Le futur est déjà là.

Les groupes politiques composant le conseil municipal sont globalement restés dans la même configuration qu’après les élections. Le maire est toujours maire. Monsieur Borel est toujours président de l’agglomération.

Mais ce n’est pas sans évolutions.

D’abord les centrifuges.

Sauf dans le camp majoritaire où pas une oreille ne bouge, dans celui des oppositions, chacun des groupes affiche une réelle diversité.

Le groupe issu de la liste Annemasse – Avenir, liste conduite par M Vigny connaîtra plusieurs modifications notables. Dès son élection la représentante du modem, madame Casas, se retirait. Puis madame Fradet prenait ses distances en l’annonçant avec fracas à une séance du conseil municipal. Enfin et à l’automne 2008, monsieur Pirat démissionnait.

Des deux élus Verts du conseil, l’un dans la majorité, l’autre dans l’opposition il n’en restait alors plus qu’un. Ce qui fut commenté par monsieur Borel par ce bon mot : « un verre, ça va, deux verts…. ». Blague à part, il a bien raison.

L’autre groupe issu de la liste « Pour Annemasse » que je conduisais a également connu un certain changement à connotation centrifuge.

Madame Michel s’est considérablement éloignée. Elle a pris ses bagages, créé un blog, et s’est soudainement retrouvée entourée d’un comité de soutien jailli spontanément de nulle part, et d’une organisation à vocation politique, un temps secrète. Le but est de la constituer en Seule Opposante. L’idée est excentrique (ce que tout centriste ne saurait admettre) et a été déclinée au moyen de divers artifices. Par exemple, et c’est le plus drôle, sur son blog elle passe systématiquement sous silence les interventions de Louis Mermet, ou de moi au conseil municipal.

Si on compte bien, un tiers des composantes de chacun des groupes d’opposition a pris le large (2/6 et 1/3).

Exit.

Mais il existe aussi des évolutions centripètes. (Les centristes, dont je suis, adorent littéralement les forces centripètes).

Une coopération raisonnable s’est progressivement instaurée entre les deux groupes d’opposition. Cette coopération se manifeste désormais à chaque séance du conseil. Le mode coopératif, collaboratif, ou fédératif, ce sont les mêmes idées, est le seul qui convienne à des forces qui conservent par ailleurs leur liberté, tout en agissant de manière réfléchie et concertée sur le terrain politique.

C’est ainsi que commence, en cette nouvelle année, la constitution d’une alternance politique durable. Il faut sacrifier à la mode du durable, mais c’est toujours mieux que l’éphémère…

Reste le rapport à la majorité municipale, dont on sait la diversité, mais dont ni on ne voit ni on n’entend la moindre manifestation. Le mode choisi dans l’actuelle majorité du conseil est celui du monolithisme.

Ce qui en soi pose une question à l’égard de ce que devrait être la démocratie, qui n’est jamais rien d’autre que le lieu du débat. Le moins qu’on puisse dire est que le débat n’est pas ce qui caractérise cette majorité, qui, séance après séance, donne le spectacle d’une troupe au garde à vous.

Avec Louis Mermet, mais aussi à l’époque Anne Michel, le choix que nous fîmes fut celui de la plus grande coopération possible avec la majorité. Dans cette perspective un accord politique fut conclu. La majorité nous ouvrait des places dans les délégations.

Ainsi, Louis Mermet s’est retrouvé délégué à l’agglomération. J’y suis son suppléant. Très franchement je me suis interrogé sur la pertinence de ce choix lors de la première séance à laquelle j’ai participé. 

J’ai fait part de mes doutes, j’ai surtout été extrêmement contrarié par un discours de monsieur Borel, qui déversa toute une rhétorique contre la spéculation, diabolisant au passage un propriétaire en mal de vendre un terrain situé dans une ZAC, car il avait réalisé un “profit“, l’ignoble, par la simple élévation du prix de son bien. Démagogie de pacotille. Reprise d’ailleurs récemment par le même au cours d’une séance du conseil à Annemasse.

Assister à ce genre de philippique, tout en devant rester muet, ce qui fut mon cas à l’assemblée de l’agglomération, est insupportable. Je vais donc proposer au maire de préciser l’accord politique. Ce que je souhaite, c’est, sans remettre en cause le vote qui dans la logique de l’accord initial doit se faire en solidarité avec notre ville,  pouvoir conserver la liberté de parole. Ce n’est pas énorme. Si c’est refusé, je démissionnerai de mon poste de suppléant.

