Le vote sur la ZAC des ERABLES lors du conseil de l’agglo le 25 juillet 2008

Sur la ZAC des Érables, je vais expliquer mon vote. J’ai dû voter pour, la mort dans l’âme, et pour respecter l’accord politique passé en début de mandat avec la majorité municipale. En échange de délégations, ce qui rend le travail de conseiller municipal intéressant, nous, c’est-à-dire la liste POUR ANNEMASSE, avons accepté que pour la principale, celle de l’agglomération, on fasse passer le patriotisme annemassien (si on peut le dire) avant nos opinions politiques. En conséquence, remplaçant Louis Mermet délégué titulaire qui était absent, j’ai dû voter ce machin.

Un vote qui a du mal à passer. Pour moi.

Pas tant le vote d’ailleurs que les  discours à la noix qui l’ont entouré. Et je veux distinguer les deux.

Sur l’exercice du droit de préemption, prévu par la loi, et qui n’est pas pour plusieurs raisons une expropriation, je crois qu’il a simplement une utilité en soi. Il permet la réalisation d’opérations d’urbanisme, c’est une technique.

Mais en l’espèce ce n’est même pas le débat. Savoir si la zone des Érables pouvait ou non se passer des terrains des consorts PL, est encore autre chose. Le maire d’Etrembières a fait observer que l’utilité publique n’était pas démontrée.
C’est déjà un premier souci, parce que devant le tribunal administratif, ce sera la question.

Mais le pire, l’abominable, c’est l’idéologie qui a entouré cette décision, prise, il faut le dire, dans le SILENCE absolu de TOUS les conseillers de l’agglomération. A l’exception de Maurice GIACOMINI, le maire d’Etrembières, suivi sans doute par ses troupes qui se sont abstenues. À cette exception près, TOUS ont approuvé, moi compris. Mais si mon vote est serve, ma parole reste libre et je peux dire ce qui ne va pas dans ce vote

Je reste atterré par les motifs qui ont été avancés par le président. Pour les résumer, c’est essentiellement qu’il lui paraissait anormal que des propriétaires (un gros mot) puissent avoir refusé de vendre à 21 € le m2 en 1991, pour oser prétendre, les faquins, vendre aujourd’hui au prix du marché.

Vous me lisez bien, AU PRIX DU MARCHE. Une honte quoi, Madame Bourzigue, un truc totalement anormal, si anormal qu’il fallait immédiatement les punir d’être propriétaires en leur jetant une préemption en pleine poire. Vous vous rendez compte, ils n’ont rien fait, ils ont attendu, et maintenant voilà que leur propriété vaut 750 000 €. Un scandale. Ils réalisent une plus-value. Autre gros mot.
Il fallait donc les punir. Punir d’être propriétaires. Punir de trouver une occasion d’une bonne affaire. Punir d’avoir eu l’audace de résister. Et il a été ajouté, par le grandissime président, si on les préempte, la morale y trouvera son compte. Parce que ce n’était pas NORMAL.

Comme ce n’était pas normal, on préempte. Le maire d’Etrembières a raison, la procédure devant le tribunal administratif, ça promet.  S’il faut démontrer au tribunal administratif que l’intérêt général commande d’empêcher des propriétaires vendeurs d’encaisser une plus-value, ça promet . Il faudra au moins un avocat parisien pour faire avaler une telle connerie à un tribunal. Et en plus, il faudra un tribunal configuré avec exclusivement des cégétistes. Qu’on se rassure, ça existe, parfois.

Moi, j’appelle ce sentiment qui s’exprime ainsi, tout simplement de l’envie. Il n’y a strictement aucune rationalité, mais un rapport haineux à l’argent. Si on veut condamner toute plus value de propriétaire, il faut en effet instaurer d’urgence la grande société socialiste. Il faut commencer par réquisitionner tous les biens immobiliers des membres du conseil municipal, vite les vendre au prix fixé par les domaines (on va rigoler), et distribuer l’argent honteux à ses pauvres, ceux dont Marie Pierre Berthier disait qu’ils étaient fabriqués par M Bouchet.

