d’une manière générale, y compris par la police nationale. Étant
observé d’ailleurs qu’en Angleterre les bobbies n’en portent pas, et que l’on
sache, l’Angleterre n’est pas plus un coupe-gorge que la France. Il faut
s’opposer à un tel mâle hochet, argument suprême d’autorité. Il est paradoxal
que dans un pays civilisé on puisse imaginer de doter les agents de la paix
publique d’armes de guerre. Les auront-ils plus grosses s’ils portent des
armes ? Oh ! Chocking. D’accord c’est trivial, mais ça résume bien un aspect de la
problématique. Parce qu’en terme d’utilité, il n’y en a clairement aucune. Les
agents de la police municipale n’ont pas comme mission principale de chasser le
terroriste, même pas le braqueur de banque. Leur domaine répressif d’intervention c’est d’abord celui de la contravention, où ils sont autonomes.

 

La police municipale doit être et rester un instrument de
paix sociale. Sans autres armes que celles de la loi.


La roche Tarpéienne…

…est à côté du Capitole et tout homme public peut être jeté bas, et précipité du haut de la roche pour s’abîmer au sol où immanquablement il sera piétiné par les hordes mimétiques du peuple transmué en foule. C’est une métaphore qui court depuis l’antiquité romaine, et qui appelle à la sagesse celles et ceux qui veulent quérir les suffrages de leurs contemporains électeurs pour se hisser au pinacle des institutions politiques. Le pouvoir est un moteur puissant qui peut faire oublier cette perspective qu’avaient les sages parmi les Romains. Et l’aspect qui est le plus détestable est cet élan populaire destructeur et hystérique qui se déchaîne comme une force maléfique et irrésistible, chaque fois qu’un puissant trébuche.

J’ignore si le puissant aujourd’hui jeté en pâture menotté, blessé, humilié, est innocent ou coupable. J’ignore tout de son dossier, des pièces, des faits, des preuves, et généralement de tout ce qui permet de juger sereinement. Ce ne sont pas les clameurs et les articles bâclés de journalistes pressés d’occuper la une qui permettent sérieusement de se faire une idée. Dominique Strauss Kahn est déjà piétiné alors qu’il n’a pas été jugé. Il est menotté alors qu’il est présumé innocent. Certes, c’est paraît-il le système judiciaire américain. Mais en vérité ce n’est pas aux USA que son procès se déroule. C’est ici, en France. Il n’appartient pas à mon camp politique, il est même un adversaire. Mais je refuse de me réjouir de son sort.

Il a droit au silence. Il a droit de se défendre. Il a droit de respirer. Il a droit de pouvoir surmonter une telle épreuve. Il doit bénéficier de la présomption d’innocence. M Strauss Kahn, combattez, si vous êtes coupable vous nous soulèverez le cœur, si vous êtes innocent votre combat aura été juste. Tout est encore possible, mais chacun a le droit de se défendre. Pour nous aussi, vos adversaires.

Le sabotage de l’avenir

Pour Annemasse le présent nous apporte des inquiétudes pour l’avenir.

Annemasse est d’abord une ville où l’activité économique régresse. L’industrie l’a désertée, le commerce n’est pas au mieux de sa forme au centre, et toute l’activité se concentre aujourd’hui en périphérie.

Elle devient en conséquence tous les jours un peu plus une cité essentiellement tournée vers la seule résidence de ses habitants et les services à ces derniers, dont la plus grande part est dévolue aux prestations à caractère social. Pas uniquement une cité-dortoir, destin que nos voisins genevois nous réservent (ils ont besoin de logement dans leur périphérie, et Annemasse est dans cette périphérie). Mais une ville orientée par la seule perspective sociale.

Ne pas s’en préoccuper revient à saboter l’avenir. Et l’on n’observe aucune réaction de fond, aucune réaction politique vigoureuse contre cette désertification économique, alors qu’en revanche la majorité ne se prive jamais de déclamations et de pétitions de pur principe. Dans l’ordre du discours, tout baigne, dans celui de la réalité, rien ne va. L’ambition de faire d’Annemasse la cité de la solidarité est symptomatique de cette fermeture aux réalités économiques. Une cité de la solidarité, si elle devait se réaliser, ne serait que la cité de l’assistanat généralisé.

Annemasse en second lieu se trompe d’urbanisme. La colonne vertébrale de l’action urbaine est simplement la dimension sociale. L’urbanisme, tout l’urbanisme, se réduit pour la majorité à la réalisation du plus de logements sociaux possible. D’où cette politique absurde de la densification.

C’est une erreur. Non pas qu’il ne faille pas construire des logements sociaux, mais c’est une erreur de laisser cette dimension commander toute la politique urbaine, parce que le résultat sera une cité-dortoir, avec un bâti disparate, sans harmonie, sans originalité, sans goût ni grâce. Annemasse sera la cité-dortoir de Genève pour une part, et le pôle social de tout son environnement pour le reste. Les banques seront à Genève, les activités subsistantes seront en périphérie, la population aisée sera en périphérie aussi et au centre il y aura une ville réduite à sa seule dimension sociale. Échec assuré à terme.

Le discours est un piège. Un enfermement. La majorité municipale est prisonnière de son discours, ce qui la prive des possibilités de réaction aux évolutions du temps.

Le 17 mai 2011 sera une séance historique, venez nombreux !