L’année 2009 se présente sous de sombres auspices pour l’économie. Il faut donc réaffirmer le rôle que peuvent occuper les collectivités locales dans le soutien et le développement des activités. C’est quoi le soutien ?  C’est d’abord l’amélioration des infrastructures qui constituent les bases du développement de toute activité. Par exemple, il est urgent d’investir massivement dans les technologies de communication du futur.

Le soutien ce n’est pas la politique aveugle de la subvention qui en réalité a une franche odeur de clientélisme. Le soutien ce n’est pas la faveur, c’est l’investissement.

Si nous conservons le bon cap, nous franchirons les obstacles, et nous serons renforcés par l’épreuve actuelle. Que 2009 vous soit à toutes et tous, salutaire.

Garde à vue : nos libertés sont menacées.

Une infirmière commet une faute.

Sa faute fait une victime. Un enfant est mort. Une tragédie. L’infirmière n’a pas cherché à esquiver. Elle s’est livrée immédiatement.

Elle a été mise aussitôt en garde à vue.

Est-ce normal ?

Je vous dis que non.

La garde à vue est un emprisonnement immédiat, dans un commissariat ou une gendarmerie, pour 24 heures systématiquement prolongées de 24 heures à la discrétion de l’enquêteur, en théorie sous le contrôle d’un magistrat, mais en réalité sans contrôle aucun.

La France connaît une explosion des gardes à vue.

Alors que le code de procédure pénale martèle que cette mesure ne peut être prise que pour les nécessités de l’enquête, la réalité est qu’à tout bout de champ, pour rien souvent, nos concitoyens sont jetés dans une cellule, généralement indécente de saleté, sans lacet, sans ceinture, sans repère.

Bien sûr qu’il y en a beaucoup pour qui la mesure est pleinement justifiée. Les assassins, les violeurs, les ceci, les cela. Vous voyez, vous approuvez. Et pourtant, souvenez-vous que parmi les violeurs soupçonnés, les assassins désignés, sommeille parfois un innocent. Rappelez-vous d’Outreau. Rappelez-vous toujours d’Outreau, de son juge, de son procureur, de ces hommes sûrs d’eux qui vous crachèrent à la figure qu’ils n’avaient aucune excuse, aucune à présenter à quiconque. Rappelez-vous en quand vous penserez à la garde à vue. C’est le début de l’affaire d’Outreau.

La garde à vue fait partie de la technique policière. Un outil parmi d’autres, très fréquemment utilisé.

Et l’infirmière ? Était-ce pour les nécessités de l’enquête ? Certainement pas puisque l’enquête était terminée pour ce qui la concernait elle, immédiatement, puisqu’elle avait tout reconnu, et qu’elle s’était accusée. Alors pourquoi la garde à vue ? et bien pour rien. Ou plutôt pour la galerie. Pour marquer le coup. Pour dire l’émoi. Pour de bons motifs, mais pas ceux de l’enquête.

Pour la punir aussi. Par anticipation, pas comme dans un vrai procès, dans une sorte d’apéritif du procès qui viendra après.

C’est le policier qui en a décidé. Ou le gendarme, peu importe. Et il a eu tort. Il a eu tort parce que ni le Code pénal, ni le code de procédure ne prévoient un tel détournement.

Réfléchissez au delà de l’infirmière. Réfléchissez aux centaines de milliers de personnes qui sont placées en garde à vue chaque année. Sans que l’enquête le nécessite. Sans même qu’il y ait pour leur affaire de véritable trouble à l’ordre public. Vous savez le trouble à l’ordre public c’est la clameur. Je sais bien que pour l’infirmière on pourrait objecter que justement l’ordre public a été troublé. Oui, mais c’est la plus scélérate des notions que celle de l’ordre public, tout entière livrée à l’appréciation des gens de l’appareil judiciaire, sans contrôle véritable.  L’ordre public et son trouble est un des refuges de l’arbitraire.

