La double imposture

Il faut lire les blogs. Je dois à celui d’Erebus d’avoir clarifié un point.

Celui de la double imposture du discours de la majorité.

Au conseil du 25 septembre 2008, François Vigny a évoqué le prix des parkings, et de mon côté j’ai rappelé que nous avions 30 ans de retard pour la réalisation des parkings souterrains.

Réponse du maire : silence sur le prix, et pour expliquer les retards «nous avons eu d’autres priorités, les Annemassiens qui nous ont réélus en sont d’accord ».

Sur le prix : le silence s’explique. Comment en effet expliquer que ce soit le prix le plus élevé du département ?

Sur le retard : c’est faux.

Eh oui, souvenons-nous. Pour justifier du choix de la société SAGS pour la réalisation des parkings par la technique de la concession, l’argument du César d’alors, monsieur Borel, était simple : c’est l’usager qui paiera et non le contribuable, ce qui serait injuste. Position idéologique, la bagnole = les riches.

Et donc benoîte question (pardonnez-moi), si ce n’est pas le contribuable pourquoi attendre 30 ans puisque si c’est l’usager qui paye, alors la question de la priorité de l’emploi de l’argent public ne se pose plus ?

Réponse : c’est un bobard. Une imposture du discours. Erebus a raison, mais pour une fois il est trop gentil.

25 septembre 2008 : un beau conseil municipal plein de conseillères et de conseillers, et deux maires.

A Annemasse, c’est plus chic qu’ailleurs. Ailleurs, il n’y a qu’un seul maire. À Annemasse on en a deux.

D’abord le nouveau, l’excellent monsieur Dupessey.

Et puis l’ancien, le non moins excellent monsieur Borel.

Lors de la séance du 25, on a pu débattre de l’obscure clause qui permet à la majorité d’avoir, en sus de la vingtaine de pages quadrichromisées vantant toutes ses belle réalisations, un espace concurrent de celui, fort congru, laissé par l’effet de la loi aux minorités. Monsieur Borel est venu au secours de monsieur Dupessey, qui à mon avis n’en avait pas besoin. Mais que voulez-vous, le naturel est arrivé au galop.  Monsieur Borel a même dit qu’il voulait répondre à chacune des interventions de l’opposition. Ça promet. On terminera plus tard, au milieu de la nuit ou au petit matin. Je réclame d’avance des petits pains, des croissants, du café, à prendre naturellement sur les indemnités des élus.

La principale défense consiste pour la majorité, à soutenir que Thonon et Annecy feraient pareil. Mais ce n’est pas un argument. Ce qui n’est pas acceptable ne l’est pas plus à Annecy (mon bord politique) qu’à Thonon (mon voisin politique). De cela je me fiche comme de l’an 40. Ma démarche s’inscrit dans une perspective qui est purement démocratique, et celle de Louis Mermet aussi.

Louis Mermet va exercer un recours. Je le suivrai.

Madame Anne Michel (qui m’ignore désormais dans la ville comme elle le faisait déjà dans son blog) a ajouté une idée intéressante : un espace pour l’opposition sur le site internet de la mairie.

L’idée est en tout cas à étudier, mais je lui vois un inconvénient. Ledit site deviendra rapidement une foire d’empoigne. En effet le rythme d’un site internet ou d’un blog n’est pas exactement celui de la presse écrite, plus long, plus prévisible.

Je serais plutôt d’avis de demander à la mairie de mentionner les liens de nos blogs respectifs.

Exit le règlement. Une fois saisi le tribunal administratif dira le droit. Puis la cour d’appel administrative, puis le conseil d’Etat. Je n’ose pas évoquer la cour européenne des droits de l’homme, CEDH. On sera facilement en 2014.

L’autre grand moment fut celui du budget supplémentaire. Budget d’ajustement nous déclara son rapporteur. Mais budget qui manifeste la fragilité de nos finances locales, dans le contexte de crise internationale actuel.

(Mon œil !)

On relève que les fonds exceptionnels du Casino, baissent. Monsieur Borel nous a d’ailleurs déclaré que le Casino était une bénédiction, un cadeau du Ciel. Je vais avoir du mal à situer le ciel exactement au même endroit que lui, c’est sans doute pour cela que je ne suis pas de son bord. J’éprouve personnellement toujours un grand malaise à l’égard de ces fonds. Ils proviennent du jeu. Le jeu c’est la misère. Il suffit de regarder le parking dudit Casino, un jour de semaine à 10 heures du matin pour se convaincre qu’il draine une partie de la population qui n’est pas réellement la plus favorisée. Que monsieur Borel se rassure, et le Casino aussi. Je ne vais pas proposer de le fermer ! Hypocrite que je suis, je vais continuer de tourner la tête quand les fonds arriveront, pudiquement. J’assume ma contradiction, je la regrette, et si un jour je suis pris d’un élan suicidaire (politiquement) je proposerai même qu’on se passe de ces fonds. Je ne veux pas fermer la machine à faire des sous, elle existe. Et chacun est libre. Sous cet aspect, je défendrai même vigoureusement son droit à exister, bec et ongle. Parce que c’est la liberté. Mais de là à tirer profit, collectivement, de cette institution qui génère à sa marge un cortège de drames, je reste d’avis qu’il faut y réfléchir.