D’abord l’ordre du jour :

http://www.jp-benoist.fr/public/OrdreDJ17052011.pdf

Ensuite, un document exceptionnel, introuvable en librairie, car tout le stock a été épuisé avant même d’être mis en rayon, il s’agit du compte administratif pour 2010, rendez-vous compte de l’avantage :

https://idisk.mac.com/juriste//Public/CA 2010 VILLE.pdf

Encore une fois, la maison ne recule devant aucun sacrifice, et partant vous offre en prime toute la série d’accompagnement :

https://idisk.mac.com/juriste//Public/CA 2010 VILLE PRESENTATION CROISEE.pdf

Encore plus simple et plus synthétique :

https://idisk.mac.com/juriste//Public/CA 2010 Presentation 2010.pdf

Tout sur l’aérodrome :

https://idisk.mac.com/juriste//Public/CA 2010 AERODROME.pdf

Und, comment vivre sans connaître l’excellente convention conclue (qui sera conclue plus précisément) entre la ville et l’agglomération entraînée dans la solidarité internationale, sur la mise à disposition de MLK ? On mesure dans ce document la circulation du verbiage gaucho-administrativo-tiers-mondisto-bureaucratique dans toute l’élite de l’agglomération (élite politique naturellement) :

https://idisk.mac.com/juriste//Public/Qu.11 – convention entre la ville et Annemasse-Agglo – conditions utilisation MLK.pdf

Enfin, en avant-première de la publication du recueil aux actes de l’Académie des Sciences et Belles Lettres du Genevois et Chablais réunis, avant leur fusion avec la cité de la solidarité internationale, le compte-rendu de la séance mémorable du 21 avril 2011 :

https://idisk.mac.com/juriste//Public/Procès-verbal du 21 avril 2011.pdf

Le palais des roitelets

Une brochure de plusieurs pages en quadrichromie vient d’être diffusée par Annemasse Agglomération sur toute l’étendue de son territoire. Plusieurs pages pour vanter les mérites du Palais (je mets une majuscule parce que ce sera vraiment un Palais) de l’agglo. On y voit entre autre une magnifique salle de réunion. Et puis ce titre sur une page exprimant que l’hôtel de l’agglomération aura pour but d’accueillir le public. De vous accueillir. Mazette, uniquement ça. Pas de bureaux somptueux pour les élus. Pas d’étages de bureaux regorgeant de l’inactivité générale. Non, il s’agit seulement de vous accueillir. Vous remarquerez qu’on ne vous demande plus de parler derrière l’hygiaphone, et d’attendre en rang d’ognons qu’on s’occupe de vous, en entendant tout ce que ces personnes si occupées se disent sur le week-end passé, les enfants, le prochain week-end. Ça sera efficace maintenant qu’on a dépensé tout ce bel argent, qui n’est plus dans vos poches, mais vous n’êtes pas pingres. Et nos roitelets dans tout ça ? Ils ont pris une décision ra-tion-nelle. On va vous accueillir, vous qui venez sans doute toute la journée en vous demandant pourquoi vous êtes si mal reçus dans les modestes locaux actuels, et alors que vous venez simplement vous inquiéter d’une facture d’eau ou de tout autre sujet passionnant. Un immeuble, des étages et des étages de bureaux, une magnifique salle de réunion pour contenir les égos (elle n’y suffira pas) des élus. Le tout avec votre argent. Vive votre argent !

Quand la ville dort…

Si le ciel ne me tombe pas sur la tête, si la neige ne fond pas au printemps, si la lune a comme un air de fête, alors un peu plus tard après la nuit, je prendrai connaissance des morceaux choisis que la majorité voudra bien me communiquer avant les prochaines élections, sur les toutes petites et minuscules questions que je pose aux services municipaux, qui ne peuvent pas me répondre sans l’aval du cabinet du maire. Et le Kabinet ist silencieux.
Heureusement on peut écouter Niagara. (Ça vient de sortir).

Il y a donc une réalité dans le fonctionnement du petit pouvoir municipal. Loin des déclamations il se révèle à l’usage. La vérité est celle de l’opacité. Cela a une conséquence : désormais il devient impossible d’accorder la moindre confiance à la majorité de gauche. Même pas sur le plus petit bout de trognon de question. Et c’est bien malheureux.

Au fil de la transparence

Soit une proposition simple :

– dans une démocratie, la transparence est une nécessité.

Cela implique que la minorité, dans le cas d’Annemasse pour prendre un exemple, peut avoir accès à l’information et à tous les documents administratifs. Le maire et sa majorité de gauche ne manquent jamais d’affirmer que tout est ouvert à la minorité à laquelle j’appartiens. Notamment chaque fois qu’un audit est demandé par l’opposition.

Les journalistes présents à chaque séance notent alors tous en cœur à quel point le maire est fairplay, et la majorité de gauche démocrate. Toute l’information est accessible.

Sauf que dans la réalité, les choses sont un peu éloignées du discours.

Ainsi le 8 mars 2011, je demandais des précisions financières sur un sujet anodin : quel est le montant des investissements sur les différentes places. Et depuis, rien.

Je reproduis le fil des mails échangés :

Jean-Pierre Benoist à michel.desmedt
   
aficher les détails 3 ms
   
Monsieur,

Je souhaiterais connaître depuis 1980 le montant de tous les investissements réalisés par la ville, y compris le mobilier urbain, sur les places : du Jumelage/Perrier, Jean-Jaurès, Jean-Deffaugt, Libération (à l’exclusion des travaux en cours), Clos Fleury, place des Marchés, Clémenceau.



Michel De Smedt michel.desmedt@mairie-annemasse.fr
à    Jean-Pierre Benoist <jeanpierrebenoist@gmail.com>
date    8 mars 2011 11:57
objet    Re: renseignements
    Ce message est important de par ses destinataires et expéditeurs, principalement.
   
masquer les détails 8 mars
   
Bonjour Monsieur Benoit
Vous voudrez bien m’excuser pour ma réponse tardive.
Je transmet votre demande au cabinet du Maire. Dans l’attente , je demande à mes services et au service financier les éléments de réponses que nous pouvons vous apporter.
La réponse se fera certainement par l’intermédiaire du cabinet.
En vous souhaitant une bonne journée
Michel De Smedt



Jean-Pierre Benoist à michel.desmedt
   
afficher les détails 25 mars
   
Monsieur,

Je dois revenir sur ma précédente question, je vous remercie de me communiquer les renseignements que je vous ai demandés, et je reste dans l’attente de vous lire.

Je vous prie, cher Monsieur, d’agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Le 7 mai, soit deux mois plus tard…..Rien. Et c’est sur un sujet anodin.

Plus minable, il y a la censure.

Si c’est pas beau ça !

Chère Madame la conseillère,

 

J’ai en mains votre courrier daté du 28 avril 2011 et que je
reçois aujourd’hui 3 mai, sur la limite du nombre de signes dans les articles,
2800 exactement, avec une marge de 50.