Alors l’infirmière, quelle que soit sa faute, je la veux libre. Libre jusqu’à son procès, qui viendra. Elle sera jugée, et les juges décideront de son sort. Ça oui, mais la garde à vue, pour elle, non. C’est dans son cas un pur abus. Dans énormément de cas, c’est un pur abus. Un pouvoir grignoté jour après jour par ceux investis de l’autorité, qui plonge les personnes concernées dans leur arbitraire.

Nous sommes à l’orée d’une nouvelle année. Faisons en sorte que les libertés publiques progressent. A Annemasse, comme ailleurs. Nous n’en serons que plus forts.

Le champagne monte à la tête de la majorité.

C’est pour ça que je suis pour la prohibition. C’est la seule mesure de salubrité publique qui permette de juguler les excès. Mais ce sera pour demain.

Aujourd’hui la majorité sur son blog se livre à ce qu’elle pense être une démolition de la position de l’opposition, en prétendant relever ses contradictions.

Elle en voit quatre.

D’abord la voilà qui pleure parce qu’on la critique sur la place de la Libération. On devrait d’ailleurs immédiatement la rebaptiser place de Tizi-Ouzouf, pour coller au désert minéral à 5 millions d’euros, plus quelques babioles, qu’elle nous prépare.

Et voilà qu’on me reproche d’avoir voté contre, tout en appelant à l’amélioration esthétique de la ville.

Je vais dire les vérités qui fâchent.

Jusqu’à présent la ville a été édifiée sans goût ni grâce. La charte esthétique est celle de Berlin Est au temps des camarades, avec juste plus de fric.

Et ce serait une « contradiction » de refuser la place Jaune concoctée par leurs architectes stipendiés et de lui préférer un espace de respiration ?

La seconde « contradiction » est encore plus drôle. C’est la leçon d’économie. Voilà nos camarades qui sont soudainement devenus libéraux, et qui expliquent doctement qu’il faut aider la profession des taxis à Annemasse en lui refilant 10 000 euros pour qu’elle réalise un central téléphonique.

C’est une blague ça. La seule philosophie économique de la majorité est celle de la subvention. Un coup les chauffeurs de taxi, un coup une association. Tous aidés, tous clients, et tous électeurs. Piteux.

Ce n’est pas du développement, c’est du clientélisme.

Ah ! la troisième, qu’elle est belle la troisième.

C’est le coup du foot communautariste. Encore plus piteux. La majorité ne sait plus comment justifier ce qui est pour elle, et pour elle seule, une quadrature du cercle, une aporie du discours, bref une contradiction. Pour le coup c’est le mot juste.

En effet, nos braves pourfendeurs d’opposition réussissent ce prodige de réaffirmer leur soutien indéfectible au club USA, tout en favorisant en sous-main, un club né à la MJC du Perrier, et dont il n’osent avouer qu’il a un caractère « communautaire ».

Le plus drôle aura été leur tentative de dissimulation de la subvention de 3000 € pour le club. Ils sont passés par la technique de la subvention indirecte. Pour donner au club, ils donnent à la MJC, laquelle justifie sa demande de subvention par les frais exposés pour le club !  Bravo pour le montage. Mais il faut être un peu léger pour penser qu’une si grosse ficelle ne sera pas débusquée. J’ai voté contre, et je revoterai contre demain.

Et puis il y a la quatrième. Un chef-d’œuvre celle-là. Voilà qu’ils reprochent à Louis Mermet et moi d’avoir engagé un recours administratif contre le règlement intérieur sur le point qui nous fâche : la tribune que la majorité s’arroge dans sa Pravda passée à 24 pages en quadrichromie, depuis le dernier conseil.

Ils n’osent venir sur le fond, parce que sur le fond ils auront du mal à justifier 24 pages de dithyrambes sur leurs belles actions, plus une d’expression. Mais là ne serait même pas le problème. Le problème n’est pas sur le fond du droit d’expression de la minorité, réduit à une portion congrue. Aux yeux du doux rédacteur de l’article, le problème et la contradiction seraient notre appel à une gestion rigoureuse, alors que ce recours obligerait à engager des frais d’avocat.

Mais le rédacteur ne doit pas savoir que le recours à un avocat n’est nullement obligatoire pour la commune.

C’est l’article R 431-3 du code de justice administrative qui le précise.

C’est pourquoi j’invite le maire à présenter lui même sa défense. Je l’invite à expliquer pourquoi il aurait besoin de s’exprimer dans un journal tout entier consacré à sa gloire, numéro après numéro, et en prime de s’y exprimer dans un espace supplémentaire.