Comme l’a dit monsieur Borel, le Casino c’est  le centre Martin Luther King, la maison des sports, c’est l’extension de Château Rouge. Impressionnant. Au moins, cet argent est utilisé à des fins utiles.

Mais les fonds baissent. Ils sont liés à la conjoncture, la conjoncture est mauvaise. Elle risque d’empirer.

Restent les fonds frontaliers. Ils augmenteront l’an prochain, parce qu’il y a un décalage et que le nombre de frontaliers à augmenté. Mais si Genève plonge, ils plongeront aussi.

D’où la nécessité d’être de plus en plus prudent dans la gestion des fonds publics.

À cet égard je note un réel changement dans le discours. Le maire actuel, contrairement au past-président, nous dit pour la première fois qu’il faut veiller à maintenir les effectifs d’agents municipaux constants. Objectif dur à atteindre, compte tenu des réalisations qui s’achèvent et qui nécessiteront du personnel pour leur fonctionnement, leur entretien.

C’est d’ailleurs une dimension de l’investissement qui est quasi complètement ignorée lors des débats. Combien de fois nous a-t’on présenté les coûts de fonctionnement, capitalisés sur les 20 ou 30 années suivantes ?

Les finances des collectivités locales vont devoir nécessairement être révisées, maîtrisées, et on n’y est pas encore.

Et c’est en ce point qu’on peut regretter, comme je crois l’avoir plusieurs fois dit en conseil, ainsi qu’à cette séance, que les investissements majeurs, utiles, nécessaires que sont les parkings ont été différés pendant 30 ans. 30 ans de retard. 30 ans après les principales autres villes de notre département.

Avec Louis Mermet et Anne Michel nous n’avons pas voté le budget supplémentaire, parce que très simplement il ne s’inscrit pas dans les perspectives de l’heure. En plus, c’est le budget de la majorité, et nous n’en sommes pas.

Heureusement qu’il y a deux maires à Annemasse. Un pour chaque opposition, si ce n’est pas beau ! Le problème viendra quand on sera un, ou deux, ou trois groupes de plus. Mais grâce à l’ubiquité de nos édiles, aucun problème. Ils se démultiplieront comme ils le font déjà dans le JIM. Ils seront partout.

règlement intérieur

Tout chaud, il vient de sortir. 

http://www.jp-benoist.fr/public/SKMBT_C35208091909470.pdf

– le délai de communication de l’ordre du jour passe à 6 jours francs,

– le délai pour la remise des articles dans le JIM de 15 jours au projet passe à 5 jours.

Ce sont les uniques améliorations obtenues le 11 septembre 2008.

C’est pourquoi je ne voterai pas le règlement.

J’ai protesté contre cette idée absurde pour la majorité d’occuper une demi-page dans SON journal d’information pour exprimer son point de vue. C’est purement loufoque comme idée. Elle possède déjà plus de 20 pages en quadrichromie pour s’exprimer, elle n’abandonne qu’une demi-page à chaque composante de l’opposition, et en prime elle se rajoute une demi-page…

Scoop sur la rue des Vétérans

Samedi 13 septembre 2008 M le Maire s’est rendu chez quelques commerçants pour les rassurer. Tout va bien, tout va très bien, et d’ailleurs il a toujours été prévu que l’entreprise de TP mandatée ferme au mois d’août. Tous des ânes qui ne savent pas lire ! Entre les lignes c’était évident. Puisqu’on vous dit que tout va bien. Circulez (euh, zut) non, enfin, y a rien à voir.

Clarification, suite.

Il n’y a pas qu’au CERN qu’on dispose d’accélérateurs de particules qui risquent de recréer les trous noirs de l’univers. À Annemasse aussi nous disposons de ce type de matériel. La preuve en est donnée par l’annonce de la constitution d’une association intitulée « Cercle réflexion et avenir». (Le Messager 11 septembre 2008)

On apprend que c’est une association qui entoure Anne Michel, dans le but de préparer les futures élections municipales. Voilà qui est beau, qui est bon.

Son président est M Alain Nibut, colistier de Pour Annemasse.

Finalement il n’y a aucune surprise puisque l’existence de cette société, un temps secrète, avait été annoncée sur son blog par notre colistière Anne Michel.

C’est ce qui avait provoqué ma demande de clarification ici même.

