25 septembre 2008 : un beau conseil municipal plein de conseillères et de conseillers, et deux maires.

A Annemasse, c’est plus chic qu’ailleurs. Ailleurs, il n’y a qu’un seul maire. À Annemasse on en a deux.

D’abord le nouveau, l’excellent monsieur Dupessey.

Et puis l’ancien, le non moins excellent monsieur Borel.

Lors de la séance du 25, on a pu débattre de l’obscure clause qui permet à la majorité d’avoir, en sus de la vingtaine de pages quadrichromisées vantant toutes ses belle réalisations, un espace concurrent de celui, fort congru, laissé par l’effet de la loi aux minorités. Monsieur Borel est venu au secours de monsieur Dupessey, qui à mon avis n’en avait pas besoin. Mais que voulez-vous, le naturel est arrivé au galop.  Monsieur Borel a même dit qu’il voulait répondre à chacune des interventions de l’opposition. Ça promet. On terminera plus tard, au milieu de la nuit ou au petit matin. Je réclame d’avance des petits pains, des croissants, du café, à prendre naturellement sur les indemnités des élus.

La principale défense consiste pour la majorité, à soutenir que Thonon et Annecy feraient pareil. Mais ce n’est pas un argument. Ce qui n’est pas acceptable ne l’est pas plus à Annecy (mon bord politique) qu’à Thonon (mon voisin politique). De cela je me fiche comme de l’an 40. Ma démarche s’inscrit dans une perspective qui est purement démocratique, et celle de Louis Mermet aussi.

Louis Mermet va exercer un recours. Je le suivrai.

Madame Anne Michel (qui m’ignore désormais dans la ville comme elle le faisait déjà dans son blog) a ajouté une idée intéressante : un espace pour l’opposition sur le site internet de la mairie.

L’idée est en tout cas à étudier, mais je lui vois un inconvénient. Ledit site deviendra rapidement une foire d’empoigne. En effet le rythme d’un site internet ou d’un blog n’est pas exactement celui de la presse écrite, plus long, plus prévisible.

Je serais plutôt d’avis de demander à la mairie de mentionner les liens de nos blogs respectifs.

Exit le règlement. Une fois saisi le tribunal administratif dira le droit. Puis la cour d’appel administrative, puis le conseil d’Etat. Je n’ose pas évoquer la cour européenne des droits de l’homme, CEDH. On sera facilement en 2014.

L’autre grand moment fut celui du budget supplémentaire. Budget d’ajustement nous déclara son rapporteur. Mais budget qui manifeste la fragilité de nos finances locales, dans le contexte de crise internationale actuel.

(Mon œil !)

On relève que les fonds exceptionnels du Casino, baissent. Monsieur Borel nous a d’ailleurs déclaré que le Casino était une bénédiction, un cadeau du Ciel. Je vais avoir du mal à situer le ciel exactement au même endroit que lui, c’est sans doute pour cela que je ne suis pas de son bord. J’éprouve personnellement toujours un grand malaise à l’égard de ces fonds. Ils proviennent du jeu. Le jeu c’est la misère. Il suffit de regarder le parking dudit Casino, un jour de semaine à 10 heures du matin pour se convaincre qu’il draine une partie de la population qui n’est pas réellement la plus favorisée. Que monsieur Borel se rassure, et le Casino aussi. Je ne vais pas proposer de le fermer ! Hypocrite que je suis, je vais continuer de tourner la tête quand les fonds arriveront, pudiquement. J’assume ma contradiction, je la regrette, et si un jour je suis pris d’un élan suicidaire (politiquement) je proposerai même qu’on se passe de ces fonds. Je ne veux pas fermer la machine à faire des sous, elle existe. Et chacun est libre. Sous cet aspect, je défendrai même vigoureusement son droit à exister, bec et ongle. Parce que c’est la liberté. Mais de là à tirer profit, collectivement, de cette institution qui génère à sa marge un cortège de drames, je reste d’avis qu’il faut y réfléchir.

Comme l’a dit monsieur Borel, le Casino c’est  le centre Martin Luther King, la maison des sports, c’est l’extension de Château Rouge. Impressionnant. Au moins, cet argent est utilisé à des fins utiles.

Mais les fonds baissent. Ils sont liés à la conjoncture, la conjoncture est mauvaise. Elle risque d’empirer.

Restent les fonds frontaliers. Ils augmenteront l’an prochain, parce qu’il y a un décalage et que le nombre de frontaliers à augmenté. Mais si Genève plonge, ils plongeront aussi.

D’où la nécessité d’être de plus en plus prudent dans la gestion des fonds publics.

À cet égard je note un réel changement dans le discours. Le maire actuel, contrairement au past-président, nous dit pour la première fois qu’il faut veiller à maintenir les effectifs d’agents municipaux constants. Objectif dur à atteindre, compte tenu des réalisations qui s’achèvent et qui nécessiteront du personnel pour leur fonctionnement, leur entretien.

C’est d’ailleurs une dimension de l’investissement qui est quasi complètement ignorée lors des débats. Combien de fois nous a-t’on présenté les coûts de fonctionnement, capitalisés sur les 20 ou 30 années suivantes ?

Les finances des collectivités locales vont devoir nécessairement être révisées, maîtrisées, et on n’y est pas encore.

Et c’est en ce point qu’on peut regretter, comme je crois l’avoir plusieurs fois dit en conseil, ainsi qu’à cette séance, que les investissements majeurs, utiles, nécessaires que sont les parkings ont été différés pendant 30 ans. 30 ans de retard. 30 ans après les principales autres villes de notre département.

Avec Louis Mermet et Anne Michel nous n’avons pas voté le budget supplémentaire, parce que très simplement il ne s’inscrit pas dans les perspectives de l’heure. En plus, c’est le budget de la majorité, et nous n’en sommes pas.

Heureusement qu’il y a deux maires à Annemasse. Un pour chaque opposition, si ce n’est pas beau ! Le problème viendra quand on sera un, ou deux, ou trois groupes de plus. Mais grâce à l’ubiquité de nos édiles, aucun problème. Ils se démultiplieront comme ils le font déjà dans le JIM. Ils seront partout.