Il pourrait même aller présenter ses observations, quand l’affaire viendra à l’audience du tribunal administratif, en s’y rendant en vélo. Comme ça les seules dépenses seront celles des timbres pour la correspondance.

Si ce n’est pas une bonne idée d’économies ça !

Retour sur le conseil du 19 décembre 2008. Quand l’insignifiant le dispute au minime. Et quelques questions implicites importantes. Sus aux koulaks !

Lors de ce conseil, il y eut plusieurs échanges, parfois vifs,
sur des sujets dont l’importance immédiate était très relative, tout en
révélant sur le fond, l’empreinte idéologique.

Ainsi pour
l’aménagement de la place de la Libération. L’assiette des honoraires
du maître d’œuvre est passée de 4 à 5 millions, et je m’en étais ému
dans ce blog. Mais c’est uniquement l’assiette qui a été modifiée, si
bien que la dépense globale, elle, n’a pas bougé. Pas de quoi se mettre
à dos la SPA en fouettant un chat ! (Surtout, même pour les questions
importantes, ne frappez pas les animaux. Frappez plutôt vos conjoints,
et courrez chez un avocat pour être immédiatement défendu). La question
était minime. La véritable question était ailleurs : dans la définition
des travaux concernés, tout orientés sur l’extension d’un désert urbain
aux rues périphériques. Les amis, on nous prépare le désert, glacé ou
torride selon les saisons, du parvis du collège aux fins fonds de la
rue de la République, en passant par le monument aux morts. Cette
question-là n’était pas en débat. C’est elle qui est importante.

Ainsi
aussi de la fixation d’une indemnité d’expulsion pour le dernier
« agriculteur » d’Annemasse, au Brouaz. On lui paye le foin perdu, à ce
koulak, ce qui est bien normal. Mais insignifiant. En revanche, ce qui
était puissamment significatif était le discours accompagnateur de
monsieur Borel, qui est intervenu aux débats pour dire tout le mal
qu’il pensait de la propriété. Pour lui il est anormal que les
propriétaires s’enrichissent des plus values de leur bien. La propriété
pour lui devient un vol, comme je l’ai résumé. Louis Mermet est aussi
intervenu pour exposer dans la clarté que la propriété était ce qui
était le plus taxé en France : par les impôts fonciers, par les taxes
sur la plus-value, par les droits frappant les ventes, par les droits
frappant les successions, par l’impôt sur la fortune. Et il a raison.
La question était marginale, mais les propos de monsieur Borel, reflets
d’une idéologie caricaturale étaient plus inquiétants.

Cela
m’inquiète parce que le président de l’agglomération ne rate pas une
occasion pour dire tout le mal qu’il pense de la propriété. Pour
l’atteindre, il pourfend la « spéculation ». Mais qui n’est pourtant
rien d’autre que l’effet mécanique de l’élévation des prix due à la
raréfaction des biens dans les centres urbains. Si on laissait à
monsieur Borel un pouvoir législatif, il nous corrigerait tout cela en
fixant de manière autoritaire et dérisoire la valeur des biens, bref en
procédant à leur spoliation, mais sans indemnité préalable. Tous des
koulaks ! Il reste à les déporter en Sibérie. Les morceaux choisis de
cette idéologie ne seraient pas inquiétants si monsieur Borel était  un
simple citoyen. Mais il a été maire pendant des décennies. Et surtout
aujourd’hui il préside aux destinées de l’agglomération. C’est pourquoi
j’ai eu tant de mal en juillet à surmonter ma nature pour voter comme
Annemasse, au cours d’une séance où je remplaçais Louis Mermet, pour
une autre spoliation, après le discours de son président. Identique à
celui servi au conseil municipal. Je n’irai plus au conseil
communautaire.

Ainsi aussi des questions qui ne seront pas
posées. Par exemple sur les cantines, on pouvait craindre que derrière
la réduction de 5 plats à 4 se profile la question des menus « halal »,
avec la proposition inacceptable qui fut faite au stade d’une
commission municipale par des conseillers de la majorité, de la
suppression de toute viande pour éviter l’infraction à des
prescriptions religieuses d’un autre monde, d’un autre temps. La
question, si elle n’est posée aujourd’hui, se posera demain. Elle
conduira à un véritable choix de société.