J’ai lu sur un commentaire du blog d’Erebus, un certain JLS74, un autre concombre masqué, que si les domaines avaient dit 320 000 € au lieu des 750 000 € vendus par les scélérats propriétaires, et bien la collectivité ne pouvait pas offrir plus.

Imbécillité complète. Les domaines donnent un avis, rien d’autre. Les collectivités peuvent offrir le prix de vente, elles peuvent aussi offrir moins. En ce cas, c’est le juge des expropriations qui tranche, à charge d’appel, sauf si les vendeurs acceptent le prix offert par la collectivité.

Alors quand les domaines disent 320 000 quand le prix du marché, je dis bien du MARCHE, est à 750 000, c’est d’abord une honte. Mais quand la collectivité par la voix de son président explique qu’il aurait été anormal de laisser la vente se faire à ce prix, c’est encore plus honteux.

J’ai l’impression ici que c’est l’envie qui est le ressort de ce type de proposition. Il a un beau jouet, c’est anormal, je le lui casse.

Mais vous verrez, on survivra !

Jean-Pierre BENOIST

La farce de l’été : (feuilleton)

Quelques jours après cette décision ubuesque de “suspendre“ les espaces d’expression des «groupes politiques » dans le journal d’information municipale (JIM), il devient possible de faire le bilan de l’expression politique annemassienne dans sa dimension communale.

Un rapide tour d’horizon des organes d’information qui s’intéressent à notre échelle communale permet de constater l’impressionnante carence de la plus élémentaire pluralité.

Toutes choses égales par ailleurs, une telle situation serait impossible dans l’espace national, et ne l’est que dans les quelques dictatures qui traînent encore aux quatre coins de la planète, de Cuba à la Corée du Nord, en passant par la Chine.

L’inventaire de l’offre médiatique à Annemasse est rapide :

–    absence quasi permanente des médias audio visuels qui ne s’intéressent à la ville qu’en de rares occasions,
–    présence de trois organes de presse : le Messager, le Dauphiné  – Libéré, et le Faucigny. Au total deux hebdomadaires, et un quotidien. Il faut y ajouter de temps en temps la presse genevoise.
–    Le JIM, mensuel luxueux dont le rédacteur est le maire, l’éditeur le maire, la mise en page assurée par les services de la mairie, et le contenu franchement subversif.

Inventaire terminé.

Sous l’angle de la pluralité et pour limiter l’observation à trois des quatre organes, le constat devient confondant.

Le Faucigny est à part. S’il manifeste constamment un sens critique suraigu, et transgresse parfois les limites que la prudence imposerait même à la polémique, ses deux autres frères en presse, le Messager et le Dauphiné, eux, ne risquent pas d’apparaître trop iconoclastes. Ils sont essentiellement respectueux des petits pouvoirs locaux, et ils ne donnent la parole quasiment qu’à leurs potentats. Pas bégueules, ils se contrefichent de savoir s’ils sont de gauche ou de droite, ce qui importe c’est qu’ils sont, et surtout qu’ils sont en place. Pas de vague, jamais de vague.

Il faut les excuser en cela uniquement qu’ils sont indispensables à la vie locale, et qu’ils doivent survivre économiquement, ce qui n’est pas une mince affaire pour cette presse qui ne peut pas en plus se payer le luxe d’exprimer une opinion au risque de fâcher une partie de son lectorat.

Reste le JIM. Fondé par Sa Majesté Borel 1er, il connaît aujourd’hui un développement en quadrichromie, et un nouveau Seigneur est à ses commandes. Le JIM c’est d’abord le journal officiel de la bananeraie annemassienne. Le pouvoir local s’y montre, s’y remontre, s’y étale, s’y donne en spectacle, s’y interviewe, s’y congratule.

