Genève, mon amour ! (article pour le JIM de Novembre)



 

Les
relations avec notre puissante ville État-Canton voisine sont marquées par des
alternances de haine/rejet amour/attraction inextricablement mêlées.

 

C’est
presque compulsif. Les susceptibilités sont à fleur de peau. Un parti l’UDC écrit
en faisant référence au projet du CEVA que la racaille viendra d’Annemasse. Aussitôt flambée de colère
républicaine, descente dans la rue. Chaque frontalier se sent visé, à juste
titre d’ailleurs, chaque Annemassien se sent injurié, encore à juste titre.

 

Non, mais, on va vous montrer qui on est !

 

Il y a un vote le dimanche suivant.  Le frère de l’UDC, le MCG est le grand
gagnant.

 

 

«Ce qui est sûr, c’est que le parti a parfaitement su
exploiter la crainte des travailleurs frontaliers qu’ont certains Genevois. Un
thème qui va s’imposer de plus en plus dans le débat parlementaire. Avec
l’augmentation de sa députation, le MCG pourra jouer le rôle d’arbitre entre la
droite et la gauche.
»

 

(La
Tribune – 11/10/09 – site internet).

 

 

Il
faut se rendre à l’évidence, le thème défendu par l’UDC a fonctionné. À plein
régime, même si c’est son frère le MCG qui tire les marrons du feu. Et les
frontaliers se sentiront encore plus menacés.

 

La
démagogie a triomphé. Mais la démagogie est-elle uniquement de ce côté-là de la
frontière à l’exclusion de ce côté-ci ?

 

Ce n’est pas certain. Il faut aussi s’interroger sur nos
discours.

 

Nos
discours sont négationnistes. Ils partent du principe absolument juste du fait
régional : que nous le voulions ou non, nous vivons dans une agglomération
de plus de 750 000 habitants.

 

Mais
au-delà ils nient tout problème. C’est ce qu’ont entendu les Genevois. Des
cris, mais pas d’analyse. Or si nous voulons rester dans l’échange, il faut
nécessairement de temps en temps se souvenir qu’il existe des écueils. Des
fardeaux.

 

Sans
quoi si on les nie, on n’est plus crédible. Et c’est ce qui s’est passé. La
crise est venue. Avec elle la peur. Et la peur ébranle les cœurs les mieux
constitués. Elle s’enroule en volutes sur la réalité, et tisse aussitôt à
partir de faits vrais ou imaginaires, d’improbables amalgames. Le fait est que
les Genevois se plaignent de la délinquance qui leur paraît importée d’ici.

 

Et
ils ont raison. Malheureusement. Les statistiques de la prison de Champ-Dollon
à Genève sont accablantes. Sur cent détenus il y en a ….90,6% qui sont
« étrangers », à la Suisse s’entend. Il faut se représenter le
chiffre. Sans lui Genève ressemblerait à un total havre de paix. Et il faut
comprendre la peur que cela inspire et qui se conjugue avec celle de la crise,
exploitées toutes deux aussitôt par les partis xénophobes pour qui cela devient
un fonds de commerce électoral, si facile.

 

La
réponse politique doit être de démontrer la nécessaire dimension régionale de
notre espace commun. La géographie dicte au fond la politique. Sauf à vouloir
créer le même mur de la honte que les bolchéviques (il en reste à Annemasse)
édifièrent à Berlin et dans toute l’Europe de l’Est.

 

La
réponse politique est celle de l’unité, mais pas de la cécité. Nous avons un
problème. Et nous devons le traiter. Nous devons lutter contre cette plaie qui
envenime les relations, chez nous d’abord, qui en sommes les premières
victimes, et chez nos voisins où cette délinquance s’exporte. La réponse
politique c’est de dire les problèmes, pas de les occulter, pour les combattre
quand ils sont nocifs.

 

Si
on augmente nos dispositifs de sécurité publique, alors nécessairement on
luttera de ce côté-ci, mais aussi de ce côté-là de la frontière.

 

Monsieur
le Maire, encore un effort sur ces questions (la vidéosurveillance par
exemple), et mieux que par des cris, vous serez entendus par nos voisins.

 

Liste Pour Annemasse

Jean-Pierre
Benoist : jeanpierrebenoist@gmail.com       Anne
Michel : anne.michel74@gmail.com

Site : http://jp-benoist.fr                                                        
Site : http://annemasse-avenir.over-blog.com/