La chasse au bouc émissaire est ouverte.

Patatrac ! Voilà que l’UDC, parti politique suisse, en appelle dans des slogans électoraux à repousser les hordes que le Ceva attirera sur Genève.

Aussitôt on a assisté à une montée au créneau de la quasi-totalité des courants politiques, des élus, des journaux de la «France Voisine». Un vent d’indignation souffle.

Tous ont compris dans les slogans de l’UDC que les frontaliers étaient visés. Un modemiste dont le site est hébergé par le journal La Tribune de Genève a même évoqué «la racaille».

Il est vrai que l’assimilation suggérée entre frontalier et envahisseur est indécente. Une réaction s’imposait. Mais elle se devait de rester mesurée pour être crédible de l’opinion Genevoise.

Les réactions tombent dans l’excès. Elles manifestent, comme mon ami Robert (Bob l’éponge pour les intimes) l’a souligné, un profond déni de la réalité.

D’abord sur le CEVA, soutenu unanimement de ce côté-ci de la frontière (moi itou), et qui n’est pourtant pas forcément la meilleure solution à la problématique du transport dans l’agglomération. En raison de son coût exorbitant pour nos voisins. Et aussi parce qu’une autre solution est possible : le tram. Mais on a le CEVA, alors il faut le garder, sinon on risquerait de ne rien avoir du tout.

Ensuite parce qu’il existe un réel problème de délinquance importée à Genève. Si on osait, on demanderait la publication du rôle des affaires correctionnelles à Genève (vols, cambriolages, etc.). On lirait qui est en cause, et d’où viennent les mis en cause. Cela calmerait un peu la clameur initiée par l’UDC.

La clameur n’est pas la bonne solution. En déniant la réalité perceptible par le Genevois électeur, on va exactement dans le sens voulu par l’UDC, alors même que si le problème de la délinquance importée de la «France voisine» existe bel et bien à Genève, il faut 1° le quantifier 2° étudier les solutions pratiques. Étude qui conduirait très certainement à écarter la corrélation probablement fausse entre CEVA et circulation des délinquants. D’abord parce qu’ils agissent aujourd’hui sans le CEVA et qu’ils continueront probablement à le faire après.

Restons calmes.