Plus vrai, ce n’est pas possible.

Le Dauphiné Libéré a écrit Samedi qu’au conseil municipal du 22 octobre 2009, pas une voie n’avait manqué à la majorité pour soutenir la motion présentée par le maire. Et même l’opposition l’avait votée… Si ce n’était pas écrit, je ne le croirais pas.

Tout ce dont je me souviens, par exemple que je n’ai pas voté la motion, avec ma colisière Anne Michel, et un égaré du groupe Vigny, Jean-Michel Joulaud, doit être inexact. Puisque le Dauphiné écrit le contraire ! Et le Dauphiné ne peut se tromper, pas vrai ?

Genève, mon amour ! (article pour le JIM de Novembre)



 

Les
relations avec notre puissante ville État-Canton voisine sont marquées par des
alternances de haine/rejet amour/attraction inextricablement mêlées.

 

C’est
presque compulsif. Les susceptibilités sont à fleur de peau. Un parti l’UDC écrit
en faisant référence au projet du CEVA que la racaille viendra d’Annemasse. Aussitôt flambée de colère
républicaine, descente dans la rue. Chaque frontalier se sent visé, à juste
titre d’ailleurs, chaque Annemassien se sent injurié, encore à juste titre.

 

Non, mais, on va vous montrer qui on est !

 

Il y a un vote le dimanche suivant.  Le frère de l’UDC, le MCG est le grand
gagnant.

 

 

«Ce qui est sûr, c’est que le parti a parfaitement su
exploiter la crainte des travailleurs frontaliers qu’ont certains Genevois. Un
thème qui va s’imposer de plus en plus dans le débat parlementaire. Avec
l’augmentation de sa députation, le MCG pourra jouer le rôle d’arbitre entre la
droite et la gauche.
»

 

(La
Tribune – 11/10/09 – site internet).

 

 

Il
faut se rendre à l’évidence, le thème défendu par l’UDC a fonctionné. À plein
régime, même si c’est son frère le MCG qui tire les marrons du feu. Et les
frontaliers se sentiront encore plus menacés.

 

La
démagogie a triomphé. Mais la démagogie est-elle uniquement de ce côté-là de la
frontière à l’exclusion de ce côté-ci ?

 

Ce n’est pas certain. Il faut aussi s’interroger sur nos
discours.

 

Nos
discours sont négationnistes. Ils partent du principe absolument juste du fait
régional : que nous le voulions ou non, nous vivons dans une agglomération
de plus de 750 000 habitants.

 

Mais
au-delà ils nient tout problème. C’est ce qu’ont entendu les Genevois. Des
cris, mais pas d’analyse. Or si nous voulons rester dans l’échange, il faut
nécessairement de temps en temps se souvenir qu’il existe des écueils. Des
fardeaux.

 

Sans
quoi si on les nie, on n’est plus crédible. Et c’est ce qui s’est passé. La
crise est venue. Avec elle la peur. Et la peur ébranle les cœurs les mieux
constitués. Elle s’enroule en volutes sur la réalité, et tisse aussitôt à
partir de faits vrais ou imaginaires, d’improbables amalgames. Le fait est que
les Genevois se plaignent de la délinquance qui leur paraît importée d’ici.

 

Et
ils ont raison. Malheureusement. Les statistiques de la prison de Champ-Dollon
à Genève sont accablantes. Sur cent détenus il y en a ….90,6% qui sont
« étrangers », à la Suisse s’entend. Il faut se représenter le
chiffre. Sans lui Genève ressemblerait à un total havre de paix. Et il faut
comprendre la peur que cela inspire et qui se conjugue avec celle de la crise,
exploitées toutes deux aussitôt par les partis xénophobes pour qui cela devient
un fonds de commerce électoral, si facile.

 

La
réponse politique doit être de démontrer la nécessaire dimension régionale de
notre espace commun. La géographie dicte au fond la politique. Sauf à vouloir
créer le même mur de la honte que les bolchéviques (il en reste à Annemasse)
édifièrent à Berlin et dans toute l’Europe de l’Est.

