Alerte ! le franc suisse flambe, le secret bancaire saute.

Il y a un intéressant article dans le Dauphiné Libéré, version internet.

Le lien est :

« http://www.ledauphine.com/ain/2010/09/05/le-probleme-de-l-emplo »

Tout y est dit en un chiffre. L’euro est tombé à 1,3 CHF. Il est tombé parce qu’il n’y a que quelques mois il était à 1,50.

Et ce n’est pas fini, la chute devrait se poursuivre jusque vers 1,20.

Du coup :

– la situation va s’améliorer pour les frontaliers et on peut s’attendre à une flambée des prix immobiliers,
– en revanche le renchérissement ne va pas aider les ménages modestes qui n’ont pas de salaires suisses, c’est-à-dire beaucoup de monde,

Pour nuancer le tableau, il faut relever que l’immobilier génère de l’emploi en France et l’attraction genevoise de son côté aura un impact sur les salaires français en poussant à leur hausse.

Le Genevois haut-savoyard sera donc affecté par cette hausse du franc suisse si elle est durable. Il risque de l’être par ailleurs bien davantage si le secret bancaire suisse explose. Ce qui paraît en voie de se réaliser.

Et là les conséquences pourraient être extrêmement sérieuses. Le moteur suisse, qui suit une courbe ascendante depuis des décennies, ne repose certes pas exclusivement sur le secret bancaire, le «recel du crime mondial», comme ses contempteurs le dépeignent, mais le secteur bancaire constitue l’un de ses fondements. Il faut toujours se souvenir que la Suisse dispose d’une industrie puissante et concurrentielle, d’administrations performantes, d’un secteur de services de qualité.

Cela étant, si le secteur bancaire devait entrer en crise, l’emploi saignera. La saignée touchera d’abord de plein fouet les frontaliers qui sont toujours sur un siège éjectable. Le droit social suisse étant aussi épais qu’une feuille de papier bible et se résumant à : «Je vous fais votre compte pour demain matin, Monsieur Machin, vous pourrez passer le prendre dès l’ouverture. Excellente soirée». Si bien que l’on peut craindre un choc de notre côté.

C’est pourquoi, et malgré l’impératif éthique qui pousserait à la suppression du secret, le pragmatisme raisonnable nous incite à ne pas nous réjouir de cette catastrophe annoncée. Mais heureusement, en Suisse, le peuple a le dernier mot. Attendons.