 

Toutefois jusqu’à présent il avait toujours été possible de
considérer ce nombre de 2800 comme un ordre de grandeur, et non comme une
limite absolue.

 

D’autant plus que vous ajoutez au texte du règlement du
conseil municipal que les signes
comprendraient les espaces et les caractères.

 

Vous noterez aussi que l’article 31 du règlement ne retient
en rien ce nombre de 2800 comme une limite absolue, puisqu’il précise « soit environ un titre et 2800 signes par
groupe »
. Il ne précise pas qu’il faudrait entendre par signe les
espaces et les caractères.

 

Jusqu’à aujourd’hui les dépassements en nombre de signes,
selon votre définition, se traduisaient par des caractères plus petits à
l’impression. La taille des caractères constituant alors une limite toute
physique.

 

Et voilà tout soudainement que vous voulez justifier votre nouvelle
inflexibilité.

 

Ce serait par « équité »
entre les groupes que la limite de 2800 signes s’imposerait, avec une marge de
50 signes !

 

En matière d’équité, la première mesure consisterait pourtant
à interdire au groupe auquel vous appartenez d’étendre de manière indue son
hégémonie à tout l’espace du JIM, en y ajoutant, dans une prétention à la
symétrie, une rubrique pour sa prétendue expression politique, alors que tout
le reste du journal est consacré à la glorification de ses actions. C’est une
pantalonnade.

 

Il pourra donc exister à l’avenir, comme il en a existé dans
le passé, des dépassements, et au delà s’il le faut de 50 signes
supplémentaires.

 

Je revendique d’ailleurs instamment 2800 signes sans
compter les espaces comme signes
.

 

Si vous deviez toutefois refuser un texte en raison d’un
dépassement même minime, il s’agirait alors d’une véritable censure, au
prétexte fallacieux de l’équité.

 

Je me tiens naturellement à votre entière disposition pour
discuter de tous les aspects de cette question.

 

J’en réserve copie à M VIGNY.

 

Je vous prie, chère Madame la conseillère, d’agréer
l’expression de mes sentiments les meilleurs.

                                                      Jean-Pierre
Benoist

L’arrondissement de St Julien dont Annemasse fait partie se classe en tête de la Haute-Savoie.

On est vraiment les meilleurs.

Prenons, par exemple, les chiffres de la délinquance, et dans ces derniers, ceux qualifiés de «violences physiques crapuleuses» (source :http://www.haute-savoie.pref.gouv.fr/02_securite/022_delinquance/0222_statistiques/index.php).

Au total en 2010 il a été recensé 561 faits de cette nature. 182 ont été commis dans l’arrondissement d’Annecy, 94 pour celui de Bonneville, 184 pour celui de St Julien, dont Annemasse est le centre principal, et 90 à Thonon.

L’arrondissement d’Annemasse-St Julien à ce stade représente 33% du total de la violence crapuleuse.

Or, l’arrondissement d’Annemasse-St Julien compte 155 173 habitants, soit 22 % de la population totale du département qui compte 716 277 habitants.

C’est pourquoi il faut se féliciter de l’excellence du résultat. On est vraiment les plus forts du département puisqu’avec à peine 22 % de sa population on réussit à atteindre 33 % des violences crapuleuses, loin devant tous les autres arrondissements rivaux qui, malgré leurs efforts, restent sensiblement dans le même ordre de grandeur pour la crapulerie et la population, par exemple 35 % de la population pour Annecy, et un maigre 32 % de crapuleries.

Et quand on pense que ces crétins de l’opposition à Annemasse voudraient mettre de la vidéo-surveillance partout, quelle honte. On perdrait la tête…

De la subvention et de l’élection.

C’est le chapitre manquant au quinzième tome des mémoires du président de l’agglomération, et du premier de son successeur au siège de maire.

Il est en cours de rédaction. Mais une indiscrétion d’un membre anonyme de la majorité municipale, rapportée par Louis, ce qui l’authentifie, nous en livre en primeur l’orientation générale.

En fait c’est un mode d’emploi de la subvention.

– Il la faut abondante, mais pas trop voyante quand même. Il faut rester dans la mesure, mais en donnant l’impression de faire un effort.

– Il faut en parler, communiquer, et s’inviter à tous les repas associatifs, en fonction du nombre des membres. D’abord c’est gratuit (avec tout ce qu’on paye, c’est normal), même si ce n’est généralement pas très bon. Les discours sont tout prêt : « Vous savez à quel point le maire tenait à vous honorer de sa présence, mais hélas (ici on intercale quelques vagues excuses), cela étant nous sommes heureux d’apporter notre concours aux magnifiques efforts de vos membres si bien représentés par un(e) président(e) dynamique, courageux(se), et qui mérite toute notre confiance». Il est inutile de préciser qu’on attend un retour d’ascenseur, c’est sous-entendu.

– Il faut fustiger l’opposition qui est si bête et inculte qu’elle s’abstient de voter. Et pourquoi donc s’abstient-elle ? Parce qu’elle réclame un audit. Un gros mot. Ces inconséquents de la minorité ne voient même pas que tout est politique, mais que rien ne l’est puisqu’on arrose tout ce qui bouge et qui rapporte une voix. Le choix est politique et la minorité n’a aucun droit d’en demander compte. Un audit ? Quelle idiotie.

– Juste avant les élections il faut rappeler discrètement à chaque organe associatif à quel point il sera nécessaire de poursuivre sa politique. Surtout ne rien changer. Voilà le meilleur argument.

Merci à la majorité pour son enseignement. Si c’est politique, j’ai bien raison de m’abstenir.

C’est le printemps, on solde les ordres du jour

Séance du 21 avril 2011

http://www.ville-annemasse.fr/content/download/14738/119032/version/1/file/Pli+du+Conseil+Municipal+du+21+avril+2011.zip

Et comme la maison n’est jamais pingre, en prime toute la séance du budget.

http://www.ville-annemasse.fr/content/download/14739/119037/version/1/file/Proc%C3%A8s-verbal+du+Conseil+Municipal+du+24+mars+2011.pdf

Bonne nuit !