 

La
réponse politique est celle de l’unité, mais pas de la cécité. Nous avons un
problème. Et nous devons le traiter. Nous devons lutter contre cette plaie qui
envenime les relations, chez nous d’abord, qui en sommes les premières
victimes, et chez nos voisins où cette délinquance s’exporte. La réponse
politique c’est de dire les problèmes, pas de les occulter, pour les combattre
quand ils sont nocifs.

 

Si
on augmente nos dispositifs de sécurité publique, alors nécessairement on
luttera de ce côté-ci, mais aussi de ce côté-là de la frontière.

 

Monsieur
le Maire, encore un effort sur ces questions (la vidéosurveillance par
exemple), et mieux que par des cris, vous serez entendus par nos voisins.

 

Liste Pour Annemasse

Jean-Pierre
Benoist : jeanpierrebenoist@gmail.com       Anne
Michel : anne.michel74@gmail.com

Site : http://jp-benoist.fr                                                        
Site : http://annemasse-avenir.over-blog.com/

Contre-productif.

«Ce qui est sûr, c’est que le parti a parfaitement su exploiter la crainte des travailleurs frontaliers qu’ont certains Genevois. Un thème qui va s’imposer de plus en plus dans le débat parlementaire. Avec l’augmentation de sa députation, le MCG pourra jouer le rôle d’arbitre entre la droite et la gauche.» (La Tribune – 11/10/09 – site internet).

La poussée du MCG ce dimanche 11 octobre 2009 devrait donner un peu à réfléchir à nos orfraies qui poussèrent de si grandes clameurs, au nom de la démocratie, de l’antiracisme, contre la xénophobie de l’UDC. Certes, l’UDC n’est pas le MCG et Lycée de Versailles, mais c’est blanc-bonnet et bonnet-blanc. Nous, nous héritons du bonnet d’âne.

Il faut se rendre à l’évidence, le thème défendu par l’UDC a fonctionné. À plein régime, même si c’est son frère le MCG qui tire les marrons du feu. Et les frontaliers risquent demain de prendre en pleine face la fusée lancée quelque temps en arrière.

Alors qu’ils ne sont responsables de rien.

Alors que l’amalgame à la «racaille» envahissant Genève est inacceptable.

Mais si ce thème a fonctionné aussi bien, c’est parce qu’il y a une réalité de la délinquance transfrontalière à Genève. Celle qui vient de l’étranger commettre toutes sortes de délits sur le petit territoire de nos voisins. En attestent les statistiques hallucinantes de la prison de Champ-Dollon. (Commentées ci-dessous dans un précédent billet).

Si bien qu’à nier le phénomène, ce qui était à craindre est arrivé, on a renforcé la peur et on a renforcé le réflexe politique fondé sur la peur, qui se nourrit de l’amalgame. Au lieu d’expliquer, au lieu de tirer les conséquences politiques de la situation, en renforçant partout la lutte contre la délinquance, en adaptant nos méthodes, etc.

On peut donc attribuer une partie au moins de la victoire du MCG à nos brillants stratèges locaux, à M DUPESSEY notamment. Ils ont préféré hurler contre l’ennemi idéologique plutôt que d’essayer même de comprendre ce qui se passait. Ils ont eu le soutien et le relai d’un courageux quotidien local. De même que la philippique excessive lancée depuis St Julien par un brillant esprit, sur le modèle de «Nous sommes tous…» ici, «des racailles» constitue un maladroit déni, leurs cris illustrent un adjectif simple : contreproductifs.

Heureusement, il nous reste la télé, en attendant le prochain conseil municipal.

Suite et pas encore fin sur la racaille(1), et d’autres qui n’en sont pas.

Et si l’UDC avait raison ?

Et si en effet la délinquance à Genève était importée quasi totalement ?

Un blogueur annemassien (Erebus, voir le lien ci-dessous à gauche) a découvert un document exceptionnel : le rapport annuel de la célèbre prison genevoise située à Champ-Dollon. Il faut que tous nous en lisions quelques pages avant de nous lancer dans la dénonciation de l’UDC. Surtout si on n’aime pas l’UDC, parce que plutôt que dire des sottises ou de les écrire, il vaut mieux se renseigner d’abord. Voilà l’adresse :

http://www.geneve.ch/penitent/champ-dollon/pdf/rapport-d-activites-2008.pdf

Que dit ce rapport ?