Ainsi pour le JIM. Il
va passer à 24 pages en quadrichromie, toutes dévolues à la gloire de
son excellence le premier magistrat, et de ses acolytes (ne lisez pas
 »alcooliques ». D’abord je ne l’ai pas écrit, ensuite je ne le pense
pas, et enfin si j’y insiste c’est que je connais quelques conseillers,
et conseillères, qui seraient bien capables de faire une confusion). Le
tout pour des dizaines de milliers d’euros pour l’impression et autant
pour la distribution. La seule proposition raisonnable est sa
suppression. Surtout au temps d’internet et à l’heure où tous les sous
municipaux devraient être employés sur la question prioritaire du
développement. La majorité a refusé l’idée de cette économie. Tant pis
pour elle. Elle sera emportée aux géhennes de l’histoire quand son
heure viendra.

Et puis il y a au moins une question de
consensus. Celle de la vidéo surveillance. La question n’était pas en
débat, mais s’est introduite subrepticement à l’occasion de remarques
faites par votre serviteur sur le dispositif de la médiation. La
majorité n’ose plus aller contre un projet qui est approuvé en réalité
par quasiment toutes les couches de notre société. Le maire y avance à
reculons, mais y avance tout de même. Il freine. Nous devons maintenir
nos efforts sur ce point. Il y viendra avec sa majorité composite.

Ainsi va le monde, munificent et municipal.

Conseil municipal de 19 décembre 2008. Le foot communautariste. Réaction.

Une question se posait. Anodine en apparence. Celle du financement d’une nouvelle équipe de foot pour seniors. Alors que la politique jusque-là consistait à soutenir un seul club, l’USA .

L’enjeu était une subvention, et au delà une conception du sport et de son rapport à la ville. L’enjeu était aussi une question de méthode.

La méthode choisie était simple et artificielle. La question posée avait été artificiellement séparée en deux points : d’abord l’approbation d’une convention. Et en second lieu le vote sur la subvention.

L’adjoint des sports affirma tout d’abord que pas un centime de subvention ne serait donné. Rien.

Mais c’était faux. Deux pages plus loin dans l’ordre du jour, il y avait justement une subvention de 3000 € prévue. L’astuce consistait à soutenir qu’il n’y avait pas de subvention pour ce club de foot. Mais simplement une subvention à la MJC Sud, de 3000 €. Justifiée uniquement par le fait que ce club de seniors coûtait 4000 € par an, et qu’une fois déduites les licences pour 1000 € restées à charge (il faudrait encore voir) des joueurs, il manquait 3000 €. Moyennant quoi l’adjoint, sans croire mentir, pouvait oser dire publiquement qu’aucune subvention ne serait versée au nouveau club, et feindre d’ignorer la question mise un peu plus loin dans l’ordre du jour. Astucieux, non ? Plutôt piteux.

Et si ce n’était que ça, ce ne serait encore pas bien grave. Le plus grave est ce qui se profile sous la pointe de l’iceberg.

L’enjeu c’est un club « communautaire » en réalité. Et qui le dit ? Borel lui-même en séance, qui est venu souligner ses réticences devant un tel processus. Il va pourtant voter pour, mais il a plaidé contre.

Le club en question est donc défini comme un club « communautaire », ce qui signifie que créé au sein de la MJC Sud, il n’est probablement formé que de membres appartenant à une seule communauté. Bravo l’esprit républicain ! Et au fait, la MJC Sud, qu’est-elle exactement ?

Cette création est donc celle de la fracture. Celle de l’hostilité. Celle qui porte en germe les pires dérives.

C’est une atteinte majeure à l’esprit sportif. C’est un virage de la politique sportive. La défaite de l’idée républicaine de la citoyenneté.

Enfin de la lecture pour le week end.

Ordre du jour du conseil municipal du 18 décembre 2008.

Ne mourrez pas complètement idiot : lisez, c’est splendide ! Pas tant pour le contenu que pour le style. Stendhal disait que son modèle était le code civil et qu’il en avait toujours un sur sa table de chevet, nous on a l’ordre du jour, c’est bien mieux, et il faut impérativement le laisser au milieu du salon. (Une autre idée…?)