L’apiculture selon Bouvard et Pécuchet

Comment ne pas céder à la tentation de mettre la ville d’Annemasse à la campagne, ou de mettre de la campagne dans la ville ?

M MINCHELLA, cet excellent adjoint du non moins excellent maire d’Annemasse, plutôt que de peindre les façades du futur quartier de Chablais-Gare (Chablais-Parc dans le langage publicitaire), en vert, comme le fait son brillant et aussi excellent collègue adjoint à l’urbanisme, M BOUCHET, préfère la solution révolutionnaire de l’installation de l’agriculture en ville.

Pas exactement des vaches, mais des abeilles, l’apiculture n’est-elle pas aussi une activité agricole ? Le conseil municipal à la quasi-unanimité en septembre 2010 avait voté l’installation de cinq ruches à Annemasse. Je n’ai pas voté cette décision. Je m’en explique.

Bien sûr qu’il est important de garder le contact entre la ville et l’espace. Il faut écrire espace plutôt que campagne, car la ville est en fait insérée dans un tissu « rurbain », plutôt que rural. Autour d’elle, c’est le paysage des villas que l’on rencontre, plus que celui des fermes. C’est cela la réalité. Aussi le lien avec la campagne au sens de lieu de production agricole, devient beaucoup plus ténu, et même purement symbolique.

Ce qui a été voté c’est au fond une résolution u-topique, dont le moteur secret est la nostalgie d’un espace rural idéalisé, dans un environnement de pur béton. Car le béton est le choix de la majorité municipale. Tous les espaces restants de la ville se bétonnent, et ceux qui sont déjà bétonnés sont surdensifiés. Par exemple à Chablais-gare (Chablais-parc en novlangue municipale).

Or, ce qui est nécessaire c’est précisément de l’espace de respiration. Un jardin, idée différente de celle d’un espace rural inséré dans la ville. Le jardin s’insère dans la ville, l’espace rural ne le peut à l’évidence pas.

Les ruches fonctionnent d’abord comme caution de la rhétorique écolo-gaucho-municipale. C’est un leurre.

La police est pleine de malice et le maire d’Annemasse plein de ressources communicantes

Le 24 mars au conseil municipal, le maire d’Annemasse
lut un communiqué saluant l’opération de police qui venait de se dérouler au
quartier du Perrier et qui avait permis de mettre la main sur
des traficoteurs à la petite semaine.

Je ne l’ai pas entendu, j’étais en retard. Le communiqué a été lu au début de la séance au cours de laquelle l’opposition quittait la salle, à l’exception d’une conseillère un peu assoupie et absorbée dans la lecture de l’ordre du jour (j’ai rectifié et barré le sudoku).  Je
n’ai rien raté, ce communiqué n’était pas un chef d’œuvre de la pensée
marxiste-léniniste.

«La Ville d’Annemasse était informée que la police préparait une « intervention
lourde » après plusieurs mois d’enquête que nous avons facilité matériellement
».
Bigre, le tout commençant par une faute (enquête que nous avons facilité au
lieu de facilitée, je suis indulgent, j’en commets et même des pires, mais
j’évite de les laisser quand  je me relis). Au fait c’était quoi au juste
l’action de faciliter ? Des dénonciations par la MJC ? Par les animateurs de
rue, de quartier, par les médiateurs de nuit, de jour ? On ne saura jamais,
c’est de l’ordre du secret défense.

Courageusement le maire poursuivait «Je me félicite du succès de ces
interventions parce qu’il ne peut y avoir nulle part ici ou ailleurs sur la
commune d’espace de non-droits
». Zut alors, pourquoi ne pas commencer par
la place de la mairie et l’Avenue de la République ? «Chaque fois qu’un réseau
de trafic de drogue tombe, c’est une bonne chose pour tout le monde parce que
la loi doit être respectée et qu’il y va de la santé publique
». Je suis
presque d’accord, mais je pense qu’en matière de santé publique on pourrait
faire encore mieux en interdisant l’alcool par exemple, et aussi la lecture du
JIM qui dérange les neurones, surtout ceux des bienpensants.

En plusieurs phrases il est alors expliqué qu’il fallait rétablir la police de
proximité, augmenter le nombre des policiers (au fait, question de nombre,
combien sont-ils, quels sont leurs horaires de travail, le nombre de jours de
récupération dès qu’ils sont en horaire de nuit – à quelle heure commence la
nuit policière – quel est au total le nombre des journées de congé payé
additionnées à celles de récupération ?

«Cette collaboration permanente doit se renforcer. Je sais que le
Commissaire Guffon partage cette analyse
». Voilà t’y pas que le commissaire
soi-même en personne se retrouve enrôlé dans les cohortes municipales au
soutien de la gauche plurielle. Il doit en être ravi, il ne faut pas en
douter.

Mais au-delà quelle est la politique de sécurité voulue par le maire et ses
co…s ? (D’accord je raye complices et je mets à la place conseillers, sinon
je me retrouve à Cayenne).

La Police en pleine intervention


– pas de vidéo-surveillance, sauf au compte-goutte, et parce que la pression populaire se fait forte en sa faveur,

– pas de police municipale, vous savez, justement celle qui peut être de
«proximité», au-delà de 17 heures. Pas de police nationale non plus d’ailleurs,
ou si peu.

– pas de dispositif communautaire d’alerte. Ça, c’est quelque chose qui peut
être facilement mis en œuvre, et qui fonctionne grâce aux relations de bon
voisinage : chacun signale tout évènement suspect dans son voisinage.
L’objection est d’une part que cela généralise la délation, c’est vrai, mais
c’est limité au caractère anormal d’une situation dans son voisinage immédiat,
l’autre objection est que ce qui est naturel en Suisse l’est moins en France.
Mais on pourrait le tenter.

La politique de sécurité, ce n’est donc pas simplement de la communication par
communiqué opportuniste interposé. C’est un travail de plus grande ampleur. Et
de ce point de vue, la gauche bienpensante n’est peut-être pas la meilleure
candidate et sans doute pas la plus efficace.

