Le frisson de la fusion des communes et des départements. (article du prochain JIM)

Qui a dit que la France était un état Jacobin et centralisé ?

Ce n’est plus vrai depuis 1982 et les lois sur la décentralisation.

Et le problème aujourd’hui se présente de manière différente de ce qu’il était avant 1982.

Ce qui est en cause c’est l’incompréhensible mosaïque des collectivités territoriales (Région, Département, Commune) à laquelle on superpose par couches successives, des syndicats, des communautés, des pays, des associations de ceci, de cela. Et à chaque niveau on embauche, on met des présidents, des vices-présidents, on paye des indemnités à tout ce monde, on construit des bureaux, on garnit les nouveaux palais édifiés de personnel, on y ajoute des parkings, des frais de gestion, on s’en fout que ça coûte cher quand on est élu parce que de toute façon c’est l’argent du contribuable. Inépuisable.

Ici, la communauté de communes, des 12 communes, à peine née édifie son palais, qui dépassera la dizaine de millions d’euros, une paille.

Mais comment faire pour arrêter ce mouvement insensé de la couche qui s’ajoute à la couche ?

Par la centralisation. Oh ! Pas la centralisation nationale, une ennemie, la centralisation locale, une amie.

La réforme des collectivités territoriales sera (si ça veut rire !) l’occasion de modifier l’espace politique local. La rationalisation de l’action administrative passera par cette centralisation locale. La fusion des communes permettra d’atteindre une taille à la mesure des enjeux territoriaux, et à celle d’une meilleure gestion.

Communes et Départements pourraient être réorganisés.

1) Les Communes, par exemple, dans notre Agglomération annemassienne.

Notre agglomération compte plus de 60 000 habitants et est divisée en 12 communes, dont 4 sont dans une continuité géographique telle qu’il est bien difficile pour qui n’est pas familier avec leurs limites, de les repérer visuellement.

Mais il existe une agglomération peut-on répondre !

Réponse insuffisante. C’est ce qui est en cause. C’est justement ce qui ne doit plus être une éventuelle source de gaspillage, une manifeste source de lourdeur, c’est ce qui ne doit plus être une couche en plus, mais au contraire devenir une couche en moins.

La solution est dans la fusion :

– la fusion des communes,

– la fusion des structures,

– la démocratie directe d’un bout de la chaîne à l’autre.

Disparition alors des structures empilées avec à chaque étage des chefs, des sous-chefs, des sous-sous-chefs, des cortèges de présidents, de vice-présidents, des locaux, des prébendes, etc.

Bien sûr cela pourrait être ennuyeux pour les indemnités des élus, mais ils sont si majoritairement désintéressés que ce ne devrait jamais être un obstacle. Restons optimistes.

La rationalisation passera indiscutablement par cette fusion des communes. Mais aussi la démocratie. Aujourd’hui personne n’élit vraiment le président de l’agglomération, demain guère davantage. Dans une fusion tout deviendrait plus clair. Les grands choix stratégiques, comme la gestion et les choix politiques.

Autre avantage, et non des moindres, l’hégémonie de la gauche sur Annemasse serait diluée.

2) Les Départements.

La Savoie et la Haute-Savoie pourraient prochainement fusionner pour ne former qu’un seul département.

Il aurait de l’allure ce département, il serait à lui seul une région historique. Mais surtout permettrait-il, en gagnant des compétences, tant délégués par l’État que par la région socialiste Rhône-Alpes, d’améliorer la gestion, de rationaliser l’allocation des ressources, et de favoriser ainsi l’émergence d’une énergie formidable.

Dans le projet actuel de réforme des collectivités territoriales, il est possible que cette perspective s’ouvre. Une chance historique se présenterait, il nous faudra la saisir, pour le bien commun. Pour le frisson, c’est si rare en matière administrative.

Lettre à Monsieur le Maire d’Annemasse.

Annemasse le 8 juin 2010

Monsieur le Maire,

Le vendredi 4 juin 2010 a été organisée à Annemasse, une manifestation contre l’abordage par l’armée Israélienne d’un navire transportant des denrées alimentaires destinées à la population de Gaza.

A cette manifestation participaient des élus Annemassiens, et notamment des membres de la municipalité qui ont excusé votre absence, ayant déclaré vous représenter.

Vous associez-vous aux slogans : « Israël assassin – Israël terroriste » qui ont été scandés par les manifestants sans que cela ne semble émouvoir les élus de votre majorité ?

Une clarification nous semble nécessaire.

Le groupe « Réussir Annemasse » et J.P. BENOIST

L’économie et le discours : l’inaction et le verbe.

Je sens déjà tout le second étage de la mairie frémir. Il a raison. Encore une critique ! Mon Dieu, par où commencer ?

Par le commencement.

Au commencement était le verbe. C’était au temps des diligences, du jeu des mille francs, et de la lecture quotidienne du Capital de ce bon vieux Karl. C’était au temps de monsieur Borrel, l’homme aux 30 ans de mandat. Pendant 30 ans, rien. Plein de social, plein de sous dans les caisses grâce à l’essor des frontaliers et au miracle du Casino, Genève prospérait, Genève nous tirait et nous tire encore.

On cherche assez vainement les grandes réalisations de ce long règne. Il faut être juste. Il y a eu une maison de l’Économie, qui n’était même pas sa création. L’économie façon ANPE. Notre chef des édiles était trop cultivé pour méconnaître totalement cette dimension économique, mais on le sentait plus à l’aise dans le commerce des idées, que dans celui de la vente au détail. Et comme les décisions macro-économiques se prenaient, et se prennent encore, à un autre niveau que celui de la commune, il faut bien admettre que ce qui lui restait avant sa délégation à la communauté d’agglomération n’était pas folichon. En revanche, ces trente années ont été fertiles en discours, et en rapports, et en re-discours, en proclamations, et en re-re-discours.

En dehors du discours, où tout va toujours bien, sauf la faute au gouvernement, sauf la faute au système, il n’y a pas eu d’efforts particuliers en faveur du commerce du centre-ville, non plus qu’en faveur de l’industrie. Les deux ont déserté.

C’est la responsabilité du maire et de son équipe de créer les infrastructures nécessaires au développement économique. Deux exemples : les parkings et leur gestion d’une part, le très haut débit d’autre part. C’était il y a trente ans qu’il fallait faire au centre-ville des parkings souterrains.

Si des parkings avaient été créés il y a trente ans, d’une part ils seraient aujourd’hui amortis et constitueraient une ressource pour la ville, mais d’autre part ils auraient créé des habitudes d’accès aisé pour les consommateurs des périphéries françaises ou genevoises.

Et aujourd’hui aussi, une politique intelligente de l’usage des parkings, tous payants, pourrait parfaitement être poursuivie : la première demi-heure gratuite, autre exemple, permettrait indiscutablement de rétablir les flux au bénéfice du centre.

Quant au très haut débit, le constat est simple aussi : rien. Le désert. Or, c’est manifestement une nécessité.

Le bébé tout trempé de son immobilisme a été refilé à l’agglomération. C’est elle qui exerce désormais la compétence en matière économique. Le même verbe tente de s’y déployer, au risque de se dégrader en verbiage, dissimulant sous ses volutes captieuses le néant des réalisations. Les efforts restent à entreprendre.