Première partie

http://www.jp-benoist.fr/public/oj1208_1_.pdf

Deuxième partie

http://www.jp-benoist.fr/public/oj1208_2_.pdf

En prime sous forme de fichier word, (si c’est pas beau ça! mais c’est pas tous les jours Noël).

http://www.jp-benoist.fr/public/ordredujour1208.doc

Au passage, vous admirerez la justesse des évaluations de France Domaine, qui proposait une mirifique valeur pour l’indemnité d’éviction de l’exploitant de la parcelle de 1,7 ha au Brouaz….2 700 €. L’ingrat a eu l’audace de négocier, et d’extorquer 14 500 € de la commune. Et vous verrez que le conseil approuvera.

Vous apprendrez que le coût prévisionnel de l’aménagement de la place de la Libération explose : il passe de 4 000 000 € HT à 5 000 000 € HT, soit une fulgurante augmentation de 25 %. Le rédacteur de l’ordre du jour ne trouve pour sa part que 23 % d’augmentation. Comme je suis aussi ignorant en matière de chiffres que de style, je lui fais confiance. Je n’irais quand même pas imaginer qu’il veuille minimiser.

On y apprend aussi que la célèbre Pravda (j’imite Erebus), va passer régulièrement à 20 pages. Il faut au moins ça pour diffuser la pensée municipale.

Etc.. que des sujets passionnants.

La lanterne (rouge) de la Haute-Savoie

C’est malheureusement Annemasse.

On tient le sommet de l’affiche, on ne le lâche pas, et avec tout ça il va falloir qu’on passe de bonnes fêtes.

Je propose une alliance locale entre tous les groupes politiques démocratiques de notre ville, pour aider de toutes nos forces, à ce qui est essentiel aujourd’hui.

Ce qui est essentiel c’est pour l’heure l’économie.

Il nous faut tout mettre en œuvre pour développer au maximum de nos forces et de nos atouts, car nous en avons, l’activité DANS notre ville, DANS notre agglomération.

Tous les groupes cela signifie opposition et majorité.

Quand les associations de citoyens montent en puissance….

La constitution de contre pouvoirs dans une ville gérée par une même équipe de gauche pendant des décennies est difficile. L’espace politique y est tout entier occupé par le pouvoir local, dont les ramifications s’étendent dans toutes les directions. Un solide enracinement dans le terreau des associations est pour lui un gage de survie.

Mais quelques fois il rencontre sur sa route des jaillissements spontanés de la vie citoyenne. Le heurt est toujours salutaire à la démocratie.

Ainsi, Espaces Libres est une association qui s’est constituée spontanément, en réplique au projet d’alors, c’était l’été 2006, de réaliser un mausolée administratif sur la place du marché couvert. La place du marché couvert a failli être transformée en place Rouge d’Annemasse, sans Nathalie.

Feu la 2C2A, devenue aujourd’hui communauté d’agglomération, avait eu l’idée saugrenue d’édifier son siège en plein milieu de cet espace central à Annemasse. Suivant en cela les vœux de M Borel, alors maire de la ville, et aujourd’hui président de l’agglomération. Programme insensé.

Contre lui une association s’était constituée. Elle proposa une pétition qui obtint en un temps record des milliers de signatures.

Cette association s’appelle Espaces Libres.

Le maire recula. Le projet ne se réalisera finalement pas au milieu des trois places d’Annemasse. Il va se réaliser dans le nouveau quartier d’Étoile-Gare. Il est toujours aussi pharaonique, aussi inutile, mais il ne viendra plus défigurer un espace qui doit avoir une autre vocation que celle d’être parasité par le gris, le glauque, l’inerte, l’inutile, le prétentieux, le laid, l’administratif.

Espaces libres est un contre-pouvoir. Pas un soviet de quartier.

Espaces libres vient d’être agréé par un arrêté préfectoral en qualité d’association d’usagers en matière d’urbanisme. Ce qui implique qu’à l’avenir il sera consulté sur tous les projets de la ville.

L’urbanisme doit être une œuvre collective. Le mieux serait bien sûr de soumettre tous les grands projets aux suffrages populaires, c’est justement pour cela qu’il existe dans les textes la possibilité d’organiser un référendum local, dont ne veut surtout pas la majorité actuelle. Mais en attendant des jours plus démocratiques, on peut déjà se féliciter de la montée en puissance d’une association comme Espaces libres.