 

Pourquoi Annemasse manque-t’elle de dynamisme économique ?

L’opposition a dénoncé à plusieurs reprises, et tout dernièrement encore à l’occasion du débat sur le budget de la ville, le manque d’ambition de l’équipe municipale majoritaire. Ce qui ne fait évidemment pas plaisir à la majorité municipale qui proteste séance tenante qu’au contraire Annemasse déborde d’ambition. Et de citer pêle-mêle les programmes immobiliers, les investissements, quelques réussites sportives. Les investissements sont supposés injecter dans le tissu économique de l’argent, ce qui soutiendrait son activité.

Le maire d’Annemasse a tort, mais il a tort sans doute de bonne foi. Il croit probablement en ce qu’il énonce quand il cite pour exemple les investissements réalisés. Mais ce n’est pas cela le dynamisme, et l’ambition. Injecter des millions dans des travaux, dont les marchés sont attribués en stricte application du code des marchés publics au mieux-disant, ce qui généralement pour les gros marchés désigne une entreprise extérieure, favorise certainement l’économie nationale, mais en aucune façon ne permet de vivifier le tissu économique local, sauf par de maigres retombées. Ce n’est pas de cela dont il s’agit. Il s’agit du local. Il s’agit de la ville. Il s’agit de son dynamisme.

Annemasse est endormie sur le plan économique. Les commerces migrent vers sa périphérie, le centre-ville devient de moins en moins attractif. Peut-on dire qu’il se paupérise ? C’est sans doute exagéré, mais on ne peut chasser cette crainte. Annemasse manque de dynamisme. Bien sûr qu’il y a des phénomènes massifs contemporains en jeu, par exemple cette migration vers les périphéries s’observe dans la plupart des villes. Mais on peut lutter. Il est parfaitement possible d’être plus actif et réactif. Par exemple et pour revenir sur ce point, l’inaction pendant plus d’une décennie sur la question des réseaux à haute vitesse, pénalise au bout du compte l’activité économique.

Par exemple aussi l’absence d’investissement dans l’embellissement de la ville pénalise aussi l’activité. Certes on peut parfaitement entendre le maire quand il déclare qu’il appartient au commerçants de payer pour cela, au nom du principe d’égalité devant les charges publiques, et il a raison dans la cohérence de son discours avec les principes, mais il a tort sur le strict plan pragmatique. Il vaut mieux payer les décorations de Noël, autre exemple, les faire les plus belles possible, plutôt que de laisser en place une luminescence sinistre, minimum syndical de débâcle. D’une part tout le monde en profite, d’autre part en augmentant le plaisir à circuler on sert l’activité commerciale, et donc on sert encore l’intérêt général, car il est clair qu’il vaut mieux avoir des commerces prospères plutôt que des commerces en déclin. L’activité c’est l’emploi, même si les taxes sont versées à l’agglomération, l’emploi est local.

Le maire d’Annemasse et toute son équipe se trompent donc. Le soutien à l’économie locale n’est pas suffisamment assuré par le seul investissement en gymnase, piscine, et autres équipements. L’ambition c’est de vouloir développer l’activité pour le futur. Pas uniquement de gérer le social, et même si cette dimension est absolument nécessaire.

Annemasse manque de dynamisme parce que l’équipe municipale majoritaire ne s’intéresse pas à ces questions. Elle a d’autres priorités, c’est son choix. Elle préfère rester «ensemble» dans le monde douillet du ronronnement de son discours politique.

Réponse à Monsieur l’adjoint au maire et à Monsieur le maire

Au cours de la séance du conseil du 24 mars 2011, tant l’adjoint aux finances que le maire ont soutenu que l’augmentation de 38 % en 8 ans des dépenses réelles de fonctionnement, alors que dans la même période l’inflation était de 16 %, résultait de l’augmentation considérable de la population.

Ce n’est pas exact (je préfère la forme euphémistique).

2010 : 29 540 habitants

2005 : 29 082 habitants

1999 : 27 253 habitants

Conclusions. Les 5 dernières années presque rien. En 11 ans + 8 %. Ce qui signifie que depuis 2002 on devrait retrouver une augmentation de 5 à 6% au maximum.

Donc : la proposition du maire et de l’adjoint au maire est inexacte. Les dépenses réelles de fonctionnement augmentent beaucoup plus vite que l’inflation et ne peuvent s’expliquer par l’augmentation démographique seule.

Nuances sur la grimace

Les résultats d’Annemasse intra-muros, et des cinq bureaux de vote précisent la poussée du FN.

Globalement d’abord l’abstention s’établit à 73,5 %, ce qui marque une légère, très légère amélioration dans un paysage de catastrophe civique.

– Le FN totalise 1 832 voix, soit 28,6 % des suffrages exprimés, et Raymond Bardet 5 269 voix.

– Sur les communes périphériques, il totalise 25 % des voix, son score est donc meilleur en ville que dans la zone périurbaine.

Ce qui a un vrai sens, et montre que c’est davantage l’électorat populaire qui s’est porté sur son candidat absolument inconnu. L’électorat du FN n’a pas voté pour un programme cantonal, non plus que pour une personnalité connue des électeurs, ce qui est le cas de M Raymond Bardet, mais bien plus pour les idées du parti.

Un comparatif intéressant est de considérer les transferts de voix entre les différentes formations politiques nationales et le FN.

tableau national

On constate qu’il y a une différence avec la circonscription d’Annemasse Nord où le FN totalise, dans ce duel au second tour avec un candidat soutenu par la majorité présidentielle, finalement moins de voix que dans les situations comparables. (28,6 % contre 36,5 % en moyenne en France). Mais sa progression entre les deux tours est comparable.

Le score du FN est en outre à relativiser encore, car si on le rapporte aux nombres d’inscrits sur les listes électorales, il représente 8% des électeurs. En toute hypothèse il existe, il représente une force politique, il sera donc nécessaire dans les futures élections d’apporter les réponses à son programme.

À commencer par l’Europe et sa nécessité, nécessité absolue sous peine de déglingue économique, contrairement à ce que ce parti soutient.

Au boulot !