Et c’est dans ce contexte que l’expression de la minorité se trouve suspendue. Ce qui serait drôle ce serait que le prochain JIM soit tout blanc. 20 pages blanches. Ou alors avec un seul bandeau : expression suspendue. Ça aurait de la gueule. La majorité offrirait pour la rentrée à tous les écoliers une liasse de papier, et en prime on la prendrait au sérieux quand elle annonce qu’elle suspend l’expression politique des groupes. Elle commencerait par elle même et dès lors renoncerait aux 20 pages intimistes de son expression mensuelle.

Mais ça ne se passera pas comme ça. Ils sont courageux, mais ils n’auront pas la témérité de se suspendre eux même.

Suite au prochain numéro…

Rappel : vous pouvez voter ci-contre !

Scoop : la censure existe !

Incroyable ! La censure existe. La voilà:

cliquez sur le document pour le télécharger.

On résume :

– la minorité a un DROIT d’expression,

– la majorité a l’OBLIGATION de lui permettre cette expression, c’est la loi qui le veut.

Mais un droit, cela ne se SUSPEND pas.

Nous sommes ici dans le registre du pur abus.

Un abus qui vous concerne aussi.

Commence ici la protestation nécessaire. Cette protestation ne s’arrêtera pas.

Les ONG emportées par le Tsunami ?

Pas le réel. Celui initié par Raymond Bardet à Ville-la-Grand.

L’idée de la couverture des voies ferrées.

Les quelques 1,5 km de long sur 200 mètres de largeur de voies qui tranchent l’agglomération en deux, en traversant Ville-la-Grand, Ambilly et Annemasse, pourraient être couvertes en tout ou en partie, une vingtaine d’hectares.

Ce serait l’occasion de transformer le cœur de notre espace urbain. D’y développer un quartier, qui, compte tenu de l’investissement, ne pourrait qu’être dédié à des activités économiques génératrices de taxes locales.

Un tout petit pas timide se fait jour dans les esprits annemassiens, qui iraient jusqu’à concéder un peu plus que la simple traversée des voies. Il faut aider à ce progrès. Il faut convaincre le reste de l’agglomération de l’intérêt de faire dans ce secteur un pôle économique majeur, plutôt que d’y mettre des logements.

Quant aux ONG, selon une info non vérifiée, elles demanderaient des sous et des études pour venir. Une ONG aurait même demandé pour commencer 400 000 € pour réaliser une étude. Si c’est vrai, ça promet. De toutes façons il faudrait expliquer comment on pourrait marier un quartier d’affaires avec une « vitrine » d’ONG.

La position ferme prise par le Conseil d’Etat sur la laïcité

Un arrêt du Conseil d’Etat à lire :

cliquez pour charger le document

Le ministre chargé des naturalisations est approuvé en ce qu’il a refusé l’accès à la nationalité française à une femme qui « a cependant adopté une pratique radicale de sa religion, incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment avec le principe d’égalité des sexes « .

Je n’ai pas pu lire les conclusions du commissaire du gouvernement, mais il faut supposer qu’il s’agit du voile.

Quels sont les enseignements locaux que l’on doit tirer du rappel de l’impératif de laïcité ?

La plus haute juridiction administrative française dans la décision rendue le 27 juin 2008, a souligné deux exigences :

–    le respect dû aux valeurs essentielles de la « communauté française », et assurément on doit placer en leur cœur la laïcité,
–    l’égalité entre les sexes.

C’est donc un devoir qui nous est fait de les respecter.

On peut observer aussi dans la formulation retenue par le Conseil d’État le rejet implicite du communautarisme. Il y a une communauté française, comme il y a une République indivisible, mais non des « communautés » plurielles.

Ce qui nous impose au plan local :

–    d’accueillir toutes les expressions religieuses personnelles de manière égale, c’est-à-dire dans la tolérance. A cet égard toutes les religions doivent pouvoir être pratiquées, et donc doivent pouvoir trouver les lieux adéquats.
–    De rester strict sur l’impératif de la laïcité, mais aussi sur celui de nos valeurs communes, au rang desquelles le Conseil d’Etat place de manière privilégiée l’égalité entre les sexes.