Anne Michel m’avait répondu :

« Les personnes qui m’entourent et avec qui je travaille les dossiers qui sont discutés et/ou votés en commission sont des personnes proches du mouvement politique auquel j’appartiens d’une part et de personnes issues de la vie civile en grande majorité d’autre part.


Comme l’a assuré le Président de cette Équipe de travail, l’ouverture y est normalement pratiquée comme dans toute Équipe non sectaire. »

J’avais bien noté l’affirmation que l’équipe serait «non sectaire».

Car juste quelque temps avant l’annonce d’Anne, apprenant la constitution du « Cercle », j’avais demandé à celui qui est présenté dans le Messager comme son président de m’y admettre. Juste pour voir.

Refus :

« Ton intention d’adhérer au Cercle est tout à fait louable, mais je crains qu’elle ne soit pas adaptée à ta démarche politique, voire spirituelle,…
Lors d’un de nos entretiens au cours de notre campagne commune, tu m’as souligné être réfractaire à toute hiérarchie et/ou chef … ».

Un niet franc et massif. 

Et avec ça il n’y a aucun sectarisme, nous sommes rassurés. Que serait-ce s’il existait ?

Un vrai trou noir politique.

Lettre ouverte : fermeture de la rue des Vétérans.

Comme je sais que la municipalité munificente lit les blogs de l’opposition, j’en profite pour faire une économie de timbre et au lieu d’acheminer cette lettre ouverte par la poste, je sacrifie au Dieu de l’internet.

Le sujet est la rue des Vétérans.

Vous la connaissez tous, je ne vous la présente pas. Elle est dans le prolongement de la rue Molière, laquelle est, comme vous le savez, en travaux pour être piétonnisée.


La mairie a adressé aux riverains de la rue des Vétérans un numéro spécial du JIM pour les informer de sa fermeture du 28 juillet au 25 août 2008.

Tous les commerçants se sont alors organisés pour cette période de fermeture de la rue qui a pour conséquence de tarir le trafic. Tout le trafic, les vélos, les autos, les piétons.

Mais au lieu de respecter le calendrier, on a pu observer que l’entreprise adjudicataire des travaux a cessé tout travail au mois d’août. Vacances.
Et au mois de septembre, depuis le 2 le chantier a repris, et la rue est fermée !

Ajouté aux autres travaux notamment de la place de la Libération, le résultat est qu’on ne circule plus dans le centre, on y reste coincé dans des bouchons, on le fuit donc.

Le commerce annemassien qui ne se porte pas exactement comme un charme encaisse ainsi, gratuitement, un mauvais coup. Les urbains d’Annemasse et des environs subissent des désagréments en plein dans la rentrée. Chouette maman, on va faire les courses et de la nintendo dans les embouteillages !

Alors monsieur le maire, je crois qu’il serait utile que pareille désorganisation ne se reproduise plus à l’avenir. Pour cela une méthode très simple : les marchés de travaux devront comporter un calendrier d’exécution précis, au millimètre, calculé pour qu’ils perturbent le moins possible la vie de nos concitoyens, et l’économie locale. Plus de congestion. Un rêve ? Non, une nécessité.

Projet de règlement intérieur

À vos stylos, copieurs, graveurs, ordinateurs et toutes ces bonnes choses avant l’heure.


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À relever : tous les points permettant de museler l’opposition.

Vous lirez avec intérêt la proposition d’un espace d’une demi-page pour chaque « opposition », ce qui va constituer un « progrès » relativement à la situation actuelle qui n’est que d’un tiers de page. Le tout avec 2800 mots, et une date apparemment impérative pour communiquer l’article, 15 jours au moins avant la clôture. Naturellement la majorité se réserve un même espace. Si bien que le progrès n’existe tout simplement pas. Déception !

Chômage à Annemasse : au secours !

Les Chiffres sont têtus et résistent toujours aux discours.

Vous vous souviendrez du discours de l’équipe municipale dirigeante sur le chômage. Annemasse à l’entendre, connaît un chômage très modéré. Ce n’est pas le cas.

Les journaux locaux font état de la progression du taux à Annemasse. Fulgurant.

Annemasse compte 3739 demandeurs d’emplois (source : chiffres du Dauphiné Libéré du 8/08/08), c’est déjà 12 % de la population totale.

Le taux a en outre progressé de 19,6% sur l’année. C’est énorme. On peut rougir de toutes les comparaisons. On peut avoir honte de cette situation.

Du côté du Messager les chiffres sont aussi catastrophiques, l’hebdomadaire affichant un taux de chômage de 16,34%, taux impressionnant.

– Annemasse est la ville la plus dense du département,

– Annemasse bat tous les records du chômage.

Marie-Pierre Berthier interpelait le conseil en lui lançant «vous fabriquez les pauvres!». On doit craindre qu’elle n’ait définitivement raison.

Le défi à relever sera encore plus important en 2014.