La soupe grimace moins qu’au premier tour,

Mais il sera difficile de trop s’en réjouir. Les résultats pour l’ensemble du canton d’Annemasse Nord (Annemasse Nord + Ville la Grand + Juvigny) sont clairs.

  • Majorité M. Raymond BARDET 74,20 % – 5 269 voix
  • FNM. Frédéric TOURNIER-COLLETTA 25,80 % – 1 832 voix
  • Inscrits : 22 201
  • Votants : 7 516 – 33,85 %
  • Abstentions : 14 685 – 66,15 %
  • Exprimés : 7 101 – 31,99 % des inscrits – 94,48 % des votants
  • Blancs ou nuls : 415 – 1,87 % des inscrits – 5,52 % des votants

Premiers enseignements :

– l’abstention reste massive, même si elle a reculé de près de dix points, ce qui démontre le fort potentiel de mobilisation existant,
– le paysage politique annemassien est modifié par une montée en puissance du FN,
– la gauche a peut être effectué un apport à Raymond Bardet, mais en aucun cas il ne pourrait être massif.

Raymond Bardet est réélu avant tout pour ses qualités personnelles et parce que la droite traditionnelle conserve sa prééminence politique ici.

Deuxième enseignement :

À l’inverse on peut relever que dans le canton voisin de Saint-Julien, Antoine Vielliard (modem) rafle la ville et le canton, d’abord par la grâce de ses qualités de combattant politique, et aussi par la relative disgrâce du cantonnier sortant, sur fond d’abstention tout aussi massive qu’à Annemasse, et probablement avec une once de souhait de renouvellement de la classe politique par les électeurs. Le tout mené de main de maître en faisant oublier aux électeurs qu’il appartenait à la gauche, alors que son parti s’est installé à gauche de l’échiquier politique. Avec Antoine Vielliard une part importante de la circonscription législative qui élit depuis 1978 Claude Biraud est passée à gauche.

Il n’y a pas que la campagne présidentielle qui est lancée, il y a aussi celle des législatives. Le succès d’Antoine Vielliard est un pur coup de semonce dans ce paysage. Il est devenu un candidat très sérieux pour les prochaines échéances ici. Cela invite toute la droite à s’interroger sur le choix de son porte drapeau. Faut-il reconduire le même pour six ans encore ou faut-il trouver une nouvelle locomotive ?

Algarade

Mon Dieu, quelle horreur ! Une altercation au conseil municipal : l’adjointe au maire chargée de l’économie s’en est pris vivement au chef de file du groupe UMP, Monsieur François Vigny. Elle lui reprochait d’avoir évoqué ses absences à de nombreuses réunions publiques intéressant l’économie, elle jurait qu’elle avait participé à au moins une soixantaine de réunions. Cette algarade n’avait aucune raison d’être, mais elle est riche d’enseignements.

Tout d’abord elle démontre que la majorité du conseil municipal dispose en direct de tous les textes que l’opposition peut écrire dans le journal d’informations municipales, avant sa parution. Alors qu’à l’inverse les écrits de la majorité ne sont jamais diffusés à la minorité avant la parution du journal. Abus déloyal de la gestion de cette publication. Le maire ayant bien dit qu’il s’agissait de l’article paru dans le JIM, en réponse à ma question il a même ajouté qu’il s’agissait du JIM publié le jour même, alors même que cet organe quadrichromisé (ce mot sera dans le prochain dictionnaire) n’était pas encore paru.

En second lieu on peut relever qu’il s’agit de l’hommage que le vice rend à la vertu. La vérité est que l’équipe majoritaire au conseil municipal n’a strictement aucun intérêt pour la matière économique. Il ne leur sera pas reproché d’avoir détourné l’argent public ou commis quelque malhonnêteté, et il est vrai que leur gestion toute orientée vers le social n’est critiquable qu’au regard des buts poursuivis politiquement, en revanche il est légitime de leur opposer leur inaction persistante en matière économique.

C’est le cadet de leurs soucis. C’est pourquoi l’adjointe à l’économie fait des moulinets autour du FISAC qui devient la caution économique de la majorité municipale. Mais il n’y a pas que le FISAC. Il y a tout le reste. À commencer par les infrastructures absolument nécessaires à la croissance économique comme l’équipement en réseau très haute vitesse. Sur ce front, c’est un échec majeur, échec qui s’explique par le défaut d’attention portée au projet. Sa gestion en a été confiée à un opérateur défaillant. Sa défaillance est ancienne, elle a fait l’objet de débats au conseil municipal. Et depuis, plus rien. Au prétexte que désormais la compétence économique appartient à l’agglomération, ce qui n’est d’ailleurs nullement exclusif d’une politique économique locale, la majorité ne fait plus rien.

Elle met le FISAC en avant, aussi pour mieux oublier son inaction sur l’évolution du commerce Annemassien. Elle s’abrite derrière les programmes immobiliers du centre-ville en alignant les mètres carrés commerciaux qui seront construits, à l’heure où la clientèle des commerces du centre-ville fuit pour la périphérie. Elle ne gère rien. Elle n’anticipe rien. Elle n’a aucune ligne directrice économique, ne propose aucune politique.

C’était une algarade de trop. Le communiqué du Maire du 25 mars 2011 ne changera pas cette réalité. Ce n’était pas un droit de réponse, c’était une attaque en règle, dans ces circonstances l’opposition, unanime, a eu raison de se retirer de la séance.

Le vent du boulet….

passe juste au-dessus de nous, comme un nuage japonais, et nous invite à bien prendre la mesure des résultats assez désespérants des dernières élections.

D’abord les résultats globaux du canton d’Annemasse Nord :

Au total sur tout le canton….68,50 % d’abstentions. On fait mieux que la moyenne nationale.

Et de plus près sur Annemasse :

76 % d’abstentions à Annemasse intra-muros : record absolu.

Cette photographie du centre ville, déformée par cette abstention massive, et qu’il convient de relativiser dans cette mesure, suggère un rapport modifié des forces politiques, qui se répartissent globalement entre la droite et la gauche.