Et tant sur le plan national que local, nous ne pouvons, ni surtout ne devons, rien faire qui puisse mettre en cause de quelque manière que ce soit, même de la manière la plus infime, ces impératifs.

Même les Persans nous envient notre pôle Etoile – Annemasse – Genève.

Comment ne pas succomber au charme de ce programme de pôle multimodal, et multi machin, porté par les plus hautes instances transfrontalières, et qui accouchera bientôt, CEVA oblige, d’une gare secondaire pour Genève, d’un quartier nouveau rempli d’ONG de tout poil – du moins dans le discours – d’un centre d’affaires, de commerces, et dans sa partie Sud-Ouest de l’immeuble hérité de feu la 2C2A, dont le projet est repris par Annemasse Agglo, et qui ne coûtera que quelques millions d’euros ?

Une question tout d’abord ne se pose plus, celle de la nécessité de restructurer l’espace autour des voies ferrées, espace qui coupe l’agglomération. Ambilly, Annemasse, Ville-la-Grand en sont d’accord, naturellement. Mais les autres communes aussi.

La seule question qui se pose est celle de savoir si le projet de Ville la Grand et celui d’Annemasse, refilé à l’agglo, sont vraiment conciliables. D’un côté, il y avait l’idée, excellente, de la couverture des voies, de l’autre celle plus ringarde d’immeubles en rang d’oignions.

Et le désespoir s’abattait sans appel sur ce pauvre monde qui espérait tant de l’architecture, et de l’urbanisme municipal.

Un clash. Une contradiction. Quelle horreur !

Même la novlangue annemassienne ne parvenait pas à cautériser la plaie. Vous savez la novlangue, c’est cette langue qui substitue le signifiant ronflant au signifié banal, par exemple la « concertation » à la simple information. La municipalité de gauche d’Annemasse est championne dans cet exercice. Mais là le morceau était trop gros. Alors, on mit au point une parade : le silence. Plus un mot sur la contradiction.

Mais tout n’était pas fini. Tout n’est jamais fini.

L’espoir renaît, tel un Phoenix au tournant de la dernière mouture du projet du « pôle de prospective territoriale de l’agglo ». La rhétorique change de cap.

La réflexion au niveau de l’Agglo, de ses commissions, notamment de celle de l’aménagement/SCOT/PLU, avance dans une direction intéressante.

Il est d’abord question de découper temporellement le projet Etoile en plusieurs phases. Dans une phase 1 on assurerait un franchissement des voies.  Puis plus tard, dans une phase ultérieure, l’idée d’une couverture, dans une proportion que les études permettront de déterminer, n’est plus reçue comme une hérésie, mais est retenue comme une idée.

De ce point de vue une partie du pari de Ville la Grand est repris incidemment par le projet global.

C’est une évolution. Pas encore une révolution. Il faudra attendre que le projet prenne de la maturité et soit validé par l’instance délibérante de l’Agglo pour y voir plus clair. Pour l’instant, suivons avec sympathie le frémissement d’un renouveau.

Intéressant également l’accent mis dans les discussion de la commission sur le positionnement économique, qui proclame que la priorité du projet est la réalisation d’un quartier d’affaires, s’appuyant sur le CEVA .

Toutefois il est ajouté, que ce quartier d’affaires aura pour vitrine « la Cité de la Solidarité Internationale ». La question est de savoir si c’est bien conciliable.

Le sentiment qu’inspire cette proposition, contradictoire, est qu’en fait la priorité est un centre d’affaires, mais que, pour atténuer la rupture avec le discours annemassien sur les ONG, on conserve en vitrine la solidarité. Nos ONG ne sont pas encore sorties complètement du champ de la rhétorique, mais elles ne constituent plus la priorité, simplement une vitrine.

