Un beau conseil municipal s’est enfin tenu en ce début d’automne. Comment résister à la pression urbaine genevoise ?

Il
n’y avait que du beau monde, comme d’habitude. Toute l’opposition
était présente ce 30 septembre 2010, à l’exception notable d’une conseillère qui refuse
manifestement de fréquenter ce cénacle, sans que l’on sache bien
pourquoi.

Du
côté de la majorité, on a l’impression au fil du temps que les
rangs s’éclaircissent, c’est pourquoi je voudrais proposer à notre maire de prendre des mesures d’urgence et
d’instaurer une rémunération des jetons de présence. Le
dispositif, par esprit républicain, devra d’ailleurs être étendu
à l’opposition. Je suis sûr qu’ainsi, personne ne manquera à
l’appel.

(Pour
répondre à la remarque que j’entends, oui, les fonds seraient pris dans
l’enveloppe des subventions aux syndicats, et dans celle des frais de
représentation).

Quant
à l’ordre du jour, chargé, au point qu’il attira la remarque
agacée de M VIGNY, il ne comportait que des points excitants.

C’est
ainsi qu’on a écouté la lecture brillante par l’adjoint chargé des
finances du budget supplémentaire 2010. J’ai pu relever que
l’attention était si vive que personne ne prenait de note, tous les esprits étant comme suspendus aux chiffres, propulsés comme autant de
vérités par le rapporteur. Comme il y en avait des pages et des
pages, et qu’il était pris par sa lecture, il ne s’aperçut pas
qu’on poursuivit l’examen des autres points de l’ordre du jour.

On
évoqua les garanties d’emprunt consenties aux sociétés d’HLM.
Elles atteignent 65 000 000 € d’encours, au total. Sur ma question
d’une possible déconfiture des sociétés HLM, la réponse du maire
a été que cela n’arriverait jamais, parce que les sociétés
étaient solides, ce dont il y a lieu de se persuader, comme le
disait le bon Dr Coué, mais aussi que si les collectivités ne
garantissaient pas les emprunts, alors il n’y aurait plus de logement
social en France, ce dont personne non plus ne doute. Dont acte.

Toute
une série de questions d’intendance ont été réglées, hélas en
beaucoup plus de temps qu’il n’en faut pour le dire, et le clou de la
soirée resta la révision simplifiée du PLU dans le secteur du
Brouaz.

Il
s’agissait de modifier le zonage pour préserver les possibilités d’un
espace naturel. C’est un enjeu dans un environnement urbain
qui se densifie malheureusement de plus en plus. J’ai approuvé, et
j’ai même approuvé la réflexion de l’adjoint M BOUCHET qui
relevait qu’il fallait garder en mémoire en permanence
l’articulation avec l’agglomération et la Suisse voisine. Là où
justement le bât blesse. Et je suis d’accord avec lui pour dire que
si nous cédons à nos voisins en permanence, on retrouvera comme le
disait aussi François VIGNY, l’habitat ici et l’économie là-bas.

Unanimité
donc, mais plutôt unanimité de façade. Car en fait il y a ici une
contradiction. M BOUCHET exprime l’idée qu’il faut calmer le jeu de
la densification. Cependant que de bonnes âmes de sa majorité,
tiennent encore pour la densification de la ville. Contradiction
donc. On pourrait d’ailleurs en dire quasiment autant de
l’opposition, où de meilleures âmes encore, pensent qu’il faut
densifier, ou qu’il faut à tout le moins suivre le mouvement
inéluctable.

Rien
n’est inéluctable. Tout est affaire de volonté politique. Nous
pouvons résister. En résistant d’ailleurs on obligera nos aimables
voisins à trouver des solutions sur leur sol, et non sur le nôtre,
déjà si encombré. M DUPESSEY cherche à rassurer en disant que les Genevois
sont convaincus de cela et qu’ils travaillent à augmenter le
logement chez eux. Seulement il néglige la complexité politique suisse. Un référendum, et tout est par terre.

Plus
tard, au petit matin, l’adjoint épuisé des finances encore plus
épuisées, achevant sa lecture, put enfin regagner son domicile. Je
propose qu’on rebaptise la rue Henri Barbusse de son nom.