– Pour la droite :

Bardet + l’extrême droite = 57,74 % à Annemasse et  pour l’ensemble du canton 64,43 %

– Pour la gauche :

Les socialistes + les écologistes + l’extrême gauche = 42,25 % à Annemasse, et sur l’ensemble 35,58 %.

Si la gauche est globalement minoritaire, les soucis sont surtout à droite. Parce que d’un seul coup le FN représente, à l’intérieur de cet ensemble 38,51 %. Ce qui n’est pas rien, même si rapporté à l’ensemble des inscrits le poids politique n’est plus que de 7,21 %. On peut observer que le vote FN présente moins de relief à la riche périphérie de la ville qu’en son centre.

Les thèmes développés par le FN recueillent manifestement une certaine adhésion populaire. Il appartient dès lors aux formations qui vont de l’UMP au Nouveau Centre en passant par les Radicaux, d’exposer avec fierté qu’elles constituent en réalité les seules forces de progrès, parce qu’elles sont libérales c’est à dire inspirées par les valeurs de la liberté, et parce qu’elles sont humanistes, c’est à dire inspirées par ce seul souci de faire de l’homme la mesure de toute politique. Pour rassembler autour de ce socle.

D’ici là, il reste le second tour.

Et un candidat à soutenir : Raymond Bardet.

– 5° : au thermomètre électoral, 32°49 ‘ nouvelle latitude de la guerre.

Le thermomètre du civisme est encore en baisse en cette mi-journée électorale. Il faut dire que les jours des conseillers généraux sont comptés, et qu’ils seront remplacés prochainement par des conseillers territoriaux. Une articulation plus lisible entre le Département et la Région en résultera. Sur un strict plan politique il n’est pas certain que cela puisse suffire à faire basculer Rhône-Alpes à droite. Mais en toute hypothèse la réforme modérera l’hégémonie de la gauche sur la région, le scrutin uninominal majoritaire à deux tours ne la favorise pas généralement, contrairement au scrutin de liste.

Sur un plan local, l’élection des délégués communautaires au suffrage universel direct constituera un indéniable progrès. Les communautés d’agglomération, ectoplasmes gourmands en financements publics, absorbés généralement comme c’est le cas dans l’agglomération d’Annemasse par des accroissements vertigineux des personnels et des dépenses aussi stupides que somptuaires, par exemple le palais de l’agglomération qui s’édifie actuellement, maigriront peut-être. Ou peut-être pas. En attendant, continuez à faire des économies pour payer les impôts locaux.

Cependant que sombre le civisme, les bombes tombent sur Tripoli. On a la fièvre qu’on peut.

Encore le budget !

La sagesse est apparente. Il est soutenu que les dépenses seraient maîtrisées. En fait il n’en est rien. Si l’on se replace dans la perspective de la décennie, on s’aperçoit facilement que la réalité est au contraire celle d’une fuite en avant des dépenses de fonctionnement. Celles qui comptent. Petit rappel :

2002 : les dépenses réelles de fonctionnement s’élevaient à Annemasse à 27 481 981 €.

2010 : les dépenses réelles de fonctionnement se sont élevées à 37 891 000 €.

En huit années la progression aura été de 38 %.

Or, dans la même période, l’inflation aura été au total de 16,6 %. Conclusion : les dépenses de fonctionnement ont augmenté deux fois plus vite que l’inflation.

Je suis d’accord pour reconnaître qu’il y a pire. Et autour de nous pour commencer. Le tout voilé par la fumée, c’est instinctif de la part des élus de tout poil. Ils préfèrent toujours l’obscurité sur ces questions à la clarté. Ils préfèrent toujours la diversion à l’affrontement de la réalité. Un exemple : Annemasse Agglo, sur son site internet, le budget est absent de son sommaire. De même d’ailleurs que les effectifs en personnel. Ces questions sont incongrues.

Cela devra changer.

Le feu couve

 

Ce ne sera pas facile de vivre la faillite des finances publiques, mais avec un peu d’aspirine on devrait s’en sortir.

 

C’est toujours le moment de s’interroger sur le bon
usage des deniers publics, sur fond de gouffre financier ; cette année le
déficit budgétaire national s’établira à 6%.

 

Cependant qu’on adopte le budget à Annemasse, enfin, tous
sauf l’opposition. Et nous n’aurons encore rien fait. Rien fait pour remédier à
notre maladie endémique, en France, l’inflation des dépenses publiques.

 

Aucun frein, aucune limite, rien. Jamais un seul budget voté,
où que ce soit, de la commune à la nation, avec moins de recettes, moins de
dépenses, moins d’impôts. Ça, jamais. La France, mais aussi notre commune, est
dans le seul registre du toujours plus. Toujours plus d’impôts, toujours plus
de dépenses publiques, toujours plus de fonctionnaires, jamais moins.

 

Deux chiffres pour illustrer cette situation à l’échelle de notre
localité.

 

2002 : les dépenses réelles de fonctionnement s’élevaient à
Annemasse à
27 481 981 €.

 

2010 : les dépenses réelles de fonctionnement se sont
élevées à 37 891 000 €.

 

En huit années la progression aura été de 38 %.

 

Or, dans la même période, l’inflation aura été au total de
16,6 %

 

Si on avait simplement suivi l’inflation, les dépenses
réelles de fonctionnement s’élèveraient aujourd’hui à 32 032 838 €.

 

Soit 5 millions d’euros en moins. 5 millions qui seraient
dans la poche des contribuables annemassiens au lieu d’être perdus dans une
masse indistincte de dépenses présentées les unes comme les autres comme
impossibles à limiter.

 

Et cela à l’échelle de la commune, seule. Alors que parallèlement
monte en puissance la communauté d’agglomération (Annemasse Agglo), qui, elle
aussi, s’abîme dans l’inflation des dépenses, sans retenue. Un hôtel de
l’agglomération, un palais plutôt, est construit à coup de millions d’euros.
Dépense somptuaire. Avec un discours complètement surréaliste pour le
justifier : on va payer des remboursements d’emprunts au lieu de payer des
loyers. De loin cela paraît rationnel. Mais de près, quand on comprend que ces
remboursements seront deux fois supérieurs aux loyers, la justification
disparaît.