Resterait à démontrer la compatibilité d’un quartier d’affaires avec une vitrine de Solidarité Internationale. Dans l’ordre du discours, rien n’interdit les plus prodigieux mots valises, les plus audacieuses apories, mais dans l’ordre du réel, c’est plus douteux.

On relèvera dès lors qu’elles ne constituent plus la priorité, que les ONG glissent déjà vers la sortie. Et puis, une fois que Noël est passé, on refait les vitrines, n’est-ce pas ?

Scoop : Les services municipaux lisent les blogs

Anne Michel, conseillère municipale d’opposition, a très justement attiré l’attention des Annemassiens sur l’état pitoyable du parc de la Fantasia, dans lequel la majorité municipale allait organiser des happenings estivaux.

Erebus a décollé en même temps, et prenant de la hauteur a ouvert sa soute à bombes en fonçant sur nos camarades syndiqués de l’équipe municipale.

Laquelle aussitôt a dépêché ses troupes pour tenter de reprendre le contrôle.

Ce qui présuppose un renseignement bien organisé. Un appareil. C’est à dire du personnel. Dans notre cas, on voit le directeur du cabinet du maire, M Collomb, intervenir dans le fil du blog d’Anne pour feindre de s’étonner de ce que l’opposition s’intéresserait au parc.

Il faudrait lui offrir les vidéos de la campagne. C’est mieux que prison break. Il pourrait ainsi se familiariser avec nos idées, mais je vais lui résumer tout ça. Nous étions la seule liste qui prenait au sérieux l’enjeu environnemental dans la dernière campagne. Et nous sommes aujourd’hui exactement dans le même état d’esprit. C’est pourquoi le parc de la Fantasia à l’abandon provoque tout ce mouvement. Parce qu’un lieu qui pourrait constituer un havre de calme, un lieu de respiration dans la ville, est naturellement dans l’ordre de nos préoccupations.

Et si demain on avait des tapis volants ? (Réunion du 8 juillet 2008 de la commission d’aménagement de l’agglomération/SCOT).

Le 5 décembre 2007, est survenu un événement très important pour tous les Annemassiens.

Souvenez vous. Ce jour là a été signé un important traité qui engage notre avenir.

Il s’agit de la convention qui a donné naissance à une agglomération transfrontalière de 750 000 habitants, qui court de Nyon à Evian, en passant par Annemasse après avoir inclus le pays de Gex et St Julien dans son arc.

L’agglomération Franco-Valdo-Genevoise, devient ainsi un centre d’essai de coopération transfrontalière dans une matière où la simple coopération interne à la France, des villes et de leurs communautés d’agglomération, aura pris des décennies pour accoucher d’institutions administratives compliquées, comme pour celle d’Annemasse Agglo.

Tout l’important travail de préparation est disponible en ligne : http://www.projet-agglo.org

C’est une nouveauté administrative, mais dans la seule mesure où l’histoire récente, c’est à dire celle depuis la guerre de 14 – 18, a séparé un pays de sa ville centre. Le genevois savoyard et le pays de Gex, jusque-là vivaient en parfaite symbiose avec la ville de Genève, la Ville, devrait-on écrire pour elle avec un peu d’exagération. Mais on ne refait pas l’histoire et la période contemporaine avait accouché ici d’un monde schizophrénique. Une nouvelle histoire s’écrit désormais qui renoue avec la réalité profonde, géographique et humaine tissée depuis des siècles.

L’objectif temporel du projet est 2030. Ce n’est pas demain, et c’est justement cette échelle de temps qui est à la fois nécessaire, car rien ne peut se faire dans la courte durée, mais aussi problématique, car les hypothèses de départ peuvent fort bien devenir totalement inadaptées.

Là on entre dans le côté passionnant du débat. Tout paraissait évident hier, tout aujourd’hui devient plus opaque.