C’est simple : la délinquance à Genève, dont personne ne contestera que la prison constitue une photographie fidèle, est avant tout étrangère à raison de…tenez-vous bien, 90,6 %.

C’est énorme. Ce chiffre est celui des pensionnaires dans la prison genevoise.

Le détail n’est pas triste non plus. En deux tableaux, tirés des pages 8 et 9 du rapport.

Stats 2

Stats 1

Nous français qui sommes toujours prêt à donner des leçons à la terre entière, on aimerait bien que des statistiques soient fournies sur Bonneville. Remarquez qu’elles seront différentes aussi en raison de l’absorption plus rapide des populations d’origine étrangère qui reçoivent à grande vitesse la nationalité française et perdent du même coup leur extranéité.

Pour le coup, il faut être modeste, et se poser sérieusement la question transfrontalière du traitement de cette délinquance qui s’exporte aussi de notre territoire vers celui de Genève.

C’est en étant sérieux qu’on videra le procès fait par l’UDC à la France voisine de toute sa substance. Mais certainement pas par le déni. Et la prise en compte de la réalité permet accessoirement de mieux défendre envers l’opinion genevoise l’importance pour toute la région du CEVA.

Et de dissocier les frontaliers de toute accusation souterraine. Donc de lutter efficacement contre les insinuations perfides de l’UDC.

Soyons courageux.

(1) J’utilise le terme «racaille» en le reprenant d’un article cité par le Dauphiné LIbéré et tiré du blog dénonçant ce qu’il pensait être l’assimilation des hordes de délinquants débarqués du CEVA aux frontaliers, en écho au slogan calamiteux de l’UDC.

La chasse au bouc émissaire est ouverte.

Patatrac ! Voilà que l’UDC, parti politique suisse, en appelle dans des slogans électoraux à repousser les hordes que le Ceva attirera sur Genève.

Aussitôt on a assisté à une montée au créneau de la quasi-totalité des courants politiques, des élus, des journaux de la «France Voisine». Un vent d’indignation souffle.

Tous ont compris dans les slogans de l’UDC que les frontaliers étaient visés. Un modemiste dont le site est hébergé par le journal La Tribune de Genève a même évoqué «la racaille».

Il est vrai que l’assimilation suggérée entre frontalier et envahisseur est indécente. Une réaction s’imposait. Mais elle se devait de rester mesurée pour être crédible de l’opinion Genevoise.

Les réactions tombent dans l’excès. Elles manifestent, comme mon ami Robert (Bob l’éponge pour les intimes) l’a souligné, un profond déni de la réalité.

D’abord sur le CEVA, soutenu unanimement de ce côté-ci de la frontière (moi itou), et qui n’est pourtant pas forcément la meilleure solution à la problématique du transport dans l’agglomération. En raison de son coût exorbitant pour nos voisins. Et aussi parce qu’une autre solution est possible : le tram. Mais on a le CEVA, alors il faut le garder, sinon on risquerait de ne rien avoir du tout.

Ensuite parce qu’il existe un réel problème de délinquance importée à Genève. Si on osait, on demanderait la publication du rôle des affaires correctionnelles à Genève (vols, cambriolages, etc.). On lirait qui est en cause, et d’où viennent les mis en cause. Cela calmerait un peu la clameur initiée par l’UDC.

La clameur n’est pas la bonne solution. En déniant la réalité perceptible par le Genevois électeur, on va exactement dans le sens voulu par l’UDC, alors même que si le problème de la délinquance importée de la «France voisine» existe bel et bien à Genève, il faut 1° le quantifier 2° étudier les solutions pratiques. Étude qui conduirait très certainement à écarter la corrélation probablement fausse entre CEVA et circulation des délinquants. D’abord parce qu’ils agissent aujourd’hui sans le CEVA et qu’ils continueront probablement à le faire après.

Restons calmes.