 

On peut hésiter entre le rire et les pleurs. Mais pleurer ne
sert pas à grand-chose.

 

Le retour du Jedi/Erebus

Depuis son départ, de nombreux lecteurs égarés tombaient par hasard sur le blog de la majorité municipale. Le taux des suicides a alors fait des sauts prodigieux, pire encore qu’aux PTT, c’est dire, et l’Académie se penche sur cette épidémie de neurasthénie pour en rechercher les causes. Mais heureusement, Erebus est de retour. C’est officiel. Un numéro spécial du JIM en atteste.

Au moins, il y aura de l’animation !


Et si on avait un peu d’imagination ?

C’est un article récent de l’excellent Messager écrit par un excellent journaliste, avec une excellente documentation, et une excellente photo en illustration, qui disait excellemment que 37 000 excellentes automobiles, conduites pour la plupart par d’excellents frontaliers, passaient les excellentes douanes de Gaillard, pour transporter leurs conducteurs au travail dans l’excellente République et Canton de Genève. Tout va très bien dans notre monde, merveilleux sous toutes les coutures, sauf ça. 37 000 automobiles par jour qui passent les douanes de Gaillard, sans compter toutes les autres ailleurs, c’est énorme, c’est même dangereux, et au bout il y a l’apoplexie. Ça, c’est un cauchemar en préparation.

Guilhem Bédoïan, vice-président en charge des déplacements au sein de l’agglomération a bien raison de dire qu’il faut trouver une solution, et qu’on ne règlera pas tout avec les transports en commun. Il a raison. Il est raisonnable. C’est rassurant, enfin un élu qui ne fait pas des discours d’abruti idéologisé recrachant la bouillie logorrhéique des bureaux d’études de tout poil inspirés par le verbiage marxisant et technocratisant. Il parle clair. J’ai confiance.

Et l’excellent Messager poursuit : «Mais le véritable problème de l’agglomération annemassienne, c’est
qu’une voiture sur quatre la traverse sans s’y arrêter. Ces 25 % de flux
de transit, l’Agglo aimerait les faire passer ailleurs. Mais où ?».

Il énumère alors les solutions : doublement du pont d’Arve, achèvement du contournement d’Annemasse, liaison Chasseurs Findrol, les transports en commun, les grands parkings ; il est certain que tout concourra à limiter cette gigantesque paralysie qui nous menace, si le trafic continue d’augmenter comme aujourd’hui. Et il y a une solution qui n’est pas évoquée. La liste POUR ANNEMASSE l’avait proposée au cours de la campagne pour les municipales en 2008 : un tunnel routier allant du secteur des Chasseurs à celui du Brouaz pour se raccorder à l’autoroute.

Il suscitait beaucoup de critiques. Il paraissait disproportionné. Sauf qu’aujourd’hui il devient de jour en jour plus adapté au problème. Le transport individuel, surtout dans notre région, continuera d’exister, même avec des moteurs électriques. Et il lui faut des axes de circulation.

Quand même, cet excellent Messager ne fait pas que badigeonner les élus (au pouvoir) de pommade. Il aborde aussi des questions de fond, si j’ose dire en évoquant un tunnel. Alors je lui fais de la pub ! Gratuite, c’est encore les soldes.

Le grand tunnelier.

Pour une cité harmonieuse.

Finalement c’est assez facile de présenter ses vœux, il suffit de dire et d’écrire « Bonne Année », d’ajouter des considérations sur la santé, comme aussi sur les finances, privées ou publiques.

Même si c’est sur les finances publiques qu’assurément ça coince.

Mais on ne va pas commencer l’année en se fâchant, sans quoi l’exercice non seulement n’aurait aucune utilité, mais au surplus nous ferait faire de la bille, nous tournerait à l’aigre. J’en tremble rien qu’en l’écrivant.

Toutefois, les sujets qui fâchent poursuivent cahin-caha leur existence souterraine avant de nous exposer en plein visage au détour d’un examen budgétaire à Annemasse par exemple, vers la fin mars quand tout est cuit et qu’on adopte au conseil municipal le budget de l’année. On va nous servir à nouveau la même rengaine que celle des précédentes années sur l’inéluctable « glissement vieillesse technicité », pour justifier la poursuite de l’ascension de la masse salariale. Le rapporteur, l’excellent adjoint aux finances, nous dira cette année encore à quel point la commune déploie des efforts significatifs dans le domaine social. Commencera alors la litanie des justificatifs : si ce domaine va si mal c’est à cause du gouvernement, du système libéral, des Américains, des multinationales, etc. Puis des satisfecit en rafale viendront percuter de plein fouet notre attention pour nous tirer sur la pente du sommeil. Il y aura l’autosatisfaction sur les investissements immobiliers. Il y aura l’autosatisfaction sur l’urbanisme. Il y aura l’autosatisfaction sur l’intercommunalité. Tout ira bien, dans le meilleur des mondes annemassiens possible.

Mais pourquoi diable voulons-nous changer cela ?
Répondre à cette question, c’est présenter un programme. Et ce programme repose sur les puissantes convergences entre les différentes forces politiques composant aujourd’hui la minorité à Annemasse.

– Nous partageons une même analyse sur le glissement permanent des finances publiques locales,

– Nous partageons aussi globalement la même analyse sur les contraintes urbaines qui pèsent sur la ville,

– Nous partageons enfin la même analyse sur la situation économique locale désastreuse.

C’est pourquoi nous partageons nombre de projets programmatiques :

– Nous voulons le rétablissement des finances locales en limitant et en réduisant les dépenses publiques.

– Nous voulons mettre l’économie et le développement de la Cité à l’intérieur de son agglomération, au centre de nos efforts et pas uniquement au centre des discours.

– Nous voulons que l’urbanisme obéisse à une logique exclusivement orientée vers l’amélioration des conditions locales de vie avec cet objectif simple de rendre la ville de plus en plus confortable à ses habitants. Et non de mettre l’urbanisme à la remorque du social comme c’est aujourd’hui le cas.

Cet examen démontre une puissante unité de points de vue à l’intérieur des oppositions annemassiennes sur tous les grands sujets.