On commencera par le magnifique plan de déplacement. Il repose sur une hypothèse de croissance de la population qui n’est déjà pas mince, 200 000 habitants de plus pour 2030 dans l’aire géographique concernée répartie pour moitié à Genève et le reste dans la couronne française, mais aussi repose-t’il sur une propension d’augmentation des déplacements. Chacun se déplacera plus outre le fait que  nous serons plus nombreux. Au total 46% de hausse des déplacements.

Ça c’était avant l’envolée du prix du pétrole. Mais que se passera t’il en cas de quadruplement du prix 2007 du carburant ? On va bientôt le doubler. Si on le multiplie par 3, 4 voire 5 ou plus, comment ferons-nous ? Et surtout que ferons-nous.

Réponse : nous prendrons le bus… encore faut-il qu’il y en ait, avec des trams, des trains des RER, etc.

Et nos vélos.

Ou alors nos voitures électriques, à gazogène, à hydrogène, à air comprimé, que sais-je. Justement, je n’en sais rien, et vous non plus, et les autres non plus. Personnellement je préfèrerais les tapis volants, mais il paraît que la technologie n’est pas encore au point.

C’est en ce point qu’on se rend compte de l’insuffisance des meilleures projections. Le futur est toujours d’abord dans nos esprits une projection de notre présent. Mais c’est en ce point aussi qu’on se rend compte de l’immense intérêt d’y réfléchir, pour anticiper les changements nécessaires. Sans crainte, même si on se trompe. Mais tous ensemble, car cela doit être aussi une œuvre collective.

C’est cette problématique qui se pose à la commission d’aménagement de l’agglomération aux travaux desquels je suis invité à participer, ce que je compte faire dans la mesure de mes moyens.

Sondage, sondage, mais que pensent les sondés ?

Le résultat du sondage proposé depuis une semaine, aujourd’hui 8 juillet 2008, est assez spectaculaire.

La question est de savoir si les lecteurs du blog trouvent la place de la Libération, comme elle est projetée, et comme probablement elle se réalisera, totalement à leur goût. La réponse est manifestement non. La place « jaune » ne séduit personne. Du moins pour l’instant. Pour la rendre plus drôle, il faudrait au lieu du marbre, choisir le sable. Avec des palmiers autour du monument aux morts ce serait formidable.

Il faut comprendre les sondés.

On leur propose un choix cornélien. Ou bien la cuisson au soleil de midi sur la place jaune, ou bien le rejet de cette solution.

Je passe sur l’offre de glaces gratis, l’été est là, la plage toute proche, et la lutte contre l’excès de poids continue.

Ainsi donc, la proposition urbanistique actuelle est rejetée par le lectorat du blog. Il nous faudrait donc revoir la copie de cette place.

Et ce que dit le sondage, c’est que le seul parti acceptable est l’anti-minéralisme.

Je risque le néologisme, et vous invite à continuer d’adhérer à ce parti qui veut des arbres, de la végétation, du vert, et moins de béton. Anti-minéralistes de tous les pays, unissez-vous et combattez pour une juste cause !

En attendant, allez en paix pendant la trêve estivale, et souvenez-vous sur vos plages brûlantes de cette belle place jaune qu’on mijote à Annemasse.

PS : Et si on transformait les bords de l’Arve pour y réaliser Annemasse-plage, ce serait bien non ? Un peu de sable, un ou deux palmiers piqués à la place jaune, on trouverait bien un maître nageur parmi toutes celles et ceux qui nagent dans les eaux troubles de la politique municipale, M Becquet à la caisse…. Et l’inauguration en grande pompe en même temps que la piscine. Chouette ! On aurait un discours du Député, du Maire, du Président de l’Agglo. Quelle belle journée.

Le JIM et le Diable

Le maire l’a annoncé au conseil du 3 juillet 2008, le prochain conseil votera un nouveau règlement intérieur qui portera notamment sur la question du JIM.

Rien de décisif à en attendre.

Dans un style de casuiste qui est allé rechercher une décision du tribunal administratif de Tour pour l’opposer à celle invoquée par Louis Mermet, il a expliqué que s’il reconnaissait que la majorité ne pouvait s’exprimer sur la même page que l’opposition, rien ne l’empêchait de le faire en un autre lieu du journal.

Louis Mermet a promis que le débat sera tranché par le tribunal administratif.

Je m’associerai à ce recours.

La réponse donnée par la majorité reste inacceptable démocratiquement. Il est abusif qu’elle ait 20 pages d’expression tous les mois plus une demi page.

Au fait saviez-vous qu’elle refuse qu’on agrémente nos articles de photos ? Eh bien oui. Il nous faut nous contenter de la seule prose. A eux la couleur, à nous la sécheresse des caractères. Il n’y a pas de petit détail. C’est dans les détails que niche le Diable.

Vite fait sur le gaz : un laboratoire et la place jaune.

En un peu plus de trois heures le conseil municipal du 3 juillet 2008 aura accouché d’une décision majeure, et de quelques curiosités.

La décision majeure est celle de la mise en chantier de la rénovation urbaine.

Le groupe Pour Annemasse s’est associé à cette entreprise, les survivants du groupe de M VIGNY non.

Je vous avoue ne pas comprendre leur position. Ont ils suivi M PIRAT qui vitupère le boulevard urbain ? Probablement. Et pourtant ce n’était pas l’essentiel.

L’essentiel est de forger des réponses aux défis posés par la lente dérive des « cités », dans d’autres villes, de la ZUS du Perrier dans notre cas.

On a le choix entre le processus de dégradation du quartier et à terme on débouchera sur la ghettoïsation, ou la tentative de rénovation soutenue par l’Etat.

Ce qui est passionnant dans la démarche choisie par le conseil, c’est l’inscription de la réponse dans tout un ensemble d’efforts qui paraissent cohérents, et dont la suite nous dira s’ils le sont, d’efforts qu’on pourrait qualifier de sociaux.

Le bâti vieilli des années 60 sera rénové. La barre du Livron, pour prendre un exemple, sera détruite et remplacée par des immeubles modernes, intégrants les techniques nouvelles du bâtiment. Haute qualité environnementale et tutti quanti.

Mais le projet de 50 millions d’Euros, une paille, ne s’arrête pas à ce seul aspect. Il s’insère dans un dispositif social déjà existant, et il y ajoute une visée majeure d’intégration des habitants de la ZUS dans la cité de deux manières. D’abord en dé-densifiant la zone, (tiens donc), et ensuite en panachant les types de logements dans ce qui sera reconstruit ou rénové. Sans oublier spatialement la liaison que sera aussi le boulevard urbain.

Je n’aime pas le terme de mixité, qui est l’objectif recherché, et je préfère celui d’équilibre.

Il faut rechercher un équilibre entre le logement locatif aidé, et celui libre. Entre l’accession à la propriété et le locatif. Etc. C’est ce que nous avions soutenu pendant la campagne.
Alors logiquement nous avons voté des mesures qui vont dans ce sens.

Il y aura quelque chose de passionnant dans ces mesures. Un laboratoire tant urbanistique que social est lancé.

Je souhaite que nous réussissions tous ensemble, cette expérience.

Pour ceux que cela intéresse, il faut se procurer les documentations éditées par la mairie sur ces questions. Elles ont été remises aux élus, et j’espère qu’elles seront mises en ligne. Sinon j’essaierai de le faire avec mes petites mains.

Et nous aurons aussi au cours de ce même conseil examiné la couverture des accès au parking souterrain de la place de la Libération.

Ce fut l’occasion d’admirer de splendides images avec même une proposition de palmiers autour du monument aux morts. Je blague à peine. La place sera jaune. Comme le sable du désert.

Petit progrès des idées, il est envisagé d’inclure des bassins. Ce sera bon pour la soif, mais attention aux fémurs en hiver. Grâce à quoi nous aurons une nouvelle patinoire, mais ça sera chouette. Toute fracture sera immédiatement traitée au Brouaz, dans la flambante neuve clinique.

Le vert vert très vert sera pour le futur sur les deux autres places. 

Louis Mermet et Anne Michel ont voté contre, je me suis abstenu, et très franchement je ne me souviens plus de ce qu’on voté les autres opposants.

Je n’y étais pas mais on m’a tout dit

Le 1er Juillet 2008 à Annemasse s’est tenue une séance d’information sur l’aménagement des trois places.

Il semblerait tout d’abord que les foules ne se soient pas mobilisées pour cet événement.

Il y avait naturellement le maire, et aussi le représentant de la SAGS, l’aménageur,  concessionnaire, exploitant des parkings.

Une question, et même une question essentielle a été posée : pourquoi ne pas faire des niveaux supplémentaires, au lieu de se limiter à deux.

La réponse donnée est que les niveaux supplémentaires seraient à la charge de la commune laquelle préférait investir l’argent du contribuable dans l’aménagement de surface.
Sur ce point il faut s’interroger, la réponse est-elle pertinente ?

Tout d’abord on peut observer que l’aménagement de surface coûtera d’autant plus cher qu’il sera minéral, et l’orientation est malheureusement prise en ce sens. On va tous cuire sur cette étendue minérale. Personnellement je préfèrerai un autre type d’aménagement. 12 Millions d’euros, avec ça on aura chaud l’été luxueusement.

En second lieu on remarque que dans le même temps un investissement colossal va être engagé pour la réalisation du siège de l’ex-2C2A. Et là on pourrait faire des économies. On n’a pas besoin de ce type de dépense pharaonique.

Le niveau par définition ne serait pas exploité par le concessionnaire qui ne l’aurait pas réalisé, sauf à ce qu’il paye une redevance, et en ce cas cela reviendrait au même. Un investissement qui serait finalement payé par l’usager.

Donc la réponse est une mauvaise réponse, ce ne serait pas in fine le contribuable mais bien l’usager qui supporterait le coût de l’investissement. Et l’investissement est d’un intérêt majeur pour la cité.

Et si par extraordinaire le concessionnaire actuel (on pourra en changer quand le temps sera venu) avait de quelque manière que ce soit la possibilité de s’y opposer, alors il entrerait en conflit avec la ville qui a les moyens de résister.

Il est donc urgent de revoir la copie. Quand les pelleteuses seront sur place, elle pourront creuser un peu plus. Après il sera trop tard, il sera impossible d’ajouter des niveaux. Une occasion sera perdue.

Reste aussi qu’au cours de cette soirée, à laquelle je n’ai pas participé, nos édiles ont reconnu que c’était le vœu de la population qu’il n’y ait aucune construction sur les trois places.

Annemassiens souvenez-vous. Souvenez-vous du débat sur la construction du siège de la 2C2A sur la place du marché couvert. Souvenez-vous des hurlements poussés alors par le maire devant la contestation suscitée par ce projet stupide. On n’y a échappé, on avait raison, ils avaient tort, et je salue ce progrès, ils le reconnaissent aujourd’hui.

La consultation de la population est vraiment un impératif. Les élus se trompent aussi. La preuve.  La technique démocratique du référendum est indispensable.

Sur le coût du stationnement, il n’y a rien à attendre du concessionnaire. Il veut le maintenir à son niveau actuel, sans aucun aménagement ni pour la nuit ni pour les dimanches. On ne parlera même pas des samedis. Et c’est bien dommage. D’abord pour les riverains, sacrifiés. Mais aussi pour tous les Annemassiens. Mais aussi pour les commerçants, c’est à dire pour l’animation essentielle de la ville.

C’est au fond une question politique. Il faut qu’elle soit réglée dans le cadre d’une approche multifactorielle. La maîtrise du coût des parkings, notamment le samedi est un facteur indispensable au soutien du commerce. La ville doit peser dans la négociation avec le concessionnaire pour trouver de nouveaux équilibres.